Band 
Tome troisième. G - L.
Seite
88
JPEG-Download
 

88 GER.

bards. Constantin Porphyrogénete, dans un de ìes ex-traits de l’histoire de Théophane , dit que les Lombards,par une mésintelligence sont sortis des Gépides, Sí queles Vandales, les Ostrogoths, les Verstregóths , les Ge-pides Sc les Lombards descendent du canton de la Scan-zie ( Scandinavie ) occupé par les Sucous, qui depuis ontété appelés Normands. Procope dit que les Ostrogoths,les Vilìgoths, sos Vandales &'les Gépides avoient entr’euxune ressemblance de moeurs Sc de langage, Sc que leprince des Gépides s’appelloit OJlrogoth. Ces peuplesembrassèrent presqu’en même te ms le christianisme ;mais ils furent instruits par des prêtres Ariens qui îesinfectèrent de l’Arrianisme. Cependant plus de cinquanteans après la conversion des Goths, Salvien de Marseille,De Gubernat. Dú. Eclit. Bains. p. 89, parle des Gépi-des comme cl’un peuple cruel, barbare Sc sort éloignédu christianisme par Ves mœurs. Gens Saxonum fera.est , Francorum infiddis , Gepidarum inhumana , Chu-norum impudica, Sc plus bas '.fifallat Lhunus vel Ge-pida quid mirum est-, qui culpam penitùs falfitaús ig-norât ? Sc dans un antre endroit : numquid Scytharum«ut Gepidarmn inhumaniffimi ritus in maledictum atqueblaj'phemiam nomen Donuni Salvatoris inducunt.

Sous l’empire de Justinien (a), on les trouvé en Hon-grie , auprès de Sirmich, félon Procope. Ils firent ( b )assez bonne contenance jusqu’au régne d’Alboin , roides Lombards. Ils avoient lèur roi particulier nomméTurifende , qui eut pour successeur Cunimund. Ce der-nier se brouilla avec les Lombards, Sc ranima les an-ciennes querelles que son prédécesseur avoir assoupies.Alboin , de son côté, s’allia avec les Avares, Sc s’é-tant assuré d’eux par un traité, il marcha contre lesGépides : tandis que ceux-ci venoient au-devant de lui,les Avares se jetterent sur leur pays comme ils en étoientconvenus avec Alboin. Cunimund fut consterné en ap-prenant cette nouvelle, Sc exhorta ses troupes à com-battre , premierement contre les Lombards, après quoiils iroient chasser de leur pays lés Avares. Les Lombardsfurent vainqueurs, Sc la déroute des Gépides fut com-plette, à peine .en échappa-t-il un petit nombre. Cuni-mund y périt. Alboin lui enleva le crâne, Sc s’en fitfaire une coupe pour les festins. II prit entr’autres, pri-sonniers de guerre, Rosimonde fille de ce malheureuxroi, Sc comme fa femme Clotfìonde, fille de Glossaire,roi de France, étoit morte, il épousa cette princesse :dans un jour de débauche , il la forÇa de boire dans lecrâne de son père. Cette cruauté lui inspira tant d’hor-reur pour lui, qn’elle le fit assassiner. Quant aux Gé-pides , ils furent si abbatus par ce revers, qu’ils ne pu-rent jamais se relever. Ils n’eurent plus de roi, Sc ceuxqui ne périrent point dans la bataille, furent soumisaux Lombards, ou resterent fous le joug que leur im-posèrent les Huns, qui s’étoient emparés de leur pays.II est certain qu’Alboin en emmena quelques-uns en Ita-lie , où après de grandes conquêtes il les établit dansun village , que l’on appella de leur nom Gepidi. Paul"Warnefrid le cl'it expressément. Certum est autem tuneAlboin tnultos stecum ex diversis quas , vel alii reges velipfie ceperat , gentibus ad Italiam adduxiffe , unde ufi-qite hodie eorum in quibus habitant vicos , Gepidos ,Bulgares, Sarmatas, Pannonios, Suavos, J'Ioricos, fivealiis hujufcemodi nomìnibus appellamus. *( d ) Goth. Hist.1 . 1. Sc Hist. Arcan. Q) De óefl. Longobard. 1 . 1, c. 2.7.

Les étymologistes Grecs dérivent ce nom de Gépi-des x-wicuìír, de YîiÍtíujSìç, c’est-à-dire, les enfans desGétes.

GEPPING, ville d’Allemagne, dans la Suabe, auduché de Wurtenberg, sor la riviere de Vils, qui seperd dans le Néker, au-destus d’Estingen. La carte deZeyler n’en fait qu’un village , celle de Sanfon,un bourg, Sc celle cìe Corneille une ville : il écritce nom Goppingen, par un o adouci, c’est-à-dire,qui répond à Vœu des François.

1. GERA ou Gerra, ville d’Arabie , selon Ptolo-méc. Voyez Gerra 4.

2. GERA, petite ville d’Allemagne, au cercle de lahaute Saxe , dans le Voigtland, fur l’Elster, entre ZeitzSc Plawen. Elle fut bâtie par Vipert, comte de Groitz,vers l’an 1086 , Sí à la place de l’ancien château d'Of-terstein : on en éleva un neuf fur l’Elster pour loger lesseigneurs du lieu. Elle a appartenu ensuite à la maisoíî

GER

de Reussen , seigneurs Luthériens , qui y ont fondé unbeau collège. Cette ville fut ravagée par les Boh émiens ,durant la guerre des deux freres de la maison de Saxe ->l’an 1449. * Zeyler , Saxon. Topogr. p. 3 6.

GERÁRRICA. Voyez Ierabrica.

GER.fE. Cafaubon croit qu’il faut lire ainsi ce nom aulieu ú’Erm, que l’on trouve dans Strabon pour unville d’Ionie., Voyez ErjE.

GERtEA, ancienne ville de la Lusitanie, selon Pto-lomée, l. 2, c. 3. Quelques-uns croyent que c’est au-jourd’hui Caceres, à neuf lieues de Mérida Sc de Co-ria, dans l’Estramadure. * Baudratid , éd. 1682.

GERrEI, peuple de l’Arabie heureuse, selon Ptoîo-mée. Quelques exemplaires portent GerRvEI : il leurdonne trois villes ;

Magìndana , Géra ou Gerra ,

Sc Bilœna ou Bilbana.

GERiESTIUM , contrée du Peloponnefe, dans. l’Ar-cadie , selon Phavorin , Lexic.

GERfESTUS, ville Sc port de l’Eubée, selon Pto-lomée,/. 3 , c. 15. Pomponius Mêla, l. 2. c. 7, dit queGerestum étoit un des Promontoires de l’Eubée, aumidi : Sc Pline, l. 4. c. 12. parle de la ville Sc du pro-montoire. Ce promontoire regardoit l’Attique, Sc Stra-bon , l. 10, init. dit que Gérasse 8c Pétalie étoient àl’opposite de Sunium. * Tite-Live, /. 31, c. 45, dit : léreste de la flotte demeura à Gérasse, fameux port del’Eubée.

II y avoit donc de ce même nom une ville avec unport de mer Sc un promontoire , où les eaux de la merfe brifoient avec impétuosité ; c’est pourquoi Euripide,dans son Oreste , nomme les flots de Gérasse écumeux.II y avoit un fameux temple de Neptune ; Sc c’est parallusion à ce temple qu’Aristophane, dans fa comédiedes chevaliers, dit : ô Gerestien , fils de Saturne ! UnVol fait dans ce temple , Sc un autre à Olympie, villed’Elide , donne occasion à Lucien de railler deux dieuxen même tems. Jupiter Olympien avoit une statue d’oravec une grande barbe , on la lui avoit coupée. Quoi !lui dit Neptune, dans un des dialogues de Lucien , levainqueur des Titans, le dieu armé de la foudre fe 1 ailletondre à Olympie, Scn’ofepas seulement crier.au voleur !Jupiter lui répond: Hé ! ne fçavez-vous pas que nous n’a-vons pas toujours le pouvoir de punir les sacrilèges ? Stsi nous l’avions, auriez-vous souffert que l’on vous eûtimpunément dérobé votre trident à Gereste. Gerestéétoit fort déchue avec le tems, & Etienne le géogra-phe n’en fait qu’un village. Demosthene la nommeGerxste. Voyez Geresto.

GERAFITANUS , siège épiscopal d’Afrique, dans laMauritanie Sitifenfe. La notice d’Afrique nomme VictorJerafitanus ; Sc la conférence de Carthage fournit VictorEpiscopus Plebis Jufitenfis ; peut-être ce mot s’est-ilglissé pour Jerafitenfis ou Gerafitensis. * S. Optât. Oper.p. 263. édit. Dupin.

GERAHEM , montagne d’Asie, dans l’Arabie heu-reuse , environ à trois milles de la Mecque. Les Mu-sulmans disent que l’on voit dans cette montagne unegrotte où Eve fe retiroit. mais que le véritable lieu de fasépulture est à Gidda, ville située fur la mer Rouge, quisert de port à la Mecque. * D'Herbelot , Biblioth. orient.

GERANDRUM, ville de l’ifle de Cypre , où fetrouve la pierre nommée Caristius, selon Apollonius,in Mirabil.

GERANDRYUM. Clément Alexandrie,ad Gentes;Sc Eufebe, de Prœpar. Evangel. nomment ainsi un lieusitué dans un désert sablonneux où étoient un oracle Sc unchêne. L’oracîe finit lorsque le chêne sécha. Ils ne di-sent point en quel pays. U y a apparence que c’étoit enAfrique où étoit l’oracle de Jupiter Ainmon. Les fablesfavorisent cette conjecture qui est d’Ortélius.

1. GERANIA,,ville cle Thrace. Solin, c. 10, éd.Salmas dit qu’elle étoit nommée Catlvyon par les Bar-bares; mais il n’est que le copiste Sc l’abbréviateur dePline, qui dit, l• 4, c. 11 , que c’étoient îes Pygméesqui étoient nommés Cattuzi parles Barbares. Voicile passage : Gerania , ubi Pygmœorum gens fuisse prodi-tur , Cattu{os Barbari votant , creduntque à Gruìbus fu*gatçs . Le nom de Gerania a donné lieu à cette fable ,

\