2372
TRU
TRU
TRD
truchement, boursault, Fabl . d'Es. I, 6. Le mi-nistre chrétien, dit encore saint Jérôme, est letruchement entre Dieu et l’homme, ciiateaubr.Génie, I, I, 9. || 3° Fig. Ce qui fait comprendre.Une parfaite ardeur a trop de truchements Par quise faire entendre aux esprits des amants : Uncoup d’œil, un soupir.... corn. Mél. iii, 2 . Ses re-gards, truchements de l’ardeur qui la touche,la font. Adonis. Ce langage, il est vrai, peutêtre obscur parfois, S’il n’a pour truchement l’écri-ture ou la voix, mol. Éc. des mar. i, 6. Contentez-vous des yeux pour vos seuls truchements, id.Femm. sav. i, 4.11 n’est pas habile, mais il a unelangue qui peut servir de truchement, et des pieds quipeuvent le porter d’un lieu à un autre, la bruï. ii.
— HIST. xii* s. Drugement somes d’Aufrique etd’outre mer, la Prise d’Orenge, v. 422. || xv“ s. Etqui n’a pas langaige en lui, Pour parler selonson désir, Uug truchement lui fault quérir,cii. d’orl. Rondel, 63. || xvi* s. Procureur ou tru-chement, Nouv. coust. gén. t. i, p. 846. Je parlayà l’un d’eulx [Indiens d’Amérique ] fort longtemps ;mais j’avois un truchement qui me suyvoit simal.... que je n’en peus tirer gueres de plaisir,
mont, i, 246.Tes carmes [vers] Sont les truche-
mans de ton cœur, de brach, Œuv. t. i, p 3)4.
— êtym. Cat. torsimani; espagn. trujaman;de l’arabe tardjemdn, interprète. C’est le mêmeque drogman.
TRUCHER (tru-ché), v. a. Terme vieilli. Men-dier par fainéantise. || Il se conjuge avec l’auxi-liaire avoir.
— hist. xvi* s. Trucher, oudin, Dût.
TRUCHEUR, EUSE (tru-cheur, cheû-z’), s. m.et f. Celui, celle qui truche, qui mendie. Je neveux pas épouser un vilain trucheur comme celui-là, carmontelle, Prov. l’Aveugle avare, sc. 4.
TRUELLE (tru-è-1’), s. f. || 1° Outil dont les ma-çons se servent pour employer le plâtre et le mor-tier. Je ne me servirai plus à l’avenir de latruelle parmi mon peuple d’Israël , et je n’en crépi-rai plus les murailles, saci, Bible , Amos, vii, 8. ElleTait jouer la truelle Après une ville nouvelle,scarr. Virg. trav. 1 . 1| Fig. Si le philosophe peutquelquefois être représenté armé d’une faulx, ildoit au moins porter dans l’autre main unetruelle, bonnet, Paling . xiv, 6. || 2“ La bâtisse, legoût de bâtir. Louvois dit qu’il était perdu, maisqu’il lui susciterait [au roi] une guerre telle qu’illui ferait avoir besoin de lui, et laisser là latruelle, st-sim. 2)9, 203. Vous avez peut-être en-tendu dire que je suis maçon, et tout le contrairede Sedaine : il a quitté la truelle pour la lyre, etmoi la lyre pour la truelle, volt. Lett. la Harpe,15 août )776. || Aimer la truelle, aimer à bâtir.|| 3° Truelle à poisson, sorte de cuiller avec la-quelle on découpe et sert le poisson. || 4° Truellevernie ou à ramoneur, espèce de champignon;c’est un polypore.
— hist. an' s. Et la truele et le ciseau, Aprèstenailles, Choses qui {aillent en ménage. || xiv* s.Il doit avoir en sa sceinture une truelle à maçon,vignay, Eschès moralisés, P 48. ||xvi*s. Mainte-nant je ne suis ny vaneur, ny maçon, Pour ac-quérir du bien en si basse façon : Et si ay faitservice autant à ma contrée Qu’une vile truelle àtrois crosses tymbrée, rons. 977. A propos truelle :pourquoi est-ce que.... rab. i, 39.
— Etym . Wallon, truvel; du lat. trulla, truelle,dimin. de trua, cuiller à pot.
TRUELLÉE (tru-è-lée), s. f. La quantité deplâtre ou de mortier qui peut tenir sur une truelle.
f TRUELLETTE (tru-è-lè-t’), s. f. Petite truelle.
TRUFFE (tru-f’), s. f. || 1° Terme de botanique.Genre de la famille des champignons. || 2“ Cham-pignon souterrain, charnu, compacte, dont lesspores sont renfermées dans l’épaisseur du tissuchat nu et germent lors de la destruction decelui-ci, pour la reproduction de l’espèce; il abeaucoup de parfum et est un mets très-recher-ché. Truffe noire. Truffe blanche. Les truffes duPérigord sont les plus estimées. Une dinde auxtruffes. La truffe,cette plante si bien déguisée quinaît, croît et fructifie dans la terre, sans jamaisen sortir, ne présente qu’une tête arrondie oùl’on ne découvre aucun des caractères par lesquelsles plantes nous sont connues, bonnet, Contempl.nat. ni,7. Presque tout le monde en a été attaqué,successivement [du rhume], de façon qu’à l’opéra,au lieu d’offrir des liqueurs fraîches et des truffescomme à l’ordinaire, le limonadier offre et vendde la pâte de guimauve, barbier, Journal, fév. 4 733.
Les cochons recherchent les truffes avec passion,lorsqu’ils en ont une fois goûté; ils les indiquentdonc en fouillant la terre, genlis, Maison rust.t. m, p. 252, dans pougens. Quand on veut gar-der des truffes pour l’hiver, on doit les faire sé-cher au four, après les avoir coupées par tranches,id. ib. Un sauté de truffes est un plat dont la maî-tresse de la maison se réserve de faire les hon-neurs ; bref, la truffe est le diamant de la cuisine,brillat-savarin , Physiol. du goût, Médit, vi.|| 3” Populairement. Truffe de savetier, marron.|| 4“ Truffe d’eau, tribule aquatique ou macre flot-tante. || 5“ Populairement. Truffe, gros nez bour-geonné. || Proverbe- Quand il tonne, on dit danscertaines campagnes : Voilà un bon temps pourles truffes.
— hist. xvi* s. Il trouva la relique ployée dansla serviette comme on enveloppe les truffles enXaintonge , d’aubigné, Fœn. iv, ) ). Marrons, truffes,porreaux.... paré, xviii, 43. Cet arbuste, dit car-toufle, porte fruict de mesme nom, semblable àtruffes, o. de serres, 663. Truffe, la macre et latrufe, cotgrave.
— ÊTYM . Berry, truffe, pomme de terre; bour-guig. treufe ; provenç. trufa . À côté de cette forme,il y a celles qui n’ont pas d’r : génev. tufelle,pomme de terre. Il y a aussi celles qui commen-cent par tar ; truffes ou tartufles, dans un livrefrançais de )505 cité par Lamonnoye ; ital. tar-tuffo; milanais, tartuffol; vénit. tartufola; d’oùl’allem. Kartoffel . Le préfixe tar est, suivant Mé-nage, le représentant du latin terra : terræ tuber.Tout se réduit donc à deux formes essentielles :l’une avec r, l’autre sans r. La forme sans r serattache très-vraisemblablement au latin tuber,ou, au pluriel, tubera, pris au singulier féminin.Maintenant la forme avec r représenterait-elleaussi tubera avec interversion de l’r, comme flestre,du latin fistula? L’ancienne langue avait truffeou trufle au sens de tromperie; Diez pense quec’est le même mot que l’autre truffe, une petiteproduction ayant donné son nom à une chose denéant, chose trompeuse.
TRUFF’É, ÉE (tru-fé, f ée),part. passé de truffer.Dinde truffée. Car dans ce ventre étoffé [le partiministériel à la chambre] Je suis entré tout truffé[ayant mangé beaucoup de truffes], bérang. Ventru.
TRUFFER (tru-fé), t). a. Garnir de truffes. Truf-fer des saucisses.
| TRUFFETTE (tru-fè-t’), s. f. Ancienne sortede toile de Picardie. Toiles truffettes, chaîne filde lin, trame dito, Annexe aux lett. pat. du 30sept. <780, Picardie.
t TRUFFIER, 1ÈRE (tru-fié, fiè-r’), adj. || 1" Quia rapport aux truffes. La surface truffière, ren-fermée d’abord dans l’enceinte du bosquet, tend às’étendre alentour, Monit. univ. )9 nov. )807,p. )426, )'• col. || Chênes truffiers, nom des chênesmaladifs qui, dans l’opinion des agriculteurs, ontla propriété de favoriser la production des truf-fes. || 2“ S. m. Nom donné, dans l’Angoumois , aupourceau habile à découvrir les truffes.
TRUFFIÈRE (tru-fiè-r’), s. f. Terrain dans lequelon trouve des truffes. Les indices auxquels on re-connaît une truffière sont : 1° l’absence des plan-tes, les truffes les faisant souvent périr; 2° le sou-lèvement de la terre, les truffes étant ordinaire-ment de la grosseur d’un œuf de poule, genlis,Maison rust. t. m, p. 26), dans pougens.
| TRUFFINELLE (tru-fi-nè-1’), s. f. Se dit depetites sphères brunes qui sont les corps repro-ducteurs des truffes.
f TRUFFIVORE (tru-fi-vo-r’), adj. Qui mangedes truffes. Paris , cité admirablement gourmandeet truffivore, brillat-savarin, Physiol. du goût,Méd. vi.
t TRUFLAS (tru-flâ), s. m. Un des noms popu-laires de la macre ou châtaigne d’eau.
f TRUFLIER (tru-fli-é), s. m. Un des noms vul-gaires du troène.
TRUIE (truie), s. f. || 1° La femelle du verrat. Latruie que l’on mettait anciennement sur la portedes temples pour en étranger [éloigner] les juifs,naudk, Rosecroix, ix, 6. La truie doit avoir le corpslong, le ventre ample et large, les mamelles lon-gues, buff. Quadrup. t. I, p. 298. Vingt-cinq truiesont fait leurs petits après des gestations de )09 à)33 jours, ou quatre mois et treize jours; il y ena eu cinq au 1)3% tessier, Instit. Mém. scienc.1817, t. ii, p. ) 2 . || Fig. Tourner la truie au foin,changer de discours, parler d’autre chose, éviterde répondre. || Il en avalerait autant qu’une truie
de lait clair, se dit d’un gourmand qui mange avi-dement de quelque chose. || C’est une bonne truieà pauvre homme, se dit d’une femme qui faitbeaucoup d’enfants. || 2 ° Un des noms donnés auxée forgeron, poissons acanthoptérygiens. || Truiede mer, la scorpène scrofe, acanthoptérygiens deCuvier, la scorpène truie de Lacépède. || 3° Truieou plate, nom qu’on donne, à Granville , à la moruepréparée en vert quand elle est maigre et plate.
— hist. xm* s. Il resemblent la truie qui de boeest cargie [chargée], Arch. des miss, scient. 2 ” sé-rie, t. v, p. ) 99. Se une truie tue un enfant, il le [la]pendent et trainent, beaum. lxix, 6. || xiv*s. Che queli truie fait, compere [paye] maintes foiz Li petispourchelez, dont che n’est mie drois, Baud. de Sebiv, 47. || xv* s. Un grant engin que on appelle truie,lequel engin estoit de telle ordonnance que il je-toit pierres de faix, et se pouvoient bien centhommes d’armes ordonner dedans, froiss. ii, ii, 5.Ce qui fut aux truyes, je tien Qu’il doit de droitestre aux pourceaulx, villon, Grand test. Mieulxaime truye bran que rose, leroux de lincy, Prov.t. i, p. 204. Qui touche le fan de la truie, Tant soitpetit, il grogne et crie, id. ib. || xvi* s. La naturedes truies, qu’estant bien saoulles, se couchentquand on les gratte, bonivard, Source de l’idold-trie, p. 8). Et, tournant la truye au foin, com-mença deviser d’autre chose, Straparole, 6* nuit,fable 1. Vous entendez, respondit Panurge, en ex-position de ces recentes prophéties, comme faittruye en espices, rab. m, )8.
— Etym . Wallon, trauic; génev. cela s’en ua enchair de truie, cela se détériore, se perd; bour-guign. treue; Berry, Ireue, true, truie et cloporte,treu, un homme malpropre ; provenç. trueia, truiga,truoia; catal. truja; ital. troia; bas-lat. troga,truiga, truia. D’après Diez, qui écarte la faussecitation de Pomponius Sabinus dans du Cange, laplus ancienne mention du mot est donnée par lesGloses de Cassel. Il faut y joindre ce témoignage-ci qui n’est pas moins ancien : Truyes est unelocalité dans l’arrondissement de Loches dite enlatin Troicis en 844, Troium en 860 , Troilis en10 ) 0 . Truyes est au pluriel et représente le plurieltroicis, dont le singulier est troica. On avait songéau latin sus trojanus, porc farci, ainsi dit du che-val de Troie rempli d’hommes et d’armes. Diez,qui a conçu de son côté cette étymologie, l’a forti-fiée. Suivant lui le sus trojanus a donné porcodi Troia, abrégé en troia ; il cite un ancien au-teur espagnol qui a nommé troya un sac rem-pli de comestibles, et cavallo di Troya, nomque les Napolitains donnent à un goinfre, à ce-lui qui se remplit le ventre. Cela est très-ingé-nieux et certainement très-possible Mais, danscette hypothèse, que faire du c que présente laplus ancienne forme, celle de l’an 844; c qui seretrouve dans le bas-lat. troga et dans le proven-çal truiga? On peut penser que le celtique (gaé-lique, tore, verrat, bas-bret. tourc’h) rend mieuxcompte de la forme et pour le moins aussi bien dusen3.
f TRUISME (tru-i-sm’), s. m. Vérité banale etqui ne mérite pas d’être répétée. J’éprouvais l’em-barras de quelqu’un qui entreprend la démonstra-tion d’un axiome et qui énonce un véritabletruisme financier, buffet, au Corps législatif,Monit. univ. 7 juillet 1868 , p/988, 5* col.
— ÊTYM . Angl . truism, de true, vrai ; allem. treu,fidèle.
TRUITE (trui-ff), s. f. |j 1“ Nom vulgaire du sal-mo fario, malacoptérygiens abdominaux. Voustrouverez [à Ferney ] la plus belle situation de laterre, un château magnifique, des truites qui pè-sent dix livres, et moi qui ne pèse guère davan-tage, volt. Lett. Thiriot, 23 janv. )766. Les truitesdu lac de Genève, fameuses par l’excellence deleur chair et par leur grosseur, commencent auprintemps à abandonner le lac pour descendredans le Rhône et y frayer, bonnet, Contempl. nat.xii, 27. || Truite saumonée, truite qui a la couleuret le goût du saumon, salmo trutta. || 3* Truitebrune, nom donné à la variété sylvatique du sal-mon fario. || Truite noire, un des noms vulgairesdu saumon alpin. || Truite de montagne, autrenom vulgaire du saumon alpin. || Truite de mer,salmo Schiefermulleri. || 4* Partie du fourneau dela touraille d’une brasserie.
— HIST. xm* s. Eles me mangeront.... Toutainsi volentiers com li lus [brochet] fait la truite,Berte, xxxvn. N’i menjue [elle n’y mange] saumonne trute, ruteb. ii, )95. ||xvi* s. La truite ne peutvivre qu’en eau de fontaine.... cest excellent pois-