1678 RES
core de la besogne? Que de reste. Vous trouverezque de reste de quoi vous en dédommager, vadé,Nicaise, 7. || 15° Au reste, du reste, loc. adn. Ausurplus, d’ailleurs, cependant. Ç’a été au reste ungrand bonheur pour moi de n’avoir vu ce témoi-gnage de son esprit qu’en un temps où j’en ai unautre de sa civilité, voit. Lett. 30. Il [Ilypéride] abeaucoup de plaisant et de comique, et est tout pleinde jeux et de certaines pointes d’esprit qui frappenttoujours où il vise; au reste il assaisonne toutes ceschoses d’un tour et d’une grâce inimitable, boil.Traité du subi. ch. xxvm. Du reste il n’a rien faitque par votre conseil, bac. Esth. m, l.||16” Aureste, dans le sens de : parlons d’autre chose. N’enparlons plus; au reste, on a vu dix vaisseaux Denos vieux ennemis arborer les drapeaux, corn, leCid, n, 7. Cette formule de transition est blâméepar Voltaire dans son Commentaire.
REM. 1. Le reste suivi d’un nom au pluriel seconstruit avec le verbe au singulier ou au pluriel,suivant l’idée : Le reste des naufragés a péri ouOnt péri. Puis-je vivre dans la mollesse et dans l’inu-tilité.... tandis que le reste des hommes ont chacunune occupation dans la société? mass. Confér. Fuitedu monde. || 2. Reste a été des deux genres. Au com-mencement du xvn“ siècle, les grammairiens le di-saient masculin excepté dans cette phrase qui n’estplus usitée : à toute reste.
— SYN. au reste, du reste. Ces locutions sonttrès-voisines, et, dans beaucoup de cas, elles seconfondent. Dans cette phrase : Je vous ai dit ceque je pensais de cette affaire ; du reste consultezdes personnes plus habiles que moi, on dira aussibien ou reste. Mais, quand le sens exige plutôtd’ailleurs que après tout, du reste est préférable àau reste : Cet homme est bizarre, emporté, dureste brave et intrépide; mais non pas ou reste.
— H1ST. xv' s. S’il donnoit, aux jours de feste, Adeux povres un denier, Ce n’estoit sans reschigner,Encor demandoit son reste, basselin, xliv. Toutela reste de villes, comm. i, 6. || xvi' s. Ce qui futcause que tout le reste de ses serviteurs et amisl’abandonna, amyot, P. Æm. 37. Tout le reste desa vie, id. ib. 62 . Et au reste, ceste bonne encontrene servit pas seulement pour le présent, ains futaussi utile à l’advenir, m. Timol. 24. Vous aurez lereste de l’histoire à ces foires de Francfort pro-chainement venantes, rab. ii, 34. Homme docte,expert, joyeulx on reste, bon compaignon, et rail-lard si oncques en feut, id. ni, 28. Il avoyt parmyla teste et le reste du cors autant d’aureilles commejadyz eut Argus de yeulx : on reste estait aveugle,m. v, 3). Et ainsi du reste, mont, i, 68. Le reste dela France prend pour réglé la réglé de la court, id.I, 338. Tant qu'il y a un doigt d’esperance do reste,id. ii, 30. Tant que nous vivrons enfermez en cesteprison de nostre corps, les restes et reliques du pé-ché habiteront en nous, calv. lnslit. 1055.X l’es-cartlui estant venu encor un roy, il fit son reste,disant : fils de putain qui ne le tiendra pas, tout futtenu, et.... d’aub. Fæn. iv, (0. Le reste de ses ac-tions paroistront en leur endroit, id. Ilist. il, 463.Le reste se sauva dans les fossez de la ville, id.469. Un soir, jouant à la prime, le roi aiant cin-quante-cinq fit sa reste qui estait de quatre millepistoles, il la tint.... id. ib. m, 467. Celui qui attaqueles opinions reçues ressemble au hibou, lequel semonstrant.... tous les autres oiseaux le viennentbecqueter et courir sus à toute reste, paré, Mumie et lie. Dédie.
— ÉTYM. Voy. rester; wallon , r est; prov. et ital.resta, pause, repos. L’allem. rast, l'angl. resl, re-pos, ne paraissent être pour rien dans la formationdu mot roman.
RESTÉ, 15E (rè-sté, stée), part, passé de rester.
|| 1“ Qui est de reste. De tous ses amis morts un seulami resté, boil. Art p. iv. || 2“ Se dit des choses qu’onlaisse en un certain lieu ou état. Mme la princesse,craignant peut-être alors qu’on ne songeât à reve-nir contre la transaction restée entre ses mains, lafit homologuer au parlement, staal, Mém. 1. 1 , p. 309.
t RESTKNCLE (rè-stan-kl’), s. m. Un des nomsvulgaires du lentisque, p istacia lentiscus, L.
RESTER (rè-sté), v. n. || 1° Demeurer, par oppo-sition à s’en aller (sens le plus voisin du latin, quiest s’arrêter). L’armée se mit en marche, et il restadeux bataillons pour garder le défilé. Restez à votreplace. Reste, ah! reste; ne reviens jamais; tu vien-drais trop tard ; je ne dois plus te voir ; commentsoutiendrais-je ta vue? J. J. Rûuss. Ilél. i, 29 . On ditqu’un des fils d'Onésicrite, étant venu à Athènes ,ne voulait plus retourner à Egine , ne pouvant serésoudre à quitter un lieu où il avait le plaisird’entendre Diogène ; le père envoya son autre fils, '
RES
RES
qui fut retenu par les mêmes attraits; enfin illes vint chercher lui-même, et il resta commeses fils, condill. Ilist. anc. m, <8. Napoléon [àMoscou ] ne se décide encore ni à rester ni à par-tir; vaincu dans ce combat d’opiniâtreté, il remetde jour en jour à avouer sa défaite, ségur, Ilist.de Nap. vm, 4 4. || Ce verbe, qui se conjugue d’or-dinaire avec l’auxiliaire être, prend l’auxiliaire avoirquand on veut exprimer que le sujet n’est plus aulieu dont on parle, qu’il n’y était plus, ou qu’il n’ysera plus à l’époque dont il s’agit. Il a resté deuxjours à Lyon. J’ai resté sept mois à Colmar sanssortir de ma chambre, volt, dans girault-duvi-vier. L’engourdissement où ils ont resté si long-temps , 3 . 3. rouss. Ém. 1 .1| Les exemples suivantssont incorrects; il faut l’auxiliaire être. Si j’avaisresté trop longtemps avec elle, J. J. rouss. Conf. 1 .Comme s’ils allaient se délasser d’avoir resté assisau salon, id. Hél. vi, 4 0 . || Fig. Il y est resté pourles gages ou pour gage, se dit de quelqu’un pris outué dans une affaire d’où les autres se sont tirés.|| 11 est resté sur la place, ou, absolument, il y estresté, il a été tué sur le champ de bataille. La pertedes Romains dans cette bataille fut d’environ septcents hommes; les Macédoniens y perdirent treizemille hommes, dont huit mille restèrent sur lechamp de bataille, et cinq mille furent faits pri-sonniers, rollin, Ilist. anc. (Euvr. t. viii, p. 277 ,dans pougens. || 2° Être de reste (sens qui est unedéduction du premier sens). Voilà vingt francs quirestent de votre argent, ô ciel 1 et ne pourrai-jeenfin à mon amour Donner en liberté ce qui reste dujour? corn. Pomp. m, 3. Dans un si grand reversque vous reste-t-il? —Médée : Moi, id. Mèdée , 1 , 6.Que restait-il à une âme qui, par un juste jugementde Dieu , était déchue de toutes les grâces, et netenait à Jésus-Christ par aucun lien?... il restait lasouveraine misère et la souveraine miséricorde,boss. Anne de Gonz. Il restait seul de notre fa-mille, rac. Esth. m, 4. Les vertus guerrières res-tèrent après qu’on eut perdu toutes les autres, mon-tesq. Rom. 10 . Amis, que faut-il faire, et quel partinous reste ? volt. Tancr. v, 4. Henri te reste à vain-cre après tant de guerriers, id. Henr. ix. Rien nelui reste plus queles chagrins et l’âge, delille, f?n.v. || Impersonnellement. Si vous étiez en ma place, jesuis assuré qu’il ne vous resterait pas plus de loisirqu’à moi, voit. Lett. 68. Je ne sais pas si j’ai en-core beaucoup de temps à vivre; mais il me sem-ble qu’il me reste beaucoup d’années à vous aimer,id. ib. 30. Il ne reste plus à l’homme que le néantet le péché, pour tout fonds le néant, pour touteacquisition le péché, boss. Anne de Gonz. Vous avezperdu ces heureux moments où vous jouissiez destendresses d’une mère.... mais il vous reste ce qu’ily a de plus précieux, l’espérance de la rejoindredans le jour de l’éternité, id. ib. Sénèque le philo-sophe nous apprend que Virgile n’avait pas mieuxréussi en prose que Cicéron ne passait pour avoirréussi en vers; cependant il nous reste de très-beaux vers de Cicéron , volt. Ess. poés. ép. 3. || ilreste.... à, et un infinitif. Dieu a des remèdes pourvous guérir ; et il ne reste qu’à les obtenir par desvoeux continuels, boss. Anne de Gonz. Que restait-il à la reine à demander au ciel, ou à désirer surla terre? fléch. Mar.-Thèr. Avant de se jeter dansle péril, il faut le prévoir et le craindre; mais,quand on y est, il ne reste plus qu’à le mépriser,EfiN. Tél. 1 . Il me reste à parler des guerres que lesCarthaginois soutinrent en Sicile du temps de Pyr-rhus en Épire, rollin, Hist. anc. Œuvr . t. 1 , p. 299 ,dans pougens. || Il reste.... de, et un infinitif. J’aifait voir combien vous leur aviez imputé d’hérésiesl’une après l’autre, manque d’en trouver une quevous ayez pu longtemps maintenir; de sorte qu’ilne vous était plus resté que de les en accuser, sur cequ’ils refusaient.... pasc. Prov. xvm. Si nos cœurss’endurcissent après un avertissement si sensible ,que lui reste-t-il autre chose [à la Providence] quede nous frapper nous-mêmes sans miséricorde?boss. Duch. d'Orl . Vous ne démentez point une
race funeste.Bourreau de votre fille, il ne vous
reste enfin Que d’en faire à sa mère un horriblefestin, rac. Iph. lv, 4. || H reste que, et un sub-jonctif. Il reste que nous expliquions l’article de lasuprématie, boss. Var . 10 . |j Avec ellipse de^ il.Restait cette redoutable infanterie do l’armée d’Es-pagne dont les gros bataillons serrés.... demeu-raient inébranlables, boss. Louis de Bourbon. Resteà trente-deux consumés par les flammes, volt.Phil. 11 , 81. H Reste tel article à examiner, reste àfaire attention, reste à savoir, etc. il reste à exa-miner tel article, à faire attention, à savoir, etc.
|| Reste, ainsi employé, se construit aussi avec de.Reste donc de conclure que la foi de la plus grandepartie des chrétiens.... bourdal. Pensées, t. i,p. < so-it Dans une soustraction, de sept ôtez cinq, il iestrdeux, ou reste deux (non à deux, comme on le ditquelquefois fautivement). || Bossuet a conjuguérester avec avoir, bien que la conjugaison ordi-naire soit avec l’auxiliaire être : Tant qu’il a restéaux Romains tant soit peu de considération pourles Juifs, jamais ils n’ont fait paraître les enseignesromaines dans la Judée , Hist. 11 , 9 . || 3- Se resterà soi-même, conserver une juste estime de soi-même, une juste confiance en soi-mêm». Il n’estpour le vrai sage aucun revers funeste ; Et, perdanttoute chose, à soi-même il se reste, mol. Eem. sav.v, 4. || 4" Persévérer dans telle ou telle situation.Il est resté stupéfait. Il resta sans appui. Viens,Girot, seul ami qui me reste fidèle, boil. Lutr. iv.La seule Roxane est restée dans le devoir, et con-serve de la modestie, montesq. Lett. pers. 4 54 . Jeresterai dans mon opinion, et vous dans la vôtre,dider. Mém. t. iv, p. 84, dans pougens. Je resteraiproscrit, voulant rester debout, v. hugo, Ultimaverba.|| Fig. et familièrement. Rester sur la bonne bouche,s’abstenir de tout après avoir pris quelque chose quiflatte le goût; et fig. s’arrêter après quelque chosed’agréable. || 5° Il se dit aussi des choses qui de-meurent. La victoire reste indécise entre les deuxarmées. Cela m’est resté dans la mémoire. Son brasest resté paralytique. Quand j’ai voulu prendre cetoutil, le manche m’est resté dans la main. Ruinédepuis deux ans, il ne lui est resté que l’espérance.Je sais ce qu’il en coûte, et qu’il est des blessuresDont un cœur généreux peut rarement guérir : Lacicatrice en reste, volt. Tancr. v, 3. || Il se conju-gue aussi avec l’auxiliaire avoir. Il a tout perdu,mais il lui a resté l’espérance, laveaux (qui admetcet exemple, quand on veut parler du moment oùun homme a tout perdu). On ne sait pas commentles choses auraient resté dans cet état, hamilt.Gramm. 10 . || 6" Rester à quelqu’un en parlantd’un parent, d'un ami que l’on conserve. C’est d’icique je date ma première connaissance avec monvieux ami Gauffecourt qui m’est toujours resté,malgré les efforts qu’on a faits pour me l’ôter; tou-jours resté! non, hélas; je viens de le perdre,3 . 3 . rouss. Conf. v. || Il se dit aussi des choses quel’on garde. Le nom lui en est resté. Édouard, aprèsdeux victoires remportées en deux jours, prit Ca-lais , qui resta aux Anglais deux cent dix ans,volt. Mœurs, 75. || 7“ Demeurer dans le souvenirdes hommes, garder sa renommée. La mode estaujourd’hui de mépriser Colbert et Louis XIV ; cettemode passera, et ces deux noms resteront à la pos-térité avec Racine et Boileau , volt. Lettr. d Mme duDéfiant, 4" nov. 1773. L’ouvrage de Bayle est resté,et Pierre Jurieu [avec ses prophéties] n’est pasmême resté dans la bibliothèque bleue avec Nostra-damus, id. Dict. phil. Prophéties. L’avantage uni-que qui le distingue [le Panégyrique de Trajan , parPline le jeune ], d’être le seul panégyrique deprince qui soit resté après la mort du prince et del’orateur, d’alemb. Éloges, Saci. || 8° En rester à, seborner à. Quand il aura obtenu quelque avance-ment, il n’en restera pas là, il voudra avancer en-core. || S’arrêter, ne pas poursuivre. Reprenons no-tre discours où nous en étions restés. J’en étaisresté à vous dire que.... La dédicace de vos ouvra-ges, que vous me faites l’honneur de m’offrir, n’a-jouterait rien à leur mérite.... je ne dédie les miensqu’à mes amis ; ainsi, monsieur, si vous le trouvezbon, nous en resterons là, volt. Lett. Guiot, no-vembre 1754. L’occasion que j’avais perdue ne re-vint plus, et nos jeunes amours en restèrent là,3 . 3 . rouss. Conf. II. Il 9° Terme de musique. Faireune tenue. Rester sur une note, sur une syllabe.|| 10° Terme de manège. Rester dans la main, se ditdu cheval qui se retient afin d’éviter la pression ducanon sur les barres. || 11° En termes de mer, ondit d’un objet quelconque qu’il reste à telle aire devent ou par telle aire de vent, lorsque, relative-ment à un autre, il est dans la direction de cetteaire de vent, jal. Le lundi, 20* dudit décembre(1688), à sept heures du matin, le cap de Palos merestait à O. S. O. environ quinze lieues, Journal dela route, dans jal. || Rester de l’arrière, marchermoins vite que d’autres bâtiments^ qui précèdent.
|| Rester à l’ancre, ne pas quitter 1 endroit où Ion est retenu par ses ancres.
— REM. 1. Rester à avec un infinitif ne se anque dans le sens d’être de reste : La chose qui restaà faire; mais c’est une faute de dire :Nos amis res-tent bien à venir (il faut : tardent bien); Les maçons