GUí
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ville est ancienne , Sc qu’une colonie de Perse , Pa peu-plée , parce que ses habitans ont plus d’elprit, ôc sontplus polis que les autres Arabes leurs voisins. Ils ont leteint plus blanc, 8c l’habit de leurs femmes est plus agréa-ble. L’air y est aussi plus tempéré, ôc la façon de vivrebeaucoup moins rustique.
GUINALA, gros village d’Áfrique, dans la Nigritie»à une lieue de l’iíle de Bifagues, fur la rive droite d’unmarigat, ou petite riviere qui lui donne son nom , auffi-bien qu’à un royaume. Ce village n’est habité que pardes Portugais qui s'y sont établis de pere en fils, depuislong-tems. II y en a de blancs, de barattés,de mulâtres,de noirs. Ils sont tous assez bien logés, & paraissent àleur aise ; mais on ne peut voir qu’une de leurs cham-bres, parce que la jalousie ne leur permet pas d’en mon-trer davantage : cette maladie est générale dans le pais.Au demeurant ils sont assez polis, ôc savent allier la ci-vilité à la gravité.* Labat, Afrique occident, r. 5 ,p. 160.
Le Roi de GUINALA réside dans un village à unelieue de-là, fur le bord d’une moyenne riviere, qui vientde l’est, 8t qui fe rend dans^elle de Courbali. Tout leterrain est bien cultivé, il estfabondant ôc gras; 8c s’ilétoit en d’autres mains, il feroit d’un grand rapport. Ony peu t faire un commerce très-considérable de cira ,d’efclaves , 8c d’ivoire. On y voit quantité d’éléphans,ôc malgré la guerre continuelle que les Nègres leur fontpour les empêcher de gâter leurs champs, 8c pour avoirleurs dents Sc leur chair, ils ne laissent pas de multi-plier beaucoup. Le pays est charmant à cause des arbres8c des bananiers qui environnent toutes les maisons,avec des tapades d’épines 8c de grosses cannes.
Le Roi de GUINALA est le même que celui desBiafares. Voyez BiAFARS.
GUINCHY, ville de l’Indoustan, sor la route deCochin à Madrefpatan. Elle est à dix journées de che-min de cette ville, 8c est peuplée de Mahométans, selonTavemier dans son voyage des Indes, l. 1, c. 16.
GUINÉE , ( LA) grand pays d’Afrique, entre la Ni-gritie au nord , l’Abiffinie à l’orient, 8c la Cafrerie aumidi ; nous n’en connoissons guères que les côtes quicommencent à la riviere cle Serre-Lionne, ôc s’étendentjusqu’au Cap-Negre ; c’est-à-dire environ 10 d. en-deçàde la ligne Sc 16 cl. au-delà. On la divise en haute ôc enbajje Guinée.
La Haute Guinée est bornée au midi par l’Océan,& comprend divers pays que l’on trouve de fuite, 8cqui sont subdivisés chacun en plusieurs royaumes. Cespays font,
La côte de Malaguete, ou du Poivre.La côte des Dents , ou d’Ivoire.
La côte d’Or ,
Le royaume de Juda,
Le royaume du grand Ardre,
8c Le royaume de Bénin.
La basse Guinée est le même pays que le Congo. Voyezce mot.
La Guinée, dit Bosman, Lettre 1, est un fort grandpays , 8c a quelques centaines de lieues d’étendue, ren-fermant un nonâe infini de royaumes , tant grands quepetits, ôc d’autres peuples qui font gouvernés en formede république. II y a plusieurs écrivains , ajoute-t-il,qui ont cru que la Guinée étoit un puissant état, dontle roi ayant subjugué plusieurs pays, en avoir fait unroyaume, 8c lui avoit donné le nom de Guinée. ...Mais c’est une erreur groíïiere. Le nom de Guinée n’estpas même connu parmi les habitans, 8c le royaume deGuinée est un royaume imaginaire, qui ne fe trouve pasdans le monde. La côte de Guinée est située environ à5 d. de latitude septentrionale ; ainsi ce climat est fortchaud : il ne 1 est cependant pas tout-à-fait tant que plu-sieurs fe l’imaginent. II y fait extrêmement chaud dansles mois d’Octobre, Novembre, Décembre, Janvier, Fé-vrier 8C Mars. Pendant les six autres mois de l’année, lachaleur est supportable ; mais il s’éleve un brouillard, tousles matins, qui est si épais 8c si puant qu on ne peut yrésister : à cette incommodité fe joint la mal-propretédes Nègres qui ont l’habitude de laisser pourrir leur pois-son , avant que de le manger, 8c qui font leurs orduresdans tout le village autour de leurs maisons. Ces puan-
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leurs réunies ensemble, causent nécessairement quantitéde maladies à ceux qui y arrivent. Les naturels du p a 7 sn’y sont pas sujets, par l'habitude qu’ils ont d’être dansle mauvais air. Ils sont cependant sujets à deux sortes demaladies, la petite vérole qui est plus dangereuse chereux qu’en Europe, 8c le ver. Ce ver s’engendre dans ton-tes les parties de leur corps, fur-tout aux jambes. Cemal est fort douloureux 8c fort long ; 8c ils n’en sont dé-livrés que quand le ver est sorti. S’il fe rompt, en le t 1 'rant, la douleur augmente ; ce qui est resté du ver fe pour-rit , 8c fait un apostume dans un autre endroit. C’estqui a donné lieu à Fockenbrogh de dire : la Guinée euun pays où les vers de terre , de la longueur d’une auneou d’une pique , n’attendent pas que les hommes sosontmorts 8c les rongent tous vivans. ,
- A ces incommodités près, les Nègres jouissent enge-néral d’une parfaite santé ; mais ils deviennent rarementvieux. On en voit quantité qui le paraissent fans l’être»ils s'abandonnent trop aux femmes ; ce qui les vieillit &les affoiblit tellement, que lorfqu’à l’âge de cinquante an squi est parmi eux ùne grande vieillesse, ils font attaquesde maladies, ils en meurent ordinairement ; les enfansmême connoissent cette débauche, ce qui fait qu’il nSfe trouve pas une honnête fille parmi eux.
Les Nègres sont tous en général d’un naturel si fourbe »qu’on ne peut fe fier à eux. Ils ne négligent aucune oc-casion de tromper un Européen, ou de í’e tromper so 5uns les autres. Ils ne travaillent que par contrainte.ne sont susceptibles, ni d’inquiétude ni de chagrin. L gmalheur ne les fait jamais sortir de leur gaieté. Lorfqu’st*vont à la guerre , ils s’en reviennent toujours en fautant8c dansant, qu’ils soient victorieux, ou qu’ils aient étébattus. Quand ils fe trouvent à une fête ou à un enter-rement , c’est pour eux la même chose. Ils ont cepen-dant foin d’amasser de F argent ; mais ils le perdent ave-line tranquillité extrême.
Les jeunes gens fur-tout font fort orgueilleux ; ils vou-draient passer pour des personnes de qualité, quoiqu’ij?ne soient bien souvent que des esclaves ; ils font au» 1paraître beaucoup de vanité dans leur maniera de fe pa-rer. Ils s’ornent la tête en plusieurs endroits. Quelques-uns portent les cheveux longs, joliment bouclés ôc at-tachés ensemble sor la tête : d’autres font de petites bou-cles de leurs cheveux, les frotent d’huile 8c de pein-ture , 8c les ajustent en maniéré de roses autour de sou”tête. Ils mettent entre deux pour enjolivement des sou-ches d'or, 8c une certaine sorte de corail que nous nom-mons conte di terra , 8c qui vaut quatre fois plus que FoUUs ont encore une efpece de corail bleu, que nous ap-pelions aigris, 8c les Nègres acorri , ôc que Fon peso 3 j*poids de For , lorsqu il est un peu gros. Us aiment fort í*porter des habillemens comme nous , ÔC ne font pas dif-ficulté de les payer bien cher. Ils portent autour des bras»des jambes 8c du corps , quantité d’or ou de corail p° ufornement. Leur habit ordinaire est composé de trois ouquatre aunes d’étosses , soit de velours, de foie, d edrap, Ôcc. II y en a plusieurs qui en ont de cinquantefortes. Ils roulent cet habit ( ou pagne ) autour de son scorps , ÔC le laissent pendre depuis le nombril jufqu’à nn-jambe. Ils portent aussi aux bras des anneaux d’ivoirefort proprement faits ; 8c quelques-uns en ont d’or»d’argent, ôcc. Ils ont au cou plusieurs colliers d’or 8^de toutes fortes de corail, de celui même dont on vientde parler ; ôc il y en a qui valent chacun plus de míllslivres. Ce sont leurs joyaux , ôc on n’estime nullenaenkceux qui 11 en ont point, . .
Autant que les jeunes gens ou manceos sont magni-fiques , autant les gaborecos ou vieillards sont modeste*Ils aiment mieux passer pour pauvres que pour riches*Ils fe contentent d’avoir une bonne pagne, un bonnet dfpeau de cerf, 8c à l’exempìe des Israélites, un bâton *la main, avec une chaîne ou un collier de corail au cou*Ce sont tous les ornemens dont ils fe parent journellement. A .
Les gens du commun, comme les paysans, les pe"cbeurs, ôc autres de cette forte, s’habillent à fort peufrais. Quelques-uns n’ont que deux aunes d’étosse coinnmne , ôc d’autres n’ont qu’une bande pour cacher ce q 1 *®la pudeur ne permet pas de laisser voir, excepté que &pêcheurs ont un bonnet de peau de cerf, ou de jonc ula tête ; mais la plupart tâchent d’avoir des matelots u