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êtes toute raison, l’Av. i, 7. || Familièrement. Cetenfant est tout le portrait de son père, il lui res-semble parfaitement. ||35° Il se joint à plusieursprépositions et adverbes pour donner a 1 expres-sion plus d’énergie. Tout de travers. Il lui parlatout froidement. Tout haut. Tout court. Parlertout bas. De tout loin je vous ai reconnue,CORN. Gai. du Pal. IV, 14. Votre trésor! ou pris?— Tout joignant cette pierre, la. font. Fabl . IV,20 . Mettez une pierre à la place, Elle vous vau-dra tout autant, id. ib. iv, 20. Tout comme sije ne sonnais pas, mol. Mal. imag. i, 1. C’est jus-tement tout comme, La femme est en effet le po-tage de l’homme, id. Éc. des femmes, i, 3. Il mepersuade qu’il [Ch. de Sévigné] n’a point d’enviede faire une sottise ; mais, comme il est faible, etqu’il me mande tous les jours qu’il est différentde lui-même, qu’il est deux ou trois hommes toutà la fois.... sÉv. l or nov. 1679. Elle (Mme de laBoulaye] trouve cette petite affaire toute commeelle est, m. 19 août 468t. J’ai vu le triste Hémonabandonner son rang Pour venir embrasser cefrère tout en sang, rac. Théb. m, 3. Monsieur Per-rin Dandin, Tout franc, vous vous levez tousles jours trop matin, id. Plaid, i, 1. J’arrivai exac-tement à l’heure; de tout loin je regardais si je nela verrais point sur le chemin, J. J. rouss. Conf.vi. || Ce que vous dites là sont tout autant de fa-bles, sont tout autant de visions, les choses quevous nous dites ne sont que des fables, des visions.
|| Tout juste, avec une correspondance tout à faitexacte. On oublie que la moitié de la nation égor-gea l’autre pour des arguments théologiques ; il yaura bientôt deux cents ans tout juste [à la Saint- Barthélemy ], volt. Dial, xxiv, 3. || Tout mainte-nant, voy. maintenant. || Tout à cette heure, voy.heure, n" 18 . || Tout d’un temps, voy. temps, n°38.
|| Populairement. Tout de même, néanmoins. Onm’a défendu d’aller, mais j’irai tout de même.
|| 36° Il se met devant des superlatifs. Joignez-yquelque bœuf : choisissez pour ce don Tout le plusgras du pâturage, la font. Fabl . xi, 1. Et, quoiqueamis enfin, je suistoutdespremiers.... mol. Mis. i,1.Votre hôtellerie est toute des plus fréquentées, SÉv.430. La fête sera toute des meilleures, m. 18 août1 680 . Conservez votre joie et votre santé tout le pluslongtemps que vous pourrez, id. à Bussy, 29 juin1686 . J’étais tout au mieux avec le prélat, qui,toutes les fois qu’il me rencontrait, s’arrêtait pourme parler, lesage, Estev. Gong. 28 . Il est vrai,madame, qu’il est tout des plus laids, mais onn’en trouve pas facilement, brueys, Muet, iv, 6.Il me paraît que chacun s’en va tout le plus loinqu’il peut, volt. Lett. Richelieu, 19 juill. 1773.Contravention toute des plus graves et des plus ré-préhensibles, montaiglon, Hisl. de l’Acad. de peint.t. i, p. 143. || A tout le moins, pour le moins. Toustes péchés confesseras X tout le moins une fois l’an,Commandements de l’Église. || 37° Tout au plus,en portant la chose aussi loin qu’il est possible.César, né du temps de Scipion l’Africain , n’aurait passubjugué la république romaine; et, si Mahomet revenait aujourd’hui, il serait tout au plus shérifde la Mecque , volt. Dict. phil. À propos. || 38° 11sert à former certaines locutions dont on ne peutle retrancher sans détruire ou altérer le sens. Toutà coup, tout de go, tout à fait, tout beau, tout debon, etc. Voy. coup, go, fait, beau, bon, etc.|| Tout doux, en douceur, avec ménagement.Je crains fort pour mon fait quelque chose ap-prochant, Et je m’en veux, tout doux, éclairciravec elle, mol. Amph. il, 3. || Quant à tout doux,locution interjective, voy. doux. || 39° Tout le pre-mier, toute la première, tout les premiers, le pre-mier de tous, la première de toutes, les premiersde tous. Nous avons douté de cette nouvelle etvous tout le premier. Madame, les femmes pren-dront cette mode, et vous toute la première (et vousdeux toutes les premières). On suivra cet exemple,et nous tout les premiers. Accusez et Calchas et lecamp tout entier, Ulysse , Ménélas , et vous tout lepremier, rac. Iphig. iv, 6. J’aurais ri tout le pre-mier de ces plaisanteries, s’il me les eût faitesen particulier, lesage, Guzm. d’Alf. m, 12 .|| 40 ° Tout le même, tout les mêmes, toute lamême, toutes les mêmes. C’est tout le mêmehomme que vous avez connu. Ce sont tout lesmêmes hommes. Il est certain que l’actionpar laquelle maintenant il [Dieu ] le conserve[le monde] est toute la même que celle par la-quelle il l’a créé, desc. Méth. v, 7. || 41 ° Toutun autre homme, un homme tout différent. Ilsemble que l’on ait toute une autre âme quand on
aime que quana on n’aime pas, pasc. Pass. del’amour. J’ai toujours cru que Mme de Coulanges....serait toute une autre personne, SÉv. 25 juin 1690.
|| On dit plutôt aujourd’hui : un tout autre homme.
|| 42 ° Je suis tout à vous, formule de politesse,signifiant : je suis tout disposé à faire ce qui voussera agréable. || Elliptiquement. Tout à vous, sedit dans les formules de salutation par lesquelleson finit une lettre. || En ce sens, une femme écrit :je suis tout à vous. || 43 ° Tout.... que.... avec unadjectif, bien que, quoique, avec le verbe à l’in-dicatif: on cet emploi tout s’accorde avec l’adjec-tif féminin, quand cet adjectif commence par uneconsonne ou une h aspirée. Tout habiles et toutartificieux qu’ils sont. Les peines que me donnecette amitié sont douces, tout amères qu’ellessont, sÉv. 4 oct. 1684. Tout éclairée qu’elle était,elle n’a point présumé de ses connaissances, boss.Duch. d’Orléans . La Grèce , toute polie et toutesage qu’elle était, id. llist. n, 5. M. Chapelain areçu l’ode avec la plus grande bonté du monde :tout malade qu’il était, il l’a retenue trois jours,et a fait des remarques par écrit, que j’ai fort biensuivies, rac. Lett. 3 à Levasseur. La valeur, touthéroïque qu’elle est, ne suffit pas pour faire leshéros, mascar. Or. fun. de Tur. Et, tout amie desbienséances que je suis, je ne vous approuve pas,mariv. le Legs, sc. 1 o. On dit que vos chevauxmanquent de fourrage en Westphalie , et qu’onleur donne du jambon; pour Dieu , faites donnerà dîner à Lekain , tout laid qu’il est, volt. Lett.Richelieu, 4 juin 1757. Tout roi qu’il est, il [Fré déric II ] ne trouve pas mauvais que les grands de-voirs de l’amitié aillent les premiers, id. Lelt.Thiriot,16 août 1743. || Au xvn° siècle, on écrivait quel-quefois toute même devant une voyelle. Cette pen-sée.... me blesse, toute impossible que je la voisprésentement, SÉv. 17 juin 1685. || On mettait quel-quefois le verbe au subjonctif; mais ce n’est plusl’usage. Tout grand jurisconsulte que je sois, jeme trouve bien empêché à y répondre, voit. Lett.76. || Il se construit en ce sens avec un substantif.Tout hôtelière qu’elle était. Si bien que, tout oursqu’il était, Il vint à s’ennuyer de cette triste vie,la font. Fabl . vm, 10. J’avoue que cet abus, toutabus qu’il est, fatigue même votre patience,bourdal. 14° dim. après la Pentecôte, Dominic.t. m, p. *00. Tout Picard que j’étais, j’étais un bonapôtre, rac. Plaid, i, 1. Tout monsieur de la Valléeque j’étais, moi qui n’avaisjamais eu d’autre voitureque mes jambes, mariv. Pays. parv. 5° part. Toutmarchands d’habils que nous sommes, Messieurs,nous observons les hommes, bérang. Vieux habits.|| Mais, si le substantif est féminin et commencepar une consonne ou par une h aspirée, tout s’ac-corde avec le substantif. Toute femme qu’elle est.Toutes harpies qu’elles sont. || Cependant, mêmeavec un substantif féminin présentant ces condi-tions, tout reste invariable si ce substantif est unnom de chose. Ce cœur se réveille, tout poudrequ’il est, boss. Reine d’Anglet . || 44 ° Tout.... queétant suivi d’autres membres de phrase qui en dé-pendent, on peut supprimer le que dans ces mem-bres de phrase. Mais il me reste un fils, et je sensque je l’aime, Tout rebelle qu’il est, et tout monrival même, rac. Théb. m, 6. Tout ennemi qu’ilest de son roi légitime, Tout vengeur des Anglais ,tout protecteur du crime, Je crains de l’affliger,seigneur, et je me tais, volt. Adél. du Guescl. i, 1.Telle était l’inflexibilité de Charles dans ses opi-nions, que, tout abandonné qu’il était en Pologne ,tout poursuivi dans ses propres Etats, tout captifdans une litière turque, conduit prisonnier sanssavoir où on le menait, il comptait encore sur lafortune, id. Charles XII , 7. || 45 ° Tout, au sensde quoique, a été employé sans que. Tout dédai-gné je l’aime; et, malgré sa rigueur, Ses charmesplus puissants lui conservent mon cœur, corn.Suiv. m, 3. Oui, je le chérirai tout ingrat et per-fide, id. Ilor. il, 6. Juge par là combien ce conteest ridicule. — Tout ridicule, il plaît, et le peu-ple est crédule, id. Iléracl. i, 1. Le bon homme,tout vieux, chérit fort la lumière, mol. l’Ét. ni, 5.Nos pères, tout grossiers, l’avaient beaucoup meil-leur [le goût], id. Mis. i, 2. Oui, toute mon amie,elle est, et je la nomme Indigne d’asservir le cœurd’un galant homme, id. ib. m, 7. Il [le séné-chal de Rennes ] l’a laissée [une femme enlevée]pour une autre toute mariée aussi, qu’il a en-levée de vive force, SÉv. 19 août 1671. Monsei-gneur, tout à sa façon pesante et indolente, ne futpas tout à fait neutre [dans des querelles de deuxprincesses], st-sim. t. vm, p. 261 , édit, chéruel.
|| Cette tournure, bien que tombée en désuétude,pourrait encore être employée en des circonstan-ces bien choisies. || 46° Tout, devant en et un par-ticipe présent, signifie simultanéité. Il lui a ditses vérités tout en riant. Il sortit tout en gron-dant. ||47° Tout à bas, se dit au trictrac quand,avec les deux dames prises à la pile, on joue lesdeux nombres qu’on a amenés. || Tout d’une, sedit quand on joue ces deux nombres avec uneseule dame.
— rem . 1. Il faut distinguer : ils sont tous étonnés,et ils sont tout étonnés. Le premier signifie quetous sont étonnés ; le second, qu’ils sont entièrementétonnés. Mais cette distinction disparaît au plurielféminin; elles sont toutes confuses signifiant :elles sont entièrement confuses. Si on voulait ex-primer que la confusion est chez toutes, il faudraitdire : toutes sont confuses. || 2. Devant un adjectifféminin ou une locution équivalant à un adjectif,commençant par une voyelle ou par une h muette,on met tantôt tout et tantôt toute, suivant lesens. On met tout, quand il s’agit d’exprimerexcès, intensité, et que tout ne peut pas être dé-placé : Elle était tout en larmes; elle est tout à sondevoir. Au contraire on mettra toute quand onvoudra exprimer la totalité, et que toute pourraêtre déplacé : la forêt lui parut toute enflammée,on peut dire : toute la forêt lui parut enflammée;la maison était toute en feu, on peut dire : toutela maison était en feu; cette maison est toute àlui, on peut dire : toute cette maison est à lui.Cette distinction relative à tout n’était pas obser-vée dans le xvn° siècle ni dans le xvm”. Elle vienttoute en pleurs vous demander justice, corn. Cid,n, 8. Ensuite et toute à genoux, cette pauvreMme de Froulai se traîna à ses pieds [du roi], SÉv.21 août 1675. Toute en pleurs à ses pieds je mesuis prosternée, volt. Orphel. v, 1.1| 3. Dans toutentier employé comme une seule expression, toutreste toujours invariable. Une heure tout entière.Les bons pères ne meurent pas tout entiers. Desmasses tout entières de rochers. Cette règle, au-jourd’hui obligatoire, ne l’était pas du tout auxvii° siècle et au commencement du xvm°. Sont-ils morts tous entiers avec leurs grands des-seins? corn. Cinna, i, 3 Je t’offre tous entiers etmon corps et mon âme, id. huit, iv, 9. Il y périttrois légions toutes entières, mézer. Hist. de Fr-av. Clovis , i, 14. C’est lui qui a inventé la ma-chine à transporter de gros arbres tous entierssans les endommager, fonten. Sébastien. || 4. Aureste, au xvii° siècle et même plus tard, la règlegénérale était de faire accorder en tous les castout avec son substantif, au lieu d’en faire un ad-verbe, un mot invariable. J’en croyais ses regards,qui, tous remplis d’amour, Étaient de la partie enun si lâche tour, corn. Mél. m, 3. Un excès de plai-sir nous rend tous languissants, id. Cid, iv, 3.Souvent ceux que tu vois par leur vertu sublimeMériter notre amour, emporter notre estime, Tousparfaits qu’on les croit, sont le plus en danger,id. Imit. i, 20 . Des choses toutes opposées, labruyère, xiii. Jusqu’ici je me suis livré à des cha-grins et à des tristesses toutes humaines, mass.Avent, Afflictions . Un phoque.... que les Russes ap-pellent lièvre de mer, à cause de sa blancheur, lc slièvres étant tous blancs dans ce pays pendantl’hiver, buff. Quadrup. t. xi, p. 166. || 5. Tout au-tre présente deux cas qu’il faut distinguer. Dans 1°premier cas, tout y signifie entièrement, et autrene peut pas être déplacé ; alors tout reste invaria-ble : c’est tout autre chose ; voici de tout autre 3affaires; la cour était tout autre à Marly q u aVersailles. Mais, quand tout y signifie chaque etque autre peut être déplacé, alors tout s’accordeavec le substantif : demandez toute autre chose,c’est-à-dire toute chose autre ; toute autre fenin 18se serait rendue à ces sages conseils, c’est-à-dir®toute femme autre; laissez là toutes autres af-faires. Toute autre [qu’Agrippine ] se serait rendueà leur discours, rac. Brit. iv, 3. || 6. On répète toudevant chaque substantif qu’il modifie. Ainsi 1doit dire : il a perdu toute l’affection et tou .l’inclination qu’il avait pour moi, et non pa s ‘il a perdu toute l’affection et inclination, fie 0 ' 11 ®a manqué à cet usage : [Jésus] dans sa crèche surprimant toute sa grandeur et sa gloire.... .r”gpour le jour de Noël. S plus forte raison fauM*répéter devant deux substantifs de genre d* j r ®et dire : Je suis avec toute l’ardeur et tout le i ^pect possible; cependant Bossuet a dit : Uprend [des psaumes] avec David tous les sements et les affections, Ét. d'orais. VI, 42.