1704
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revenante, beaumarch. Barb. de Sém it, 2 . || 11 s’estdit substantivement. Ce terme est encore fort onusage et nouveau : quand une femme a quelquechose d’agréable, on dit : elle a bien du revenant,MARG. BUFFET, Observ. p. 34, 1608.
— HIST. xv s. En effet, il n’avoit rien de reve-nant.... Mém. s. du G. ch. i.
2 . REVENANT (re-ve-nan), s. m. Esprit qu’onsupposait revenir de l’autre monde. Nous avons unrevenant dans le village qui fait toutes sortesd’espiègleries, genlis, Mères riv. t. u, p. 270,dans pougens. Dans mon enfance, ayant entenduconter beaucoup d’histoires de revenants, j’avaisla tête absolument tournée par cette espèce defrayeur la plus absurde de toutes, id. Ad. et Th.t. u, p. 149. Revenants, lutins, noirs esprits, Sor-ciers, malignes influences, Â tout croire on m’avaitappris, bérang. F. follets. || Fig. Avoir peur des re-venants, craindre que ce qui paraît détruit, éteint,ne reparaisse. On les croyait [les jésuites ] si peuanéantis, malgré leur dispersion, qu’un supérieurde séminaire à qui on offrit leur maison du novi-ciat, répondit qu’il n’en voulait pas, parce qu'ilavait peur des revenants, d’ai.emb. Œuv. t. v, p. i 10.
REVENANT-BON (re-ve-nan-bon), s. m. || 1° Profitcasuel et éventuel provenant d’un marché, d’unecharge, d’une affaire. Sa maîtresse n’a pas lieu dese plaindre; elle fait souvent de bonnes affaires donttous les revenants-bons sont pour elle, dancourt,Femme d'intrigues, iv, 14. Je voulais faire impri-mer la pièce, et donner le revenant-bon de l’édi-tion à l'avocat, ainsi que j’ai donné depuis vingtans le profit de tous mes ouvrages, volt. Lett. Ri-chelieu, 26 mai 1772. On dit que le contrôleur gé-néral a fait retrancher les pensions sur la cassette,supprimer les tables des officiers de la maison, etdiminuer les revenants-bons des financiers, id. Lelt.Damilaville , 15 févr. 1764. |j 2* Les deniers qui res-tent à un comptable après qu’il a rendu sescomptes. || On dit aujourd’hui de préférence boni.Il 3° Fig- Tout avantage, tout profit accidentel. Lacavalerie était trop maltraitée depuis que les extrê-mes besoins avaient engagé à retrancher les bonsquartiers d’hiver et mille autres revenants-bons,st-sim. 399, 199. Courage, allons; j’aime assez lesquerelles : C’est un revenant-bon pour moi, fa-vart, Soliman II , ii, 12. || C’est le revenant-bon dumétier, se dit des profits attachés à telle profession,à telle situation. || Il s’emploie aussi en un sens iro-nique. Ce n’est pas le premier tour de celte espècequ’on m’a joué ; c’est, Dieu merci, le seul revenant-bon de la littérature, volt. Lett. d’Argentai, lo oct.1767. Un de ses revenants-bons [de la professiond’homme de lettres] est que, chaque année, on m’aimputé quelque ouvrage ou bien impertinent oubien scandaleux, id. Lett. Marin, 24 nov. 1764.|| 4° Il s’est dit adjectivement. Il n’a maintenantdevant les yeux que l’argent du roi, le profit d’unecharge et les deniers revenants-bons de la guerre,balz. De la gloire. || Au pluriel. Des revenants-bons.
f REVENDAGE (re-van-da-j’), s. m. Profession,métier de revendeur. || Action de revendre.
— BIST, xvi* s. Et supposé que en une seule let-tre, sous un seul scel, soient contenus un vendaige,la reprinse dessus et le revendaige... du cange,revenditio.
1 REVENDANGER (re-van-dan-jé), V. a. Vendan-ger de nouveau.
— BIST, xvi* s. Revendanger, p. sellier, Trad .de Philon , 1 576, in-f° p. 1C4.
REVENDEUR, EUSE (re-van-deur, deû-z’), s. m.et f. || 1° Celui, celle qui revend, qui achète pourrevendre. Us [les Juifs] firent le métier de cour-tiers, de revendeurs, ainsi qu’autrefois à Babylone ,à Rome et dans Alexandrie , volt. Mœurs, 1U3. Unvieux pirate, un revendeur De la féminine denrée,id. Trois manières. X Paris, les revendeuses deshalles payent cinq sols d’intérêt par semaine, pourun écude trois livres; cet intérêt renchérit le pois-son qu elles vendent dans les rues, mais le peupleaime mieux acheter d’elles que d’aller aux halles sepourvoir, condil. Comm. gouv. i, 18 . || 2” Reven-deuse, femme qui achète de vieilles hardes pour lesrevendre. Elle a acheté ce vieux jupon à une reven-deuse. || Revendeuse à la toilette, femme qui portedans les maisons des hardes, des bijoux à vendre.Aurais-tu deviné que M. Turcaret eût une soeur re-vendeuse à la toilette ? lesage , Turcaret, iv, 13.
— hist. xv* s. Revendeurs de pommes, coquil-lart, p. 172, dansLACURNE. || xvi* s. Un revendeurde bestial, amyot, Pèric. 46 .
— ÉTYM . Revendre; prov. revendeyre, revende-dor; espagn. revendedor ; ital. revenditore.
f REVENDICATEUR (re-van-di-ka-teur), s. m.Celui qui revendique.
REVENDICATION (re-van-di-ka-sion ; en vers,de six syllabes), s. f. || 1° Terme de jurisprudence.Action de revendiquer. La revendication d’un terrain.L’action en réduction ou revendication pourra êtreexercée par les héritiers contre les tiers détenteursdes immeubles faisant partie des donations etaliénés par les donataires, Code Nap. art. 930.|| Saisie-revendication, voy. saisie. || 2° Dans le lan-gage général. Action de réclamer ce que l’on re-garde comme un droit. La revendication de la li-berté, des droits politiques.
— hist. xvi* s. Revendication, cotgrave.
REVENDIQUE, ÉE (re van-di-ké, kée), part,passé de revendiquer. Un héritage revendiqué.
REVENDIQUER fre-van-di ké), je revendiquais,nous revendiquions, vous revendiquiez; que je re-vendique, que nous revendiquions, que vous reven-diquiez, v. a. || i* Réclamer une chose qui nous ap-partient et qui est entre les mains d’un autre.Louis XIII revendiquait le duché de Milan , parcequ’il comptait parmi ses grand’mères une sœur d’unVisconti, lequel avait eu cette principauté, volt.Mœurs, uo. Celui qui a perdu ou auquel il a étévolé une chose, peut la revendiquer pendant troisans, à compter du jour de la perte ou du vol, con-tre celui dans les mains duquel il la trouve, CodeNap. art. 2279. || Saisir-revendiquer, voy. saisir.|| 2° Il se dit d’un magistrat qui réclame pour soi lejugement d’une affaire ou d’une personne. Le pro-cureur impérial a revendiqué une cause qui étaitportée à un autre tribunal. Pierre Cauchon , évê-que de Beauvais , qui était du parti du roi d’Angle-terre contre son roi légitime, revendique la Pucellecomme une sorcière arrêtée sur les limites de sondiocèse, volt. Dict. phil. Arc. || 3° Par extension. Ré-clamer comme sien ce qui est attribué à d’autres.Il n’y a nulle apparence que M. Despréaux ait eu lamoindre part à ces endroits-là; et, quand il lesrevendiquerait positivement, on ne le croirait passi l’on connaissait son style, fonten. Lett. aujourn.des sav. Œuvres, t. iii, p. 369, dans pougens. Despeuples qui sont leurs aînés [des Grecs], les Égyp-tiens, revendiquent ces institutions [le jugementdes morts], bailly, l’Atlantide, p. 340. L’homme quirevendiquerait les droits de l’homme périrait dansl’abandon ou dans l’infamie, raynal, Hist. phil.xvn, 4. || Fig. Enfin la physique et la médecine lerevendiquèrent [Tourneiort] avec tant de force surla théologie, qui s’en était mise injustement en pos-session, qu’il fallut qu’elle le leur abandonnât, fon-ten. Tourneforl. Les femmes pensent que vousvous devez tout à l’amour ; la poésie vous revendi-que.... volt. Lett. Helvétius , 14 mars 1739. Troptôt, hélas! les soins pénibles, Les bienséances in-flexibles Revendiquent leurs tristes droits.... gres-set, Ép. au P. Bougeant.
— ÉTYM . Re..., et le lat. vindicare, réclamer(voy. venger). Montaigne , iv, 167, a vendiquer.
REVENDRE (re-van-dr’), u. a. Il se conjuguecomme vendre. || 1° Vendre ce qu’on achète. Unmarchand m’acheta et me mena à Tunis ; il me ven-dit à un autre marchand qui me revendit à Tri-poli ; de Tripoli je fus revendue à Alexandrie , volt.Candide, 12. || Par extension. Les hommes en placevendent le peuple au prince, qui le revend à sesvoisins par des traités de guerre ou de subside, depaix ou d’échange, raynal, Hist. phil. xix, 14.|| Absolument. C’est une illustre ....Qui prête, vend,revend, brocante, troque, achète, regnard, leJoueur, v, 2 . Je revends à la toilette, et me nommeMme Jacob, lesage, Turcaret, i v, 12 . || Terme deprocédure. Revendre à la folle enchère, vendre denouveau une chose, aux risques et périls d’un pre-mier adjudicataire qui n’en a pas payé le prix.|| 2“ Avoir d’une chose à revendre, en avoir abon-damment et de manière à pouvoir en trafiquer. De-puis quatre ans, on en avait [des bestiaux] à re-vendre aux étrangers, volt. Louis XIV , 30. || Fig.Quelques dames. croient qu’avec un peu do ru-
desse brutale.... elles ont de l’honneur à revendre,scarr. Rom. com. n, 19. Il [un bûcheron] n’avaitpas des outils à revendre; Sur celui-ci [la cognéejroulait tout son avoir, la font. Fabl . v, 1. Je trou-verai partout des femmes à revendre, th. corn.D. Cés. d’Avalos, i, 6. Et nous ne manquons pointd’épouseurs, Dieu merci ; Car, de quelque façonque Ton puisse le prendre, Il nous en restera tou-jours deux à revendre, legrand, Aveugle clair-
voyant, sc. 6. || Avoir de la santé à revendre, de l’es-prit à revendre, se porter fort bien, être fort spi-rituel. || 3“ Fig. et familièrement. En revendre,attraper. En revendre de cette façon-là, pour s’en-fuir avec un jeune freluquet! genlis, Thédt. dé-duc. la Lingère, n, 4. || 11 vous en revendrait, il estplus fin que vous.
— HIST. xin* s. Vilains offices est à cels qui acha*tent de marcheans pour revendre maintenant, brun,latini, Trésor, p. 377. || xv* s. Plus n’en dy, mieuxvault que me taise; Car j’en ay à vendre et reven-dre; Ung chacun doit son fait entendre, ch. d’orl.Rondeau. || xvi* s. Si quelcun ayant de la haine àrevendre... lanoue, 76. De pauvres chrestiens qu’ils[les Ottomans ] prenent par ci et par là chasque an-née en leurs courses, et puis les revendent de façonque le pere s’en va d’un costé, l’enfant de l’autre,id. 386. X trop acheter n’y a que revendre, cotgrave.
— étym. Re..., et vendre; prov. revendre; es-pagn. r erender ; ital. rivendere.
REVENDU, UE (re-van-du, due), part, passé derevendre. Une terre revendue en détail.
t REVENEZ-Y (re-ve-né zi), s. m. Terme fami-lier. Mets auquel on aime à revenir. Donnez moiencore de ce ragoût; c’est du revenez-y. || Actionde recommencer. Il m’a joué un tour; mais je l’at-tends au revenez-y. || Un revenez-y de tendresse,un retour de tendresse. |] Il n’y a pas de revenez-y,on ne peut recommencer.
— étym. Revenir, et y.
REVENIR (re-ve-nir), v. n. lise conjugue commevenir. || 1° Venir une autre fois, de nouveau. Jereviens pour vous dire.... Revenez, nous causerons.Souris de revenir, femme d’être en posture [pour
les guetter], la font. Fabl . n, 18 . Le petit enfant
qui va, saute et revient, Et joyeux à sa mère offreun caillou qu’il tient, boil. Art p. m. Le Temps,d’une aile prompte et d’un vol insensible, Fuit etrevient sans cesse à ce palais terrible [des Destins],volt. Henr. vu. || Revenir à la charge, retournerau combat après avoir été repoussé, battu. || Fig.Revenir à la charge, réitérer ses instances. Il nes’embarrassait pas de tous mes chagrins; il re-venait opiniâtrement à la charge, fênel. Télém.xiii. || 2° Se rendre au lieu d’où Ton était parti.Non, je ne reviens pas, car je n’ai pas été; Je nevais pas aussi, car je suis arrêté, mol. le Dép. I,4. M. de la Trousse [prisonnier] reviendra sur saparole, sév. 216 . M. de Sauzei reviendra le jourd’Ênoch, d’Élie, de saint Jean-Baptiste, du feu mar-quis de Piennes et du marquis d’Estrées ; quellefolie de douter de sa mort! id. 21 4. Ah! si quelquesgénérations, que dis-je ? si quelques années aprèsvotre mort vous reveniez, hommes oubliés, au mi-lieu du monde, boss. le Tellier. Deux fois, en grandpolitique, ce judicieux favori [Mazarin ] sut céderau temps et s’éloigner de la cour ; mais, il faut ledire, il y voulait revenir trop tôt, id. ib. Tel fut cetempereur.... Qu’on n’alla jamais voir sans revenirheureux, boil. Ép. i. Mithridate revient; ah 1 for-tune cruelle! rac. Mithr. i, 5. Cette idée [quele soleil plongé dans l’océan reva à son leverpar des routes inconnues] ressemble beaucoup àcelle du baron de Féneste, qui dit que, si on nevoit pas le soleil quand il revient, c’est qu’ilrevient de nuit, volt. Dict. phil. Ciel matériel. Ila fait beaucoup d’ouvrages de théologie, et disputébeaucoup sur les usages de la Chine contre les jé-suites qui en revenaient, id. Louis XIV , Écriv.Alexandre. Je sais ce que ferait le sage; Il ferait àDresde un voyage.... Mais, retenu parles merveillesQui soumettent à leurs appas Le cœur, les yeux etles oreilles, Le sage ne reviendrait pas, id. Lett. envers et en prose, 97. || Fig. Hermione elle-même avu plus de cent fois Cet amant irrité revenir sousses lois, rac. Andr. i, i. || Revenir de, avec un verbeà l’infinitif, revenir après avoir fait....D’Hacquevilleest revenu de poignarder la maréchale de Gram-mont [lui annoncer la mort de son fils], sév. 16déc. 1673. || La maison d’où Ton ne revient pas, letombeau. Adieu, fragile enfant, échappé de nosbras; Adieu, dans la maison d’où Ton ne revientpas, A. chén. Sur la mort d’un enfant. || Revenirdu pays où tout le monde va, échapper à une gravemaladie. Vous m’apprenez, mademoiselle, que vousrevenez du pays où j’irai bientôt; si j’avais su votremaladie, je vous aurais assurément écrit, volt. Lett.Mlle Clairon , 18 oct. 1767. ||Fig. Revenir au gironde l’Église, rentrer dans le sein de l’Église catho-lique. || Revenir sur ses pas, revenir après s’êtreéloigné. Ne vous éloignez pas; Peut-être on vousfera revenir sur vos pas, rac. Baj. n, 4. L’astredu jour a vu ma course vagabonde Jusqu’aux