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flatterie pour eux-mêmes, la médisance contreles autres, marmqntel, (Eue. t. vi, p. ( 49 . |] Vainegloire, orgueil, infatuation. || Substantivement,l'aire le vain, se livrer à la vaine gloire. Et dansces grands tombeaux, où leurs âmes hautainesFont encore les vaines, Ils sont mangés des vers,mam. i, 3 . je puis dire, sans faire le vain, queles folies de mon enfance ont été plus sérieusesque ces belles fleurs de rhétorique, balz. liv. i,lett. ( 7 . Hélas! et croyez-vous que l’on se metteen peine De ce nombre d’amants dont vous faitesla vaine? mol. Mis. m, B. || 8 ° En vain, loc. adv.Inutilement. Les princes et les peuples gémissaienten vain ; en vain Monsieur, en vain le roi mêmetenait Madame serrée par de si étroits embrasse-ments, elle leur échappait.... boss. Duc h. d’Orl .Avant lui [Louis XIV ], la France , presque sans vais-eeaux j tenait en vain aux deux mers, id. Mar-Thér. Les empereurs grecs avaient oublié que cen était pas en vain qu’ils portaient l’épée, montesq.“ S P- vi, 2 (. Dieu ne fait rien en vain; il a donnéaux bêtes les mêmes organes de sentiments qu’àmoi; donc, si les bêtes n’ont point de sentiment,Dieu a fait ces organes en vain, volt. Mil. litt.au . , Tournemine. ]| Prendre le nom de Dieu enVain, l’employer dans un serment sans nécessité.
— hist. xii* s. Tu hais les guardanz vanitez envain, Liber psalrn. p. 3 <s. si suens coups [soncoup] n’ala pas en vain, Grégoire le Grand , p. 62 .Ne sont que trois matières [de poème] à nul homeentendant, De France , de Bretaigne et de .Rome la grant; Li conte de Bretaigne sont si vain etplaisant; Cil de Rome sont sage et de sen[sens]aprenant, Sax. 1 .1| xm® s. Et quant ge vin de pas-moison, Et j’oi [j’eus] mon sens et ma raison, Je fuimoult vains [faible].... la Rose, 4744. Et vint[Blondel] droit au castieloù li rois [Richard] estoiten prison, et se hieberga ciès [chez] une vainefeme, Chr. deRains, p. 63.Leofreiz amis, icestse-crei Vus prie, àhumme pas ne cunte; Kar vus neseriez creüz, Uveins [sans connaissance] vus serieztenus, Éd. le Confesseur, v. 266 (. En vaine gloirede ce monde, joinv. 295. || xiv® s. Leur prièreschurent en vain, bekcheure, f° 45, verso. LaquellePerenelle qui estoit lasse et vaine, tant pour cequ’elle n’avoit mangié de tout le jour, commepour ce qu’elle estoit malade, DU cange, vanitas.Il xv® s. Je dy en pleurant tendrement: Ce monden’est pas chose vaine, ch. d’orl. Bail. 6(. Il xvi® s.D’aller après, Françoys ne furent vains [noncha-lants], i. marot, v, 27. Sont réputées vaines pas-tures les terres non ensemencées et les prez nonclos, les terres vacantes non labourées.... Nouv.coust. gén. t. n, p. 4073 .
— ÉTYM . Provenç. van, .va; catal. va; espagn.e t ital. vano; portug . vào; du lat. tonus ; com-parez le goth. vans; anc. scand. vanr, défectueux.
yAlNCRE (vin-kr’), je vaincs, tu vaincs, ilvainc, nous vainquons, vous vainquez, ils vain-quent; je vainquais, nous vainquions; je vain-crai; je vaincrais; je vainquis, nous vainquî-mes; vaincs, vainquons, vainquez; que je vain-que, q U e nous vainquions; que je vainquisse;vainquant, vaincu, ». a. || 1® Remporter à la guerreP n grand avantage sur les ennemis. S’il [César]les vainc [ses ennemis], s’il parvient où son dé-sir aspire, corn. JPomp. n, 4. Ceux que ni les ar-mes n’avaient pu vaincre ni les conseils ramener,sont revenus tout à coup d’eux-mêmes, boss.Reine d’Anglet . Malgré le mauvais succès de sesarmes infortunées, si on a pu le vaincre [Char les I "], on n’a pu le forcer, m. ib. Il tenait pourmaxime qu’un habile capitaine peut bien êtrevaincu, mais qu’il ne lui est pas permis d’êtresurpris, id. Louis de Bourbon, Annibal l’a prédit,croyons-en ce grand homme : Jamais on ne vain-cra les Romains que dans Rome , rac. Mithr. m, (.Allons au Capitole remercier les dieux de ce qu’enun jour semblable à celui-ci, je [Scipion] vainquisAnnibal et les Carthaginois, fén. Dial, des mortsanc. Dial. 36. [Peuples ] qui n’ont rien à perdresi vous les vainquez, et tout à gagner s’il vousvainquent, rollin, Hist. nat. Œuv. t. n, p. 127 ,dans pougens. C’était le mot du sire de Coucy anroi Charles V , que les Anglais ne sont jamais sifaibles ni si aisés à vaincre que chez eux ; c’eslce qu’on disait des Romains ; c’est ce qu’éprouvè-rent les Carthaginois, montesq. Esp. ix, 7 . || Ab-solument. X vaincre sans péril on triomphe san:gloire, corn. Cid, n, 2 . Tu sais vaincre, disait uibrave Africain au plus rusé capitaine qui fut ja-mais, tu ne sais pas user de ta victoire, bossReine d’Anglet. Il chasse l’ennemi, il vainc sui
mer, il vainc sur terre, la brut. xh. || Fig. Je suisvaincu du temps, je cède à ses outrages, malh.n, ( 2 . || 2® Avoir l’avantage sur ses concurrents.Vaincre àla course. Vaincre dans la dispute. Toutel’assemblée avoua que j’avais vaincu [dans uneinterprétation] le sage Lesbien ; et les vieillardsdéclarèrent que j’avais rencontré le vrai sens deMinos , fén. Tél. v. Vers la soixantième olympiade,540 ans avant Jésus-Christ , Pindare fut vaincucinq fois par Corinne, condil. Hist. anc. iv, 5.|| 8” Surpasser, quand il s’agit d’une sorte d’ému-lation entre les personnes.Me vaincre en gé-
nérosité, corn. Pomp. iv, 4. Il [Omphis] fit demagnifiques présents à Alexandre, qui ne selaissa pas vaincre en générosité, rollin, Hist. anc.Œuv. t. vi, p. 496, dans pougens. || 4® Surmonter,venir à bout de. Il a vaincu tous les obstacles.Voilà les ennemis [la révolte, l’hérésie] que lareine a eu à combattre, et que ni sa prudenceni sa douceur ni sa fermeté n’ont pu vaincre,boss. Reine d’Anglet . Un moment a vaincu monaudace imprudente, rac. Phèdre, II, 2. Vous ai-mez; on ne peut vaincre sa destinée, id. ib. rv, c.
11 Absolument. On ne vainc qu’en combattant,rotr. St Gen.'t, 4. Il ne conviendrait pas que cesmessieurs vainquissent par une femme, mainte-non, Lett. au duc de Nouilles , t. v, p. 249, danspougens. || En amour. Près du sexe tu vins, tuvis et tu vainquis ; Que ton sort est heureux ! al-lons, saute, marquis! regnard , le Joueur, rv, 40.
|| 5° Il se dit des sentiments, des passions dont ontriomphe. Apprends sur mon exemple à vaincre tacolère, corn. Cinna, v, 3. Elle gémissait dans sonincrédulité qu’elle n’avait pas la force de vaincre,boss. Anne de Gonz. Et qu’un héros vainqueurde tant de nations Saurait bien tôt ou tard vaincreses passions, rac. Rêrén. n, 2. || 6° Se laisser vain-cre, se laisser toucher, fléchir. Se laisser vaincreà la pitié. Ce cœur se laisse vaincre aux vœuxque j’ai formés, corn. Tois. d’or, Prol. sc. 4.Sensible jusqu’à la fin à la tendresse des siens, il[Condé mourant] ne s’y laissa jamais vaincre, etau contraire il craignait toujours de trop donnerà la nature, boss. Louis de Bourbon. || 7® Vaincreun cheval, le dompter. ||8° Se vaincre, v. ré/l.Maîtriser ses passions, ses sentiments. Domitian :Qui se vainc une fois peut se vaincre toujours....— Tite : Qui se vaine une fois sait bien ce qu’ilen coûte, corn. Tite et Bérén. n, 2 . Faisons-nousviolence, et vainquons-nous d’abord ; Tout devien-dra facile après ce grand effort, id. Imit. 1 , 4 4.Il mettait la grandeur non à s’élever, mais à sevaincre, à ne faire rien de bas, fén. Tél. xm.
— REM. De l’amour aisément on ne vainc pasles charmes : je n’insiste pas sur ce mot vainc, quine doit jamais entrer dans les vers, ni même dansla prose ; on doit éviter tous les mots dont le sonest désagréable, et qui ne sont qu’un reste del’ancienne barbarie, volt. Comm. Corn. Rem.Ariane, rv, 4. Le fait est que vainc est peu usité ;mais Voltaire est tellement aveuglé par la préven-tion et par son idée d’une prétendue barbarie,qu’il déclare désagréable un son contre lequel iln’a aucune objection dans vin, vain, vingt, vint.
— hist. x* s. Voldrcnt la veintre li deo inimi[les ennemis de Dieu ], Eulalie. || xi® s. Li reisMarsile est de guere vencud, Ch. de Roi. xvi.Mais ço ne set li quels veint, ne quels nun, ib.clxxxii. A icest colp est li esturs vencut, ib.ccLxxxvm. Quant Tierris ad vencue sa bataille,ib. cclxxxiv. || xii® s. Si vainquerons, que Jhesusnous aïe, Ronc. p. 4 36. Pour voir [vrai] vous di querois Charles vaincra, ib. p. 438. Vainque pUiez,douce dame, etAmors, Coud, vu. S’amours nevaint raison, j’i doi faillir, ib. vm. Quant veit lireis Henris que veincre nel purra [Thomas de Canterbury ], Ne que les clercs forfaiz desfaire nelerra, Mult durement vers lui en ire s’enflambla,Th. le mart. 28 . || xm® s. Par l’aide de Dieu , siavint que les vainquirent li Franc et desconfirent,villeh. cxxxn. Bien m’avez reschaufée et moultbien repeüe; Grant mestier [besoin] en avoie,toute estoie vaincue, Berte, lu. Ainsinc sunt arsavant venues, Car tûtes choses sunt veincues Partravail, par povreté dure, la Rose, 20370 . Et parce dit on : convenence loi vaint, exceptées lesconvenances qui sont fetes par malveses causes,beaum. xxxiv, 2 . || xiv® s. Concupiscences telesque plusieurs ne les pourraient vainquir, oresme,Èth. 218. Mal vaint qui se repent de sa victoire,Ménagier , 1 , 9 . || xvi® s. Le vaincre par force estmoins glorieux que par...- mont, i, 24 . Le vrayvaincre a pour son roolle l’estour, non pas le sa-
lut, id. 1 , 244. Le françoys ne se vainc que par lefrançoys mesme, Sat. Jlèn. p. 212 . A la fin vaincudo la honte et du deshonneur que ce luy estoit,amyot , Cat. d’Utiq. 45. Cæsar ne faisoit pasgrande chose, ains estoit Antonius qui vainquoittousjours, m. Anton. 25.
— ÉTYM . Provenç. vencer, venser; espagn.vencer; ital. vincere; du lat. vincere, que les éty-mologistes rattachent à vincire, lier, vinculum,lien : vaincre, ce serait enchaîner.
VAINCU, UE (vin-ku, kue), part, passé de vain-cre. || 1® Qui a succombé en guerre, en combat.Les peuples vaincus peuvent conserver quelqueliberté, lorsque, par la force de leur situation, ilssont en état de faire des traités après leur défaiteMONTESQ. Esp. xvm, 4 9. || Substantivement. Queceux qui veulent croire que tout est faible dansles vaincus ne pensent pourtant nous persuaderque la force ait manqué au courage de Charles I® rBOSS. Reine d’Anglet . Cherchez, imaginez parmiles hommes les différences les plus remarquables •vous n’en trouverez point de mieux marquée niqui vous paraisse plus effective que celle qui re-lève le victorieux au-dessus des vaincus qu’il voitétendus à ses pieds, id. Duch. d’Orl . On l’a vu[M. de Turenne] dans la fameuse bataille des Dunesarracher les armes des mains des soldats étrangers,qu’une férocité naturelle acharnait sur les vaincus,flécii. Tur. || On a joint quelquefois vaincu à unadjectif possessif. Jamais un généreux vainqueurN’affligea son vaincu d’un langage moqueur,mairet, Sophon. ni, 4. Sylla, ni Marius N’ont ja-mais épargné le sang de leurs vaincus, corn. Ser-tor. I, 4. || Fig. Celui qui a cédé à l’amour. J’étaismort pour ma gloire et je n’ai pas vécu, Tant quece lâche cœur s’est dit votre vaincu, rotr. Ven-cesl. n, 2. Sensiblement atteint d’un soin qui motraverse Et plus votre vaincu que vainqueur de laPerse, id. Bélis. n, 4. ||2° Dont on est venu àbout. C’est aux personnes seules de l’art qu’il estréservé d’apprécier les vraies beautés d’un ou-vrage et le degré de difficulté vaincue, d’alemb.Œuv. t. m, p. 44. || 3° Qui a succombé. Quoi!déjà votre amour des obstacles vaincue.... RAC.Bajaz. rv, 6. Mérope va mourir; son courage estvaincu; Pour son fils seulement Mérope avaitvécu, volt. Mér. m, 2 . ||4“ Qui s’est laissé tou-cher, convaincre. De ce même Pallas j’implorai lesecours : Claude vous adopta vaincu par ses dis-cours, rac. Brit. iv, 2. Mon cœur, vaincu par sescaresses, lui rendait toute l’amitié qu’elle m’avaitsi longtemps témoignée, j. i. rouss. Confess. xn.
VAINEMENT (vè-ne-man), adv. D’une manièrevaine, sans effet. Nous voyons que Dieu seul estsage; et, en déplorant vainement les fautes quiont ruiné nos affaires, une meilleure réflexionnous apprend.... boss. Reine d’Anglet . Si un em-pereur romain tenta vainement d’empêcher laruine du temple [de Jérusalem ], un autre em-pereur romain tenta encore plus vainement do lerétablir, id. Hist. n, 9. Il [Louis XIII ] pria vai-nement; il n’osa commander, et il sacrifia sa mère,genlis, Mlle de la Fayette, p. 8, dans pougens.
— SYN. vainement, en vain. Ces mots sont lesmêmes sous deux formes ; la signification en estsynonyme, et l’emploi à peu près le même.
— HIST. xih® s. Veinement est troblez chacuns
om, Psautier, f® 49. || xvi* s. Faut-il esperer
Qu’avec tant de tourments je puisse assez durerPour attendre un retour vainement favorable?desportes, diverses Amours, xxi, Complainte.
— ÉTYM . Vaine, et le suffixe ment. Provenç.vanamen; espagn. et ital. vanamente.
VAINQUEUR (vin-keur), s. m. || 1® Celui quia vaincu. La fortune se plaît à faire de ces coups;Tout vainqueur insolent à sa perte travaille, lafont. Fabl . vii, 43. Tu céderas, ou tu tomberassous ce vainqueur [Louis XIV ], Alger , riche desdépouilles de la chrétienté, boss. Mar.-Thér. Niles chevaux ne sont vites, ni les hommes ne sontadroits que pour fuir devant le vainqueur, m.Anne de Gonz. Les Romains ne firent jamais lapaix qu’en vainqueurs, montes q. Rom. i. Dutemps de la république romaine, ce désir d’êtrehonoré par des statues, des couronnes de laurieret des triomphes, rendit les Romains vainqueursd’une grande partie du monde, volt. Pol. et lég.Pensées adm. publ. 24. || Le vainqueur de Phar-sale, de Rocroy,. d’Austerlitz, etc. celui qui avaincu à Pharsale, à Rocroy , à Austerlitz, etc.|| Absolument. Ce peu que mes vieux ans m’ontlaissé do vigueur Se consume sans fruit à cher-cher ce vainuueur [Rodrigue], corn. Cid, m, 5.