TUT
TUY
2382 TUT
veur, et ils en prenaient la tutelle comme protec-teurs de l’univers, id. Rom. e. La tutelle est unecharge personnelle qui ne passe point aux héritiersdu tuteur, Code civ. art. 419. [I Rendre la tutelle,rendre compte de la tutelle qu’on a exercée. Qu’iln’en soit point question [de certains cadeaux]....dans ma tutelle ; c’est tout de bon que je m’envais la rendre, sév. 19 janv. 1074. || Etre dispenséde la tutelle, se dit de ceux que la loi dispensed’être tuteurs ou curateurs. Tout individu atteintd’une infirmité grave et dûment certifiée est dis-pensé de la tutelle, Code civ. art. 434. Ceux quiont cinq enfants légitimes, sont dispensés de toutetutelle autre que celle desdits enfants, ib. art. 430.|| On dit de même : Être exempt de tutelle et decuratelle, etc. || Enfants en tutelle, hors de tutelle,enfants qui sont encore ou qui ne sont plus sousl’autorité d’un tuteur. || Tutelle officieuse, protec-tion légale accordée à un enfant mineur par une.personne qui se propose de l’adopter quand il seradevenu majeur. || Fig. Au monde en tutelle, Dieuxtout-puissants, quel exemple offrez-vous? bérang.Escl. gaulois . || 2° 'Fig. Dépendance, surveillancegênante. Sa sœur à cinquante ans le tenait entutelle, corn. Attila, i, 2 . Vous verrons-nous tou-jours trembler sous sa tutelle [d’Agrippine ]? bac.Rrit. n, 2 . Lorsque, pour affermir sa puissancenouvelle, II voulait, disait-il, sortir de leur tutelle[des janissaires], id. Bajaz. i, 4. Le cardinal[Mazarin], qui sentait qu’il n’y avait plus moyende tenir son maître en tutelle, hàmilt. Gram. v.Il [Pierre le Grand ] a dissipé les janissaires mos-covites, nommés strélitz, qui tenaient les czars entutelle, volt. Charles XII , 4. j| 3° Fig. Protection.Les citoyens sont sous la tutelle des lois. || 4° Tu-telle de navire, nom qu’on donne aux armes misesen sculpture, à l’arrière d’un navire, et qui sontordinairement celles du prince ou du patron.
— REM. L’Académie écrit tutelle et curatelle pardeux 1, tandis qu’elle écrit cautèle, clientèle, etc.avec l’accent.
— HIST. xv* s. Lesquelx escoliers estans en unechambre en la tutelle [pension] maistre Jehan Pe-rat.... du cange, tutella. || xvi” s. Il est peu d’amessi réglées.... à qui on se puisse fier do leur pro-pre conduite.... il est plus expédient de les mettreen tutelle, mont, ii, 34 4. C’est une manne celesteenvoyée pour la tutelle et conservation de la viehumaine, id. m, 226. Les tuteles sont datives [défé-rées par le juge, de l’avis des parents], loysel,484.
— ÉTYM . Provenç. espagn . et ital. tutéla; dulat. tutela., qui vient de tueri, défendre. L’anciennelangue disait tuterie.
TUTEUR , TRICE (tu-teur, tri-s’), s. m. et f.|| 1* Celui, celle qui est chargé d’uno tutelle..... toi-même, des tiens devenu le bourreau, Ausein de ton tuteur [Cicéron ] enfonças le couteau,corn. Cinna, iv, 3. L’abbé de Coulanges veutrendre le compte de ma tutelle ; et c’est une né-cessité que ce soit aux enfants dont on a été tu-trice, sév. 474. Théodose déclara Stilicon tuteurde son fils Honorius , et lieutenant général desarmées des deux empires, fléch. Ilist. de Théo dose , iv, 76. Et l’orphelin n’est plus dévoré du tu-teur, boil. Lutr. vi. La femme pourra être nomméetutrice de son mari, Code civ. art. 607. Tout indi-vidu âgé de soixante-cinq ans accomplis peut re-fuser d’être tuteur, ib. art. 433. || Tuteur officieux,celui qui est chargé de la tutelle officieuse. Unépoux ne peut devenir tuteur officieux qu’avec leconsentement de l’autre conjoint, Code civ. art.302. || Tuteur ad hoc, celui qui est nommé à unmineur pour un objet déterminé. || Fig. Il n’apas besoin de tuteur, se dit d’un homme qui saitconduire ses affaires. || Fig. Nous sommes des en-fants qui avons besoin d’un tuteur sévère, la dif-ficulté ou la crainte, boss. Sermons, Ambition, 4.|| Fig. Tuteurs des rois, s’est dit des parlementssous l’ancienne monarchie. Mercenaires appuisd’un dédale de lois, Plébéiens, qui pensez êtretuteurs des rois, volt. Ilenr. iv. Il y a longtempsque les Calas, les chevaliers de la Barre, lesLally, etc. m’ont brouillé avec les tuteurs desrois, id. Lett. Richelieu , 20 juin. 4771 . || 2° Fig.Celui, celle qui protège. Ces grands tuteurs desÉtats [les princesj, Dial. d'Or. Tubero, t. n,p. 289. Les souverains ne sont que les conser-vateurs des lois, les exécuteurs de la justice,les pères et les tuteurs du peuple, fén. t. xxii,p. 389. Les chefs-d’œuvre que Rome, tutricedes beaux-arts, a cédés à l’héritière d’Athènes[Paris ], chateaubr. Génie, iv, vi, G. ]| 3° Terme de
jardinage. Bâton contre lequel on attache uneplante faible, tortue ou mal dirigée, qu’on veutsoutenir ou redresser. Les quenouilles du maisétant destinées à servir de tuteurs ou de ramesau légume grimpant, chateaubr. Amér. Moissons.|| Corset tuteur, sorte d’enveloppe solide, en bois,en fer, qu’on met autour d’un jeune arbre pour leprotéger dans sa croissance.
— HIST. xm* s. Cil qui est tuteres por enfanssousaagiés, n’est pas tenus à fere les besongnesdes enfans à son coust, beaum. xvii, 8. Doner tutorsas orfelins qui n’en ont point, Liv. de just. 76.|| xiv* s. Or est terre mere et nourrice De touteschoses, et tutrice, Nat. à l’alch. err. 465. Ma-dame Aliz de Partenay, tutreisse desdiz heritiers,DU cange, tutella. [| xv e s. Tuteur d’enfans [celuiqui les tient en pension], id. ib. || xvi" s. Ladeessetutrice de cette amoureuse ardeur [l’amour], mont,iii, 293. Tuteurs et tuteresses, Coust. gén. t. 11 ,p. 604. Le parlement, jadis tuteur des roys, Sat.Mén. Disc, de M. d’Aubray.
— ÉTYM . Provenç. tuaire, tuador; du lat. tu-tatorem, protecteur, de tutari, protéger ( tutoraurait donné turc ). En provençal tuaire, en fran-çais tutere est le nominatif, de tutâtor; tuador,tuteur, est le régime, de tutatôrem. C’est de tu-teur, maître de pension, que vient l’anglais tutor,précepteur.
TUTIE (tu-tie), s. f. Oxyde de zinc mêlé de pro-toxyde de fer, d’oxyde de plomb, d’oxyde de cad-mium, etc. qui s’attache, sous forme d’une cou-che dure et grisâtre, aux cheminées des fourneauxdans lesquels on traite des minerais de fer conte-nant du zinc, legoarant. |] Onguent de tutie. Lesfemmes turques se mettent de la tutie brûlée etpréparée dans les yeux pour les rendre plus noirs,buff. Hist. nat. hom. Œuv. t. v, p. 402.
— hist. xvi* s. Y dissolvant sucre candi, tuthie,gomme diatragant, myrrhe, paré, xi, 44.
— ÉTYM . Portug . tutia; de l’arabe toutiyà.
TUTOIEMENT ou TUTOÎMENT (tu-toi-man), s.
m. Action de tutoyer. On lui dira comment Leurprudente équité punit le tutoiement, haute-roche, Bourg, de quai, v, 3. Le tutoiement, quirend le discours plus serré, plus vif, a souvent dela noblesse et de la force dans la tragédie, volt.Comm. Corn. rem. Ment. 11 , 3. Une singularitéremarquable dans l’usage du tutoiement, c’estqu’il est moins permis dans le comique que dansle tragique, marmontel, Œuv. t. x, p. 370. Ceslettres françaises [lettres des papes dans lexiv* siècle]| ont l’avantage de constater le tutoie-ment employé par les papes avec tout le mondesans exception, leclerc, Hist. litt. de la France ,t. xxiv, p. 426. || Fontenelle disait tutayement :Naturellement le comique a dû pousser cela unpeu plus loin, et à son égard le tutayement n’ex-pire que dans le Menteur, Tie de Corn.
— ÉTYM . Tutoyer; génev. tutayement.
TUTOYÉ, ÉE (tu-to-ié, iée), part, passé detutoyer. Tutoyé par un ancien camarade.
TUTOYER (tu-to-ié; plusieurs disent tu-toi-ié;l’y grec se change en t devant l’e muet : je tutoie,je tutoierai), v. a. || 1 ° Dire à quelqu’un tu et toi,au lieu de vous, qui est la forme polie dans notrelangue. Pour moi, j’aimerais mieux traiter un va-let de vous que de tutoyer un prince, bussy, dansDict. de Trévoux, tu. Pardonnez, ma divine comtesse,Pour duper le barbon il faut vous tutoyer, th. corn.Comt. d’Org. v, 6. Vous ne tutoierez plus un gendrede ma sorte, destouch. Glor. m, 9. Le grand-prieur de Froulay m’a dit que Louis XIV n’aimaitpas du tout que les faiseurs d’épîtres et de prolo-gues, ni les auteurs de dédicaces le tutoyassent envers pas plus qu’ils n’auraient fait en prose : Leroi François I er ne le souffrit jamais, disait-il unsoir chez Mme de Montespan, qui répondit à celaque Despréaux n’avait jamais été qu’un mal-appris,Souv. de Mme de Créquy, t. 1 , p. 23. Le philoso-phe est très-familier avec le baron; car il le tutoie,grimm, Corresp. t. 1 , p. 62 . Monsieur le maire estgentilhomme par sa femme née demoiselle; voilàpourquoi il nous tutoie et rudoie nous autres pay-sans, p. l. cour. Gaz. du village. Don Ricardo[au roi] : Seigneur, vous m’avez tutoyé, Me voilàgrand d’Espagne [les grands d’Espagne étaient tu-toyés par le roi], v. HUGO, Ilernani, iv, 4. || Les qua-kers emploient le tutoiement avec tout le monde.Penn fut obligé d’aller tutoyer Charles II et ses mi-nistres plus d’une fois pour son payement, volt.Dict.phil. Quakers. || Absolument. En Allemagne ,supprimer le monsieur etle madame serait une gros-sièreté pareille à tutoyer parmi nous, st-sim. 70,
4 64. On tutoyait alors au théâtre.... volt. Comm.Corn. rem. Ment, n, 3. || 2 ° Se tutoyer, v. ré fl. Em-ployer entre soi les tu et les toi. Bourguignon, nenous tutoyons plus, je t’en prie, mariv. Jeux del’am. et du has. n, 9. Nous nous tutoierons, quandnous serons ivres, dider. Neveu de Rameau. || Avecellipse du pronom personnel. Jamais Molière n’afait tutoyer les amants, volt. Comm. Corn. rem.Ment, n, 3 .
—■ REM. Tutayer, prononciation normande, a étéusité; on l’entend encore quelquefois. Il tutaye,en parlant, ceux du plus haut étage, mol. Mis. n, &•Il a encore une autre mauvaise habitude, c’est detutaïer tout le monde; il tutaye jusqu’à des fem-mes qu’il n’a jamais vues, dufrény, Espr. de courtrad. sc. 6.
— HIST. xiv* s. Et après ce, Jehan Maras eustdit à Phelipot escuier très-arrogamment : me tu-toies-tu? J’ai une preude femme espousée, nucange, tuisare. || xv* s. Le suppliant dit à icelluicommandeur, qu’il ne faisoit pas son honneur dele tutoyer, attendu qu’il estoit marié, du cange,Tuisare. || xvi* s. Si je tuttioie quelque gros mi-lourd, qui me donnast un coup de poing, boni-vard, De noblesse, p. 242 .
— ÉTYM . Tu et toi;génev. tutayer. Montaigne adit tuoyer : Des nations où les enfants tuoyentleurs pères, 1 , 207 . L’ancienne langue disait aussiatuteer, atuiser; le bas-latin, tuisare, tibissare.
f TUTTI (tou-tti), s. m. pl. || 1° Terme de musi-que. Tous les instruments de l’orchestre prisensemble. Allons, tutti ensemble. || 2° Au sing.Phrase musicale jouée par tous les instruments del’orchestre ensemble. Reprenons au tutti. Debeaux tutti. Par un noble tutti l’ouverture com-mence, Sophie gay , Maître de chap. 1 , 4. || 3» Tuttiquanti [italien , tous tant qu’ils sont], tous ceuxqui sont là, gens de même farine. La reine meparla tout aussi longtemps de ma maladie, quesi c’eût été une couche.... le maréchal de Lorges m’attaqua sous le nom du chevalier de Grignan , en-fin tutti quanti ; vous [savez ce que c’est que derecevoir un mot de tout ce qu’on trouve en chemin,sév. 299. Les Lamartinière, les Reboulet et lestutti quanti, volt. Lett. en vers et en prose, 4 04.
— êtym. Ital. tutti, plur. de tutto (voy. tout).
f TU-TU-BAN-BAN, s. m. La musique des mon-treurs d’ours (onomatopée de la flûte et du tam-bour). On dit aussi tu-tu-pan-pan.
TUYAU (tu-iô; plusieurs disent tui-iô), s. m.|| 1° Petit canal de fer, de plomb, de bois, de terrecuite, etc. Tuyau de fontaine. Les tuyaux d’uneconduite de gaz. Les tuyaux d’un poêle. || Entuyaux d’orgue, se dit d’objets rangés à côté l’unde l’autre et dont la longueur est décroissante.Les pennes de la queue sont en tuyaux d’orguecomme dans le faisan, et non point toutes égales,buff. Ois. t. iv, p. 4 84. || Tuyau de poêle, se dit,par plaisanterie, du chapeau rond que portent leshommes. || 2 * Ouverture de la cheminée depuisle manteau jusqu’en haut. || Tuyau dévoyé, tuyaude cheminée qui est détourné de la directionverticale. || 3“ Ouverture et canal d’une fossed’aisances. || 4° Le bout creux de la plume desoiseaux, par opposition à la tige. Les porcs-épics, 163 hérissons, par les tuyaux dont ilssont couverts, semblent nous indiquer que le*plumes pourraient appartenir à d’autres qu’auxoiseaux, buff. Quadrup. t. vi, p. 209 . || 5° Tig°creuse du blé et de certaines plantes. Quand l 0fruit de Cérès De ses tuyaux dorés enrichit nosguérets, Tristan, Mariane, 1 , 3. Vers le x* siècle,en même temps que les nosties étaient substituéesau pain, les fidèles qui vinrent recevoir la com-munion, burent le vin, non plus à même le calice,mais en humant, au moyen d’un chalumeau outuyau, le liquide consacré, de laborde, Émaux,p. 630. || 6“ Par extension, tout ce qui a la forni 0d’un tuyau. Pour sucer quelque liqueur, les lèvresservent de tuyau, et la langue sert de piston, boss.Colin, iv, 2 . || Familièrement. Parler dans le tuyaude l’oreille, dire quelque chose dans le tuyau del’oreille, parler bas, en secret à quelqu’un. || 7“ Grospli cylindrique qu’on fait à du linge empesé, sur-tout à une garniture, à une dentelle ou bande detulle ou de mousseline. Il y a de gros et de p e 'tits tuyaux. || 8° Se dit de plusieurs coquiU es '|| 9° Tuyau à tonnerre, synonyme de quennon.
— SYN. tuyau, tube. Tube est un terme doscience ; tuyau est de l’usage ordinaire. Le phy-sicien et l’astronome se servent de tubes; nousemployons différentes sortes de tuyaux pour con-duire les liquides. En outre, le tube est en geno-