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Tome quatrième. Q - Z.
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la bataille vont les mors reversant [retournant],Raoul de C. 126 . || xm' s. Li rois ouvre la cire, laletre reversa [déplia], Bertc, cxxn. A un grant arbre[il] sest heurtez, Arere chet tut reversez, Lai deldésiré. || xv* s. Ceux qui montoient sur ces eschelles....estoient à la fois reboutés et reversés tout jus,KROISS. Il, ni, 68.

-étym. Revers; provenç. reversar ; espagn.TCVBZQT i ital. YiVBTSCLTB,

REVERSI, ou, suivant une orthographe usitéeaussi, REVERSIS (re-vèr-si), s. m. Jeu de cartesdans lequel gagne celui qui fait le moins de levées,et le valet de coeur, appelé le quinola, est lacarte principale; il se joue à quatre. Il [Louis XIV ,au camp] trouve le temps non-seulement d'expé-dier toutes les affaires de lÉtat, comme à Saint-Germain et à Versailles , mais même de voler la pieet de jouer au reversis, péllisson, Lelt. hist. t. ni,P- 4 l. Mon fils me mande quil sen va jouer au re-versi avec son jeune maître [M. le Dauphin]; deux,trois, quatre cents pistoles sy perdent fort aisément,sév. 437. || A ce jeu, coup qui consiste à faire toutesles levées, et qui, contrairement à la règle ordi-naire, procure le gain dune partie. Faire le reversi,ou faire reversi. Rompre le reversi.

HIST. xvi* s. Pour moy, je suis dun natureldispos et gaillard ; jaime toujours mieux jouer aureversis quau piquet; je ne me pique jamais auj-u, pourveu que dautre part on ne passe tropavant dans les bornes de lhonneur, Caquets de l'ac-couchée, p. 166, dans lacurne. Jouer au reversis[se laisser renverser], oudin, Dict.

étym. Sorte de triomphe renversée, que le ducde Savoie apporta en France , il y a quelques dixans, cotgrave. Reversis, ce qui est la meilleure or-thographe, vient donc de reverser, renverser. Cejeu fut, comme on voit, apporté en France dansle courant du xvi* siècle.

RÉVERSIBILITÉ (-vèr-si-bi-li-), s. f. Termede jurisprudence. Qualité de ce qui est réversible.La réversibilité dune pension. || Terme de féodalité.Réversibilité des fiefs, retour des fiefs au seigneur,à la mort des vassaux qui ne laissaient aucun pa-rent mâle. || Terme de théologie. La réversibilité despe'nes ou des récompenses, les mérites des saintsimputables pour diminuer les peines et augmenterles récompenses.

étym. Réversible.

RÉVERSIBLE (-vèr-si-bl), adj. || 1° Terme dejurisprudence. En parlant dun bien, dune terre, quipeut retourner au propriétaire qui en a disposé. Lasuzeraineté de Commercy , réversible après la mortde M. de Vaudemont et de sa femme, au duc deLorraine , st-sim. (78, 134. J| Se dit des rentes con-stituées sur plusieurs têtes, ou qui passent il dau-tres personnes après la mort du titulaire. La pen-sion de milord Maréchal, dont les deux tiers étaientréversibles à Thérèse après ma mort, j. J. rouss.Conf. xii. || Par extension. On pourrait dire quecest un honneur réversible à nous-mêmes, puis-que les citoyens sont nos collègues, mirab. Collec-ta on, t. Il, p. 289. Il 2 Terme de draperie. Enversréversible, envers dune étoffe tel quil peut être re-tourné. Drap à envers réversible.

ÉTYM . Voy. RÉVERSION.

RÉVERSION (-vèr-sion), s. f. Il 1 Terme de ju-risprudence. Droit en vertu duquel les biens dontune personne a disposé en faveur dune autre, luiviennent quand celle-ci meurt sans enfants. Par letraité dUtrecht , le roi était également garant etdu repos de lItalie et de la réversion de la Sicile àla couronne dEspagne , st-sim, 602 , 87. Le cardi-nal de Fleury se contenta dabord du Barrois, quele duc de Lorraine devait donner au roi Stanislas,avec la réversion à la couronne de France , volt.Louis XV , 4. || 2° Terme de rhétorique. Figure destyle qui consiste à faire revenir sur eux-mêmes,avec un sens différent et souvent contraire, certainsmots d une même proposition. || 3 Terme de bio-logie. Retour, à la suite de générations plus oumoins nombreuses, dindividus croisés, au type delespèce primitive.

ÉTYM . Provenç. reversio; espagn. reversion;du lat. reversionem , de revertere, retourner, de re,et vertere, tourner (voy. version)

REVERSIS, s. m. Voy. reversi.

t REVERSOIR (re-vèr-soir), ,v. m. Barrage éta-bli sur un cours d'eau, par-dessus lequel le liquidesécoule en nappe; pertuis à la surface dun réser-voir.

étym. Reverser (.

REVERTIER (re-vèr-tié), s. m. Sorte de jeulon emploie le trictrac; chacun des joueurs empile

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ses dames dans le coin à gauche de son adversaire;le but que chacun deux se propose est de fairefaire à ses dames le tour du trictrac pour les fairerevenir à la place d elles sont parties. || On disaitautrefois reverquier.

étym. Lat. revertere, retourner, parce que lesdames reviennent.

REVESTIAIRE (re--sti-ê-r), s. m. || 1* Termevieilli. Lieu séparé dans léglise, les prêtres serevêtent des habits sacerdotaux pour loffice divin.|| 2 Somme que chaque religieux prenait en cer-taines communautés pour son entretien dhabits, delinge.

ÉTYM . Revêtir.

REVÊTEMENT (re--te-man), s. m. || 1° Ce quirevêt. Le revêtement de la peau par du poil, de laplume, des écailles, des têts, des coquilles, buffon,Des sens. Les vallées étaient étroites et boisées ;quelques-unes me rappelèrent, mais sur une moin-dre échelle, le site de la grande Chartreuse et sonmagnifique revêtement de forêts, chateaubr. Itin.part. i. [| Fig. Jai touché les raisons pour lesquel-les le maréchal [de Bouffiers] ne laimait pas [Cha-millartj, entre lesquelles son revêtement de Mme deMaintenon, pour ainsi parler de son dévouementpour elle, st-sim. 237, (56. |] 2* Terme darchitec-ture. Espèce de placage, etc. quon fait aune con-struction pour lui donner plus de solidité ou das-pect. Du temps dHérodote et de Philon , il [ce mo-nument, la grande pyramide dÉgypte ] était re-couvert dun revêtement de pierres polies, qui aété détruit, girard, Inst. Mém. scienc. mor. et pol.t. v, p. 68. On emploie cette pierre [la chaux sulfa-téej à Milan pour en faire des tables et des revête-ments de cheminées, al. brongniart, Traité demin. t. i, p. (88, dans pougens. || Dalles de revête-ment, ceiles qui se rapportent au droit de la re-traite dun mur. || Revêtement ou lambris de revê-tement, se dit aussi du lambris qui couvre un mur.|| 3° Ouvrage de pierre, de brique, etc. servant à re-tenir les terres dun fossé, dune terrasse. Le re-vêtement dun fossé. || Particulièrement, en fortifi-cation, les revêtements ont pour but de consoliderou de soutenir les talus raides des ouvrages, ou lesbatteries dartillerie. Revêtements en gazon, pisé,fascines, gabions.... || Demi-revêtement, paroi dunfossé de fortification dont la maçonnerie natteintquà la hauteur du niveau de campagne.

hist. xvi* s. Les ingénieurs diront que lon nese fortifie que de terre, sans y adjouster leurs reves-tements de pierre ou de brique, lanoue, 336. Sonttelles formes de successions communément dites etappellées revestement de lignes, Coust. génér. t. ii,p. (065.

étym. Voy. revêtir ; provenç. revestimen.

REVÊTIR (re--tirj, v. a. Il se conjugue comme

vêtir. || 1 Donner des vêtements à quelquunqui en manque. Il [Tobie] nourrissait ceux quiavaient faim, revêtait ceux qui étaient nus, saci,Bible , Tobie, i, 20 . Cest [dans les hospices] quela faim est rassasiée, que la nudité est revêtue,fléch. Lamoignon. || Fig. Tandis quil revêt debeauté le lis qui croît dans les plus profondes val-lées, au milieu des épines, mass. Carême, Prosp.temp. Aimable dinnocence et belle de candeur, Soncorps [dÊve] est revêtu de sa seule pudeur, delillk,Parad.perd. v. || Fig. et absolument. Cest par cettedernière grâce que la mort change de nature pourles chrétiens, puisquau lieu quelle semblait êtrefaite pour nous dépouiller de tout, elle commence,comme dit lapôtre, à nous revêtir, et nous assureréternellement la possession des biens véritables,boss. Duch. dOrl . [| 2° Terme de peinture et desculpture. Revêtir des figures, les habiller. || 3 Mettresur soi ou sur quelquun un vêtement. Revêtir unhabit. || Particulièrement, il semploie quand il estquestion dhabits de cérémonie. Deux aumôniersrevêtirent ce prélat de ses habits pontificaux. Ilcommanda quon le revêtît de la pourpre, quon luidonnât le collier dor, que tout le peuple le révérâtet lui obéît, bourdal. 4* dtm. après Pdq. Dominic.t. H, p. (43. [| 4° Fig. Il se dit des emplois, des char-ges, des dignités quon reçoit, dont on est décoré.La place de bibliothécaire du roi navait jamais étési brillante, ni revêtue dautant de titres et de pré-rogatives quelle la été en la personne de M. labbéBignon, mairan, Éloges, labbé Bignon. La couravait cru devoir revêtir son représentant dun titreimposant et dune autorité très-étendue, raynal,Hist. phil. vu, 7. || 5" Terme de jurisprudence. Met-tre à un acte tout ce qui est nécessaire pour quilsoit valide. Cet acte est revêtu de toutes les formesrequises. Il faudra revêtir çet écrit, cet acte de

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la signature de telle personne. || 6" Fig. Couvrircomme d'un vêtement. Lidolâtrie.... il ne fallaitque la revêtir de quelque apparence, et lexpliqueren parole dont le son fût agréable à loreille, pourla faire entrer dans les esprits, boss. Ilist. a, (2.Pour porter le joug de Jésus-Christ, pour êtrerevêtus de Jésus-Christ, bourd. Serin. 20 * dim.après la Pentec. Domin. t. iv, p. 223. Accoutu-més de bonne heure à nous dépouiller de nossensations pour en revêtir les objets, nous ne nousbornons pas à juger que nous avons des sensa-tions, conhill. Art de penser, i, 2 . || Revêtir scspensées dun style poétique, les exprimer poétique-ment. || Revêtir le mensonge des apparences de lavérité, donner au mensonge lair de la vérité.|| 7° Fig. Prendre, recevoir telle ou telle apparence,telle ou telle qualité. Nest-ce pas [Eusèbe ] un té-moin qui dans cet ouvrage [la Vie de Constantin ]revêt partout le caractère de panégyriste plutôtque celui dhistorien ? volt. Dict. phil. Fiston deConstantin . En même temps que les feuilles de la-cacia revêtent la forme dune gouttière, chaque fo-liole la revêt aussi, mais dune manière moins sen-sible, bonnet, Us . feuilles, 2 * mém. Revêts la formehumaine et deviens lhomme-Dieu, delil. Farad,perdu, iii. || On dit dans un sens analogue ; revêtir unpersonnage. || Revêtir un caractère, faire connaîtreîa qualité, lautorité qu'on possédait sans la montrer.Il ne passait que pour un voyageur, mais il a depuispeu revêtu un caractère denvoyé, Dict. de lAcad.j| 8" Terme de féodalité. Se disait des héritages etdes fiefs. Revêtir un vassal de sa terre. || 9 Cou-vrir, recouvrir, enduire. Les poils qui revêtent ex-térieurement les animaux. Les lames dor qui re-vêtaient extérieurement les portes du Capitole.Revêtir laire dune grange dune couche de sable.....Celui dont lart industrieux Des trésors dAmphi-trite a revêtu ces lieux, la font. Psyché, i, p. (7.Le velouté qui revêt la base du bec, buff. Ois.t. xviii, p. 7(. || 10" Faire un revêtement. Revêtirun fossé. Revêtir une terrasse de gazon. Vauban était davis de le raser; mais M. le Prince sauvala vie à ce pauvre fort, et lon résolut, au lieu dele raser, quon le ferait revêtir, pellisson, Lett.hist. t. i, p. 28 . || Couvrir de boiseries ou de plan-ches les murs dune chambre. || Placer les poteauxet tournisses dans un pan de bois. || 11° Se revêlir,». réfl. Mettre un vêtement. Revêtons-nous dhabil-lements Conformes à lhorrible fête Que limpieAman nous apprête, rac. Esth. i, 5. Enfin je lé-touffai [un lion] entre mes bras; et les bergers,témoins de ma victoire, voulurent que je me revê-tisse de la peau de ce terrible animal, fén. Tél. ii.|| Fig. Tâche à ten revêtir [de ma gloire], non àmen dépouiller, corn. Uor. iv, 7. Mesdames, revê-tez-vous de ces sentiments, boss. Sermons, Septuag.i. De quel front aujourdhui vient-il, sur nos bri-sées, Se revêtir encor de nos phrases usées? boil.Ép. i. La victoire se déclare pour eux [les Antoine,les Sérapion , les Macaire, îes Pacôme] ; le Sei-gneur se revêt de lÉgypte , comme un berger deson manteau, chateaub. Mari. xi. || 12" Prendreune charge, une dignité. Après avoir désarmé lamultitude, il [Pisistrate ] se revêtit de lautorité su-prême, barthél. Anach. Introd. part. 2 , sect. (.|| 13" Prendre telle ou telle apparence, telle ou tellequalité. Cest en se revêtant dune nature sembla-ble à la nôtre, et en se faisant homme, que leVerbe divin est venu sur la terre, bourd. Instruct.pour lAvent, Exhort. t. n, p. 2 ((. || En parlant deschoses. Les formes dont la pensée se revêt.

REM. La conjugaison de ce verbe est souventloccasion de fautes : On parle en soi-même un lan-gage humain et on revêtit ses pensées de paroles....boss. Ét. dorais. v, 20 ; lisez revêt. En te revêtis-sant dune forme dernière, le bailly, Fables, lesMétamorphoses du singe ; lisez revêtant. Cest da-près celte conjugaison fautive que Bossuet a fait lebarbarisme revétissement : De même que nos parolessont une espèce de corps et de revétissement quenous donnons à nos pensées, 6* avert. 89. Voy. vêtir.

HIST. xn* s. De tout son fié [dun baron mort]vieut estre ravesti, Raoul de C. 36. || xm* s. [Berteavoit] La povre gent souvent chaucie et revestue,Berte, cii. Moût refu Blanchefleurs de joie revestie,ib. cxxviii. Et si demoura encore li cuens en sabaillie, et fu raviestus des roiaus gonfanons, n. devaleng. xxi. Paumée est senefiance que len revestlachateor par bone foi de marchié, hiv. de jost. 8.|| xv* s. [La reine] leur fit oster faux six bourgeoisde Calais qui sétaient offerts à la mort] les cheves-tres d'entour le cou, et les emmena avec li en sachambre, et les feit revestir et donner à diner tout