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commence donc par l’antichambre [par les sollici-tâtions], scribe, le Prix de la vie, dans les Histo-rié lies et proverbes. , _
— REM Rêver est suivi de la préposition dequand il s’agit de rêve : J’ai rêvé de vous cettenuit: de la préposition à quand il s agit de médita-tion : J’ai rêvé toute la nuit à cet incident.
_hist. xiii* s. Mais sul de cele gent Stigand
L’arceveske s’en va gabant, Ki s’est turnez en unepart, F dit que reeve li vieillars, Édouard le con-fes. v. 3783 . Cuidiés que dame à cuer vaillant Aint[aime] ung garçon foi et saillant, Qui s’en ira parnuit resver, la Rose, 7776 . Nous venions l’autrierde joer, Et de resver, Moi et mi compaing et miper, ou cange, dans le Gloss, français . || xiv* s.Comme Fouquet Hodierne fust alez avec trois com-paignons charretiers esbatre et resver de nuit, ducange, reventare. || xv* s. Sire chevalier, vous res-vez, ce me semble ; car vos raisons sont toutes con-traires à cest achèvement que tant desirez à avoir,Perceforest , t. v, P* 45.
— ÉTYM . Origine incertaine. Parmi les languesromanes, jusqu’à présent on ne connaît rêver quedans le français. Le P. Labbe, Ampère et Génin ontsupposé une parenté entre rêver et desver (voy. en-dêver). On a indiqué l’anglais to rave, avoir le dé-lire; mais le mot anglais paraît venir du français ,non le français de l’anglais ; il en est de même duflamand reven, revelen, et du moyen haut-alle-mand reben . Diez conjecture que rêve est une formedialectique pour rage, et représente le latin rabies.Cette conjecture ne satisfait ni à la forme ( rabiesayant déjà donné rage), ni au sens ( rever signifiantessentiellement vagabonder, faire le vaurien). Onsatisfait mieux à l’une et à l’autre en s’adressantau danois rœve, angl. to roue, errer, vagabonder,faire le bandit, d’où, en anglais , avoir le délire, et,en français , faire un rêve.
t RÉVERBÉRANT , ANTE (ré-vèr-bé-ran, ran-t’),adj. Qui a la propriété de réverbérer; qui produitla réverbération. Surfaces réverbérantes, ramond,Inst. Jfém. scienc. 18 U 9 , p. 516 .
RÉVERBÉRATION (ré-vèr-bé-ra-sion ; en vers,de six syllabes), s. f. || 1” Réflexion de la lumièreet de la chaleur par un corps qui ne les absorbepas. La.réverbération des rayons du soleil. Ces ré-verbérations terrestres doivent être assez communes
dans l’atmosphère des montagnes, bkrn. de st.-p.Harm.aquat.air, liv.m.|| S’estdit delarépercussiondu son. || Fig. N’admirez-vous pas l’éclat et la puis-sance que donne la réverbération du soleil [le roi]?...n’aurons-nous jamais un rayon ? sév. 322. || 2“ Fig.Reflet. Je ne me vante pas d’être amie de M. lePremier [Béringhen] ; mais je l'ai vu assez souvent;il me trouve avec ses amis, et vous savez les sortesde réverbérations que cela fait, sév. 4 1 sept. 1676.Je n'étais son amie [de Mme du Plessis-Guénégaud]que par réverbération.... mais nous étions selonson goût, id. 40 août <677. Figurez-vous une qua-trième, une cinquième réverbération de Voltaire ,si l’on peut parler ainsi ; supposez une série d’imi-tations successives qui vous auraient fait descendreà une pièce de Dubelloy, villemain, Littèr. Tabl.du xvin* siècle, 2* partie, 2 * leçon.
— HIST. xiv* s. Le basilique, quant il voit sa fi-gure ou [au] miroir, meurt pour la réverbération duvenin que li miroir li rent, h. de mondeville, f“ 88,verso. Puis tu fais pour ta flxion Feu de reverbe-ration, Voire si très chault que tout fond, Nat. àl’alchim. 46. || xvi* s. Le rayon par le moyen de laréverbération prent corps de feu et force d’enflam-mer, amyot, Numa, xvn. La réverbération des rayonsde la lune, qui donnoit contre les boucliers, id.Nicias , xxxix. La faculté auditive faite par la réver-bération de l’air, de laquelle sont faits les sons,paré, m, 8. Il [l’homme mordu par un chien en-ragé] craint l’eau et toutes choses transparentes etluisantes, ayans quelque réverbération [faisant mi-roir], ID. xxm, 18.
— ÉTYM . Provenç. reverberatio ; espagn. rever-beradon; ital. reverberaxione ; du lat. reverbera-tionem ; de reverberare, réverbérer.
| RÉVERBËRATOIRE (ré-vèr-bé-ra-toi-r’), adj.Fournaise réverbératoire, fournaise disposée en ré-verbère.
RÉVERBÈRE (ré-vèr-bè-r’), s. m. || 1» Miroir des-tiné à réfléchir dans une direction déterminée lalumière ou la chaleur. || Fig. Les fleurs ont desréverbères ou des pétales pour réfléchir la lumièrede l’astre du jour, bern. de st-p. llarmon. liv. i,Tabl. génér. ||2” Par extension, lanterne munied’une lampe et d’un ou de plusieurs réflecteurs, etqui sert à éclairer une rue, une place, etc. X la
clarté, à la lueur d’un réverbère. Les voleurs denuit redoutent les réverbères, d’alemb. Éloges,duc d’Estr. Quand les voleurs ne sont pas réprimés,il faut allumer les réverbères; les réverbères del’ordre social sont les journaux, français de Nantes ,dans bailly , Notice, p. 78. j| 3” Chasse au réver-bère, chasse aux canards sauvages, faite la nuit aumoyen d’une lanterne placée en avant du bateauqui porte les chasseurs. || 4° Nom qu’on donne auxparois d’un fourneau destinées à réfléchir la cha-leur. Quatre onces de poudre d’antimoine calcinéesquelques heures au fourneau du réverbère, volt.Feu, i, 2. || Feu de réverbère, feu dont on fait ra-battre la flamme sur les matières que l’on expose àson action.
RÉVERBÉRÉ, ÉE (ré-vèr-bé-ré, rée), part, passéde réverbérer. Le3 rayons du soleil réverbérés parla muraille.
RÉVERBÉRER (ré-vèr-bé-ré. La syllabe bè prendun accent grave quand la syllabe qui suit estmuette : il réverbère; excepté au futur et au con-ditionnel : il réverbérera), v. a. || 1* Renvoyer, enparlant de la lumière et de la chaleur. Des pla-ques de fer qui réverbèrent la chaleur du foyerdans la chambre. || 2" Ancien terme de chimie. Ré-duire les corps en chaux par un feu violent. |l 3° V.n. Être réverbéré. Les rayons du soleil réverbèrentcontre cette muraille. || Fig. L’amitié qu’il [du Cou-dray] a pour vous réverbère sur moi, sév. i 9 avr. 1694.
— hist. xv s. Ne vueillez reverberer [regimber]à l’esguillon, Perceforest , t. iv, f“ 47. || xvi* s. Ellele vit contre une muraille blanche, où reverberoitla clarté de la chandelle, marg. Nouv. liv. Pourreverberer la lumière et la flamme sus la matièreà calciner ou à distiller, paré, xxvi, 2. Je ne puispas ici endurer, les rays du soleyl se reverberent sifort, PALSGR. p. 682.
— ÉTYM . Lat. reverberare, de re, et verberare,frapper.
■f REVERCHER (re-vèr-ché), v. a. Boucher lestrous d’une pièce de poterie d’étain avec le fer àsouder.
— ÉTYM . Dans l’anc. franc, revercher ou rever-chier signifie examiner, visiter ; il représente pro-bablement une forme r evertiare, dérivée du lat.revertere, retourner : retourner pour examiner.
REVERDI, IE (re-vèr-di, die), part, passé de re-verdir. Redevenu vert. Sa feuille renaissante et sesbras reverdis, delille, Én. xn. || Fig. Qui semblerajeuni, en parlant d’un vieillard. Je l'ai trouvé toutreverdi.
f REVERDIE (re-vèr-die), s. f. Nom donné encertains lieux de la Bretagne aux grandes maréesqui arrivent au défaut ainsi qu’au plein de la lune.
— ÉTYM . Reverdi, par une figure dont il y avaitdes analogues dans l’ancienne langue : xiii* s. Ladouçor et la mélodie Me mist ou [au] cuer grantreverdie, la Rose, 712.
REVERDIR (re-vèr-dir), v. a. || 1” Repeindre envert. Ces barreaux ont perdu leur couleur, il fautles reverdir. || 2° V. n. Redevenir vert. Ce que vousdites des arbres qui changent est admirable ; lapersévérance de ceux de Provence est triste et en-nuyeuse : il vaut mieux reverdir que d’être tou-jours vert, sév. 7 juin 1676. X ses accords les chênesreverdissent, J. B. rouss. Allég. î, 6. || Fig. et po-pulairement. Planter là, laisser là quelqu’un pourreverdir, le laisser en quelque endroit et ne pasaller le retrouver. Et le laissa là non pas pour re-verdir, mais pour maudire cent fois son malheur,qui ne lui venait que de trop bonne fortune,scarr. Rom. corn, i, 9. La dame gagna la guérite.Et le laissa pour reverdir, id. Virg. iv. || 3” Fig. Seranimer. Frappe ! et ces bords [la Grèce ], au gré duciel vengeur, Reverdiront d’abondance et de gloire,bérang. Anacr. Ainsi, noués en gerbe, Reverdirontmes jours, v. hugo, Odes , v, 26. || Familièrement.Reprendre du crédit. Melfort se fit catholique, et re-verdit en crédit et en confiance à St-Germain [lacour de Jacques III ], st-sim. 146, 128 .
— HIST. xn* s. Quant li estés et la douce saisonsFont foille et flor et les prés raverdir, Coud, xiii. Xla douçor du tens qui raverdoie Chantent oisel etflorissent vergier, ib. xxi. ||xiii* s. Que erbeletepoignenl et pré sont reverdi, Rerte, i. Ce fu en maien cel termine Que la flor monte en l’aube-espine,Prez reverdissent et li bos, Et oisiel chantent sansrepos, Ren. 4867. Toz reverdis et esprandans, [elle]Li a geté ses iex es suens [aux siens], Lai de l’ombre.|| xv* s. Et aucunes fois avient que pour les mallesnoises qu’il li maine, et aussi qu’il la bat, qu’ellese va, et plante son mary pour reverdy, Les 16 joyes
de mariage, p. 92.||xvi*s. May qui portoit robereverdissante, marot, iii, 98, La mesme haine quiy estoit se reverdit de jour à autre, pasquier, Re-cherches, iv, p. 438, dans lacurne.
ÉTYM . Re..., et verdir; Berry, revard’xif ; pro-venç. reverdir, reverdeiar ; ital. riverdire.
t, RF.VERDISSEMF.NT (re-vèr-di-se-raan), s. m.Action de reverdir. Etat de ce qui reverdit.
REM. Ce mot n’est pas un néologisme commeon 1 a dit, il est dans le Dictionnaire de l’Acadé-mie de 4696, mais avec la note qu'il doit être ef-face. Furetière l’admet dans son Dictionnaire sansaucune observation.
— HIST. xvi* s. Tant s’en faut que ce soit apporterremede à la maladie qui s’offre, qu’au contraire c’estun rangregement et reverdissement de la plaie,pasquier, Exhortation aux princes, cité par feu-gêre dans son Glossaire d’Ét. Pasquier.
| REVERDOIR (re-vèr-doir), s. m. Dans lesbrasseries, petite cuve placée sous la cuve dite ma-tière, et qui est munie d’une pompe à chapelet.
RÉVÉRÉ, ÉE (ré-vé-ré, rée), part, passé de ré-vérer. Traité avec révérence. Je ne suis point, monfrère, un docteur révéré, mol. Tari, i, 6. Son au-torité révérée autant par le mérite de sa personneque par la majesté de son sceptre, boss. Hist. n, 43.Surtout qu’en vos écrits la langue révérée En vosplus grands excès vous soit toujours sacrée, boil.Art p. i.
RÉVÉREMMENT (ré-vé-ra-man), adv. D’une ma-nière révérente. Les hommes sont accoutumés, il ya longtemps, à manquer au respect qu’ils doiventà Dieu , et à traiter peu révéremment les chosessacrées, boss. Serm. 3* dim. après Pdq. préambule.
— HIST. xv* s. En la maison d’un roy on doitfaire le service divin très reveremment, Bibl. desch. 6* série, t. n, p. 4 46. ||xvi* s. Avoir reverem-ment servi un maistre, mont, i, 4 3. Et le saluèrentfort reveremment, carl. iv, 20 . Luther traite peureveremment le pape, sleidan, f. 26.
— étym. Révèrent, et le suffixe ment; prov. reve-renmen; esp. reverentemente ; ital. riverentemente.
RÉVÉRENCE (ré-vé-ran-s’J, s. f. || 1° Grand res-pect mêlé d’une sorte de crainte. Depuis aux bonssergents j’ai porté révérence, Régnier, Sat. vm. Ouvous les exécuterez [les décrets] avec révérence, ouvous nous manderez la raison que vous croyezavoir de ne pas le faire, pasc. Prov. xvm. Les spec-tacles et les jeux publics, où la révérence de l’or-dre sacerdotal est ravilie, boss. Ordonn. synodale,4 691. Que peuvent des évêques qui ont anéanti eux-mêmes l’autorité de leur chaire et la révérencequ’on doit à la succession , en condamnant ouver-tement leurs prédécesseurs jusqu’à la source mêmede leur sacre? id. Reine d'Anglet . Il assistait tousles jours au saint sacrifice; et son attention etsa modestie imprimaient le respect aux âmes lesmoins touchées de la révérence du lieu et dela sainteté du culte, fléch. Duc de llont. Il [Eu-chidas] se purifia d’abord, s’aspergeant d’eau sa-crée, se couronna de laurier, s'approcha de l’autel,y prit avec révérence le feu sacré.... rollin , Hist.anc. (Euv . t. m, p. 270, dans pougens. Ayez pourla grammaire un peu de révérence, regnard, leDistr. iii, 3 . ô révérence des temps passés et descontrées éloignées, combien tu nous fais dire desottises! raynal, Hist.phil. i, 24. ||Fig. L’histoire,des grands cœurs la plus chère espérance, Que letemps traite seule avecque révérence, rotr. St-Gen. i, 4. || 2“ Populairement. Révérence parler,parlant par révérence, sauf votre révérence, excusedont on se sert quand on dit quelque chose quipourrait déplaire ou blesser. Et moi, monsieur,que j’ai mon haut-de-chausse tout troué par der-rière, et qu’on me voit, révérence parler.... mol.l’Av. m, 2 . Ce damoiseau, parlant par révérence,Me fait cocu, madame, avec toute licence, id.Sga n. 4 6. Mais dépenser son bien pour acheter dumal, Révérence parler, c’est être un animal, bour-sault, Fabl. d’Ésope, n, 6. Sa vie [de Frédéric II ]et, révérence parler, la mienne, sont de plaisantscontrastes; mais enfin il avoue que je suis plusheureux que lui; c’est un grand point et une belleleçon, volt. Lett. d'Argentai, 8 nov. 4767. || 3” Ti-tre d’honneur qu’on donnait à certains religieux. Iln’y a pas même jusqu’aux religieux, qui, nonob-stant les continuelles humiliations auxquelles leursrègles et leur profession les obligent, ne se trai-tent entre eux de Votre Révérence, cailliêres,Mots à la mode, 2 * convers. Il dit Votre Révérenceà un prince du sang et Votre Altesse à un jésuite,la bhuy. xi. || En cet emploi, Révérence prend unemajuscule. || Populairement. On a bien parlé à Sa