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seu nom de l’Église, toute la foi de la reine se ré-veillait, boss. Mar.-Thér. La jalousie s’était réveil-lée entre les patriciens et le peuple, id. Ilist. i, 8.Quel feu mal étouffé dans mon cœur se réveille ?bac. Phèd. iv, b. Les trois anciennes factions s’é-taient réveillées, et formaient trois partis différents,bollin, Hist. anc. Œuv. tl n, p. 676, dans pougens.Ma tendresse s’est réveillée, uontfsq. Lett. pers. vi.Je sentais de temps en temps se réveiller en moi ledésir de rentrer dans la carrière littéraire, mar-montel, Mém. v.
hist. xiii* s. Mais li fols negligens se veuttouz temps dormir; Et, quant il se resveille, demanger a désir, Six manières de [ois. Un dousPenser qui me resveille, Poésies mss. avant 1300,t- II, p. 748, dans lacurne. Amis , la nuit en moncouchier, En dormant, [je] vous cuid embrassier ;Et quant j’i faille au resveiller, Nule riens ne m’iPeut aidier, Romancero, p. 43. || xiv" s. Le chienqui dort [il] a fait laidement revellier, Guescl. 7748.Il xv s. Le seigneur de Coucy reveilla chevaliers etescuyers d’Artois, de Vermandois, de Picardie , et fitson mandement à Peronne en Vermandois , froiss.ii i n, 66. L’empereur, messire Charles de Boheme,ne dormit pas sur celle besogne, mais se reveillatellement que je le vous dirai, id. n, iii, 98- Je n’ainulle puissance [il s’agit d’un lutin de nuit] defaire autre mal que de toi reveiller et destourber,quand on devroit le mieux dormir, id. ii, iii, 22. Etlui fut dit qu’il reveillast son droit envers la du-chesse de Brabant, id. ii, iii, 94. Les nouvelles s’es-pandirent par le pais d’Auvergne , que grand se-cours leur venoit de France ; si en fut tout le patsbien reveillé et rejoui, id. liv. iv, p. 62, dans la-curne. L’entente et emprise de venir reveiller [atta-quer] les compaignons françois qui dedans se te-noient, id. liv. m, p. 244."|| xvi* s. Lui esveillé,tous les autres esveilla, chantant à pleine voix lachanson : ho, Régnault, re'veille toi, veille, o Ré-gnault, reveille-toi, rab. i,4I. Tant dort le chat qu’ilse resveille, cotgravb.
— étym. Re...,et éveiller; bourg. revaiUé; prov.revelhar ; ital. risvegliare.
f RÉVEILLEUR (ré-vè-lleur, Il mouillées), s. m.|| 1” Celui qui réveille. || Se disait d’un garde de nuitqui, dans certaines villes de France , parcourait lesrues la nuit, en annonçant les heures, et en criant :Réveillez-vous, gens qui dormez ; Priez Dieu pourles trépassés! || Celui qui réveille les ouvriers danscertains ateliers. || Religieux qui était chargé de ré-veiller les autres à certaines heures de la nuit.Il 2” Espèce d’oiseau qui crie toute la nuit, le cas-sican réveilleur, coracias slrepera, Latham (genredes pies-grièches).
— hist. xvi* s. Et eust dormi encor autant, n’eust®sté que ceste nuict le crieur des trespassez, qu’onappelle le resveilleur, passant par sa rue, le resveillapar son cri, bouchet, Serèes, liv. i, p. 40.
RÉVEILLON (ré-vè-llon, U mouillées, et non ré-vè-yon), s. m.||l° Repas extraordinaire que l’onfait dans le milieu de la nuit. Voulez-vous que dèscette nuit je vous fasse faire réveillon avec elle?Dancourt, Fête du cours, sc. 17. || Particulièrement.Ec repas qu’on fait la nuit de Noël. Le réveillonde la nuit de Noël. Ces sortes de repas qu’on ap-pelle réveillons ont lieu dans toutes les classes,même les plus pauvres, marchangy, Tristan le voya-geur, xliv. || 2° Terme de peinture. Certaines touchesclaires et brillantes qui servent à faire ressortir lalumière. Les artistes appellent réveillons des ac-cidents de lumière qui rompent la monotonie d’unendroit de la toile, dider. Pensées sur la peint.Œuv. t. xv, p. 209 , dans pougens.
— hist. xvi* s.Et voici un pasté de veau; là
prenez que vous soiez en une trenchée — Bous dittesvien [c’est un Gascon qui parle] ; quand nous es-tions en Saboye, nous troubions de tels rebeillonson la tente de Monsur de Bord, d’aub. Fæn. i, 6.
— Étym. Réveiller : peut-être l’impératif réveil-ions, pour réreillons-nous.
RÉVÉLATEUR, Trice (ré-vé-la-teur, tri-s’), s.m. et f. Celui, celle qui fait une révélation. Il a étéle révélateur du complot. || Adjectivement. Indicerévélateur. Circonstances révélatrices.
— HIST. xvi* s. Révélateurs [ceux qui révèlentles secrets d’une compagnie], Anc. coust. de Nor-mandie , f° 38, dans lacurne.
— ÉTYM . Lat. revelatorem , de rerelare, révéler.
t RÉVÉLATIF, IVE (ré-vé-la-tif, ti-v’), adj. Qui
a la vertu de révéler. Des expériences plutôt con-firmatives de ce que l’on sait que révélatives de cequ’on ne sait pas.
RÉVÉLATION (ré-vé-la-sion; envers, de cinq
syllabes), s. f. || 1° Action de révéler. La révélationd’un complot. Ces mémoires contiennent de curieusesrévélations. L’on peut avoir la confiance de quel-qu’un sans en avoir le cœur; celui qui a le cœurn’a pas besoin de révélation ou de confiance, toutlui est ouvert, la bruy. iv. Toute révélation d’unsecret est la faute de celui qui l’a confié, id. v. AuJapon où les lois renversent toutes les idées de laraison humaine, le crime de non-révélation s’ap-plique aux cas les plus ordinaires, montesq. Esp.xu, 17. La révélation de la confession de Philippe V faite au duc d'Orléans régent par le jésuite d’Au-benton, volt. Lett. Richelieu , 16 avr. 1769. )| Entermes d’ofticialité : on publia des monitoires pouravoir révélation de telle chose. || Fig. C’est touteune révélation, se dit d’un fait qui, connu, en dé-couvre une infinité d’autres. Ce peuple de figuresnouvelles, sorties des fouilles de Sakharah [enÉgypte ], est toute une révélation; car la sculpturedu temps des pyramides n’était encore connue quepar des échantillons rares et peu soignés, de rougé,Archives des missions scientif. 2 * série, t. I",p. 170. || 2° L’inspiration par laquelle Dieu faitconnaître surnaturellement certaines choses. Vousn’aurez pour vision qu’une nuit sombre, et pourrévélation que des ténèbres, saci, Bible, Michée ,iii, 6. Le Seigneur, le Dieu des armées, m’a faitentendre cette parole dans une révélation, id. ib.Isaïe , xxn, 14. Dans la bataille où ses affaires [deMagnence] furent ruinées, Valens , évêque arien,secrètement averti par ses amis, assura Constanceque l’armée du tyran était en fuite, et fit croire aufaible empereur qu’il le savait par révélation ; surcette fausse révélation, Constance se livre aux ariens,boss. Ilist. i, ii. || Il se dit aussi des communicationssupposées avec ies dieux, dans le paganisme. Enautorisant les révélations de Socrate , on introdui-rait tôt ou tard le fanatisme dans un pays où lesimaginations sont si faciles à ébranler, barthél.Anach. 67. || Fig. Savoir une chose par révélation,la savoir sans l’avoir apprise. Quoique ce ne soitpas la coutume de savoir les affaires par révélationet qu’il faille les apprendre par expérience, balz.De la cour, 2 * dise. || Révélation intérieure, sug-gestion intime qu’on rapporte à une origine divine.Une révélation intérieure qui me donnerait sanscesse la plus forte persuasion de la certitude d’unétat futur, bonnet, Paling . xvm, t. || 3” Absolument.La révélation divine ou la religion révélée. L’au-torité de l’Écriture sainte est fondée sur la révéla-tion, Dict. de l’Acad. Une religion pour vous con-duire et une révélation pour vous éclairer, montesq.Esp. xxv, 13. Une classe de philosophes contem-platifs qui faisait profession d’une sorte de déismeet n’admettait aucune révélation, s. de sacy, Inst.Hém. Acad, inscr. t. ix, p. 25. || On dit quelquefoisles trois révélations, en parlant de la religion juive ,de la religion chrétienne et de la religion musul-mane. Dans les trois révélations, les livres sacréssont écrits en des langues inconnues aux peuplesqui les suivent : les Juifs n’entendent plus l’hébreu ,les chrétiens n’entendent ni l’hébreu ni le grec,les Turcs ni les Persans n’entendent point l’arabeet les Arabes modernes eux-mêmes ne parlent plusla langue de Mahomet , J. J. rouss. Ém.iv. || 4” Choserévélée. Les révélations de saint Jean.
— HIST. xii* s. Après tant halte révélation, Job,508. || xiii* s. Ou se Diex par tex [telles] visions En-voie revelacions, la Rose, 18710. Ke plusurs aimes[âmes] veirement Veient ke lur ert à venir.... Plu-surs par revelaciun, E d’autres par avisiun, marie,Purgatoire, 62 .
— ÉTYM . Provenç. revelacio; espagn. revelacion;ital. rivelazione; du lat. revelationem, de revelare,révéler.
t RÉVÉLATIONISTE (ré-vé-la-sio-ni-st’), s. m. Sedit, dans la philosophie catholique, de ceux quiveulent qu’une révélation extérieure et positivesoit la source de la parole et de la pensée ; syno-nyme de traditionnaliste.
RÉVÉLÉ, ÉE (ré-vé-lé, lée), part, passé de révé-ler. || 1° Qui, étant caché, est venu à connaissance.Un secret révélé. |j 2° Connu par une communica-tion divine. Ayant appris comme chose très-assuréeque le chemin du ciel n’est pas moins ouvert auxplus ignorants qu’aux plus doctes, et que les véritésrévélées qui y conduisent sont au-dessus do notreintelligence, desc. Méth. i, ii. S’il s’agit d'une chosesurnaturelle, nous n’en jugerons ni parles sens nipar la raison, mais par l’Écriture et par les déci-sions de l’Église ; s’il s’agit d’une proposition nonrévélée et proportionnée à la raison naturelle, elle
en sera le propre juge, pasc. Prov. xvm. || Absolu-ment. La religion révélée, le christianisme.
RÉVÉLER (révé-lé. La syllabe vé prend un ac-cent grave quand la syllabe qui suit est muette : jerévèle, excepté au futur et au conditionnel : je révé-lerai), v. a. || 1° Tirer comme de dessous un voile,faire savoir ce qui était inconnu et secret. Les cieuxrévéleront son iniquité, et la terre s’élèvera contrelui, saci, Bible , Job, xx, 27. Ne redites point ce quevous avez entendu dire, et ne révélez point ce quiest secret, id. ib. Ecclésiastiq. xlii, i . La mort révéleles secrets des cœurs, boss. le Tellier. Les commen-cements de la princesse Anne étaient heureux; lesmystères lui furent révélés; l’Écriture lui devintfamilière, id. Anne de Gonz. Je ne révèle pas mêmeici tant de grandes actions qu’elle a tâché de rendresecrètes, flëch. Mme d’Aiguillon. Qui peut devos desseins révéler le mystère, Sinon quelquesamis engagés à se taire? rac. Bajaz. iv, 7. Dequel nom cependant pouvons-nous appeler L’attentatque le jour vient de nous révéler ? id. Brit. i, i.U n’est point de secret que le temps ne révèle, id.Brit. iv, 4. Comme j’ai des choses à dire qui sontde la dernière importance pour la mémoire dudéfunt, je serais bien aise de ne les révéler qu’à sadiscrète veuve, lesage, Diable boit. iv. De Thou, àqui on ne reprochait que d’avoir su la conspiration,et qui l’avait désapprouvée, fut condamné à mortpour ne l’avoir pas révélée, volt. Mœurs, 476. J’airévélé mon cœur au Dieu de l’innocence; Il a vumes pleurs pénitents, gilb. Imit. des psaumes.|| Révéler que. Seigneur, tous vos soldats refusent departir.... Pharnace leur révèle Que vous cherchez àRome une guerre nouvelle, rac. Mithr. iv, 6. || Ré-véler se dit aussi en parlant des personnes. Révélerses complices. Un serment solennel par avance leslie [les lévites] À ce fils de David qu’on leur doitrévéler, rac. Ath. i, 2 . || 2° Particulièrement. Il se ditde l’inspiration par laquelle Dieu fait connaître.Dieu nous a révélé que lui seul il fait les conqué-rants, et que seul il les fait servir à ses desseins,boss. Louis de Bourbon. Ainsi tous les temps sontunis ensemble, et un dessein éternel de la divineProvidence nous est révélé, id. Ilist. Il, 13. Il [Dieu ]venait révéler aux enfants des Hébreux De ses pré-ceptes saints la lumière immortelle, rac. Ath. i, 4.Ô Dieu , révélez-nous donc qu’il faut être humainet tolérant, volt. Poème, Lisbonne , notes. || 3* Serévéler, ». ri/l. Être manifesté. On entre dans lelieu sacré où se révèlent tous les secrets des familles,et où les actions les plus cachées sont mises augrand jour, montesq. Lett. pers. 86. Les cœurs quise révèlent par degrés aux regards observateursstael, Corinne, xvi, 4. || Faire connaître ce qu’onest intimement. Marie-Antoinette est souvent fière,jamais vaine ; elle ne se loue jamais, elle se révèle;sa correspondance trahit le secret de sa nature dé-licate, cuvillier-fleury, J. des débats, 6 déc. 1864.
— HIST. xii* s. Â Deu ai reveled mun duel [deuil],Rois, p. 4. || xiii* s. L’en le pert [l’amour] par orguel,par ire, Par reproiche, par reveler Les segrés quifont à celer, la Rose, 4951. ||xiv* s. Pour ce qu’ilne les vouloient pas reveler [des secrets chirurgi-caux], comment que [quoique] il les seussent,n. de mondeville, f° 33, verso. De trayson en cuer[ils] portoient la baniere ; Du conseil reveloient auxAnglois la matière, Compl. s. la bat. de Poitiers ,Bibl. des chartes, 3* sér. t. il, p. 262 . Et à ceulxqui revelerent la besongne [une conjuration d’es-claves], donna l’en X mille deniers d’arain, ber-cheure, f* 90, verso. || xv* s. Oralez par afermemen,Reveler de cuer proveü Partout, quar vous m’avezveü, Resurrect. de N. S. ||xvi* s. La terre revelerale sang qu’elle a receu, et ne cachera point pluslonguement les morts qu’on y a ensevelis, calv.Inst. 338. Qui leur a révélé qu’ils pourront garderchasteté toute leur vie ? id. ib. 4 009.
— ÉTYM . Provenç. et espagn. revelar; ital. rivelare;du lat. revelare, de re et vélum, voile: tirer le voile.
4. REVENANT, ANTE (re-ve-nan, nan-t’), adj.|| 1* Qui revient, qui est reproduit. Je suis fort aiseque vous ayez compris la coiffure.... on marquequelques boucles ; le bel air est de se peigner pourcontrefaire la petite tête revenante [où les che-veux commencent à repousser], sêv. 45 avr. 1671.|| 2” Fig. Qui plaît, qui revient. Ce canevas futbrodé par moi de toutes les couleurs que je crusles plus revenantes à ceux à qui je les faisais voir,reïz, m, 244. Quelquefois pourtant, nombre degens ont estimé que j’étais un garçon assez reve-nant, mariv. le Legs, 3. Un jeune bachelier de mesparents, de la plus grande espérance, plein d es-prit, de sentiments, de talents, et d une figure fort