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Si cethomme est à vous, imposez-lui silence, Madame,et retenez une telle insolence, corn. Nicom. i, 2 . 11est aisé de conclure que, parmi cette foule de pé-cheurs qui provoquent la colère du ciel, il y a quel-ques justes cachés qui la retiennent, fléch. Pané-gyr. Franç. de Paule. Je sais.... que la force peutagir.... pour assurer la paix, pour protéger l’inno-cence, pour arrêter la malice qui se déborde, etpour retenir la cupidité dans les bornes de la jus-tice, id. Turenne. Il allait porter son encens avecpeine sur les autels de la fortune, et revenait chargédu poids de ses pensées qu’un silence contraintavait retenues, id. Duc de Uontausier. Je m’ob-serve sans cesse pour retenir mon impatience, etpour empêcher qu’on ne s’aperçoive que je la re-tiens, maintenon , Lett. d Mme de Glapi on, 3t juil-let )7i2. Rendez grâce au seul noeud qui retientma colère ; D’Iphigénie encor je respecte le père,rac. Iph. iv, 6. C’est vous qui retenez mes passionsimpétueuses, fén. Tél.xvu. Cette dignité qui retientles saillies du tempérament, cette humanité qui rendplus sensible aux impressions de la grâce, mass. Pet.carême, Vie. vert, des grands. || Retenir avec de etun infinitif. Vous-même êtes-vous sûr que ce nœudla retienne D’ajouter, s’il le faut, votre perte à lamienne? corn. Olh. ii, 4. Bien des raisons doiventme retenir de parler, maintenon , Lett. au card.de Noailles, 13 août t7tt. Cette considération nem’a jamais retenu de faire ce que j’ai cru bon etutile, j. j. rouss. Lett. à Moultou, 2 b avr. 4762.
|| Retenir avec que et le verbe au subjonctif. Et leretiennent qu’il n’y fonde Ou son amour ou sonespoir, corn. Lmit. i, 4 2 , éd. 4 654. || 17° Retenir dans,imposer, prescrire. La crainte de renouveler vospeines et, plus que tout, la confiance que vousconnaissez mon cœur, m’a retenu dans un silenceque je crois que vous avez entendu, sév. à Pompone,24 noc. 4 695. || Absolument. Retenir quelqu’un, luifaire observer la discrétion, des ménagements. Vousne pouvez le retenir que par la confiance, gf.nlis,Ad. et Th. t. il, p. 438, dans pougens. j| 18° Mettre,garder dans sa mémoire. Quiconque a beaucoup vuPeut avoir beaucoup retenu, la font. Fabl . i, 8.J’ai oui dire, il y a longtemps, une parole d’un an-cien que j’ai toujours retenue , mol. Scapin, il, 8.Elle retient comme un éloge admirable ce que vousdites de M. Rouillé, que la justice est sa passiondominante, sév. 1 78. Non-seulement elle [la reli-gion] a été bien enseignée par les apôtres, maisencore elle a été bien retenue par ceux qui les ontsuivis, ross. 4" avert. 5. Ce qui est sûr, c’est quej’ai toujours retenu leurs visages, je les vois en-core, je les peindrais, Marivaux , Marianne, part. I.Le véritable éloge d’un poète, c’est qu’on retienneses vers, volt. Louis ILV, 32. En général, nousretenons plus facilement les idées qui ont le plusde rapport aux matières qui nous ont souventoccupés, bonnet, Ess. anal, âme, 26 . || Absolu-ment. Pourquoi parle-t-on [dans la chaire], sinonpour persuader, pour instruire, et pour faire ensorte que l’auditeur retienne? fén. Dialogues surl’éloquence, I. || Retenir que. Retenons bien queles objets extérieurs ne renferment rien d’agréableni de fâcheux, malebr. Rech. vér. I, 4 7. || Familiè-rement. Retenir quelqu’un, retenir ce qu’il dit.Pour de la logique, si nature vous en avait départi,à égale mesure, il n’y aurait plus qu'à vous écouteret vous retenir par cœur, didf.rot, Lett. à Falco-net, sept. 4766. || 19° Il se dit absolument pour êtrefécondées en parlant des femelles des animaux.Il serait mieux, pour avoir d’excellents chevaux,de ne laisser couvrir les juments que de deux an-nées Vune ; elles dureraient plus longtemps et re-tiendraient plus sûrement, buff. Quadrup. t. i,p. 85. |1 20° Absolument. Se dit des chevaux quisont au timon ou dans les limons, et qui empê-chent la voiture d’aller trop vite à une descente.Ce cheval a les reins bons, il retient fort bien.|| 21° Se retenir, ». ré/l. S’empêcher de tomber. 11se retint aux crins du cheval. Il [le hérisson] montesur les arbres, et se retient aux branches avec laqueue, buff. Quadrup. t. vi, p. 46. |] 22“ S’arrêteravec effort. Il se retint au bord du précipice. Dèsqu’une fois on a commencé à glisser ou à rouleravec un peu de vitesse, cette vitesse s’accélère con-tinuellement, et il devient impossible de se retenir,Saussure, Voy. Alpes , t. iv, p. 32, dans pougens.|| Il se dit des chevaux qui ne veulent point se por-ter librement en avant. || 1 erme de manège. Uncheval se retient ou reste derrière la main, lorsque,p ir caprice, il ralentit son allure. || 11 se retient,quand au lieu d’avancer, il saute, et ne part pasfacilement de la main. Il 23“ Fig- Se modérer.
Allons.... je ne pourrais me retenir, et il vaut mieuxquitter la place, mol. G. Dand. h, 4. Cela me parutsi horrible que j’eus peine i me retenir, pasc.Prov. vu. Nè vous retenez point quand votre plumeveut parler de la Provence ; ce sont mes affaires,sév. 22 déc. 4676. Retenez-vous sur le jeu, vousavez été souvent témoin des malheurs que l’amourdu jeu attire, maintenon , Lett. à Mme d’Havrincourt,24 févr. 4706. J’ai peine à me retenir, quand jeparle de cette horrible aventure [l’exécution duchevalier de la Barre ], volt. Lett. d'Argentai,24 oct. 4774. || Il se dit des sentiments dans lemême sens. Croyez-moi, les épanchements del’amitié se retiennent devant un témoin quel qu’ilsoit, i. J. rouss. Hél. iv, 7. || 24“ Différer de satis-faire aux besoins, aux mouvements naturels. Rete-nez-vous, vous ne pouvez pleurer ici. Tâchez devous retenir jusqu’à ce que vous soyez chez vous.Je l’aimais aussi moi, madame, et j'en pleurerais,je crois, si je ne me retenais, picard, Ricochets, i, 4 6.
|| 25“ Etre gardé dans la mémoire. Ces préceptes seretiennent facilement.
— hist. xi“ s. De la viande ki de l’herberc vintTant an retint, dunt son cors en sustint, St Alexis,li. Blanc ai le chef et la barbe canuthe [chenue] ;Ma grant honur [lief] t’aveie retenue, t'b. lxxxii.Ki retient le dener saint Pere, le dener rendra perla justice de sainte eglise, Lois de Guill. 20 . Retenezles [gardez-les avec vous], c’est vostre salvement,Ch . de Roi. lxi. || xn" s. Se [elle] ne me veut retenirou quiter, Couci, vi. Puiz que mes cuers [mon cœur]ne s’en veut revenir De vous, dame, pour qui il m’aguerpi, Aumosne aurez, sel daigniez retenir, id. ix.Je lo [conseille] bien que il [les messagers] soient etretenu et pris, Sax. xxvi. || xm* s. Jacques d’Avesnesretenoit le siégé [continuait à assiéger] Corinthe , sicom li marchis li avoit laissié, villeh. cxxxv. Li mais-tres perd sa poine toute, Quand li disciples qui es-coute, Ne met s’ententeau retenir, Si qu’il l’en puissesovenir, la Rose, 2066 . Habiz de chasleé est aquispar usage de retenir soi contre ses covoitises, brun,latini, Trésor, p. 267. On oste trente et retient lesorplus, Comput, f. 9. Et tex cozes qui les retient àsoi, li sires l’en pot sivir comme d’espave concelée,beaum. xxv, 21. Et s’ele [la procuration] est soufi-sans, le justice le [la] retient par devers li, id. iv, 24.En toutes ces choses que nous avons ordenées pour leproufit de nos subjez et de nostre royaume, nous re-tenons à nous pooir d'esclaircir, d’amender, d’ajous-ter et d’amenuisier, selonc ce que nous aurons con-seil, joinv. 297. Sire clerc, fist le roy, vous avezperdu à estre prestre par vostre proesce, et pourvostre proesce je vous retieing à mes gages, in. 209.Bien retient ce c’onli enseigne, Ren. 4 6483. |] xxv* s.Que ce soit retenu en mémoire de ceux qui emprèsnous vendront [viendront], bercheure, f“ 73, recto.En son ostel a vilain osle Qui mauvais conseillier re-tient, j. de condé, t. u, p. 47. Et sont et seronttenu lesdits religieux de retenir [entretenir] bienet souffisamment lesdites voies, du cange, retinere.|| xv“ s. Je le remercie grandement des beaux pre-sens qu’il m’a présentés ; mais ce n’est mie l’aiseni la paix du roi d’Angleterre mon seigneur que jeles retienne, froiss. i, i, 300. Et en y eut bien demorts quatre mille huit cens, et retenus [faits pri-sonniers] quatre cens, qui furent amenés à St-Omer et mis en prison, id. liv. 4", p. 79, dans lacurne.|| xvi» s. Les aultres plantes ont retenu le nom desrégions desquelles feurent ailleurs transpourtées,rab. Pant. m, 60 . Madame a retenu ce porteur,jusques à ce qu’elle se trouve'si bien que le savoirvous en fist contentement, marg. Lett. xxxn. Quiaura leu diligemment, bien entendu et fidèlementretenu les histoires.... amyot, Préf. iv, 29. Cestelecture retient et arreste tellement les bons esprits,qu’elle leur fait bien souvent oublier tous autresplaisirs, id. Préf. xv, 42. Il les gaigna, leur pro-mettant qu’il se retiendroit la supevintendance dela guerre, et la garde desloix seulement, id. Thésée ,28. Il estoit fort retenu et réservé en son parler,id. Péric. xv. Les Tuics en retiennent quelquechose [de cet usage], mont, i, 48. La jeunesse, quiest desireuse de nouveauté et ardante en ses affec-tions, ne se peut retenir qu’elle n’aille gouster,voire se saouler de ces douces poisons, lanoue,4 20 . L’ame bien reigléene se retient pas seulementde mal faire pour crainte de punition, mais.... calv.
Instit. 6.Pour nous monstrer que c’est à dire,
lier et deslier : assavoir de retenir les pechez et lesremettre, id. ib. 886. Donner et retenir ne vaut,loysel, 669. Il estoit bourgeois de Paris ; Et de faictpar un long usage II retenoit du badaudage, Sot.Ménippée, l’Asne ligueur.
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— ÊTYM. Re..., et tenir; wallon , ritai; génev.ralenir ; provenç. relener, retenir ; espagn. relener;portug . refer; ital. ritenere.
-f RETENTER (re-tan-té), ». a. Tenter de nou-veau; faire de nouvelles tentatives.
— HIST. xvr s. Nous fusmes si mal avisez quede vouloir trois jours après retenter le mesme des-sein, lanoue, 690. Qui retentera son estre et sesforces n’y verra. .. mont, ii, 306.
j RÉTENTEUR, TRICE (ré-tan-teur, tri-s’), adj.Qui retient, qui exerce un effort pour retenir. Lepouvoir rétenteur d’un muscle, d’un ressort, le-
GOARANT.
— HIST. xvi“ s. La faculté retentrice est celle quigarde et retient ce qui a esté attiré, paré, Introd. 8.
t RÉTENTIF, IVE ( ré-tan-tif, ti-v’), adj. Terme di-dactique. Qui a la vertu de retenir. Force retentive.
— hist. xm* s. Et la terre, qui est froide et seche,fait la vertu retentive, ce est qui retient la viande,brun, latini, Trésor, p. 4 09.
— êtym. Voy. rétention; provenç. retentiu; ital.retentir o.
RÉTENTION (ré-tan-sion; en vers, de quatre syl-labes), s. f. || 1“ Action de retenir. La rétention oul’empreinte de ces idées dans la mémoire, desc. Del’homme. || Terme de jurisprudence. Droit de réten-tion, faculté, accordée à certains créanciers, de re-tenir la chose qui est entre leurs mains, jusqu’àparfait payement de ce qui leur est dû. || 2“ Actionde retenir un chiffre pour le joindre aux chiffresqui doivent venir après. Tu sais, comme en opé-rant par la plume [dans les calculs], on est à toutmoment obligé de retenir ou d’emprunter les nom-bres nécessaires, et combien d’erreurs se glissentdans ces rétentions et emprunts, à moins d’une très-longue habitude, pasg. Mach. arithm. || 3" Réser-vation, réserve. Rétention d’une pension sur unbénéfice. || 4“ Terme de palais. La rétention d unecause, l’action des juges qui, décidant que la con-naissance d’une cause leur appartient, la retien-nent. || On dit dans le même sens : un arrêt derétention. || La rétention d’une cause se dit ausside la décision par laquelle une cause est retenue,conservée au rôle et en son rang. || 5“ Terme demédecine. Accumulation d’une substance solide ouliquide dans les conduits destinés à son excrétionou dans le réservoir qui est naturellement destiné àla contenir, mais où elle ne devrait séjourner quemomentanément. Le repos, les passions de l’esprit,les excrétions et rétentions, École de Salerne , Pré-face, dans pougens. || Rétention d’urine, ou, simple-ment, rétention, accumulation de l’urine dans lavessie. Un vice de conformation dans la vessie me fitéprouver durant mes premières années une rétentionpresque continuelle, j. j. rouss. Confess. vm.
— HIST. xvi” s. Le locataire peut user de réten-tion de ses louages pour réparations necessaires,loysel, 480. Y apposant des retentions, courvées etautres conditions , selon la portée de son domaine,o. de serres , 67. Des soies seront aussi emploiéesen habits, mais avec rétention [retenue], de peurd’abuser de matière tant precieuse, id. 884. U per-dit connoissance et raison, avec rétention des ex-cremens, paré, viii, 23. De la suppression ou ré-tention d’urine, id. xv, 61 . Il ne m’en souvient [dece que j'ai su] ; et, si je suis homme de quelque le-çon, je suis homme de nulle rétention, mont, ii, 98.
— ÊTYM . Provenç. retentio; espagn. retencion;ital. ritemione; du lat. retentionem, de retentum,supin de retinere, retenir.
RÉTENTIONNAIRE (rè-tan-sio-nê-r’), s. m.|| 1“ Terme de jurisprudence peu usité. Celui quiretient entre les mains ce qui appartient à d’autres.|| 2" Ouvrier à façon, qui retient pour lui les ma-tières qu’on lui confie.
RETENTIR (re-tan-tir), ». n. || 1“ Rendre, ren-voyer un son éclatant. Saint Jean-Baptiste .... ap-pela tous les pécheurs à la pénitence, et fit retentirde ses cris tout le désert, boss. Hist. il, 6. Alors lescris redoublèrent, et durant deux heures la placepublique retentissait de ces mots : La grande Dianedes Éphésiens I id. ib. il, 4 2. Le Jourdain sutroubla, et tous ses rivages retentirent du son doces lugubres paroles : Comment est mort cet hommepuissant qui sauvait le peuple d’Israël ? fléch. Tu-renne. De nos cris douloureux la plaine retentit,RAC. Phèd. v, 6. Salomon multiplie les concerts, etson palais retentit de toutes parts de chants de vo-lupté et de réjouissance, mass. Carême, Enfantprod. L’occasion d’entendre quelques-uns des pré-dicateurs qui font retentir les églises de Rome