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Tome quatrième. Q - Z.
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corde B (si) ; cet intervalle était défendu en tona-lité du plain-chant; il est permis en tonalité mo-derne, on lappelle plus généralement : quarteaugmentée (voy. ce mot). Supposons que jaie be-soin de toute la dureté du triton, ou de toute !afadeur de la fausse quinte, i. J. rouss. Lett. sur lamus. franç. || Accord de triton. Rossini , dans lim-mortel trio de Guillaume Tell, a employé en tré-molo un accord de triton avec la sensible dure;Meyerbeer , dans la bénédiction des poignards desHuguenots , sest servi du même accord, toujours entrémolo; leffet est peut-être ici encore plus dra-matique et plus saisissant, a. loquin, Notionsd'harm. mod. p. 24.

ET YM. TpEtovoç, de xpî, trois, et tôvo;, ton.

f TRITONIDE (tri-to-ni-d),s. f. Terme de mytho-logie. Nom de certaines déesses de la mer.

ÉTYM . Tpixwvl; (voy TRITON 1).

f TRITONIEN , IENNE (tri-to-niin, niè-n), adj.Terme de géologie. Se dit de terrains contenantdes débris danimaux marins.

ÉTYM . Triton J.

TRITOXYDE (tri-to-ksi-d), s. m. Terme de chi-mie. Troisième des oxydes dun corps qui peut secombiner avec loxygène en plusieurs proportionsdifférentes.

étym. Tpîxoç, troisième, et oxyde.

f TRITRILI.E (tri-tri-1), s. m. Jeu de cartes au-quel prennent part trois personnes ; il se joue avectrente cartes seulement.

TR1TÜRABLE (tri-tu-ra-bl), adj. Qui peut êtretrituré. Substances triturables.

f TRITURANT, ANTE (tri-tu-ran, ran-t), adj.Qui sert à la trituration. || Surface triturante desdents, surface des molaires sur laquelle les dentsde lautre mâchoire viennent écraser les aliments.

TRITURATION (tri-tu-ra-sion; en vers, de cinqsyllabes), s. f. || 1° Action de triturer. La tritura-tion des aliments dans la bouche. || Anciennement,action quon attribuait à lestomac, faussement;car les aliments y sont dissous, non triturés.Spallanzani démontre que la digestion est pro-duite par un suc de lestomac qui dissout les ali-ments, et que la trituration ne saurait en être lacause, sennebier, Ess. art dobs. t. i, p. 47, danspougens. || 2° Particulièrement, action de réduireune substance en poudre en la triturant dans unmortier; cest-à-dire en la broyant circulairemententre lextrémité du pilon et le fond du mortier.La trituration des écorces. || 3 Terme dalchimie.Trituration philosophique, calcination de la ma-tière des sages lorsquon voyait paraître le noir.|| 4° X la poste, laction de distribuer par sorteles lettres, les paquets, du camp, Rev. des Deux-Mondes, 1" janv. 1867, p. 193.

ÉTYM . Lat. triturationem, de triturare, triturer.

f TRITURE (tri-tu-r), s. f. Néologisme. Grande

habitude de faire, de pratiquer. Le peuple [à Athè-nes ], qui, par lhabitude djentendre traiter lesplus grandes affaires de lÉtat, avait pris de cesaffaires une certaine triture, Lévesque, Instit.Mém. sc. mor. et pol. t. iv, p. 201 .

ÉTYM . Lat. tritura, action de frotter, debroyer, de tritum, supin de terere, broyer.

TRITURÉ, ÉE (tri-tu-, rée), part, passé detriturer. Du quinquina trituré.

TRITURER (tri-tu-), v. a. Réduire en partiesmenues, en poudre, sans frapper, pour obtenir uncertain produit. Le bismuth et le mercure sunis-sent à froid en les triturant ensemble, buff. Min.t. v, p. 333. Les mortiers de porcelaine, de verreet dagate ne pouvant soutenir, à cause de leurfragilité, le» chocs réitérés du pilon, on doit,toutes les fois quon sen sert, faire agir circulaire-ment le pilon, cest-à-dire triturer, thenard,Traité de chim. t. iv, p. 303, dans pougens.

SYN. TRITURER, BROYER, ÉGRUGER, PULVÉRISER.Ce dernier est le terme générique qui exprimelaction de réduire en poudre. Triturer, cest ré-duire en poudre sans frapper, ou convertir enpâte, avec lintention dobtenir un produit. Broyerexprime également réduire en poudre, en pâte, ouen fragments ; mais il peut ny avoir aucune in-tention dobtenir un produit : la roue lui broya lajambe. Ëgruger, réduire en poudre grossière (aumoyen dun égrugeoir) le sel, le sucre, etc. pourlusage des cuisines.

hist. xvi' s. Triturer, cotgrave.

étym. Lat. triturare, de tritura, broiement(voy. triture).

TRIUMVIR (tri-om-vir), s. m. || 1° Terme dhis-toire romaine. Magistrat chargé, conjointementarec deux collègues, dune partie de ladministra-

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tion. || Triumvirs monétaires, intendants de lamonnaie. || Triumvirs criminels, juges qui con-naissaient des crimes et faisaient exécuter à mortles criminels. || 2° Il se dit de Pompée , de César etde Crassus (premier triumvirat) ; et aussi dOctave,dAntoine et de Lépide (second triumvirat), quisemparèrent à eux trois de lautorité suprême.Si Marc-Antoine le triumvir neût pas connu lesgrands moyens de léloquence pathétique [haran-guant le peuple après le meurtre de César], Césarneût pas été vengé, marmontel, Œuvres, t. ix,p. 204. || Fig. Juste Lipse .... un des triumvirs,comme ils le nommaient, de la république deslettres ; vous savez que Scaliger et Casaubon étaientles deux autres, balz. Dissert. crit. 7. || 3 Il sest ditde Robespierre, Couthon et Saint-Just , qui, aprèsla mort de Danton, dominèrent tous les pouvoirsde la république.

ÉTYM . Lat. triumvir de très, trois, et vir,homme.

TRIUMVIRAL, ALE (tri-om-vi-ral, ra-1), adj.Qui appartient aux triumvirs. Les fonctions trium-virales. Les pouvoirs triumviraux.

ÉTYM . Lat. triumviralis, de triumvir.

TRIUMVIRAT (tri-om-vi-ra ; le t ne se lie pas),

s. m. || 1 Chez les Romains, fonction de trium-vir. || 2° Association de trois citoyens qui sunis-sent pour envahir toute lautorité. Jajoute à cestableaux la peinture effroyable De leur concordeimpie.... Et, pour tout dire enfin, de leur triumvi-rat, corn. Cinna, i, 3. Quand ce monstrueuxtriumvirat fut formé, vous vous demandâtes destêtes les uns aux autres, fén. Dial, des morts anc.(Cicéron , Auguste). || 3° Nom donné en 1562 à lu-nion du duc de Guise, du connétable de Montmo-rency et du maréchal de Saint-André. || 4° Se dit destrois premières des cinq classes de lordre de Malte.

HIST. xvi* s. Quand le triumvirat tramoit sesfactions, Rome ne veit jamais tant de proscrip-sions, desportes, les Amours dHippolyte, lvi.

ÉTYM . Lat. triumviratus, de triumvir.

j- TRIVALVE (tri-val-v), adj. Qui a trois valves,trois pièces.

ÉTYM . Tri, trois, et valve.

i. TRIVELIN (tri-ve-lin), s. m. || 1° Nom dunacteur de lancienne troupe italienne. || Person-nage de ballet. Trivelins et scaramouches dan-sants, mol. lAmour médecin, liste des personna-ges. || 2° Fig. Baladin, bouffon. Car en tout tempsces petits trivelins Vont inventant nouvelles sin-geries, J. B. rouss. Allég. i, 2.

REM. Le personnage de Trivelin est ancien ;le cardinal de Retz dit, en parlant de Mazarin (liv. i.),que, quand la reine le choisit pour ministre, « ilparut dabord loriginal de Trivelino principe. »

f 2. TRIVELIN (tri-ve-lin), s. m. Instrument ditaussi langue de carpe, dont les dentistes se ser-vent pour lextraction des dents molaires ou desracines.

TRIVELINADE (tri-ve-li-na-d), s f. Bouffonneriede trivelin. Volontiers je paie en gambades, Jaihuit ou dix trivelinades Que je sais sur mon doigt,la font. Poésies, le Florentin.

ÉTYM . Trivelin I.

TRIVIAIRE (tri-vi-ê-r), adj. Peu usité. Carre-four triviaire, carrefour aboutissent trois che-mins, trois rues.

ÉTYM . Dérivé de trivium, carrefour (voy. tri-vium).

TRIVIAL, ALE (tri-vi-al, a-1), adj. |] 1' En par-lant des pensées et des expressions, qui est extrê-mement commun, usé, rebattu.Il ne servait à rienà notre sujet demployer quatre grandes pages àexpliquer le fait de Synesius , ni de se montrer sa-vant dans une chose si triviale, boss. Rem. Ré-ponse, vu, II, 62. On ne vit plus en vers quepointes triviales, Le Parnasse parla le langage deshalles, boil. Art p. i. Les pensées, à force dêtrevraies, sont quelquefois triviales, roll. Traité desÉt. ni, 3. Les bonnes maximes sont sujettes à devenirtriviales, vauven. Nouv. max. 82 . Tout cela [queles abstractions ne sont pas des êtres réels] estdune vérité triviale ; mais il est nécessaire de re-battre souvent cette vérité; car les erreurs con-traires sont plus triviales encore, volt. Dict. phil.Idée, 2 . Elle ne sait point les compliments triviaux,et nen invente point de plus recherchés, j. J rouss.Ém.v. || Style trivial, style bas, commun, de car-refour. || 2 Su de tout le monde, répété dans lesécoles. Un endroit de saint Jérôme que tous lesécoliers savent par cœur.... un passage si trivial,boss. Déf. tradit. iv, 1.1| 3° Fig. Il se dit des per-sonnes quon voit partout, facilement. Le manieur

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dargent, lhomme daffaires est un ours quon nesaurait apprivoiser.... lhomme de lettres au con-traire est trivial comme une borne au ooin desplaces ; il est vu de tous et à toute heure, labruy. vi. || 4 S. m. Ce qui est trivial. Le triviala beau être touchant : je ne vais point au spec-tacle, a dit un homme de sens et de goût, pourny voir et pour ny entendre que ce que je voiset ce que jentends en me mettant à ma fenê-tre, marmontel, Œuv. t. vu, p. 4).

HIST. xvi' s. Yeux triviaux, cotgrave. Jemaintiendrois volontiers le reng des biens selonque portait la chanson que Platon dict avoir estétriviale.... la santé, la beauté, la richesse, mont.IV, 223.

ÉTYM . Lat. trivialis, de trivium, carrefour(voy. trivium).

TRIVIALEMENT (tri-vi-a-le-man), adv. Dunemanière triviale. Ouvrage écrit trivialement.

ÉTYM . Triviale, et le suffixe ment.

f TRIVIALISER (tri-vi-a-li-), v. a. Néologisme.Rendre trivial.

TRIVIALITÉ (tri-vi-a-li-), s. f. |[ 1 Caractère,qualité de ce qui est trivial. La trivialité de cestyle. || 2' Chose triviale. Je suis plus fâché quevous des déclamation et des trivialités quon ainsérées dans lEncyclopédie , dalemb. Lett. àVoltaire , 8 fév. 1767. Des longueurs insupporta-bles, des répétitions sans nombre, des trivialitésdites avec pompe [dans le discours de Necker àlouverture des États généraux], mirab. Collection,t. i, p. 171.

HIST. xvi' s. Trivialitez, cotgrave.

étym. Trivial.

j- TRIVIUM (tri-vi-om), s. m. La division infé-rieure des sept arts dans luniversité du moyenâge, division qui était suivie du quadrivium, etqui comprenait la grammaire, la rhétorique et ladialectique.

HIST. xiii' s. Cil trois sevent [savent] trive,cadruve, Rat. des sept arts, p. 26 .

ÉTYM . Lat. trivium, carrefour, de tri, trois,et via, voie.

f TRIVOCALE (tri-vo-ka-1), s. f. Terme degrammaire. Voix simple exprimée par troisvoyelles, par exemple eau.

ÉTYM . Tri, trois, et vocalis, voyelle.

j- TRIVOLTAIN ou TRIVOLTIN (tri-vol-tin), adj.Vers à soie trivoltains, vers de race japonaisequi éclosent trois fois dans la même année, tandisque les univoltains néclosent quune fois.

étym. Ital. tri, trois, et volta, fois.

| TRIZINC1QUE (tri-zin-si-k), adj. m. Terme dechimie. Sel trizincique, sel zincique qui contienttrois fois autant de base que le sel neutre corres-pondant.

| TRIZIRCONIQUE (tri-zir-ko-ni-k), adj. Termede chimie. Sel trizirconique, sel zirconique quicontient trois fois autant de base que le sel neutrecorrespondant.

f TRIZONÉ, ÉE (tri-zo-, née), adj. Termedhistoire naturelle. Qui est marqué de trois ban-des colorées.

ÉTYM . Tri, trois, et lat. zona, ceinture.

TROC (trok), s. m. Échange commercial dob-jets. Cest une marchandise de plus que lEu-rope reçoit en troc de lAmérique , et quelle en-voie en troc aux Indes, montesq. Ésp. xxii, 6. Cesera le troc de Sarpédon [lisez Glaucus, Iliade ,vi, v. 232-237]; vous me donnez de lor, et jevous rendrai du cuivre, volt. Lett. cardinal Qui-rini, 25 oct. 1746. || Fig. Mais que dire du trocque la Fortune fit...? Cette déesse inconstante Semit alors en esprit De voir un homme se pendre ;Et celui qui se pendit Sy devait le moins atten-dre, la font. Fabl . ix, 16. || Troc pour troc,échange dune chose contre une autre, sans sup-plément de retour. Papier pour papier, troc pourtroc, voilà comme on négocie, dancourt, lesAgiot. m, 9.

SYN. troc, échange. En droit, léchange estun contrat, le troc un simple fait lon livreune chose pour une autre équivalente. En écono-mie politique, échange est le terme général. Jé-change mes produits contre ceux dont jai besoin,par lintermédiaire de deux ventes : je vends monproduit, et de largent que jen tire jachète leproduit dautrui ; par cette vente et cet achat, lé-change est complet pour moi. Au contraire trocse dit de léchange brut de produits quon faitavec les sauvages qui ne se servent pas de lamonnaie.

HIST. XV* s. Lezoueiz compaignons parlèrent