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Tome quatrième. Q - Z.
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core de la besogne? Que de reste. Vous trouverezque de reste de quoi vous en dédommager, vadé,Nicaise, 7. || 15° Au reste, du reste, loc. adn. Ausurplus, dailleurs, cependant. Ça été au reste ungrand bonheur pour moi de navoir vu ce témoi-gnage de son esprit quen un temps jen ai unautre de sa civilité, voit. Lett. 30. Il [Ilypéride] abeaucoup de plaisant et de comique, et est tout pleinde jeux et de certaines pointes desprit qui frappenttoujours il vise; au reste il assaisonne toutes ceschoses dun tour et dune grâce inimitable, boil.Traité du subi. ch. xxvm. Du reste il na rien faitque par votre conseil, bac. Esth. m, l.||16 Aureste, dans le sens de : parlons dautre chose. Nenparlons plus; au reste, on a vu dix vaisseaux Denos vieux ennemis arborer les drapeaux, corn, leCid, n, 7. Cette formule de transition est blâméepar Voltaire dans son Commentaire.

REM. 1. Le reste suivi dun nom au pluriel seconstruit avec le verbe au singulier ou au pluriel,suivant lidée : Le reste des naufragés a péri ouOnt péri. Puis-je vivre dans la mollesse et dans linu-tilité.... tandis que le reste des hommes ont chacunune occupation dans la société? mass. Confér. Fuitedu monde. || 2. Reste a été des deux genres. Au com-mencement du xvn siècle, les grammairiens le di-saient masculin excepté dans cette phrase qui nestplus usitée : à toute reste.

SYN. au reste, du reste. Ces locutions sonttrès-voisines, et, dans beaucoup de cas, elles seconfondent. Dans cette phrase : Je vous ai dit ceque je pensais de cette affaire ; du reste consultezdes personnes plus habiles que moi, on dira aussibien ou reste. Mais, quand le sens exige plutôtdailleurs que après tout, du reste est préférable àau reste : Cet homme est bizarre, emporté, dureste brave et intrépide; mais non pas ou reste.

H1ST. xv' s. Sil donnoit, aux jours de feste, Adeux povres un denier, Ce nestoit sans reschigner,Encor demandoit son reste, basselin, xliv. Toutela reste de villes, comm. i, 6. || xvi' s. Ce qui futcause que tout le reste de ses serviteurs et amislabandonna, amyot, P. Æm. 37. Tout le reste desa vie, id. ib. 62 . Et au reste, ceste bonne encontrene servit pas seulement pour le présent, ains futaussi utile à ladvenir, m. Timol. 24. Vous aurez lereste de lhistoire à ces foires de Francfort pro-chainement venantes, rab. ii, 34. Homme docte,expert, joyeulx on reste, bon compaignon, et rail-lard si oncques en feut, id. ni, 28. Il avoyt parmyla teste et le reste du cors autant daureilles commejadyz eut Argus de yeulx : on reste estait aveugle,m. v, 3). Et ainsi du reste, mont, i, 68. Le reste dela France prend pour réglé la réglé de la court, id.I, 338. Tant qu'il y a un doigt desperance do reste,id. ii, 30. Tant que nous vivrons enfermez en cesteprison de nostre corps, les restes et reliques du pé-ché habiteront en nous, calv. lnslit. 1055.X les-cartlui estant venu encor un roy, il fit son reste,disant : fils de putain qui ne le tiendra pas, tout futtenu, et.... daub. Fæn. iv, (0. Le reste de ses ac-tions paroistront en leur endroit, id. Ilist. il, 463.Le reste se sauva dans les fossez de la ville, id.469. Un soir, jouant à la prime, le roi aiant cin-quante-cinq fit sa reste qui estait de quatre millepistoles, il la tint.... id. ib. m, 467. Celui qui attaqueles opinions reçues ressemble au hibou, lequel semonstrant.... tous les autres oiseaux le viennentbecqueter et courir sus à toute reste, paré, Mumie et lie. Dédie.

ÉTYM. Voy. rester; wallon , r est; prov. et ital.resta, pause, repos. Lallem. rast, l'angl. resl, re-pos, ne paraissent être pour rien dans la formationdu mot roman.

RESTÉ, 15E (-sté, stée), part, passé de rester.

|| 1 Qui est de reste. De tous ses amis morts un seulami resté, boil. Art p. iv. || 2 Se dit des choses quonlaisse en un certain lieu ou état. Mme la princesse,craignant peut-être alors quon ne songeât à reve-nir contre la transaction restée entre ses mains, lafit homologuer au parlement, staal, Mém. 1. 1 , p. 309.

t RESTKNCLE (-stan-kl), s. m. Un des nomsvulgaires du lentisque, p istacia lentiscus, L.

RESTER (-sté), v. n. || 1° Demeurer, par oppo-sition à sen aller (sens le plus voisin du latin, quiest sarrêter). Larmée se mit en marche, et il restadeux bataillons pour garder le défilé. Restez à votreplace. Reste, ah! reste; ne reviens jamais; tu vien-drais trop tard ; je ne dois plus te voir ; commentsoutiendrais-je ta vue? J. J. Rûuss. Ilél. i, 29 . On ditquun des fils d'Onésicrite, étant venu à Athènes ,ne voulait plus retourner à Egine , ne pouvant serésoudre à quitter un lieu il avait le plaisirdentendre Diogène ; le père envoya son autre fils, '

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qui fut retenu par les mêmes attraits; enfin illes vint chercher lui-même, et il resta commeses fils, condill. Ilist. anc. m, <8. Napoléon [àMoscou ] ne se décide encore ni à rester ni à par-tir; vaincu dans ce combat dopiniâtreté, il remetde jour en jour à avouer sa défaite, ségur, Ilist.de Nap. vm, 4 4. || Ce verbe, qui se conjugue dor-dinaire avec lauxiliaire être, prend lauxiliaire avoirquand on veut exprimer que le sujet nest plus aulieu dont on parle, quil ny était plus, ou quil nysera plus à lépoque dont il sagit. Il a resté deuxjours à Lyon. Jai resté sept mois à Colmar sanssortir de ma chambre, volt, dans girault-duvi-vier. Lengourdissement ils ont resté si long-temps , 3 . 3. rouss. Ém. 1 .1| Les exemples suivantssont incorrects; il faut lauxiliaire être. Si javaisresté trop longtemps avec elle, J. J. rouss. Conf. 1 .Comme sils allaient se délasser davoir resté assisau salon, id. Hél. vi, 4 0 . || Fig. Il y est resté pourles gages ou pour gage, se dit de quelquun pris outué dans une affaire d les autres se sont tirés.|| 11 est resté sur la place, ou, absolument, il y estresté, il a été tué sur le champ de bataille. La pertedes Romains dans cette bataille fut denviron septcents hommes; les Macédoniens y perdirent treizemille hommes, dont huit mille restèrent sur lechamp de bataille, et cinq mille furent faits pri-sonniers, rollin, Ilist. anc. (Euvr. t. viii, p. 277 ,dans pougens. || 2° Être de reste (sens qui est unedéduction du premier sens). Voilà vingt francs quirestent de votre argent, ô ciel 1 et ne pourrai-jeenfin à mon amour Donner en liberté ce qui reste dujour? corn. Pomp. m, 3. Dans un si grand reversque vous reste-t-il?Médée : Moi, id. Mèdée , 1 , 6.Que restait-il à une âme qui, par un juste jugementde Dieu , était déchue de toutes les grâces, et netenait à Jésus-Christ par aucun lien?... il restait lasouveraine misère et la souveraine miséricorde,boss. Anne de Gonz. Il restait seul de notre fa-mille, rac. Esth. m, 4. Les vertus guerrières res-tèrent après quon eut perdu toutes les autres, mon-tesq. Rom. 10 . Amis, que faut-il faire, et quel partinous reste ? volt. Tancr. v, 4. Henri te reste à vain-cre après tant de guerriers, id. Henr. ix. Rien nelui reste plus queles chagrins et lâge, delille, f?n.v. || Impersonnellement. Si vous étiez en ma place, jesuis assuré quil ne vous resterait pas plus de loisirquà moi, voit. Lett. 68. Je ne sais pas si jai en-core beaucoup de temps à vivre; mais il me sem-ble quil me reste beaucoup dannées à vous aimer,id. ib. 30. Il ne reste plus à lhomme que le néantet le péché, pour tout fonds le néant, pour touteacquisition le péché, boss. Anne de Gonz. Vous avezperdu ces heureux moments vous jouissiez destendresses dune mère.... mais il vous reste ce quily a de plus précieux, lespérance de la rejoindredans le jour de léternité, id. ib. Sénèque le philo-sophe nous apprend que Virgile navait pas mieuxréussi en prose que Cicéron ne passait pour avoirréussi en vers; cependant il nous reste de très-beaux vers de Cicéron , volt. Ess. poés. ép. 3. || ilreste.... à, et un infinitif. Dieu a des remèdes pourvous guérir ; et il ne reste quà les obtenir par desvoeux continuels, boss. Anne de Gonz. Que restait-il à la reine à demander au ciel, ou à désirer surla terre? fléch. Mar.-Thèr. Avant de se jeter dansle péril, il faut le prévoir et le craindre; mais,quand on y est, il ne reste plus quà le mépriser,EfiN. Tél. 1 . Il me reste à parler des guerres que lesCarthaginois soutinrent en Sicile du temps de Pyr-rhus en Épire, rollin, Hist. anc. Œuvr . t. 1 , p. 299 ,dans pougens. || Il reste.... de, et un infinitif. Jaifait voir combien vous leur aviez imputé dhérésieslune après lautre, manque den trouver une quevous ayez pu longtemps maintenir; de sorte quilne vous était plus resté que de les en accuser, sur cequils refusaient.... pasc. Prov. xvm. Si nos cœurssendurcissent après un avertissement si sensible ,que lui reste-t-il autre chose [à la Providence] quede nous frapper nous-mêmes sans miséricorde?boss. Duch. d'Orl . Vous ne démentez point une

race funeste.Bourreau de votre fille, il ne vous

reste enfin Que den faire à sa mère un horriblefestin, rac. Iph. lv, 4. || H reste que, et un sub-jonctif. Il reste que nous expliquions larticle de lasuprématie, boss. Var . 10 . |j Avec ellipse de^ il.Restait cette redoutable infanterie do larmée dEs-pagne dont les gros bataillons serrés.... demeu-raient inébranlables, boss. Louis de Bourbon. Resteà trente-deux consumés par les flammes, volt.Phil. 11 , 81. H Reste tel article à examiner, reste àfaire attention, reste à savoir, etc. il reste à exa-miner tel article, à faire attention, à savoir, etc.

|| Reste, ainsi employé, se construit aussi avec de.Reste donc de conclure que la foi de la plus grandepartie des chrétiens.... bourdal. Pensées, t. i,p. < so-it Dans une soustraction, de sept ôtez cinq, il iestrdeux, ou reste deux (non à deux, comme on le ditquelquefois fautivement). || Bossuet a conjuguérester avec avoir, bien que la conjugaison ordi-naire soit avec lauxiliaire être : Tant quil a restéaux Romains tant soit peu de considération pourles Juifs, jamais ils nont fait paraître les enseignesromaines dans la Judée , Hist. 11 , 9 . || 3- Se resterà soi-même, conserver une juste estime de soi-même, une juste confiance en soi-mêm». Il nestpour le vrai sage aucun revers funeste ; Et, perdanttoute chose, à soi-même il se reste, mol. Eem. sav.v, 4. || 4" Persévérer dans telle ou telle situation.Il est resté stupéfait. Il resta sans appui. Viens,Girot, seul ami qui me reste fidèle, boil. Lutr. iv.La seule Roxane est restée dans le devoir, et con-serve de la modestie, montesq. Lett. pers. 4 54 . Jeresterai dans mon opinion, et vous dans la vôtre,dider. Mém. t. iv, p. 84, dans pougens. Je resteraiproscrit, voulant rester debout, v. hugo, Ultimaverba.|| Fig. et familièrement. Rester sur la bonne bouche,sabstenir de tout après avoir pris quelque chose quiflatte le goût; et fig. sarrêter après quelque chosedagréable. || 5° Il se dit aussi des choses qui de-meurent. La victoire reste indécise entre les deuxarmées. Cela mest resté dans la mémoire. Son brasest resté paralytique. Quand jai voulu prendre cetoutil, le manche mest resté dans la main. Ruinédepuis deux ans, il ne lui est resté que lespérance.Je sais ce quil en coûte, et quil est des blessuresDont un cœur généreux peut rarement guérir : Lacicatrice en reste, volt. Tancr. v, 3. || Il se conju-gue aussi avec lauxiliaire avoir. Il a tout perdu,mais il lui a resté lespérance, laveaux (qui admetcet exemple, quand on veut parler du momentun homme a tout perdu). On ne sait pas commentles choses auraient resté dans cet état, hamilt.Gramm. 10 . || 6" Rester à quelquun en parlantdun parent, d'un ami que lon conserve. Cest dicique je date ma première connaissance avec monvieux ami Gauffecourt qui mest toujours resté,malgré les efforts quon a faits pour me lôter; tou-jours resté! non, hélas; je viens de le perdre,3 . 3 . rouss. Conf. v. || Il se dit aussi des choses quelon garde. Le nom lui en est resté. Édouard, aprèsdeux victoires remportées en deux jours, prit Ca-lais , qui resta aux Anglais deux cent dix ans,volt. Mœurs, 75. || 7 Demeurer dans le souvenirdes hommes, garder sa renommée. La mode estaujourdhui de mépriser Colbert et Louis XIV ; cettemode passera, et ces deux noms resteront à la pos-térité avec Racine et Boileau , volt. Lettr. d Mme duDéfiant, 4" nov. 1773. Louvrage de Bayle est resté,et Pierre Jurieu [avec ses prophéties] nest pasmême resté dans la bibliothèque bleue avec Nostra-damus, id. Dict. phil. Prophéties. Lavantage uni-que qui le distingue [le Panégyrique de Trajan , parPline le jeune ], dêtre le seul panégyrique deprince qui soit resté après la mort du prince et delorateur, dalemb. Éloges, Saci. || 8° En rester à, seborner à. Quand il aura obtenu quelque avance-ment, il nen restera pas, il voudra avancer en-core. || Sarrêter, ne pas poursuivre. Reprenons no-tre discours nous en étions restés. Jen étaisresté à vous dire que.... La dédicace de vos ouvra-ges, que vous me faites lhonneur de moffrir, na-jouterait rien à leur mérite.... je ne dédie les miensquà mes amis ; ainsi, monsieur, si vous le trouvezbon, nous en resterons, volt. Lett. Guiot, no-vembre 1754. Loccasion que javais perdue ne re-vint plus, et nos jeunes amours en restèrent,3 . 3 . rouss. Conf. II. Il 9° Terme de musique. Faireune tenue. Rester sur une note, sur une syllabe.|| 10° Terme de manège. Rester dans la main, se ditdu cheval qui se retient afin déviter la pression ducanon sur les barres. || 11° En termes de mer, ondit dun objet quelconque quil reste à telle aire devent ou par telle aire de vent, lorsque, relative-ment à un autre, il est dans la direction de cetteaire de vent, jal. Le lundi, 20* dudit décembre(1688), à sept heures du matin, le cap de Palos merestait à O. S. O. environ quinze lieues, Journal dela route, dans jal. || Rester de larrière, marchermoins vite que dautres bâtiments^ qui précèdent.

|| Rester à lancre, ne pas quitter 1 endroit Ion est retenu par ses ancres.

REM. 1. Rester à avec un infinitif ne se anque dans le sens dêtre de reste : La chose qui restaà faire; mais cest une faute de dire :Nos amis res-tent bien à venir (il faut : tardent bien); Les maçons