1686 RÉT
soit courre le [la] partie [le partage] sans fere rete-nue, ele n’aroit nul restor des teres plaines, beaum.xiii, 24. || xv s. Le vicomte.... fit lettres escrire etenvoyer hastivement aux chevaliers et escuyers deFrance et de Picardie de sa connoissance et retenue[suite], froiss. in, iv, 14. Le trop d’officiers remue[congédie], Que tu as, comme oiseaulx en mue....Ils ont sans cause retenue [gages, salaires], E. desch.Poésies mss. f' 320. Et le roy lui eust donné, À savie, certaine pension ; Qu’il vous plaise, seigneurtrès-redoubté, Retenue ait et confirmacion, id.Suppl, au roi. De si bon engin et de si grant rete-nue [mémoire], Perceforest , t. vi, f- 113. Anciensédifices dont la couverture estoit pourrie par def-faulte de retenue, ib. t. v, f” 94. || xvi* s. Le retrait[droit de rachat] seigneurial est censuel ou féodal,et s’appelle coutumièrement droit de retenue, loy-sel, 423. Lignager sur lignager n’a droit de rete-nue [la vente ayant lieu entre parents, le droit derachat tombe], id. 430. [Des dames se tenant tou-jours nien en leurs rangs dans une danse très-com-pliquée] Tant ces dames avoient le jugement solideet la retenue [mémoire] bonne, bbant. Dames iII.p. 81 . Le pere ou la mere de mineurs aura la rete-nue [disposition], le maniement et le profit desbiens de leurs enfants, sans rendre compte, JVouv.cousl. gén. t. i, p. 839.
— ÊTYM . Retenu; wall. ritnow; prov. retenguda.Retenue au sens de suite a donné l’angl. relinue.
f RETENUEMENT (re-te-nu-man), adv. D’unemanière retenue.
— HIST. xvi' s. Nostre condition faultiere nousdebvroit faire porter plus moderéement et retenue-ment en nos changemens, mont, ii, 32t.
— Etym . Retenue, et le suffixe ment.
RETERÇAGE ou RETERSAGE (re-tèr-sa-j’), s.
m. Terme d’agriculture. Action de reterser; résul-tat de cette action.
RETERCÉ ou RETERSÉ,ÉE (re-tèr-sé, sée), part,passé de retercerou reterser. Vigne retersée.
RETERCER ou RETERSER (re-tèr-sé), «. a.Terme d’agriculture. Tercer de nouveau.
— rem. L’Académie n’a que reterser; mais àterser, elle écrit terser ou tercer, dernière ortho-graphe qui d’ailleurs est meilleure.
RÊTIAIRE (ré-si-ê-r’), s. m. Terme d’antiquité.Gladiateur qui combattait armé d’un filet, avec le-quel il tâchait d’embarrasser son adversaire.
— ÊTYM . Lat. reliarius, de rete, filet (voy. rets).
RÉTICENCE (ré-ti-san-s’), s. f. || 1° Suppression
ou omission volontaire d’une chose qu’on devraitdire ; la chose même qu’on n’a pas dite. La réti-cence sur des faits si intéressants n’est point par-donnable, volt. Fragm. sur l’hist. 16 . Il n’y au-rait donc qu'en France qu’il ne serait pas permisde faire paraître l’éloge de Louis XIV et de laFrance ! et cela, parce que je n’ai eu ni la bas-sesse ni la sottise de défigurer cet éloge par dehonteuses réticences et par de lâches déguisements,id. Lett. Ilénault, I" févr. 1762. Cette réticence dis-crète, maumontel, Mém. H. Divers genres de réti-cences rendaient ses lettres plus courtes, stael,Corinne, xvn, 2 . || 2' Figure de rhétorique. Sorte deprétérition où, commençant l’expression de sa pen-sée, on s’arrête avant de l’avoir achevée : Je devraissur l’autel où ta main sacrifie Te.... mais du prixqu’on m’olTre il faut me contenter, rac. Ath. v, 6,est un exemple de réticence. La réticence consiste àpasser sous silence des pensées que l’on fait mieuxconnaître par ce silence, que si on parlait ouverte-ment, dumars. Œuv. t. v, p. 280 . Euclide s’étenditsur les divers ornements du discours, il me citades réticences heureuses, des allusions fines, despensées ingénieuses, des reparties pleines de sel,barthél. Anach. ch. 68.
— iiist. xvr s. Je r’envoye les curieux aux li-vres faicts exprès pour la description de ces mise-res, afin qu’il paroisse en moi plustost de la réti-cence que de l'affectation, d’aub. Hist. i, 262.
Etym . Lat. relicentia, de reticere, taire, dere, et tacere (voy. taire).
RÉIIUULAIUE (ré-ti-ku-lê-r*), adj. || 1° Termedidactique. Qui est en forme de réseau. Membraneréticuiaire. Une membrane réticulaire observée dansdes feuilles de pied-de-veau, bonnet, Us . feuilles,2 ” supplém. || Terme d’anatomie. Tissu réticulaire,le derme sous-cornè du pied du cheval, comprenantle tissu feuilleté correspondant à la paroi, et le tissuvelouté qui s’unità la sole etàla fourchette. || 2 ° s. f.Genre de champignons voisin des lycoperdons, in-stitué par Bulliard. || 3” S. m. pl. Tribu de polypes.
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t RÉTICULATION (ré-ti-ku-la-sion), s. f. Termed’histoire naturelle. Etat d’une surface réticulée.Feuilles fossiles dont la forme et la réticulation sontbien conservées.
f RÉTICULE (ré-ti-ku-T), s. m. || 1« Terme d’an-tiquité romaine. Petit réseau dans lequel les femmesromaines serraient leurs cheveux. || 2° Nom donné,sous le Directoire , aux petits sacs que les femmesportaient avec elles, et qui, par corruption, ont étédits ridicules. Je vous ai déjà dit que les femmesavaient repris l’usage des sacs à ouvrage que les an-tiquaires appellent réticules, attendu que ceux desdames romaines étaient formés en filet de réseau;mais les bourgeoises qui les portent disent tou-jours des ridicules, decourchamp, Souvenirs de lamarquise de Créquy, t. ix, ch. v. || 3° Terme d’as-tronomie et d'arpentage. Assemblage de fils croisés,servant à mesurer les diamètres des astres, les an-gles, etc. Dépourvus de lunettes et de réticules,les anciens avaient imaginé des méthodes ingé-nieuses, mais inexactes, pour cette déterminationdu disque solaire qu’ils n’ont jamais bien mesuré,delambre, Abrégé d'astron. 3* leçon. || 4° Terme debotanique. Gaine fibreuse qui entoure la base desfeuilles, dans les palmiers.
— Etym . Lat. réticulum, diminutif de rete, filet(voy. rets).
RÉTICULÉ, ÉE (ré-ti-ku-lé, lée), adj. || 1“ Termed’architecture et d’antiquité. Maçonnerie réticulée,maçonnerie en forme de réseau, fort en usage dansles derniers temps de la république romaine.|| 2° Tasses en porcelaine réticulée, tasses composéesde deux enveloppes; la première est pleine commeune tasse ordinaire, elle est enveloppée d’une se-conde tasse découpée à jour et formant une sortede réseau qui enveloppe la première. Ces tasses ser-vent à mettre des boissons ou liqueurs chaudes, etpeuvent être prises à la main sans brûler. || 3° Termed’histoire naturelle. Marqué de lignes entre-croiséesen manière de réseau. || Terme de minéralogie. Quiimite un réseau par l’arrangement de ses fibres.|| Se dit des cristaux aciculaires quand les aiguillesse croisent. || 4° S. m. pl. Les réticulés, section depolypiers lapidescents.
— ETYM . Lat. reticulatus, de réticulum (voy. ré-ticule) .
RÉTIF, IVE (ré-tif, ti-v’), adj. || 1° Se dit d’uncheval ou autre bête de monture qui refuse d’obéirà celui qui le monte ou qui le conduit. Pour luiPhébus est sourd et Pégase est rétif, boil. Art p.i. |l 2° Fig. Difficile à conduire, à persuader. Il y a....des tempéraments ennemis de toute résistance,des naturels rétifs que la vérité fait cabrer, mol.l’Av. i, 8. Vous êtes rétive aux remèdes, mais noussaurons vous soumettre à la raison, id. Md. m.lui, il, 7. Un jeune homme.... Est vain dans sesdiscours, volage en ses désirs, Rétif à la censure,et fou dans les plaisirs, boil. Art p. iii. Je nesuis point rétif, point opiniâtre, point amoureuxde ma statue ; quand je ne corrige pas, c’est que jene trouve pas, volt. Lett. d'Argentai, 27 juill.1763. || Substantivement. Faire le rétif. || 3° Fig. Ilse dit des choses qui n’obéissent pas. 11 y a des en-fants en qui la mémoire paresseuse et rétive refused’abord tout service, rollin, Traité des Ét. i, 3. Il[Abel frappé] veut du moins tomber aux pieds desa famille; Mais ses genoux rétifs trompent sa vo-lonté, gilb. Mort d’Abel, vin.
— hist. xi' s. Vos cumpagnuns [nous] ferunstrestuz restifs [arrêtés, vaincus], Ch. de Roi. xcm.|| xiii* s. Se un home achate une beste restive, etque le vendeur li dit : ceste beste est restive, etje por restive la vous vens.... Axs. de Jérus . i, 183 .|| xvi' s. Les Allemans, qui nous desdaignent, se-royent-ils restifs de [lents à] venir à une telleproye? lanoue, 23. On ne trouve point par escritqu’ils ayent jamais fait les restifs de combatre, id.421. Un cheval restif et poulsif, mont, iii, 46.
— Etym . Prov. restiu; ital. restio; du lat. res-tare, résister, de re, et stare, se tenir debout(voy. stable). On remarquera le sens de rétif dansla Chanson de Roland .
f RÉTIFORME (ré-ti-for-m’), adj. Terme d’his-toire naturelle. Qui a la forme d’un réseau.
— HIST. xvi* s. La tunique de l’humeur vitreux,nommée en grec amphiblistoïde ou retiforme,paré, iii, 8.
— ÊTYM . Lat. rete, filet (voy. rets), et forme.
\ RÉTINACLE (ré-ti-na-kl’), s. m. Terme de bo-tanique. Crochet qui soutient les graines des acan-thacées, attachées aux parois du fruit. || Glande quifixe au gynostème l’appareil (caudicule) qui sou-
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tient les masses de pollen solide, comme dans legenre orchis.
— Etym . Lat. retinaculum, lien, de retinere (voy.retenir).
f RÉTINALITE (ré-ti-na-li-t’), s. f. Minéral d’as-pect gras analogue à celui de la serpentine, quiprovient du bas Canada .
f RÉTINASPHALTE (ré-ti-na-sfa-lf), s. m. Miné-ral résineux que l’on trouve dans certains lignites.
RÉTINE (ré-ti-n’), s. f. Terme d’anatomie. Laplus intérieure des tuniques de l’œil, membranede substance nerveuse, qui embrasse le corps vitréet se trouve placée entre lui et la choroïde ; c’est àelle que l’œil doit la faculté de recueillir les images,et d’en transmettre la perception au centre commun,par l’intermédiaire du nerf optique. Les tableaux quela lumière trace sur la rétine, volt. Dial. 25 . Cesrayons [de lumière], avant de parvenir à la rétine,souffrent trois réfractions, la premièie en passantde l’air dans l’humeur aqueuse, la seconde en passantde l’humeur aqueuse dans le cristallin, et la troi-sième en passant du cristallin dans l’humeur vi-trée, brisson, Traité de phys. t. 11 , p. 424.
— HIST. xiv* s. De la substance nerveuse dunerf obtique’ est engendrée la retine, laquelle estplus soutille que nulle des autres [tuniques], etavironne sans moien les humours, H. de monde-ville, f* 17. La rectine, lanfranc, f° 73.
— Etym . Prov. rethina; espagn. et ital. retina;du lat. rete, filet (voy. rets) .
t RÉT1NERVE (ré-ti-nèr-v’), adj. Terme de bo-tanique. Qui est à nervures réticulées. Feuilles ré-tinerves.
— Etym . Lat. rete, filet, et nervure.
t RÉTINIEN , IENNE (ré-ti-niin, niè-n’), adj. Quiappartient à la rétine. La chromatoscopié rétinienne.
f i. RÉTINITE (ré-ti-ni-t’), s. f. Terme de méde-cine. Inflammation de la rétine.
— ÊTYM . Rétine, et la finale médicale ite, indi-quant inflammation.
t 2 . RÉTINITE (ré-ti-ni-t’), s. f. Terme de géolo-gie. Lave vitreuse, à éclat moins vif que l’obsi-dienne, d’un vert noirâtre, ressemblant à un verre,mais ayant un aspect résineux comme la poix.
t RÉTINNAPHTE (ré-ti-na-ft’), s. f. Terme dechimie. Substance désignée aussi sous le nom detoluène, sorte d’hydrocarbure découvert parmi lesproduits huileux provenant du traitement du gou-dron ou de diverses résines. L’ëssence de térében-thine, distillée, laisse passer entre (30 et 180» unproduit connu sous le nom de vive essence, qui,suivant MM. Pelletier et Walter, se compose de ré-tinnaphte et de rétinnyle. À 280 » l’essence de téré-benthine donne par la distillation l’huile fixe, qui,par un grand nombre de rectifications, fournit untroisième hydrocarbure, le rétinole.
t RÉTINOSCOPE (ré-ti-no-sko-p’), s. m. Termede médecine. Synonyme d’ophthalmoscope.
— ÊTYM . Rétine, et anconeîv, examiner.
RETIRADE (re-ti-ra-d’), s. f. Ancien terme de
fortification. Espèce de retranchement qui se faitdans le corps d’un ouvrage, pour disputer le terrain,lorsque les premières défenses ont été rompues.
— ETYM . Retirer. Le suffixe ade semble indiquerune origine espagnole ou provençale.
| RETIRAGE (re-ti-ra-j’),*. m.Âctionde retirer lelinge du cuvier de lessive pour le porter à la rivière,genlis, Maison rust. t. 11 , p. 23 , dans pougens.
RETIRATION (re-ti-ra-sion), s. m. Terme d’im-primerie. Action d’imprimer le verso d’une feuillede papier.
RETIRÉ, ÉE (re-ti-ré, rée), part, passé de retirer.|| 1° Ramené en tirant. Un homme retiré vivant dedessous les décombres. || 2“ Tiré en arrière, contracté.Ma peau est toute sèche et toute retirée, saci,Bible , Job, vu, 6. Les pattes toutes brûlées ettoutes retirées du pauvre Raton embrassent lesmains des heureux Bertrands, volt. Lett. d’A-lembert, 7 nov. 1774. Nous trouvâmes cette char-mante créature pâle, livide, agitée de convulsions,les lèvres retirées, id. Jenni, 6. || 3 J En termes de vé-nerie, on dit qu’un cerf est retiré, lorsque, forcé,il est, pour ainsi dire, desséché, ce qui fait qu’ilne peut plus souffler ni tirer la langue. || 4* Il sadit des choses qu’on rentre pour les mettre à l’abri.Les récoltes retirées dans les granges. || Fig. Toutle savoir du monde est chez vous retiré, mol. Tart.1 , 6. || Il se dit des eaux qui rentrent dans leur lit.Les eaux étaient alors retirées, puisque les deuxgrands continents [Asie et Amérique ) étaient unisvers le nord, et également peuplés d’éléphants,