Band 
Tome troisième. G - L.
Seite
28
JPEG-Download
 

GAM

Avis aux Navigateurs.

S uoique la riviere de Gambie soit profonde, commeaisé de le voir par les sondes qui font marquéesfur la carte que Damville en a drestée, tant en général,que de son embouchure en particulier, on doit toujoursavoir la fonde à la main, dès qu’on y est entré, & obser-ver de se tenir toujours plus près des bancs du nord,que de ceux du sud, à cause d’une pointe, qui est auxenvirons de la pointe de Barre, fur laquelle il n’y a quetrois braises d’eau. Une infinité de vaisseaux y on t échouépour avoir négligé cette précaution. 11 est vrai que ce n’estqu’une vase molle, sans rochers, Sc qu’à moins d’être en-gagé fort avant fur cette pointe, 8c fort près de terre, iln’y a rien à craindre ; mais il saut beaucoup travailler pourfe touer, 8t attendre ia marée, pour se tirer de ce mau-vais pas. On doit avoir encore foin, dès qu’on approche derille-aux-Chiens, de tenir le milieu de la riviere, pouréviter une pointe de cailloux, qui s’étend environ unquart de lieue dedans , & sur laquelle il servit dangereuxcl’échouer, à cause de la violence de la marée, qui pour-roit, à la fin, faire crever le bâtiment, à force de le fairetanguer. t

Ce danger passé, 8c t’Ifle-aux-Chiens étant doublée ,on peut ranger la côte du nord, dont le fond n’est quede vase , 8c mouiller vis-à-vis d’Albreda, ou Gjlfray,par les six ou sept brasses d’eau, fur un fond de bonnetenue, où il n’y a aucun danger à craindre.

On reconnoît ces deux villages, à de grands arbresqui font dedans, 8c à une petite ìíle , qui est environ aumilieu de la riviere fur laquelle les Anglois ont bâti unfort, avec des retranchemens 8c des batteries qui enoccupent tout le terrein, dont la situation est avantageu-se : mais il n’y a ni eau, ni bois , ni citerne fur ce petitmorceau de terre ; de maniéré que les Anglois font tou-jours à la discrétion des Nègres, chez lesquels il fautqu’ils aillent acheter le bois 8c l’eau dont ils ont be-soin.

La riviere de Gambie est d’une largeur considérabledevant Albreda 8c Gilfray, 8c jusqu’à cinquante lieuesplus haut. On lui donne à Guiachor plus d’une lieue delarge, 8c devant Albreda 8c Gilfray, plus de deux lieues& demie : fa profondeur donne moyen aux vaisseaux dela remonter jusqu’à deux cens cinquante lieues de sonembouchure. Un navire de quatre canons, 8c de troiscens tonneaux, la peut remonter jusqu’à Guiachor, quiest à cinquante lieues de la inef ; & un de cent cinquantetonneaux peut aller jusqu’au dessous de Baraconda , quien est à deux cens cinquante. Le flot porte jusques-là de-puis le mois de Décembre, jusqu’aux mois de Juin &cJuillet ; mais la riviere devient impraticable le reste deTannée, à cause des inondations qu’y causent les pluiesqui rendent le courant si violent, qu’il n’y a pas moyende le surmonter à la voile , quand même on auroit levent à souhait; 8c «Tailleurs, il n’est pas possible de fairehaller les bâtimens à la cordelle, parce que tous les bordsétant fous seau 8c remplis d’arbres, couverts d’eau 8cinondés en tout ou en partie, il n’y a point de che-min où les hommes puissent marcher en tirant les bâ-timens.

La riviere de Gambie est en cela bien différente duNiger, que Ton ne peut remonter pour aller à Galant,que dans le tems des inondations, parce qu’alors les pla-tons 8c les bancs de roches font assez couverts d’eau ,pour y faire passer les barques.

Les deux bords de la riviere de Gambie font partagésentre plusieurs seigneurs Nègres, qui prennent tous laqualité de rois, quoique les Etats de quelques-uns soientfi petits - , qu ils en peuvent parcourir plusieurs fois la lar-geur, pendant le jour, fans fe fatiguer.

Nous ne parlerons que de ceux qui font depuis lapointe de Barre, jusqu’a deux cens cinquante lieues ouenviron, en remontant la riviere. Ceux qui font au-delà ,font peu connus pour le présent ; peut-être que les éta-blissemens, que la compagnie fait au pays de Bambouc ,eu donnera, dans la fuite, une connoissance plus étendue& plus certaine.

Etatsf tués au bordseptentrional de la riviere dc Gambie.Les royaumes, qui font situés fur le bord septentrional

GAM

de la riviere de Gambie , sont celui de Barre, qui Jcomme on Ta déja dit ci-devant, a dix-huit lieues dé-tendue , le long de la côte, à compter de la pointe deBarre : après le royaume de Barra , on entre dans celuide Badelu. Le royaume suivant est Sanjalli , qui, quoi-que petit, est indépendant. Plus loin on trouve celui deBurjali on Burfalum , qui s’étend, le long de la riviere ,Tespace de quinze lieues. Après Bar sali, vient celui deYani , que Labat appelle Guiania. Celui de Woolli suc-cède : il est appelle Oubi par'Labat.

Ces six royaumes comprennent cent soixante 8c dix-neuf lieues d’étendue , en les mesurant en droite ligne ,auxquelles, si on en ajoûte soixante 8c onze, pour les con-tours considérables que la riviere fait dans cet espace deterrein, on aura deux cens cinquante lieues de cours dela riviere, depuis la pointe de Barre , jusqu’à Textrémitédu royaume d’Oubi ( Woolli. )

Etats Jituls au bord méridional.

En retournant à l’embouchure de la Cambra, poursuivre la rive clu sud, on trouve d’abord , vers-la mer, leroyaume de Kumbo , qui s’étend depuis le cap Sainte-Marie, jusqu’à la riviere de Kabata. Le pays suivant senomme Fonia , 8c s’étend depuis la riviere de Kabatajusqu’à celle de Bintam , c’est-à-dire , Tespace de septlieues. Après le pays de Fonia , on entre dans celui deKaén la riviere de Bintam entre deux. A Test de Kaën ,on trouve Jagra. On entre ensuite dans la pays d’íâz-mina , qui est stiivi par le royaume d Eropina, cToù l’onentre dans celui de Jemarrow. Après Jemarrow, on trouveTomani. Au-delà de Tomani, commence le royaume deKantor. Ce fùt-là que Moore finit son voyage. II comptedepuis Kolar, ville de.ee dernier royaume, cinq cens millesjusqu’au cap Sainte-Marie, qui fait la pointe du sud dela Gambra, à son embouchure.

On dit que des marchands de Dieppe & de Rouenfurent les premiers Européens qui découvrirent la rivierede Gambie. Ils en étoient en possession , avant que lesPortugais navigeassent en Afrique ; mais ces marchandsnégligèrent ce pays, parce qu’ils trouvèrent la Guinéeplus avantageuse. Les Portugais , à leur exemple, Réta-blirent en Afrique ; 8c les Anglois, à leur tour, y portè-rent leur commerce. Ces trois nations, Françoise, Por-tugaise 8c Angloise, trafiquent dans la riviere de Gambie:la derniere y a eu un fort qui a été pris, démoli & re-bâti plusieurs fois : on Ta appelle le fort Jacques & lefort Charles , du nom des rois fous lesquels on y atravaillé. J’en ai déja marqué les défauts. On y manqued’eau - 8c de bois.

GAMBLE. Voyez CARLEBY.

GAMBO AS , ( Ri o de ) riviere d’Afrique dans la hauteGuinée, entre la baie de Sainte-Anne 8c la riviere deScherbro. Elle vient de fort loin, du côté du nord, 8cfe rend dans la mer, deux lieues au sud des isles de Som-breros. L’embouchure est fermée par une barre; les cha-loupes cependant fe font un passage, 8c remontent jufqu’àquinze lieues. * Côte de Guinée , par Belhn.

GAMBON, petite riviere de France , en Normandie.Elle â fa source au village d’Arcancey, éloigné de neuflieues du gros bourg d’Ecouis. Ce n’est qu’un ruisseaupeu profond , 8c large de dix à douze pieds feulement.II passe par un village nommé la Riviere, traverse legrand Andely, où il sait tourner quelques moulins, &entre dans le petit Andely, où il sert au même usage ,Lc fe jette enfin dans la Seine. * Corn. Diction.

GAMBOULO, ou Gambalo, en latin Gambo -latum , Campolatum , ou A d Columnas , ou duce Co~lumnee , bourg d’Italie, au duché de Milan, dans laLomeline, à deux milles de Vigevano.

GAMBREÏUM, ou G A M B Rl u m. Etienne' le géo-graphe , nomme Gambeeium une ville d’Ionie; &Xenophon, Hijl. Grec c. L g, p. g81 , parlant de deuxstères Gorgson 8c Gongyle , dit que Tun possedoitGambrium & Palaegambrium, c’est-à-dire les villes deGambrium, Tancienne Sc la nouvelle ; Sc l’autre, Myrina8c Grynium.

GAMBREVES , ancienne ville de /Ethiopie, fousTEgypte , selon Pline, 1. 6, c. 29.

GAMBRIVII, ancien peuple de la Germanie. Tacite,German. c. 2, dit : On donne à Mannus trois fils, dont