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Tome troisième. G - L.
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rhénane , c’est-à-dire dans la Germanie au-delà du Rhin ;mais il étoit à portée de s’informer de [mille chosesdont il a fait un livre particulier, intitulé des mœurs desGermains. Sans répéter ici ce qu’il rapporte de la ìíia-niere de vivre de ces peuples, nous nous contenteronsde renvoyer à son livre ceux qui s’en veulent instruire,& nous nous bornerons à ce qu’il y a de géographique :le voici en substance.

Dans la Gaule étoient les habit ANS DE Treves& les Nerviens venus des Germains d’au - delà duRhin.

Le long du Rhin étoient,

Les Vangions , Lés Nemetesj

Les Tribocci, Les Ubiens,

• & les Bataves.

II auroit pû y ajouter les SlCAMBR.ES qu’il dit ailleursavoir passé dans les Gaules. Voilà pour les Germainsétablis en-deçà du Rhin & dans la Gaule. Voici pourceux qui étoient dans la véritable Germanie au-delà dece fleuve. Outre Ceux qui cultivoient les champs Décu-mates au-delà du Rhin Sc du Danube, étoient au couchant,

Les Helvetiens, entre la forêt Hercinie, le RhinSt le Mein : ils étoient Gaulois d’origine.

Les Cattes , dont la demeure commençoit à laforêt Hercinie, & à qui se joignoientLes Matiaci qui étoient à la droite du Rhin, amisdes Romains, égaux aux Bataves.

À l’endroit óù le Rhin coule fans détour, les .UsiPIEHS.& lesTENCTERES : auprès de ceux-là, les BructereSà la place desquels Tacite dit que les CHAMAVES &Cles Angrivariens vinrent s’établir.

Derriere ceux-ci étoient les Dulgibini Sc les Cha-SUARiens. Devant eux étoient les grands Sc les petitsFrisons, qui s’étendoient, dit-il, le long du Rhin jusqu’àl’Océan, autour dé certains grands lacs où les Romainsentroient avec leurs flottes. ,

Aunord, dans la Germanie j font les CHAUCI, lesCherusques Sc les Cimbres , voisins de l’Océan.II met enlìiite les SuÉvES qui occupoient alors la plusgrande partie de la Germanie. L’intérieur du pays étoitaux peuples suivans;

Les Semnons , qui avoientcent cantons ,

Les Lombards,

Les Reujsingi , peut-êtreThuringi.

Les Avions,

Les Angles,

Les SuÉvES le long cìu Danube étoienf,'

Les Hermundures , Les Narisces í

Les Boïens , originaires de Les MarcomanS ?

la Gaule , Les Quades.

Derriere ceux-ci étoient,

Les Marsingi, LesOsi;

Les Gothins, Les BvRiI.

CesSuéves entre les montagnes au-delà desquelles étoientles Suéves nommés LygienS, entre lesquels il y avoit,

Les Arii, Les Manimi,

Les Helvécones, Les Elysiens,

Lc les Naharvali.

Au-delà des Lygiens, Tacite met,

Les Gothons , Les Lemo viens;

Les Rugiens ,

Ensuite les Suions qui étoient dans l’Océan, Sc au-delàdesquels est la mer qu’il nomme paresseuse , au rivage delaquelle, à la droite, font les Estiens , chez qui croîtì’ambre, Après les Suions font les SiXTONS qui font

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aussi de la Suévie. II ne fait s’il doit donner à la Ger-manie , ou à la Sarmatie les Peucins , ou Bastarnes»les V endes Sc les Pennes. II ne nomme point de villesdans tout ce grand espace de pays , parce qu’en effet iln’y en avoit aucune de son tems. II le dit expressément*dans le passage que je rapporterai plus bas.

Les Romains possédoient si peu de choie dans la Ger-manie, que, dans la division qu'ils firent faire de l’empire,la Germanie n’est pas même nommée. Appien Alexan-drin , qui vivoit alors, Sc qui, dans fa préface , donne un.état de l’empire Romain, dit : en quelques endroits au-delà du Rhin Sc du Danube, les Romains commandentà quelques-uns des peuples de la Germanie Transrhé-nane , Sc aux Gétes qui font au-delà du Danube, Sc qu’ils.appellent Daces j c’est-à-dire que les Romains avoientquelques lisières.

Les^ Romains n’ayant pu subjuguer la véritable Germa-nie , s’en firent une nouvelle en-deçà du Rhin, aux dé-pens de la Belgique. Nous en parlerons dans la fuite ;mais ne perdons point de vue celle dont il est questiondans cet article , c’est-à-dire la grande Germanie quin’avoit rien de commun avec la Gaule, que le Rhin quiles féparoit l’une de l’autre ; de-là vient que Ptolomée ,contemporain des Antonins, ne fait point d’artide par-ticulier pour la Germanie, supérieure ou la Germanie in-férieure ,î qu’il traite fous le titre de la Belgique à laquelleelles appartenoient ; mais il en fait un pour la grandeGermanie, Sc traite ce pays séparément.

LA GERMANIE,selon Ptolomée.

Cet auteur est le premier qui ait donné uné descriptiortdétaillée de la Germanie, Sc fa description a été íuiviepar presque tous les géographes qui l’ont suivi. S’il fétrompe quelquefois, il rencontre juste en bien des cho-ses. II n’avoit point vu les lieux dont il parle ; mais il atravaillé fur d’assez bons mémoires. II y a bien de !'ap-parence qu’il a pu consulter les cartes qu’on avoit duttems d’Auguste, Sc les tables qui étoient exposées dansles portiques de Rome ; car c’étoit un usage chez lesRomains d’expofer aux yeux du public des représenta-tions des pays vaincus. Eumene le Rhéteur l’atteste. Lapreuve que Ptolomée y a pris ce qu’il dit de la Germanie,est qu’il la décrit, non telle qu’elle étoit de ion tems,mais telle qu’elle avoit été autrefois. II place les Lom-bards fur la rive gauche de l’Elbe; Sc l’on fait d’aìlleursque, dès le tems de Tibere, ils avoient été reculés au-delà de ce fleuve. II place les Sicambres dans la Germa-nie propre, Sc Tacite dit formellement qu’ils avoientdéja été transportés dans la Gaule; ils y étoient encore!aux environs du Vahal, du tems de Sidonius Apollinaris.»Car m. 13.

Et tonstis Vahalim bibat Éicamb&r,

Tacìté ne les nomme même pas dans fa GermaniséPtolomée les met cependant dans la Germanie de l’au-tre côté du Rhin ; ce qui fait voir qu’il a pris cettesituation dans des mémoires antérieurs à leur passage duRhin, qui arriva fous Auguste. Je donne de plus .gran-des preuves de ce sentiment, dans les Réflexions fur lesprincipaux géographes anciens Sc modernes.

En outre Ptolomée place un assez bon nombre de villesdans fa grande Germanie où, de son tems, il n’y en avoitpas une, non plus que du tems de Tacite. Ce dernier ditbien expressément , que les peuples de Germanie 11’a-voient aucune ville ; qu’ils ne fouffroient pas même queles maisons fussent jointes l’une à l’autre. 11s habitent ,dit-il, séparément, selon qu’ils trouvent une fontaine 4une campagne, un bois, qui leur plaît. Ils disposentles rues autrement que nous ; les édifices ne fe tiennentpoint, soit qu’ils aient peur du feu, soit qu’ils ne sa-chent pas mieux bâtir. Ils n’ont aucun usage de la ma-çonnerie ni des tuiles. Ils emploient les matériaux in-formes , fans choix ni beauté : ils fe creusent des caver-nes fouterreines, & les couvrent encore de fumier par- 1dessus, pour s’y mettre à couvert durant l’hyver, & ga-rantir les grains de la gelée, Lee.

Julius Capitolinus, dans la Vie de Maximin , p. 196?édit , Rçb. i'tepk, 1544, dit qu’étant entré dans la Ger-manie

Les Vàrins^'LesEuDoNS,

Les Suardons,

Les Nuitons , peut-être les Tuitons ouTeutons,