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de la riviereest fi étroit vers le midi, & elle coule fi ra-pidement, qu’on ne sauroit la passer que dans le beautems, ou lorsqu on est porté par la marée. Proche du vil-lage de Nabare , ce steuve se sépare en deux bras presqueégaux, Sc forme une iste ; entre son embouchure Sc Gran-toron trouve celle des ElÉphans, où ces animaux fontfort communs. Le tabac vient fort bien près de,la rivieredeGambéa, & les Portugais de Juala Sc de Catcheoen emportent des chaloupes chargées. Le bétail Sc legibier y sont à si grand marché , qu’on peut acheter unebête de trois ou quatre cens livres , pour une barre defer , au lieu que près du cap Verd , elle en coûte quatreou cinq. On n’y seine que deux sortes de grains : du mil-let 8c du riz , St l’on y recueille beaucoup de coton.
On voit, fur la cote, des arbres d’une grosseur extraordi-naire ; mais ils ne sont pas si hauts à proportion. II y ena qui ont jusques à dix-sept pas de tour, Sc qui n en ontque vingt de hauteur. Entre Tankerval St Tondeba, lesdeux côtés de la riviere sont bordés de grands arbres,qui croissent dans un fonds marécageux. 11 n’y a d’autresartisans le long de ce fleuve, que des tisserans St desforgerons*
Le P. Labat a très-bien désigné le cours de cette ri-viere, d’après les Mémoires de Brae, directeur général dela Concession Françoise duSenéga. Voici ce qu’ilen dit:
Le Niger St le Senéga ne sont qu’une même riviere,connue sous deux noms ; St la riviere de Gambie est unebranche de celle du Niger ou Senéga. On doit s’en rap-porter au témoignage des Nègres St des marchands Man-dingues, qui remontent cette riviere tous les jours, préfé-rablement à celui de plusieurs auteurs qui n’en parlent qued’une maniéré fort incertaine, St fans savoir vue. Or letémoignage de tous ces marchands est uniforme : ils con-viennent tous, qu elle sort du Niger, au-dessus d’une chuteconsidérable , où le fleuve se partage en deux branches ;
Sc celle qui est du côté du sud, est constamment la rivierede Gambie. 11 est vrai qu’ils ne donnent pas une idéeassez juste des détours de cette riviere, ni des positionsdes lieux qui en sont voisins, pour pouvoir dresser unecarte géographique de ces endroits : mais ils ne saventpas prendre les hauteurs, Sc connoissent encore moinsles longitudes. Ils ne marquent les distances, que par leursjournées de marche , ce qui est trop équivoque St tropincertain pour pouvoir rien fixer, parce que leurs mar-ches ne font pas toujours égales. D’ailleurs ils se détour-nent souvent de leur chemin ordinaire , Sc sont obligésde prendre des détours, soit pour éviter la rencontre decertains peuples errans, qui 11e vivent que de rapines,íoit pour s exempter de payer des droits considérables ,que les princes, fur les terres desquels ils sont obligés depasser, ne manquent pas d’exiger d’eux. Ces détours,ces démarches inégales, Sc autres accidens, inséparablesde leurs voyages, répandent une obscurité fur leurs ré-cits , au travers de laquelle il n’est pas aisé de découvrir,au vrai, la juste distance des lieux, quoiqu’elle ne nouslaisse pas ignorer le cours, l’origine , la jonction Sc lepartage des rivières.
Ce qui pourroit faire douter que le Niger fût le prin-cipe Sc la source de tant de rivières considérables , quien sortent, c’est la prodigieuse quantité d’eau qu’il luifaut supposer, même à quatre ou cinq cens lieues avantqu’il se perde dans la mer : mais il faut observer que l’A-srique n’est pas toute fi sèche, - si aride , Sc si dépourvued’eau qu’on se f imagine ; il est très-poísible .qu’il y aitdes fontaines, des rivières, des marais , des torrens ,dans tout l’espace immense de terrein qui est entre le lac,où l’on prétend qu est la source du Niger, Sc la mer ; ce. "" de
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Noirs , ceux qui voyagent, 8c qui sont les plus habilescommerçans, disent que le Niger étant arrivé à unlieiìnommé Baracotta, se partage en deux branches ; que cellequi court vers le sud, est appellée Gambéa , ou Gambie /laquelle, après un assez long cours, se perd, ou du moinssemble se perdre dans un lac marécageux, rempli d’herbesSc de roseaux si forts, Sc si pressés, qu’il est impénétra-ble ; qu’elle en sort à la fin, 8c reprend la forme de ri-viere , telle qu’on la voit au village de Baraconda, oules Anglòis Sc les Portugais, établis fur cette riviere ,viennent faire leur traite avec les marchands Man dingues»Les canots peuvent aller de Baraconda jusqu au lac desroseaux, mais les barques .ne le peuvent faire, mêmedans la saison des grandes eaux, à cause d 5 un banc deroches, qui borne toute la riviere entre ces deux en-droits , 8c qui ne laisse que de petits chéneaux étroits,qui suffisent à peine pour le passage d’un canot, quoi-que d’ailleurs assez profonds pour des barques.
La riviere de Gambie entre dans la mer, entre le capVerd Sc le cap Rouge , óu le cap Sainte-Marìe au sud,Sc ì’Istet-aux-Oiseaux aunord, SC, quand on est plusavancé, entre la pointe de Barre au nord, Sc la pointede Bagnon au sud. Le milieu de son embouchure estpar les 13 d. 20’ de latitude septentrionale. L’Islet-aux-Oiseâux est éloigné de trente lieues de l’iíle de Goerée-,ce qui ne s’accorde pas avec l’abbé Baudrand, qui ne l’é-loigne du cap Verd, que de vingt-cinq lieues. On donneenviron cinq lieues de largeur à cette riviere, entre l’Istet-aux-Oiseaux, Sc le cap Sainte-Marie. Cet Istet est envi-ronné d’un banc de fable, qui s’étend presque jusqu’à lariviere de Salum , Sc dont la pointe méridionale avanceplus dé deux lieues en mer. O11 l’appelle le banc Rouge.Il y a, du côté du sud, un autre banc, vis - à - vis lapointe de Bagnon , qui s’étend jusques dans l’Istet-aux-Oifeaux. Sa figure lui a fait donner le nom de Talon-de -Bagnon. II n’y a, fur ce banc, qu une brasse ou unebrasse Sc demie d’eau, avec des pointes de rochers, oùla mer se brise assez sort pour les faire remarquer de loinC’est - ----- - i. -r... v
distance
qu r fait, selon l’opinion commune , unemille à douze cens lieues. Cela est d’autant, plus proba-ble, que ces pays sont extrêmement peuplés, comme ilParoît par le grand nombre d esclaves qu 011 en enlevewvs les jours, fans compter ceux qui sont tués dans lesPertes continuelles, que ces peuples se font les uns auxautres, & ceux qu i meurent de mort naturelle. Commeces peuples ne peuvent pas vivre fans eau., il faut con-clure qu e toutes ces eaux , après avoir arrosé leurs pays,s’écoulent & f om rama ssées dans le Niger, Sc qu’elles pro-duisent la quantité d’eau que ce fleuve Sc ses branches por-tent continuell(sm ent so mer . * Relut, de f Afrique occi-
dCllt&LC y t* ^ J),
Les Nègres Mandingues, qui font, de tous les peuples
ces marques, & à trois arbres qui sont fur lapointe du cap Pelé, qu’on connoîtFembouchure de la rivie-re , quand on vient du large. La distance, qu’il y a entre cesdeux bancs & entre le Talon Sc la pointe de Bagnon »forme deux passes ; celle du sud, qu’on appelle la petite ,ne peut servir que pour des barques , des canots , 8c au-tres bâtimens, parce qu’elle n’a qu’une brasse &t demisde profondeur. La grande , qui est celle du nord, entrele Talon-de-Bagnon Sc nslet-aux-Oiseaux , est proprepour toute forte cle bâtifnens. Elle a. ? dans Ion milieu ydepuis la pointe méridionale du Banc-rouge , jusqu’à lapointe de Barre, six, sept, huit, & jusqu à neuf brassesd’eau. Le détroit, entre les pointes de Barre Sc de Ba-gnon , en a dix ou douze ; Sc de-là jusqu’au fort Jacques ,ou Guillaume, qui appartient aux Anglois, on trouvepar-tout depuis six jusqu’à neuf brasses d’eau.
Les deux côtes de cette embouchure sont bordées débancs , les uns de vase , 8c les autres de rochers quiavancent assez considérablement dans la riviere , fur les-quels les canots des Nègres, Sc même les chaloupes, nélaissent pas de naviger pendant les marées ordinaires.
On compte dix lieues de Fembouchure de la rivierec’est-à-dire de l’Iflet-aux-Oiseaux, jusqu’à l’Iste-aux-Chiens ideux de cette iste à la pointe de Lamay : deux de - là àAlbreda; Sc d’Albreda à Gilfray, qui est devant le fortdes Anglois, seulement une demi - lieue.
En entrant dans la riviere, on remarque , à gauche >une pointe fur laquelle il y a une grosse toufe d’arbres ,au milieu desquels il y en a un beaucoup plus grand Scplus haut que les autres, que l’on appelle le Pavillon dtiRoi í/e Barre. Les Anglois , si fiers avec. des nations quivalent infiniment mieux que des Nègres , se sont abaissésjusqu’a saluer avec le canon, toutes les fois qu’ils passent,ce prétendu pavillon; Sc ils y ont si bien accoutumé ceroi Nègre , qu’il exige cette soumission de toutes les na-tions qui entrent dans la riviere, faute de quoi, il leur in-terdit la traite, Sc leur fait tout le mal qu’il peut. LesÉtats de ce prince n’ont que dix-huit lieues de longueur,de l’occident à l’orient, fur le bord septentrional de lariviere de Gambie. 11 est renfermé entre cette riviere , &Ccelle de Guinac, qui est une des branches ou des embou-chures de celle de Salum. ..
Rome Ilh D ij