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gain; une pièce [Rome sauvée] romaine et si peuparisienne ne peut longtemps attirer la foule, volt.Mme Denis, te mars 4 762. || Fig. et familièrement.Se retirer sur la bonne bouche, quitter la conver-sation, le jeu, etc. après avoir obtenu un petit suc-cès, et sans attendre un changement, un retour.|| 19° Rentrer chez soi. Ils se retirèrent chacun chezeux. Seigneur, qu’osez-vous direV — Qu’il faut,prince, qu’il faut que chacun se retire, bac. Iphig.i 2 . || Particulièrement. Rentrer dans sa chambre,dans son cabinet. Il s’est retiré dans son cabinet etne veut recevoir personne. || Absolument. Rentrerle soir dans son appartement pour n'en plus sortirque le lendemain. Que faites-vous les soirs avantqu’on se retire? mol. Éc. des mar. i, 6. Me retirerà dix heures, et faire la prière avec mes domesti-ques, maintenon .... Lett. à l’abbé Gobelin, te mars4675. Ne craignez rien pour ma santé ; nous nousretirons de bonne heure, nous ne soupons presquepas, didebot, Lett. à Mlle Voland, te juin (774. Jeme retirai à six heures du matin, excédé de fati-gue, et fort mécontent de moi-même et de ma soi-rée, genlis , Yeill. du chdt. t. i, p. 298, dans pou-gens. || 20° Ne pas paraître à quelque concours,exposition, etc. Si les grands maîtres se retirent,les subalternes se retireront, ne fût-ce que pour sedonner un air de grands maîtres, dideb. Salon de4767, Œuv. t. xiv, p. 6, dans pougens. || 21* Se re-tirer de quelqu’un , s’en éloigner, rompre la liaisonavec lui. Je ne sais d’où vous êtes : retirez-vous demoi, vous tous qui vivez dans l’iniquité, saci, Bible ,Étang. St Luc, xi:i, 27. Les frères du pauvre lehaïssent, et ses amis se retirent loin de lui, id.Pron. de Salom. xix, 7. Nous vous ordonnons,leur disait-il [saint Paul], de vous retirer de tousceux d’entre vos frères qui tiennent une conduitedéréglée, bourdal. 5" ditnanc. après l'Épiph. Dom.1. 1 , p. 228 . D’elle à la fois chacun se retira, volt.Poèmes, Bégueule. || Fig. Maintenant ce génie poé-tique [l'habitude de parler en vers chez les ancienshommes] s’est retiré des hommes, fonten. Oracl. n, 5.|| Dieu se retire, il n'accorde plus sa grâce. Il [Sam-son] ne savait pas que le Seigneur s’était retiré delui, saci, Bible, Juges , xvi, 20. Tout à coup, le Saint-Esprit se retire, les ténèbres s’épaississent, la fois’éteint, boss. Anne de Gom. Dieu même, disent-ils, s’est retiré de nous, rac. Athal. i, 4. || Se re-tirer de quelque chose, y renoncer. Il s’est retiréde l’entreprise. Non, vierges, non, je me retire Detous ces frivoles discours, malh. iii, 3. [Richelieu]-vit un moment la pensée de se retirer des affaires,genlis , Mlle de la Fayette , p. 4 26 , dans pougens.|| 22* Quitter un état, une profession, un genre devie, une situation. Il s’est retiré du service, dubarreau. Se retirer du désordre, de la débauche.Fuyez-en le péril et vous en retirez, rotr. Vencesl.iii, 4. Sédécias se retirade l’obéissance qu’il rendaitau roi de Babylone, saci, Bible , Rois , iv, xxiv,20 . On se retire du monde, mais on est bien aiseque le monde le sache, bourdal. Sévérité évang.2 ° avent, p. 444. Tous les hommes qui se re-tirent de la grande société sont utiles précisémentparce qu’ils s’en retirent, j. j. rouss. Em. v. || Avecellipse du pronom personnel. Les mauvais trai-tements qu’il me faut endurer, Pour jamais dela cour me feraient retirer, mol. Fâcheux, ni, 2.]| Absolument. Il s’est retiré, il s’est tout à fait re-tiré , il a quitté le commerce du monde, ou bien.ilmène une vie moins dissipée. Ma fille me pria dedemander pour récompense de mus services qu’ilme fût permis de me retirer, la font. Psyché, n ,p. 4 28 . || Cet officier se retire, il quitte le service.|i 23° Se mettre en retraite religieuse. Je veux meretirer ce soir; je fais demain mes pàques, sév.s avril i«89. || 24“ Aller dans un lieu pour s’y éta-blir, après avoir quitté un autre lieu. Se retirer enprovince, dans son pays. 11 s’est retiré dans ses ter-res. Nous nous retirâmes au désert, avec peu desuite, sans équipage, n’emportant que quelques li-vres, afin que notre fuite fût plus secrète, la font.Psyché, n, p. 428. il [François de Paule ] se retiradans les déserts de la Calabre pour se dérober auxyeux des hommes, fléch. Panégyr. Franç. dePaule. Charles s’embarque pour l’Espagne , et vase retirer dans l'Estramadure au monastère deSaint-Just, de l’ordre des hiéronymites , volt. Ann.Emp. Charles-Quint , 4 656. || il se dit quelquefoissimplement pour venir. Mais as-tu vu mon père?et peut-il endurer Qu’ainsi dans sa maison tut'oses retirer? corn. Mot. i, *• Il Eig. Se retireren soi-même, n’avoir plus de commerce qu’avecsoi-même. Je me suis retiré au dedans de moi,et, vivant entre moi et la nature, je goûtais une
douceur infinie à penser que je n’étais pas seul,j. i. rooss. 4° r dial. Cette aimable demeure porteinsensiblement à réfléchir, à se retirer en soi-même, riccoboni, Œuvr . t. i, p. 236, dans pougens.|| 25° Se réfugier, se mettre en lieu de sûreté. L’en-nemi se retira dans se3 retranchements. Les bêtesse retirent dans leurs tanières. Je pourrais vous lareprésenter dans ces tristes demeures où se retirentla misère et la pauvreté, fléch. Mme d’Aiguillon. Lepeuple, mécontent des patriciens, se retira sur leMont-Sacré, montesq. Rom. 8. Aristote fut très-sagede se retirer à Chalcis , lorsque le fanatisme dominaitdans Athènes, volt. Comm. œuvr . aut. Hoir. QuandSaumaise voulut écrire librement, il se retira enHollande ; quand Descartes voulut philosopher, ilquitta la France, id. Lett. Damilaville , 4 4 mars4 764. || Fig. S’il est vrai que la Justice se soit retiréeparmi eux [les dieux], la font. Psyché, n, p. 466.|| Terme de procédure. Se retirer par devers unjuge, un magistrat, s’adresser à lui pour avoir jus-tice. || 26° Faire retraite, en parlant d’une troupearmée. 11 [Mortier] avait ordre de défendre le Krem-lin , puis, en se retirant, de le faire sauter et d’in-cendier les restes de la ville, ségur, Hist. de Nap.IX, 6. Que là il [Davoust] avait fait à de misérablesCosaques l’honneur de se retirer devant eux, pas àpas et par bataillons carrés, comme s’ils eussent étédes mamelouks, id. ib. ix, 9. || 27° Fig. Être re-porté en arrière, se concentrer, en parlant de cho-ses. Le voici ; vers mon cœur tout mon sang se re-tire ; J’oublie, en le voyant, ce que je viens luidire, rac. Phèdre, n, 6. Toute ma tendresse s’estretirée sur toi, ma chère nièce, Diderot , Père defamille, ni, 4. Comme un reste de vie se retire versle cœur, à mesure que la mort s’empare des ex-trémités, ségur, Hist. de Nap. ix, 6. || 28" Se rac-courcir, se raccornir. Le parchemin se retire aufeu. J’étais auprès de son lit. [de Madame mou-rante] ; elle me dit : Madame de la Fayette , monnez s’est déjà retiré; je ne lui répondis qu’avec deslarmes ; car ce qu’elle me disait était véritable, lafay. Hist. d’Henr. d’Anglet . Les grosses dents luipercèrent [au duc du Maine ], en lui causant desconvulsions si terribles, qu’une de ses jambes se re-tira beaucoup plus que l'autre, M m " de caylus, Sou-venirs, p. 78, dans pougens. || Avec suppression dupronom personnel. On a dit que l’application d'unfer chaud aurait fait retirer en tout sens chaquefeuille de vélin, daunou, Instit. Mém. scienc. mor.et pol. t. iv, p. 623. || 29“ Rentrer dans le lit, enparlant d’eaux débordées. 11 est très-vrai que d’an-ciens ports sont comblés, que la mer s’est retiréede Rosette, de Ravenne, d’Aigues-Mortes , volt.Singul. nat. ni. || La mer se retire, la marée des-cend. || 30“ Être retiré. Une parole donnée ne doitpoint se retirer.
— HIST. xv* s. Il ne se retira point plus loing [qu’Ar-ras], et puis tifti vers la riviere de Somme, comm. iii,3. || xvi* s. Or’ que tout dedans moyje me suis retiré,desportes, Œuvres chrest. xvm, Prière. J’ai tous-jours aimé la vie retirée, lerepos etl’estude, amyot,Numa, 9. Quand les ambassadeurs se furent reti-rez, id. tf>. 40 .Que chascun advisast de retirer
quelque part en lieu de seureté sa femme, ses en-fans et ses esclaves, id. Thém. 4 8. Taschans à reti-rer leurs hommes de la marine, et les accoustumerà vivre sans hanter la mer, id. ib. 38. Et y avoitdes sergens tenans des bastons en leurs mains,pour faire retirer la presse, id. P. Æm. 66. Ciscoà son arrivée retira à sa soude quelque nombre desoudards grecs, id. Timol. 4 1 . Pour un petit d’ar-gent que j’en pourrois retirer en les vendant.... id.Caton, 4 4. L’orage retiré, Chacun joye demeine,marot, iv, 34 9. Ayant retiré [obtenu] cette promesse,mont, i, 47. Son ennemy s’en estoit fuy et retiréau Païs bas, id. i, 30. Dernièrement que je me reti-ray chez moi, id. i, 32. Nostre vie retire [res-semble] à la grande et populeuse assemblée desjeux olympiques, id. i, 4 74 . Luy conseillant dese retirer de cette ambition du monde à quel-que vie solitaire, id. i, 264. Dieu l’ayant retiréà soy bientost aprez.... id. i, 262. Le train d’unseigneur retiré et casanier, id. i, 333. Si le pecheurse retire de son iniquité, calv. Inst. 5tt. Pourattaquer Oatazene à ce qu’il n'y eust plus per-sonne qui retirast [abritât, donnât retraite à] sesennemis, d’aub. Hist. i, 36. Le roi de France reti-rera toutes ses forces de toutes les villes et chas-teaux qu’il tient en Toscane , id. ib. i, 46. Une vil-lette retirée d’un quart de lieue dans la mer, id. ib.i, 4 86. Donc [messieurs] aydez à ce pauvre inno-cent, retirez à vous ce penitent, afin.... m. du Bell.24 9. Il fait bon gagner quelque chose; cette année
que tout est si retiré [cher], Moyen de parv. p. 284,dans lacurne. Qui ne retire de sa vache que laqueue ne perd pas tout, cotgrave.
étym . Re..., et tirer; provenç. et espagn. re-tir ar ; ital. ritirare. Re.... signifie ici tantôt denouveau, et tantôt en arrière.
f RETIRONS (re-ti-ron), s. m.pl. Laine oui restedans le peigne après le premier peignage.
— étym. Retirer.
t RETIROTE (re-ti-ro-t’), s. f. S’est dit, en plai-santant, delà retraite forcée d’un corps de troupes,d’un général. On dit que l’on ne part plus [pour al-ler dégager M. de Luxembourg ], et que l’armée deM. de Monterey a fait la retirote ; voilà le même motque dit avant-hier Sa Majesté, sév. 8 janvier 4 674.
— étym. Retirer. Au xvi* siècle, on adit retirade.
f RETIRURE (re-ti-ru-r’), s. f. Creux qui se
forme dans une pièce d’étain jetée en moule.
— étym. Retirer.
f RETISSER (re-ti-sé), ». a. Tisser de nouveau.
— hist. xvi° s. Retisser, cotgrave.
f RÉTIVETÉ (ré-ti-ve-té), ou RÉTIVITÉ (ré-ti-vi-té), s. f. || i° Défaut consistant à être rétif, enparlant d’un cheval. L’expérience a obligé l’admi-nistration de la guerre à stipuler dans tous les achatsla garantie pour cas de méchanceté ou de rétivité,bayle-mouillard, Projet de Code rural, sess. 4 868du corps législatif, p. ion. || 2“ Humeur rétive.
— HIST. xin* s. Se il n’a fait chose par quoi elle[la bête] ait ceste restiveté, Ass. de Jérus . i, 4 84.|| xvi* s. Aux chevaux restifs, il ne taut que leurpendre un chat à leur queue.... et perdront la res-tiveté, desper. Contes, LXVIII.
f RÉTOILE (ré-toi-1’), s. f. Nom que les pêcheursfrançais donnent à la baleine franche, par corrup-tion du nom anglais right-whale (baleine franche).
f RÉTOIUE (ré-toi-r’), s. m. Nom que les vété-rinaires donnent vulgairement aux caustiques po-tentiels.
— ÉTYM . Est-ce une forme analogue au bour-guignon raitore, ratière, par une comparaison de laratière au caustique qui prend, saisit comme elle?
RETOMBÉ, ÉE (re-ton-bé, bée), part, passé deretomber. || 1° Qui a fait une seconde chute. || Fig.Prince, vous savez mal combien charme un courageLe plus frivole espoir de reprendre un volage, De levoir, malgré lui dans nos fers retombé, Échapper àl’objet qui nous l’a dérobé, corn, la Toison d’or,il, 6. Les voilà retombés en main sûre et chrétienne [les princes de Conti et de la Roche-sur-Yon , dontleur mère léguait l’éducation à Mme de Longue-ville], sEv. 6 fév. 1672. Eh bien, maman, nous voilàdonc retombés dans les contes de fées? genlis,Veill. du chdt. t. n, p. 22, dans pougens. || 2° Tombéaprès s’être élevé. Un petit parvenu retombé n’in-spire pas une grande considération, j. J. rouss.Em. v. || 3“ Redevenu malade. Mes divins anges, jesuis un peu retombé; mais Tronchin dit toujoursque je me relèverai, volt. Lett. d'Argentai, 4 9 mai1762. || 4°S. m. Terme de danse. Un retombé, chutedu corps par son propre poids, après qu’on s’estélevé de terre.
RETOMBÉE (re-ton-bée), s. f. || i* Terme d’ar-chitecture. Portion d’une voûte ou d’une arcadequ’on peut poser sans cintre. || 2° Dans l’impressionde la musique, manœuvre par laquelle les notestombent exactement dans la portée. Il y a eu unegrande difficulté à vaincre : la retombée exacte desnotes sur la ligne ou entre les lignes, selon que lesnotes doivent être placées, camus, Instit. Mém. litt.et beaux-arts, t. v, p. 302.
RETOMBER (re-ton-bé), ». n. || 1° Tomber de nou-veau. Un enfant qui, commençant à marcher, tombeet retombe. Et soudain Tous les pieds des chevauxqu’un même ordre rassemble Vont tombant, remon-tant et retombant ensemble, Et, d’un essor égal bat-tant le champ poudreux, D’un tourbillon de sableobscurcissent les cieux, dei.il. Én. vin. || 2° Tomberaprès s’être élevé. La balle est retombée en cet endroit.Une des choses qui m’elfrayaient le plus était que,lorsque j’étais bien haut [étant berné] et que je re-gardais en bas, la couverture me paraissait si petite,qu’il me semblait impossible que je retombassededans, voit. Lett. 9. Ce sont de gros nuages quiflottent en l’air, où ils sont des corps étrangers,jusqu’à ce qu’ils retombent en pluies, fonten. Mond.3* soir. La paix te suit, les flots séditieux, Quandtu parais, retombent et s’apaisent, L’aquilon fuit,les tonnerres se taisent, malfil. Nare. i. Ricard etses quinze cents soldats étaient en tête; Ney leslance contre l’ennemi ; cette division plonge avec