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la route dans le ravin, en ressort avec elle, et yretombe écrasée par la première ligne russe, ségdr,Hist. de Nop. x , 8. Ainsi parfois, quand l’âme esttriste, nos pensées S’envolent un moment sur leursailes blessées, Puis retombent soudain, v. hugo,Soyons et ombres, 34. || Fig. Retomber dans l’oubli,être oublié de nouveau. Et tous ces demi-dieux quel’Europe en délire A depuis cent hivers l’indul-gence de lire Vont dans un juste oubli retomberdésormais, gilb. LeîVIIPs. || 3" Tomber après avoirfait un mouvement pour se dresser. Elle fit un mou-vement pour se lever, et retomba dans son fauteuil,genlis, Ad. et Th. t. ni, p. 249, dans pougens.
Il 4° Il se dit de draperies, de cheveux qui pendent.Ee mausolée, jusque près de la voûte, est couvertd’un dais en manière de pavillon encore plus haut,dont les quatre coins retombent en guise de tentes,sév. io mars 1687. Ses longs cheveux, retombant surson visage, en cachaient une partie, genlis, Veill.du chdl. t. il, p. 270, dans pougens. || 5° Être atta-qué de nouveau d’une maladie dont on se croyaitguéri. Une véritable crainte de retomber dans monrhumatisme, sév. 307. Elle [Mme de Grignan ]est retombée dans ces incommodités qui me pa-raissent très-considérables, parce qu’elles sont in-térieures, in. à Guitaut, 6 avr. 1680 . Après degrandes maladies causées par de grands travaux,on voyait revivre cet ardent désir de reprendre sesexercices ordinaires, au risque de retomber dansles mêmes maux, boss. le Tellier. || On dit dans lemême sens : retomber malade. Elle frémissait ensongeant que la nécessité le contraindrait à tra-vailler, au risque de retomber malade, genlis, Veill.du chdt. 1. 1 , p. 120 , dans pougens. || On a dit aussi :retomber à. Vous retomberez dans un moment à ladouleur dont vous sortez, qui est tout ce que nousavons au monde à éviter, sév. 2 févr. 4680. || Abso-lument. On dit que le président Hénault est fortmalade; il semble qu’il retombe bien souvent; celafait peine, volt. Lett. d’Argentai, 30 juill. 1763.
Il 6° Tomber de nouveau en de mauvaises situations.11 est retombé dans la misère. Cet État est retombédans la barbarie. Après la mort de Colbert , lesaffaires retombèrent dans le chaos, d’où son appli-cation et ses talents les avaient fait sortir, raynal,Hist. phil. iv, 4 7. || 7° Éprouver une seconde chute,en des choses morales. Ceux qui retombent tou-jours dans les mêmes crimes, pasc. Prov. xvi.Mentor vit bien que Télémaque allait retomberdans toutes ses faiblesses, fén. Tél. vu. Ellesn’auraient évité une idolâtrie que pour retom-ber dans une autre plus condamnable, mass.A vent, Divin, de J. C. Quand ils furent une foisretombés dans leurs murmures, id. Carême, Re-chute. Si Ton sortit de l’ignorance, ce fut pour yretomber, montesq. Esp. xxi, 8. || On dit : retomberde. De là vient qu’autrefois ceux qui avaient étérégénérés par le baptême, et qui avaient quitté lesvices du monde pour entrer dans la piété de l’Eglise,retombaient si rarement de l'Église dans le monde,pasc. Comparaison des chrétiens. || Retomber à,avec un infinitif, commettre de nouveau la fautede. Quand il [le jeune Grignan ] retombe quelque-fois ou à être distrait, ou h faire des questions malplacées, sév. 22 déc. 1 688. Vous retombez toujoursà confondre le prix infini du Verbe avec le prixborné que l’ouvrage de Dieu a en lui-même, fén.t. m, p. 469. || Absolument. Cent fois en moins d’unjour je guéris et retombe, corn. Pulch. il, 4. Elleéprouva que Jésus-Christ n’a pas dit en vain : l’étatde l'homme qui retombe devient pire que le pre-mier, boss. Anne de Gom. Voulez-vous donc neplus retomber, mes frères? mass, mystères, Résur-rection. || Commettre la même méprise. J’ai tort,mais tu lui ressembles si fort.... Eh ! Monsieur,pardon, je retombe toujours, mariv. l'Épreuve,sc. 4 2. || 8° Se rejeter sur pour attaquer. Bajazet,laissant derrière lui Constantinople , comme uneproie sur laquelle il devait retomber, s’avance aumilieu de la Hongrie , volt, itœurs, 82 . || 9* Re-tomber sur quelqu’un, recourir de nouveau à lui.Tout d’un coup, après avoir voulu le ménager, jeretombe sur lui, et lui fais plus de mal que tousles autres; c’est un ami inépuisable, ssv. 23o.|| 10- S’en prendre^,, attribuer à. J’ai entendu louerjusqu’aux nues les charmes qu’on trouve dans votreamitié, et retomber sur le peu de mérite qui faitqu’on n’a pu conserver un tel bonheur, sév. à Mmede Grignan , 22 sept. * 680 . || 11* Retomber sur soi-même, sur sa conscience, être mis en présence dece qu’on ressent, de ce qu’on éprouve. Quandmême.... il ne devrait y avoir qu’un seul pécheurde cette assemblée du côté des réprouvés ....qui
DICT. DE LA LANGUE FRANÇAISE.
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de nous no retomberait d’abord sur sa conscience,pour examiner si ses crimes n’ont pas mérité cechâtiment? mass. Carême, Pet.'nomb. des élus. Ilest tant de moments où nous nous sommes à chargeà nous-mêmes; ....où nous avons besoin de diver-sions et d’amusements qui nous détournent de lavue intérieure èt humiliante de nos propres défauts,et nous empêchent de retomber sur nous-mêmes,id. Carême, Dang. des prospér. temp. Alors cetteâme affaissée retombe douloureusement sur elle-même, et ne voit plus que le désert qui l’environne,et le dessèchement qui la flétrit, d’alemb. Tomb.l'Espin. || Retomber sur le cœur, se dit de quelquechose de douloureux qui revient dous affliger.Malheureux I lui rendant tout à coup sa douleur,L’affreuse vérité retombait sur son cœur, delil.lmag. ch. h. || 12° Retomber dans, se confondreavec. Par quelle fatalité le système de Malebrancheparatt-il retomber dans celui de Spinoza ? volt.Poèmes, Systèmes, notes. Le malheur de presquetoutes les pièces dans lesquelles une amante esttrahie, c’est qu’elles retombent toutes dans la si-tuation d’Ariane, id. Zulime, lett. || 13° Tomber denouveau sous l’autorité d’autrui. Ainsi ce fugitif re-tombe dans sa chaîne, Et vous pouvez, seigneur,ordonner de sa peine, corn. Perth . v, 4. Le p'euple,en abaissant les patriciens, ne dut point craindrede retomber dans les mains des rois, montesq.Esp. xi, 4 3. || 14° Il se dit de quelque mal, dequelque dommage, de quelque charge, de quelqueblâme, etc. Vous ferez retomber la perfidie ducoupable sur sa tête, et vous vengerez le juste,saci, Bible , Paralip. n, vi, 23. Il vous semblequ’il n’y a qu’à dire des injures aux personnes,sans penser sur qui elles retombent, pasc. Prov.xu. Votre dessein était de faire retomber un jourcette condamnation indéterminée [ de Jansénius ]sur la doctrine de la grâce efficace, id. Prov.xvui. Dût tout cet appareil retomber sur ma tête,Il faut parler, rac. Iph. in, 6. Vos censures insenséesretombent sur vous-mêmes, mass. Carême, mélange.Deux malheureux que la reine Arsinoé a subornéspour l’accuser faussement elle-même, et pour faireretomber la calomnie sur Nicomède, volt. Comm.Corn. Rem. Nicom. ni, 4. El sûrement le roi trou-vera fort bon que les dépens du procès [de Sirven]retombent sur lui, id. Lett. d’Argentai, 29 nov.4769. Le mal que l’homme fait, retombe sur lui,sans rien changer au système du monde,7. j. rouss. Ém. iv. || Le sang qu’il a versé re-tombera sur sa tête, il sera puni du meurtrequ’il a commis. Et le sang de Laïus est retombésur nous, volt. Œdipe, ii, 3. || Par imprécation.Puisse leur sang retomber sur lui, sur sa tête 1 Quemon sang retombe sur vous 11| 15° Retomber, enun sens contraire, se dit de choses favorables. Cemalheur semble moindre, et moins rudes ses coups,Voyant que tout l’honneur en retombe sur nous,corn. Hor. v, 3. Heureux, si.... Elle [votre faveur]pouvait sur moi, madame, retomber, mol. mis. iv,
1. On dit des merveilles de notre bon pape, et celaretombe en louanges sur le cardinal de Retz, sév.30 oct. 4 676.1] Proverbe . Qui crache contre le ciel,il lui retombe sur le visage, il ne faut pas seprendre au ciel des malheurs qui nous arrivent.|| Il se conjugue avec être, pour marquer l’état; etavec avoir, pour marquer l’action : En se relevantil a retombé.
— HIST. xvi* s. O Seigneur, à qui je m’adresse,Ne souffre, helasl que ma jeunesse Retombe plusen ceste erreur, desportes, Œuvres chrest. xvm,Ode. Elles retumboient en leurs premières maladies,amyot, Lucull. 14. Nous aurions double coulpe, si,ayaus connu les erreurs precedens, nous y retom-bions, lanoue, 411. Plusieurs, voulans s’eslever trophaut, sont retombez en bas, ainsi que fit Icarus,id. 462. Nous retumbon3 tousjours de fiebvre enchauld mal, mont, i, 283.
— ÉTYM . Wallon, ritoumé; bourg, retumbé;provenç. r etombar ; espagn. et portug. relumbar.On trouve, au xiu° siècle, retombir, avec le sens deretentir: Une liue environ la terre en retombi, Ch.d’Ant. viii, 1051. Ce retombir, s’il est correct, n’arien de commun avec retomber.
t RETOMBET (re-ton-bè) , s. m. Gros retombet,un des noms vulgaires du passerina tartonraira,daphnacées.
i RETONDEUR (re-ton-deur), s. m. || 1° Ouvrier qui retond. || 2° Nom donné sous Charles VII à desbandes de soldats qui, chargées de purger le paysde brigands, retondaient, comme dit 01. de la Mar-che (if ém. liv. i, p. 4 52), et happaient tout ceque les premiers avaient failli de happer.
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RETONDRE (re-ton-dr’), t). a. Il se conjuguecomme tondre. || 1* Tondre de nouveau. Le poil dece drap est encore trop long, il faut le retondre.|| 2° Terme d’architecture. Retrancher les ornementsde mauvais goût. || Retrancher, recouper des orne-ments pour rendre les arêtes plus vives. || Parfairela surface d’un édifice, repasser sur le travail avecdes fers dits à retondre, abattre ou retrancher lessaillies. || Couper le parement d’une pierre pour ledresser ou pour faire disparaître une épaufrure.
— HIST. xv° s. Je retondray le superflu, chastel.Eloge de Charles le Hardi.
— étym. Re..., et tondre; provenç. retondre.
RETONDU, UE (re-ton-du, due), part, passé de
retondre.
f RETONNER (re-to-né), v. n. Tonner de nouveau.
— HIST. xvi° s.Refont mourir Didon par les
vers de Virgile .... ou de fredons plus hauts DeGuine et de Calais retonnent les assauts, rons. 887.
| RETORCHER (re-tor-ché), t). a. Torcher denouveau.
— hist. xv° s. Il en eut grant despit, et en com-mença à retorcher [essuyer] ses yeux, Perceforest ,
t. IV, P 16.
f RETORDAGE (re-tor-da-j’), s. m. Synonymede retardement.
RETORDEMENT (re-tor-de-man), s. m. Terme demanufacture. Action de retordre ; résultat de cetteaction ; il se dit surtout en parlant des soies. Et serontlesdites soies.... filées de deux points de retardement,Stat.des march. de draps d’or, 9 juill. 4667, art. 70.
j RETORD ERIE (re-tor-de-rie), s. f. Lieu où l’onpratiqua le retardement.
f RETORDEUR (re-tor-deur), s. m. Ouvrier quiretord les fils.
— HIST. xvi° s. 6° rang, qui sont les petits mes-tiers: poupetier retordeur de laine, fil et soye, ren-trayeur, Edit avril 4 597.
j-RETORDOlR (re-tor-doir), s. m. Machine quisert à retordre les matières filamenteuses.
RETORDRE (re-tor-d’), v. a. Il se conjuguecomme tordre. || 1° Tordre de nouveau. Tordre etretordre du linge mouillé. || 2“ En parlant du fil oude la ficelle, tordre deux ou trois brins ensemble.
Retordre des fils de chanvre, de soie.Alizon qui
retordant du fil.... Régnier , Sat. x. || Fig. Du filà retordre, voy. fil, n° 4.
— HIST. xvi° s. Je [Clotho] retors la plus bellevie Qu’onques retordirent mes dois, rons. 36». Encent façons retordent leurs cheveux, id. 624.
— ÉTYM. Re..., et tordre; wallon , ristoid.
RETORDU, UE (re-tor-du, due), part, passé de
retordre. Du fil retordu. De la soie retordue.
f RÉTORQUABLE (ré-tor-ka-bl’), adj. Suscepti-ble d’être rétorqué.
— HIST. xvi° s. Retorquable, cotgrave.
RÉTORQUÉ, ÉE (ré-tor-ké, kée), part, passé derétorquer. Les raisons qu’il alléguait, rétorquéesaussitêt contre lui.
RÉTORQUER (ré-tor-ké), je rétorquais, nous ré-torquions, vous rétorquiez; que je rétorque, quenous rétorquions, qu’ils rétorquent, v. a. || 1° Tour-ner contre son adversaire les raisons, les argumentsdont il s’est servi. De sorte que tous les jours onrétorque contre lui [Balzac] ce même vers queMainard a fait autrefois à sa louange : Il n’est pointde mortel qui parle comme lui, boil. Longin, Subi.ré/l. 7. || 2° Se rétorquer, v. ré/l. Être rétorqué.[Objections] qui se rétorquaient par d’autres objec-tions non moins fortes dans le système opposé, J. j.rouss. 3° prom. Ce qu’on a dit contre les anges deMilton peut se rétorquer contre les dieux d’Homère ,chateaob. Génie, II, iv, 4.
— hist. xiv° s. Et retorquoitchascuns la besongnaen soy meïsmes, bbrcheure, P 27. || xvi° s. La mali-gnité de ceux qui contre luy rétorquent la proprecoulpe dont ils se voient attains, m. du bell. 497.
— étym. Lat. retorquere, dere, et torquere, tor-dre. Rétorquer est la forme latine du verbe dont laforme française est retordre.
RETORS, ORSE (re-tor, tor-s’), adj. || 1° Qui aété retordu. Au côté du midi il y avait des rideauxde fin lin retors dans l’espace de cent coudées,s agi, Bible , Exode, xxxvui, ». La partie de la soie laplus voisine du ver ne peut se démêler ; mais ce quiest retors est de 106 pieds, fén. t. xix, p. 470. || Fig.Sens retors, signification alambiquée, recherchée.Là, point d’épithète en rime, De pointe, de sens re-tors Ne vient former les accords De ce sec et dursublime Pour qui Roi fait tant d’efforts, cuaulieu,Corrup. du style. || Terme de pêche. Se dit des filsoui sont simolement roulés les uns sur les autres.
II. — 212