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Tome second. C - F.
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oue-uns le prétendent, étant aîors, dît JeandeLaeí, parlés 30. d. 18 m. de latitude nord ; soit parce qu’il enírouva ies campagnes semées de fleurs , comme quel-ques autres le veulent, II y prît terre, le z. d’Avrïi,sourdu Vendredi Saint, près d’une rivière, dit-on,danslaquelle il alla faire de seau, & fur le bord de laquelle51 planta une croix de pierre avec cette inscription B.iodela Crux , nom que cette rivière porte encore. Dans la vé-rité l'on ne fait point en quel endroit Ponce de Léondébarqua , quoiqu’on trouve fur quelques cartes unebaye de son nom : mais on fait qu’il reconnut une bonnepartie de la côte occidentale de la presqu’iste de la Flo-ride, qu’il donna aux iíìes des Martyrs 8 c des Tortuesles noms qu’elles portent encore aujourd’hui, 8 c quepar-tout où il voulut tenter une descente » il trouva desSauvages en grand nombre, résolus à ne pas souffrir qu’ils’établîtchez eux ; qu’il fe contenta de faire eau en plu-iïeurs endroits furie rivage ;qu’il doubla le cap de la Flo-ride, Sc navigua quelque temps en remontant la côte aunord ; que l’année suivante, il passa en Espagne, ou al-lant rendre compte au roi son maître de ce qu’il avoitfait, Ferdinand lui promit le gouvernement de la Flo-ride , 8 c lui permit d’y conduire des habitans. Quoiqueplusieurs auteurs parlent d’un fécond voyage de Poncede Léon d la Floride , qu’iis en détaillent toutes les cir-constances , Scqu’ils fassent mourir Ponce dans l’isle deCuba, des blessures qu’il avoit reçues dans un combatcontre les Fioridiens ; rien n’est plus incertain que cesecond voyage : mais ce qui n’est pas douteux, c’est que cevoyageur ne fit aucun établissement dans le pays, & qu’ilne fit que le tour du cap de la Floride. Quelques annéesaprès , François Fernandez de Cordoue, au retour de ladécouverte de l’Yucatan , prit terre en Floride , 8 c An-toine de Aiaminos, son premier pilote , qui y avoit ac-compagné Ponce de Léon , reconnut l’endroit , ou ilavoit débarqué avec ce capitaine. Ainsi ce voyage n’aug-menta point l’étendue de la Floride ; il fut d’ailleurs fortinutile. Fernandez , attaqué par les Sauvages, fut obli-gé de fe rembarquer dangereusement blessé. Un autre pi-lote nommé Miruelo, fut plus heureux dans le mêmetemps. II commandoít une caravelle , 8 c fut poussé parla tempête en un endroit de la Floride, qu’on ne nom-me point. Il fut bien reçu des habítans » Sc à son retourà Piste d’Híspaniola, il y inspira un grand désir d’allers’établírdans un pays , dont il parloir en voyageur; maisil ne paroît point qu’on ait fait alors aucune tentative dece côté~là.

En 1520 le licencié Luc Vasquez d’Ayllon auditeurroyal a Sàn-Domingo, équipa deux navires pour alleren Floride. II prit fa route au nord, plus que n’avoitfait Ponce de Léon, découvrit une rivière, que les na-turels du pays nomment Chico, Sc à laquelle il donna lenom de Jourdain : son embouchure est par les 3 3 degrésnord quelques minutes moins , Sc dans la Caroline.Ainsi voilà , selon les Espagnols , la Floride qui.s’étendfur une partie de cette colcnnie Angloise. Vasquez don-naau pays qu’il avoit découvert, le nom de province deChicora. Les habítans voyant ies vaisseaux de Vasquezs’avancer vers leurs côtes à pleines voiles , les prirent,dit-on, pour des monstres marins. Ils accoururenten foule au rivage , Sc furent très-étonnés en voyantdes hommes barbus Sc vêtus , sortir de ces maisons flot-tantes qn’íls ne connoissoient point. L’étonnement fitplace à P épouvante : ils prirent la fuite. Les Espagnolsen arrêtèrent deux, qu’ils menerent dans leurs vaisseaux.Ils les firent manger & boire, Sc les renvoyèrent vêtusà l’espagnole. Le chef ou Cacique de ce canton lesvoyant de retour , en envoya cinquante autres aux vais-seaux, avec des fruits Sc diverses provisions. II fit escor-ter aussi quelques Espagnols qui voulurent visiter lesprovinces voisines , Sc leur fit présent d’or, de lamesd’argent Sc de quelques perles. Au retour de ces Es-pagnols , Vasquez invitai un festin fur ses vaisseaux,un grand nombre de Sauvages; Sc pendant qu’on les íai-íok boire , il leva les ancres Sc les emmena. C’étoitPunique but de son voyage. II ne vouloitqu’enlever deshommes, dont on manquoit dans Piste d’Hispanioîa,pour le travail des mines. Un des deux vaisseaux périrenten mer; Sc les Sauvages , embarqués fur l’autre , mou-rurent presque tous de chagrin durant la route. Vasquezayant obtenu de l’emperenr Charíes-Quint le gouver-

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nement de la F loride , y retourna en 155:4 '■ mais lesFioridiens, qui fe fouvenoient de ia trahison qu’il leuravoit faite à son premier voyage - lui rendirent la pa-reille dans celui-ci. Ils i’attïrerent assez loin, fous pré-texte de le mettre en possession du pays , puis tombè-rent tout-á-coup furies Espagnols, dont ils firent ungrand carnage. Vasquez fe rembarqua avec un petitnombre de ses gens qui échappèrent, Sc reprit la route deSan-Domingo. Quelques-uns ont écrit, qu’il avoit péridans cette seconde expédition. II ne fit aucun établisse-ment en Floride ; Sc son entreprise n’aboutit qu’à en. reculer les bornes de trois ou quatre degrés vers le nord.

En 1525 , Pamphile de Narvaez, ayant obtenu del’empereur le gouvernement de la Floride , ce gouver-nement fut borné du côté de Pouest à la rivière des Pal-mes , où commence la province de Panuco. Ainsi voilàIes limites de la Floride réglées par Ies rois catholiquesdepuis la province de Panuco, c’est-à-dire depuis leMexique jusqu’à la province de Chicora, en suivant lacôte de P Amérique septentrionale, depuis les 25 d. delatitude nord , qui est la hauteur de la rivière des Pal-mes , jusques vers les 33. en donnant à ia province deChicora quelque chose au-delà du Jourdain ; Sc cetteétendue, en suivant la côte, est de plus de huit censlieues.

Mais avant d’aller plus loin, il faut observer, 1. qu’iln’est pas ici question de Pétendue de la Floride dans laprofondeur de la terre; 2. Qu’il ne s’agit que du nomde Floride, 8 c non pas du droit de possession.

Quant au premier article, ni Ponce de Léon , ni LucVasquez d’Ayllon , ni Pamphile de Narvaez , qui péritaussi-bien qne les deux autres , fans avoir fait le moin-dre établissement, n’ont pénétré dans l’intérieur dupays. Mais par rapport au second, les Espagnols ayantles premiers découvert ce grand pays, ont eu dro't delui donner le nom qu’ils ont voulu ; Sc la plupart desgéographes s’y font conformés. On en étoit si persuadéen France fous Charles IX , qu’on appelìe Floride Fran-çoise tout le pays où, plusieurs années après, l’amiralde Coligny fit taire un établissement. Si Ponce de Léonfe fût établi des deux côtés du cap de la Floride ; Vas-quez d’Ayllon , dans les environs du Jourdain , Sc Pam-phile de Narvaez, au port d ’Auté, à la baye de S. Ber-nard, Sc plus près encore de la rivière des Palmes, l’Es-pagne auroit eu droit de revendiquer toute ia Floride,Sc de traiter en ennemis ou en corsaires tous ceux quiauroient entrepris de s’y établir fans fa participation. Cedont on ne íauroit douter, c’est que, bientôt après ladécouverte de ce pays, les Espagnols formèrent le des-sein de s’y établir , persuadés qu’ils y trouveroient degrands trésors.

En 1538 . Ferdinand de Soto.l’undes conquéransduPérou , passa en Espagne avec des richesses immenses,8 c sollicita auprès de l’empereur la permission de con-quérir ia Floride, offrant d’en faire tous les frai^. Char-les-Quintfut ravi qu’un aussi bon homme de guerre íechargeât de lui conquérir un pays que le génie béllí-queux de ses habítans lui faïsoit trouver de la gloire àsubjuguer. Non-seulement il agréa la proposition de Lo-to , 8c lui donna les pouvoirs les plus étendus; mais illui accorda de plus le gouvernement de Cuba, afin delui procurer la facilité de tirer de cette iste tous les se-cours dont il auroit besoin ; Sc la permission d’ériger enmarquisat trente lieues de long, fur quinze lieues delarge dans le pays dont il feroit la conquête.

Loto partit de la Havane le 12 de mai 1539 avecdouze cens hommes effectifs, outre les équipages de s eSnavires 8 c deux cens chevaux, & arriva en Floride I urla fin du même mois. L’Inca GarcilaíTo de la Veganous a donné en Espagnol une Histoire fort circons-tanciée de cette expédition , 8 c Pierre Richelet l’ a tT ^~duite en François. Mais il n’est pas aisé de suivre ieconquérant de la Floride, à l’aide de cette Histoire,parce qu’il y régné une confusion que Fauteur auroitpû éviter en nous donnant une carte exacte des, paysqu’a parcourus son héros. De l’iste a tâché d’y suppléerdans fa carte de la Louisiane . dont il avo t reconnu lui*mêmq le peu d’exactítude. 11 a tracé la route de boto ,Sc le fait remonter dans les terres un peu au-de.a_ es36. d. nord; mais il termine fa course au cot.de l oneaux montagnes, qui bordent la Caroline a I oc çi en ,