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— HIST. xyi* s. Nous relaschons les cordes desarcs.... afin que nous les puissions retendre puisaprès, amyot, Comme il faut nourrir les enfants, 20.
— ÉTYM . Ile..., et tendre, v. a.
t RÉTENDRE (ré-ten-dr’), v. a. Il se conjuguecomme tendre. Étendre une seconde fois. Ce n’estqu’après avoir été rétendu par des poids convena-bles et pendant plusieurs jours qu’un fil [métalli-que] acquiert cette force constante qui doit le ca-ractériser, pouillet, Acad, des se. Compt. rendus,
t. LXII, p. 258.
— HIST. xiii* s. Quant ce vient Tendemain, ilr’estendent leurs pelices au soleil et les conroient[corroient], joinv. 230.
RETENDU, UE (re-tan-du, due), part, passé deretendre. Un cordage retendu.
RETENIR (re-te-nir), v. a. Il se conjugue commetenir, || 1° Tenir encore une fois, ravoir. Je vou-drais bien retenir l’argent que je lui ai prêté. || Ilvoudrait bien retenir ce qu’il a dit, il voudrait nel’avoir pas dit. || 2° Garder par devers soi ce quiest à un autre. Retenir le bien d’autrui. On lui aretenu cinq francs sur sa paye. C’est toi qui as re-tenu ma montre? mol. Scapin, n, 5. On allait ven-dre ou du moins retenir son linge et ses habits,quand cette femme dont je parle a payé pour elle,mariv. Marianne, H* part. ||3” Ne point se des-saisir d’une chose, la garder toujours. Cinna, parvos conseils je retiendrai l’empire ; Mais je le re-tiendrai pour vous en faire part, corn. Cinna, n,I. La possession d’un cœur est fort mal assurée,lorsqu’on prétend le retenir par force, mol. Sicil .sc. e. Brutus et Cassius me suivront en Asie ; An-toine retiendra la Gaule et l'Italie , volt. M. de Cé-sar, i, 3. || Terme de palais. Donner et retenir nevaut, une donation n’est pas valable, si l’on ne sedessaisit pas en effet de ce que l’on donne ; c’estce qu’on appelle un brocard de droit. || 4° Enparlant des habitudes, des qualités bonnes ou mau-vaises, des observances, ne point perdre. Retenirl’accent de son pays. Us retenaient encore beau-coup des mœurs de leur pays, vaugel. Q. C. 409.Dans la suite, on se dispensa de cette loi, mais3’était l’intention de Romulus qu’elle fût gardée, eton en retint toujours quelque chose, boss. Hist. ni,7. Je puis être à lui [Dieu ], et retenir toute mon in-dignité, parce que je puis être à lui et n’en être pasmeilleur, bourdal. Purif. de la Vierge, M yst. t. ii,p. 263. Il n’est pas moralement possible que ce chré-tien retienne la fréquente communion, sans êtrepuissamment et continuellement excité à purifierson cœur, id. Dim. Oct. du Sl-Sacrement, Dominic.t. ii, p. 325. Vous vous faites à vous-même un plande conduite dont vous ne bannissez que vos mal-heurs passés ; vous retenez tout ce qui peut vous yconduire par d’autres routes, mass. Carême, Pâ-ques. Il [Pyrrhon ] ne retint de la doctrine de sesmaîtres que les principes qui favorisaient son penchant naturel à ce doute, dider. Opin. des ont.philos. Pyrrhonisme philos. || 6° Prélever, déduired’une somme. En me payant il a retenu la sommequ’il m’avait prêtée. Sur cette somme annuelle, onretenait une partie pour les habits, les armes et lestentes, rolun, Hist. anc. Œuv. t. xi, t" part,p. 371, dans pougens. || 6° Réserver. Il a donné sonbien, mais il en a retenu l’usufruit. Il a affermé saterre, mais il a retenu les bois et les vignes. || 7° Ter-me de procédure. Retenir une cause, se dit des jugesqui décident qu’une cause est de leur compétence.|| Il signifie aussi : la conserver au rôle pour qu’ellesoit jugée à son rang et sans délai. || 8° Termed’arithmétique. Retenirunou plusieurs chiffres, lesréserver pour les joindre aux chiffres de la colonnequ’on doit calculer après : je pose 7 et retiens 2 ;ou, elliptiquement: pose 7 et retiens 2 . En 1 45, jepose 5 et retiens <4. ||9° S’assurer par précautionde ce qu’un autre aurait pu prendre. Ce jour-là, lescomédiens avaient été retenus pour représenter unecomédie chez un des plus riches bourgeois de la ville,scarr. Rom. com. i, < 9. Les violons sont retenus,le festin est commandé, et ma fille est parée pourvous recevoir, mol. Mar. forcé , t4. J’ai déjà retenuquatre laquais qui jouent parfaitement du violon,brueys, Grondeur, n, t5. Cet appartement, j’irai desce soir le retenir pour vous, mariv. Marianne, part.3. Je lui avais retenu un intendant, qui devait au-jourd’hui entrer chez elle ; et cependant elle en a prisun autre, id. Fausses confid. ii, 4. Il [RacineJ étaitbien pardonnable d’être un peu fâché contre ceux quienvoyaient leurs laquais battre des mains à la Phè-dre de Pradon, et qui retenaient les loges à la Phè-dre de Racine , pour les laisser vides et pour faire
accroire qu’elle était tombée, volt. Mél. litt. Hon-nit. litt. préambule. Enfin, quoiqu’il n’eût pas be-soin de secrétaire, En cette qualité monsieur l’aretenu, collin d’harlev. Optim. i, 2 . || Fig. Attendezque nous partions ensemble, quand je me verraiprêt à mourir, je vous manderai, si je puis, le jourque j’aurai retenu ma place au coche, d’alemb.Lett. à Volt. 25 janv. t770. || Familièrement et iro-niquement. Je vous retiens, je le retiens, se dit àpropos de quelqu’un qui dit ou fait une sottise. Jevous retiens pour faire des commissions, se dit àquelqu’un qui s’en est mal acquitté. || Populaire-ment. Je retiens part, j’en retiens part, se dit, quandon voit quelqu’un ramasser quelque chose, pour si-gnifier qu’on prétend avoir part à ce qu’il a trouvé.Je n’ai pu résister au plaisir de me vanter de vosbontés, et un passant a dit : j’en retiens part, volt.Lett. à d’Argenson, 7 mars 1739. Je lui dirai, commeles gens du peuple : j’en retiens part, tant ses sati-res me paraissent redoutables, d’alemb. Lett. à Vol-taire , 4 déc. <770. || Retenir date, indiquer à quel-qu’un un jour, une époque où l’on exigera de luitelle chose. || Retenir une date en cour de Rome ,prendre une date, s’assurer d’une date en cour deRome . || Dans l’ancien style parlementaire, ce con-seiller a retenu le bureau, il s’est assuré d’un jourfixe pour rapporter le procès dont il est chargé.|| Je retiens croix, je retiens pile, se dit, au jeude croix ou pile, pour signifier que Ton gage quele côté de la pièce de monnaie qui paraîtra seracroix, sera pile. || On dit dans un sens analogue,quand on joue à pair ou non : je retiens pair,je retiens non. || Les enfants disent de même dansleurs jeux : je retiens de jouer le premier.|| 10“ Ne pas laisser aller, en parlant des chosesqu’on arrête, qui sont arrêtées. S’il retient les eaux,tout deviendra sec; et, s’il les lâche, elles inonde-ront la terre, saci, Bible , Job, xn, 1 5. Ils se sontcreusé des citernes entr’ouvertes, des citernesqui ne peuvent retenir l’eau, id. ib. Jérémie, n, <3.C’est une chaussée qui suit les bords de la Loire etretient cette rivière dans son lit, la font. Lettres, 7 .Le cœur vole au plaisir que l’instant a produit, Etcherche à retenir le plaisir qui s’enfuit, delille,Hom. des ch. 1 .1| Garder dans sa bouche. La pre-mière chose que je fis en mettant pied à terre futd’entrer dans le lac [la mer Morte ] jusqu’aux ge-noux, et de porter l’eau à ma bouche ; il me futimpossible de l’y retenir; la salure en est beau-coup plus forte que celle de la mer, chateaubr.Itinér. 3* part. || Garder dans son corps. Retenir sonurine. Retenir son eau. || 11” Retenir son haleine,ne pas la laisser sortir. Il [Fox, fondateur de lasecte des quakers] se mit à trembler, à faire descontorsions et des grimaces, à retenir son haleine,à la pousser avec violence ; la prêtresse de Delphes n’eût pas fait mieux, volt. Dict. phil. Quakers, 2 .Ils [les Prussiens] se lèvent, ils l’entourent [d’Assas ],lui mettent vingt baïonnettes sur la poitrine : sivous criez, vous êtes mort ; il retient son souffleun moment pour crier plus fort : à moi, d’Auver-gne , les voilà, et il tombe percé de coups, id. Lett.Choiseul, t 2 nov. <768. || On dit de même : retenirses soupirs, ses larmes. Et vous, madame, Retenezdes soupirs dont vous me percez l’âme, corn. Ni-com. iv, <• Nous ne pûmes, en le remerciant, rete-nir nos larmes, fén. Tél. vi. Il ne la faut donner[la tragédie des Scythes] que quand Mlle Durancysera sûre de son rôle, et qu’elle aura appris à ré-pandre et à retenir des larmes, volt. Lett. Florian,4 mars <767. || Fig. Que de fois dans ce cœur, hon-teux de la tromper, Je retins mon secret qui vou-lait m’échapper! c. dblav. Paria, i, <. || Retenir lerire, s’empêcher de rire. Elle confesse qu’elle avaittellement perdu les lumières de la foi, que, lors-qu’on parlait sérieusement des mystères de la reli-gion, elle avait peine à retenir ce rire dédaigneuxqu’excitent les personnes simples, lorsqu’on leurvoit croire des choses impossibles, boss. Anne deGonx. || Retenir sa langue, ne pas se laisser allerà parler, à trop parler. Pourquoi ces retraites, cesveilles, ces jeûnes, ces continuelles prières, si nousne laissons pas avec cela de nous damner en ne re-tenant pas notre langue? bourdal. <<• dim. aprèsla Pentecôte, Dominic. t. m, p. 256. || 12" Arrêter,ne pas laisser aller, en parlant des personnes. Jesuis encore ici, M. et Mme de Chauines font de leurmieux pour m’y retenir, sév. 76. II ne m’a retenuque pour parler de vous, rac. Bérén. ni, 3. Et quis’honorerait de l’appui d’Agrippine, Lorsque Néron lui-même annonce ma ruine, .. .Quand Burrhus àsa porte ose me retenir? id. Brit. I, 2 . Il était tousles jours retenu pour quelque repas, hamilt.
1683
Gramm. 6. Et de voir qu’on retînt en prison unebelle dame et deux amis pour un crime qu’il n’avaitpas fait, volt. Zadig, 4. Au lieu que le roi[Charles XII ] avait renvoyé tous ces prisonniersmoscovites qu’il ne craignait pas, le czar retint lesSuédois pris à Pultava, id. Charles XLL, 4. Ilvoulut s’en aller, elle le retint : Vous êtes de mesamis, lui dit-elle, et l’un de ceux que je vois avecplus de plaisir, j. j. rouss. Hél. vi, < < . Il me retintpar ma robe, en me suppliant de lui accorder unmoment d’entretien, genlis, Ad. et Th. t. ii, p. 337,dans pougens. || Retenir à, avec un infinitif, garderquelqu’un pour qu’il couche, dîne dans la maison.Mme de la Fayette me retint à coucher, sév. < 53.Je retins mon frère à dîner, mariv. Pays, parti.part. 6. || Je ne vous retiens plus, se dit à une per-sonne qu’on renvoie, à qui on permet de prendrecongé. Monsieur, peut-être ailleurs êtes-vous at-tendu; Je ne vous retiens point, boursault, Fabl .d’Es. iii, 4. Je ne te retiens plus, sauve-toi de ceslieux, rac. Andr. iv, 5. || Il se dit aussi des chosesqui font séjourner, qui arrêtent. Ce rhume Ta re-tenu dans sa chambre. La goutte le retient au lit.La bonté du terroir y retint ceux du pays, vaug.Q. C. viii, 2 . La cour ne le retint guère [le ducd’Enghien], quoiqu’il en fût la merveille, boss.Louis de Bourbon. Ne prétendrais-tu point, par tesfausses couleurs, Déguiser un amour qui te re-tient ailleurs? rac. Baj. v, 4. Pourrai-je m’arra-cher de ce séjour plein d’illusion, où rien ne m’at-tache, où tout me retient? genlis, Mme de Mainte-non, t. i, p. 257, dans pougens. || Fig. Vos périlsme retiendraient à la vie, Exil de Cicéron , dansdesfontaines. Un ami mourant a souvent vouluque son ami lui prît la main, pour le retenir dansla vie, tandis qu’il se sentait entraîné par la mort,chateaubr. Italie , Tivoli. || 13“ Empêcher de sortir.Des faveurs de l’hiver redoutez le danger, Et retenezvos fleurs qui se pressent d’éclore, i. b. rouss. Surun arbrisseau. || Fig. Renfermés dans leur criminelletimidité, ils gardent un profond silence : ils retien-nent la vérité dans l’injustice, mass. Avent, Épipha-nie. || Empêcher d’avancer, de cheminer. J’ai bientâché [pendant le temps que je viens de passer avecvous] à retenir tous les moments, et ne les ai laisséspartir qu’à l’extrémité, sév. à Mme de Grignan ,<0 nov. <673. Le temps vole et m’emporte malgrémoi ; j’ai beau vouloir le retenir, c’est lui qui m’en-traîne; et cette pensée me fait grand’peur, id. àBussy, <2 juillet < 69 1 . Les jours vont si vite, et lesmois et les années, que, pour moi, mon cher cousin,je ne puis plus les retenir, id. ib. || 14“ Fixer, em-pêcher de tomber, de retomber. Corinne souleva lerideau, et le retint pour laisser passer lord Nelvil,Staël, Corinne, iv, 3. || Retenir une poutre, l’atta-cher avec un lien de fer pour l’empêcher de tomber.|| IB”S’opposer à l’effet prochain d’une action. 11 seraittombé dans le précipice si je ne l’eusse retenu.Reviens me rendre compte, et voir s’il faut hâterOu retenir les coups que je dois lui porter, volt.Fanat. n, 4. Mérope allait verser le sang de l'assas-sin; Ce vieillard, dites-vous, a retenu sa main, id.Mérope, iv, <■ || Fig. Le bruit de son trépas D’unvainqueur trop crédule a retenu le bras, rac. Alex.iv, 4. || 16“ Réprimer, modérer, empêcher, en par-lant des personnes. La crainte des peines les retient,patru, Plaidoyer, 6. Mon père, retenez des femmesqui s’emportent, corn. Ilor. n, 8. Leur sexe aime àjouir d’un peu de liberté ; On le retient fort mal partant d’austérité, mol. Êc. des maris , i, 2 . En vainles rois d’Angleterre ont cru les pouvoir retenir [lesesprits] sur cette pente dangereuse [de la liberté re-ligieuse] en conservant l’épiscopat, boss. Reine d’An-gleterre. Il [Théodose ] épouvanta les hérétiques sansles punir ; il les retint dans l’obéissance, fléch. Hist.de Théodose , m, 26 . Par combien de liens il étaitretenu [dans le protestantisme] ! id. Due de Mont.La raison pourquoi le cardinal Mazarin différaittant à accorder les grâces qu’il avait promises, c’estqu’il était persuadé que l’espéiance est bien pluscapable de retenir les hommes dans le devoir quenon pas la reconnaissance, rac. Fragm. hist. Neme retenez point, monsieur le marquis, ne meretenez point, lesage, Turcaret, v, 9. Ce n’est plusle besoin que j’ai de lui qui me retient; c’est moique je ménage, mariv. Fausses confid. H, < 2 . Vousêtes pour moi le démon de Socrate ; mais son démonse bornait à le retenir, et vous m’inspirez, volt,Lett. tVArgentai, <2 avr. <760. On peut éclairer celuiqui s’abuse; mais comment retenir celui qui se vend ?j. j. rouss. Gouv. de Polog. ch. 7. il a autant besoind’être poussé que l’autre d’être retenu, id. Projetd’éduc. [| Ii se dit des sentiments que l’on contient.