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tumulte et du monde et des sens! corn. Imit.in, 1 . Malgré le tumulte de la cour, la reine trou-vait le Carmel d’Élie, le désert de Jean, et lamontagne si souvent témoin des gémissementsde Jésus, boss. Mar. - Thér. Asile où n’entrè-rent jamais Le tumulte et l’inquiétude, chaul.Louanges de la vie champêtre. Votre rang et vos em-plois vous engagent dans le tumulte du monde etdes affaires, mass. Carême, Dang. des prospér. temp.|| On dit dans un sens analogue : le tumulte desarmes. Qu’il est beau, après le tumulte des armes,de savoir encore goûter ces vertus paisibles...!boss. Louis de Bourbon. Je n’étais pas surpris que,dans le tumulte des armes, tu [Vauvenargues] cul-tivasses les lettres et la sagesse, volt. Mél. litt.Or. fun. ofjic. || 3° Fig. Trouble intérieur. Ce nesont point les sens que mon amour consulte, Il haitdes passions l’impétueux tumulte, corn. Sertor.n, l. Une lettre que j’avais écrite dans le tumultede mes pensées, riccoboni, Œuv. t. i, p. 366, danspougens. Le tumulte où je suis ne me permet en-core de rien résoudre ; je vous en dirai davantagequand mes sens seront rassis, J. i. rouss. Lett. àmilord Maréchal, 11 févr. 1765. Us raisonnaient,ils demandaient comment L’enfant Amour , qui pa-rait si paisible, Porte en nos sens ce tumulte ter-rible, malfil. Narcisse, ni. || 4“ Chez les Romains,attaque subite d’un peuple ennemi. Le tumultegaulois . || 6° En tumulte, loc. adv. En confusion.Mais quand le peuple est maître, on n’agit qu’entumulte, corn. Cinna, n, l. Je crois qu’ils [l’abbéde Coulanges, mon fils et La Mousse] vous écriront;pour moi, je prends les devants, et n’aime pointà vous parler en tumulte, sév. 3) mai 1671.1|Fig. Je vous aime.... Non d’un amour conçupar les sens en tumulte, corn. Pulchér. I, 1.
— hist. xn” s. E. Joab , cum il oïd le sun de labusine [trompette], enquist dunt levast li tumultzpar la cité, Rois, p. 223. Guillaumes a le temolteentendu, Li coronemens l.ooys, v. 1192. || xm“ s.Choses qui font son et grant tumulte, brun, latini,Trésor, p. 206 . La noise i estait si grans de toutespars, et la thumulte et li hanissemens des chevaus,que n’i oïst neis Diu tonnant, H. de valenc. vi.|| xiv* s. Quelque part que aloit, la multitude ar-mée fist paour et temoute, bercheure, f* 27, recto.
, Et là où les légions entrèrent en la ville, ne cui-I diez pas que il y eust brayt, clamour, ne telmoute,id. f*l7. || xvi’s. Je l’ay fait ennemy du tumulte desvilles, J’ay repurgé son cœur d’affections serviles,Compagnon de ces dieux qui sont parmy les bois,desportes, Diane, il, 69. Troubles et tumultes,amyot, Public. 28 . Il mist fin à la guerre ou en-treprise renaudique [de la Renaudie], que l’onnommera le tumulte d’Amboise , carl. viii k 7.
— ÊTYM . Provenç. tumult; espagn. et ital. fu-multo; du latin, tumultus, qui est de même radi-cal que tumor, gonflement.
TUMULTUAIRE (tu-mul-tu-ê-r’), adj. || l”Qui a lecaractère du tumulte. J’oppose un petit nombrechoisi à une multitude tumultuaire, balz. liv. vi,Jeft. 7. Pour le temps, il m’a fallu réduire en sou-lèvement tumultuaire une guerre qui n’a pu durermoins d’un an, corn. Pomp. Examen. Avant quel’envoyé fût entré, il y avait eu beaucoup de con-testations tumultuaires dans la compagnie, retz,Mém. 1. 1 , liv. h, p. 34f, dans poüoens. Ne pouvantalléguer aucune raison pour justifier ce concourstumultuaire de peuple, saci, Bible , Act. des apôt.xrx, 40. M. Pascal examine cette réflexion de Cinéas [vivre tranquillement, au lieu d’entreprendre sanscesse] dans le chapitre xxvi de ses Pensées, où ilexplique d’une manière admirable quelle est l’o-rigine de toutes les occupations tumultuaires deshommes, rollin, Hist. anc. Œuv. t. vu, p. 366,dans pougens. Cette réclamation devait se^faireau moment où la députation a été annoncée, etnon par une interruption désobligeante et tumul-tuaire, mirab. Collection, t. iv, p. 107 . Il [Napo léon ] avait dégoût et crainte de tout ce qui étaitémotion tumultuaire ou mémo apparence démo-cratique, villem. Souv. contemp. les Cent-Jours,vn. || 2° Qui a le caractère du désordre et du ha-sard. L’homme n’est point une besogne tumul-tuaire et faite sans y penser, malii. le Traité desbienf. de Sénèque , vi, 23. Il faut renoncer à toutce qui dissipe notre esprit, qui le fait sortir de sonassiette, qui le rend évaporé, qui le remplit d’i-dées confuses et tumultuaires, Nicole, Essais,t. v, p. 50, dans pougens.
— hist. xvi* s. Ils [les médecins] offensent l’es-tomach et empirent le cerveau par ces droguestumultuaires et dissentieuses, mont, m, 219. Ils
mesprisoyent les forces de ceux de la religion,comme tumultuaires, lanoue, 659. Assembléestumultuaires, d’aub. Hist. i, 253. De chastier aigre-ment ces tumultuaires et séditieux, carl. vu, 2.
— étym. Lat. tumultuarius, de tumultus, tumulte.
TUMULTUAIREMENT (tu-mul-tu-ê-re-man), adv.
D’une manière tumultuaire. Que s’ils [les Juifs]lapidèrent saint Étienne, ce fut tumultuairementet par un effet de ces emportements séditieux queles Romains ne pouvaient pas toujours réprimer....boss. Hist. il, 10. Dès que ces Furies vinrent à seréveiller et à paraître tumultuairement sur lethéâtre, où elles faisaient l’office du chœur [dansl’Oreste d’Eschyle], quelques femmes enceintesfurent blessées de surprise, et des enfants enmoururent d’effroi, rollin, Hist. anc. Œuv. t. v,p. n 3, dans pougens. L’assemblée se rompit, sansrien conclure, un peu tumultuairement, st-sim.26 , 47. Les Suisses , armés tumultuairement, s’a-vançaient pour secourir Granson [assiégé parCharles le Téméraire ], duclos, Œuv. t. ni, p. 99.
— HIST. xvi* s. Elles souloient au paravant yarriver tumultuairement sans ordre, amyot, Ni-cias, 5. Les arriere-bans, et tout ce qui se pustamasser tumultuairement, d’aub. Hist. n, 120 . Cen’est pas en passant et tumultuairement, qu’ilfault manier un estude si serieux et vénérable,mont, i, 398.
— ÉTYM . Tumultuaire, et le suffixe ment.
t TUMULTUER (tu-mul-tu-é), v. n. S’agiter entumulte.
— hist. xvi* s. La mer commencea s’enfler et tu-multuer du bas abysme, rab. Pant. iv, 18 . Le peu-plen’avoitpas occasion de tumul tuer, cal v. Inst. 865.
— ÉTYM . Lat. tumultuari, de tumultus, tumulte.
TUMULTUEUSEMENT (tu-mul-tu-eû-ze-man),
adv. En tumulte. Ces âmes infortunées qui s’agi-tent tumultueusement autour de leurs corps pri-vés de sépulture, barthél. Anach. ch. 64.
— hist. xiv* s. Il s’en sont venuz en criant etbraiant tumultueusement l’un contre l’autre, ber-cheure, f” 20 , verso. || xvi c s. Il fut rabroué forttumultueusement, amyot, Nicias , 51.
— ÉTYM . Tumultueuse, et le suffixe ment.
TUMULTUEUX, EUSE (tu-mul-tu-eû, eû-z’), adj.
|| 1° Plein de tumulte. Horace, ne crois pas que lepeuple stupide Soit le maître absolu d’un renombien solide; Sa voix tumultueuse assez souventfait bruit, corn. Hor. v, 3. Enfin leur conseil tu-multueux finit, et je ne sais ce qu’on y avait résolu,scarr. Rom. com. il, 11. Le prélat et sa troupe, àpas tumultueux, Descendaient du Palais l’escaliertortueux, boil. Lutr. v. Il [Démosthène ] allait surle bord de la mer, et, dans le temps que les flotsétaient le plus violemment agités, il y prononçaitdes harangues, pour s’apprivoiser, par le bruitconfus des flots, aux émeutes du peuple et auxcris tumultueux des assemblées, rollin, Hist.anc. Œuv. t. v, p. 634. Sur ces rives tumultueusesOù les passions fastueuses Font régner le luxe et lebruit, gresset, Chartr. D’un ciel tumultueux lasombre majesté, st-lamb. Sais. rv. Désirs insen-sés 1 fantômes monstrueux ! Et d’un cerveaumalsain rêves tumultueux ! a. chén. l’Invention .|| 2” Fig. Plein de trouble, d’affaires. La vie tu-multueuse est agréable aux grands esprits; maisceux qui sont médiocres n’y ont aucun plai-sir, pasc. Poss. de l’amour. Au milieu d’un conflittumultueux de grands et petits intérêts qui divi-sent les citoyens, il [M. le Tellier] réprimait lalicence des uns, relevait la faiblesse des autres,fléch. le Tellier. De soins tumultueux un princeenvironné, Vers de nouveaux objets est sans cesseentraîné, rac. Esth. n, 3. Se disposer au sommeil,en calmant ce qui pouvait rester des pensées tu-multueuses de la journée, rollin, Hist. anc. liv.xxvi, r» part, in, l. De vastes projets, des entre-prises éclatantes, des emplois tumultueux, mass.Or. fun. Tillars. Ayant quitté la plume et ce tu-multueux métier d’auteur, j. J. rouss. Lett. d Moul-tou, 29 mai 1762. || 3“ Fig. Plein de trouble inté-rieur. Le ciel a banni de mon âme toutes cesindignes ardeurs que je sentais pour vous, tousces transports tumultueux d’un attachement cri-minel, mol. Festin, i v, 9. Cette action tumultueuseet forcée qui s’excite au dedans de nous-mêmespar lés objets analogues ou contraires à nos appé-tits, buff. Disc. nat. anim. Œuv. t. v, p. 335.Les tourments d’une passion tumultueuse, genlis,Mme de Maintenon, t. i, p. 216. Alors, de son des-tin sentant toute l’horreur, Son cœur tumultueuxroule de rêve en rêve, delille, Imagin. iv.
— SYN. tumultueux, tumultuaire. Tumultuaire
exprime ce qui a le caractère du tumulte : desrésolutions tumultuaires. Tumultueux signifie pleinde tumulte : une assemblée tumultueuse. Â la ri-gueur, une assemblé» tumultuaire pourrait ne pasêtre tumultueuse.
— hist. xvi* s. ...Pour s’opposer aux tumul-tueuses occasions [troubles] qui pour lors se pré-sentaient en France , carl. vm, 31. Si se feit in-continent une tumultueuse assemblée du peuple»AMYOT, Cor. 33.
— ÉTYM . Lat. tumultuosut, de tumultus, tumulte.
TUMULUS (lu-mu-lus’), s. m. Terme d’antiquité.-
Grand amas de terre ou construction en forme decône que les anciens élevaient au-dessus des sé-pultures. Une vallée tortueuse s’ouvrit devantnous ; elle circulait autour de plusieurs monti-cules de figure à peu près semblable, et qui avaientl’air de monts artificiels ou de tumulus, chateaubr.Itin. part. 1.
— ÉTYM . Lat. tumulus, du même radical quetumor, tumeur, gonflement.
f TUN (tun), s. m. Nom donné, dans le départe ment du Nord , à la craie glauconieuse.
f TUNAGE (tu-na-j’), s. m. Couche de fascinestraversées de plusieurs rangées de piquets et declayons, le tout chargé d’un lit de 12 à 15 centi-mètres de gros gravier. II parle d’enrochements àsubstituer aux fascinages ; mais les ingénieurs af-firment que remplacer les digues en tunages pard’autres formées d’enrochements occasionneraitune dépense peut-être six fois plus forte, Monit.univ. 11 mars 1 868, p. 367,4* col. || On dit aussi tune.
t TUNE (tu-n’), s. f. Synonyme de tunage
— êtym. Tun.
f TUNER (tu-né), v. n. Ancien terme familier.Mendier (le mot appartient à l’argot du xvm* siè-cle; on trouve thune, aumône, dans mareau, leJargon ou langage de l’argot réformé).
} TUNGSTATE (tongh-sta-t’), s. m. Terme de chi-mie. Sel produit par la coinbinaison de l’acidetungstique avec une base.
f TUNGSTATÉ, ÉE (tongh-sta-té, tée), adj. Quicontient du tungstène. Chaux tungstatée.
f TUNGSTÈNE (tongh-stè-n’), s. m. Terme de chi-mie. Métal très-difficilement réductible, d’un grisfoncé ou noir, très-dur, très-pesant, découvert en1780 par Scheele .
+ TUNGSTIDES (tongh-sti-d’J, s. m. pl. Famille deminéraux qui comprend le tungstène et ses com-binaisons.
f TUNGSTIQUE (tongh-sti-k’), adj. Terme de chi-mie. Qui se rapporte au tungstène ; qui en contient.Acide tungstique.
f TUN1CELLE (tu-ni-sè-l’J, s. f. Petite tuniqueblanche des augustins déchaussés et de quelquesautres religieux.
f TUNIC1ERS (tu-ni-sié), s. m. pl. Animaux très-petits, autrefois rangés parmi les polypes, qui for-ment un ordre distinct dans la classe des mollus-ques acéphales. Leur manteau est confondu avecune enveloppe coriace qui les entoure à la ma-nière d’une tunique, d’où leur nom.
f TUNICINE (tu-ni-si-n’), s. f. Terme de chimie.Principe immédiat de l’enveloppe des tuniciers,dit aussi cellulose animale, mais différent de lacellulose par ses réactions chimiques et anatomi-quement.
TUNIQUE (tu-ni-k’), s. f. || 1” Vêtement de des-sous que portaient les anciens. Il revêtit le grand-prêtre de la tunique de fin lin, et le ceignit avec laceinture, saci, Bible , Lévit. vm, 7. La tunique étaitle vêtement que les Romains portaient immédia'tement sur la peau : elle était, dans l’origine, fo r *grossièrement faite, et on peut se la représente 1comme un sac, ouvert pour laisser passer la tête etles bras, condil. Hist. anc. xi, 13. La tunique [de 5Athéniens] était autrefois de lin, elle est mainte-nant de coton, barthél. Anach. ch. 20. Dans laPhocide et dans les environs de l’île d’Eubée , I e5pauvres portaient encore du temps de Pausanias des tuniques de peau de porc, mongez, Instit. Méw -hist. et litt. anc. t. iv, p. 225 . Ils [les paysansgrecs] portent une tunique qui leur descend jn s "qu’aux genoux, et qu’ils rattachent avec une cein-ture; leurs larges culottes sont cachées par le h ade cette tunique, chateacb. Itin. part. 1. IlTunique de Nessus, présent funeste à celui quireçoit (cette tunique empoisonnée causa la moid’Hercule , à qui Déjanire la donna). || Lanique était aussi un vêtement de femme. Lhabillement [des femmes Spartiates] consiste