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Tome troisième. G - L.
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donne ce qui est nécessaire pour son entretien , à con-dition qn’il faste ce qui lui est ordonné ; ce qui n’est pasfort pénible, 8c ne sent nullement l’esciavage. Ì1 n’a qu’àservir ion maître avec les armes, lorsqu’il a besoin delui, & à travailler dans !e ’tems qu’on se me. les grains,à-peu-près autant qu il veut. Il n’y a donc point de men-•dians par nécestité ; mais ifs demandent tout ce qu’ilsvoient, même jusqu’au roi qui n’a pas honte de deman-der des bagatelles qu’il pourroit avoir pour un ou deuxsols. Ils sont tous si importuns, qu’on est obligé cle leurdonner quelque chose pour s’en défaire.

Les Nègres de la côte ont une idée confuse &c gros-sière de l’unité de Dieu , de la Création, 8t de la Pro-vidence qui conserve & gouverne tout. Ils ne Font pas,dit Fauteur, ni d’eux-mêmes , ni par tradition, mais parle commerce qu’ils ont avec les Européens : il en ap-porte pour preuve qu’ils ne font jamais de sacrifices àDieu , & ne l’invoquent pas dans leurs besoins, mais.ils s’adressent à leur fétiches, c’est-à-dire leurs idoles ,qu’ils fervent avec des superstitions, dont on trouve ledétail dans .Fauteur cité. Ils ont deux jours de la semaineoù ils s’abstiennent de vin ; ils observent, des abstinen-ces particulières, 8c chacun a ses viandes défendues :par exemple, l’un ne mange point du mouton, Fautrede la chevre, Fautre de la vache, & ainsi des autres ;£c ce qui est remarquable, c’est que le fils imite en celale pere, 8c la fille fuit Fexemple de la mere , c’est-à-dire que le fils ne mange point de ce qui est défenduà son pere, ni la fille de ce qu’il n’est pas permis à famere de manger. lis ne comptent point entre les péchésle meurtre, Fadultere , le larcin, ni d’autres crimes dectíte nature, parce qu’ils peuvent s’en décharger pourde l’argent : il n’en est pas de même de manger desviandes défendues. Ils ne sont pas tous d’un mêmè sen-timent sur la vie à venir : la plûpart croient pourtantqu’auffi-tôt que l’homme est mort, il va dans un autremonde , & y vit dans la même dignité , & avec lesmêmes honneurs dont il jouissoit durant fa vie, 8c-quetout ce que ses parens sacrifient après fa mort, lui estrendu dans Fautre monde.

Ils ont peu de connoìffance des récompenses & despeines qu’ils ont à espérer ou à craindre après cette vie ;excepté que quelques-uns soutiennent que le défunt esttraniporté auffi-tôt après fa mort fur une riviere qui estbien avant dans la terre ferme, 8c qu’ils nomment Bos-manque ; ( ce qu’il faut entendre de l’arne, car ils voientque le corps demeure parmi eux ; ) que là il est inter-rogé par l’idole de quelle maniéré il a vécu. S’il n’apoint faussé son serment, qu’il n’ait point mangé deviandes détendues, l’idole lui fait passer doucement lariviere, & le mene dans un pays où il jouit de toutessortes de délices ; mais s’il a prévariqué dans ces choses ,il le précipite dans la riviere j où il étouffe, & tombeainsi dans un éternel oubli. Ils croient qu’il y a un diable,mais il n’est pas vrai qu’ils lui rendent lin culte; ils lecraignent feulement; & il y a un certain teins dans Fari-née où ils chassent le diable de leurs villages, ce qui sefait avec d’étranges cérémonies. Ils n’ont que deux fêtesdans l’année ; l’une, quand ils font cette cérémonie, &l’autre après la récolte des grains.

Je renvoie à Fauteur même pour ce qui regarde lesanimaux, les arbres 8c les plantes ; austi-bien ce qu’ilen décrit, appartient principalement à la côte d’or; 8cces détails me meneroient trop loin. Mais une remarqueassez singulière, c’est que les moutons de ce pays-là por-tent du poil au lieu de laine, & que les hommes por-tent de la laine au lieu de cheveux.

.Les Portugais ont une maniéré particulière de diviserJa Guinée en haute & en basse. Selon leur division, lahaute comprend tout ce qui est depuis la riviere de Se-jregal jusqu au Congo, Scia basse contient toute la baffeEthiopie. Mais les François n’appellent Guinée que cequi est depuis le cap de Sierra-Leona jusqu’à la rivierede Camerones.

La Guinée étant peuplée par de véritables Nègres ,est regardée par quelques-uns comme la partie méridio-nale du pays des Nègres. Mais ce nom de pays desNègres n’est qu’une dénomination vicieuse. Quelques-URS° Font employée pour signifier la Nigritie , fur la faussepersuasion où ils étoient que ce mot- vient du mot Ní-g res > au lieu qu’il vient du mot niger t comme nous le

prouvons ailleurs, aux mots Negres NIGRITIE, &Niger. Tous les Negres ne sont pas habitans de la Ni-gritie, quoiqu’ils puissent en être originaires. .

Les Portugais prétendent être les premiers Européensqui ayent découvert cette contrée vers Fan 1417;m 3lSil est constant que cette gloire est clûe, aux François,qui, lorsque la France commençoit à respirer, du teinsdu roi Charles V, des malheurs qu’elie avoit souffertssous le roi Jean son pere, y navigerent plus de soixanÇ 3ans avant qu’aucune nation d’Europe en eût connod-lancé. Les Dieppois s’étant attachés de tout tems aucommerce , équipèrent au mois de Novembre 13 64*deux vaisseaux du port d'environ cent tonneaux, ch-a-cun ; & ayant fait voile vers les Canaries, ils moiiiH?*rent devant Rufisque, prèsdu Cap-Verd, dans la bai*qui conserve encore le nom de baie de France :noirs de ces côtes ausquels jusques-là les blancs avoi erltété inconnus, accoururent de tous côtés pour les voir »fans vouloir pourtant entrer dans leurs vaisseaux, j uS 'qu’à ce qu’ils eurent remarqué que ces blancs les ca"ressoient, 8c qu’ils leur avoient apporté plusieurs baga-telles , dont la vue les surprenois, 8c en échange des-quelles les noirs leur donnerent de Fivoire, des cuirs >à de l’ambre gris. Les Dieppois leur ayant fait cosl-noître qu’ils reviendroient les voir les années suivantes »poussèrent plus loin, 8c au sortir du Cap-Verd, auqu e ‘ils donnerent ce nom, ils arrivèrent à Sierra-Leona ,passerent devant le Cap-de-Monte avec beaucoup de sur-prise des habitans de toute la côte, qui croyoient qu*tous les hommes étoient noirs comme eux. Us s’arrê-terent enfin à l’embouchure d’une petite riviere près dsSextos, où est un village qu’ils appellerent le PETI?Dieppe, à cause de la ressemblance du Havre 8c du vil-lage, situés entre deux coteaux. Ils acheverent de prendrelà leur charge d’ivoire 8c du poivre nommé Malaguettt ,8c furent de retour à Dieppe fur la fin de Mai 136s*avec des profits immenses. La quantité d’ivoire qu’ilsrapportèrent fut cause que les Dieppois s’appKquerent 3le travailler, en quoi ils ont si bien réussi , qu’ils p a ‘"sent pour les plus excellons ouvriers en ivoire. Au mo lSde Septembre de la même année, les marchands d*Rouen s’étant associés avec ceux de Dieppe, équipe"’rent quatre vaisseaux, deux desquels dévoient trait* rdepuis le Cap-Verd jusqu’au petit Dieppe, 8c les deu*autres allerent plus avant découvrir les côtes ; mais l’ 1 " 1des deux derniers s’arrêta au grand Sestre fur la côr*de Malaguette ; 8c y trouvant une grande quantitéspoivre, il en prit fa charge. L’autre ayant passé la cot*des dents, poussa jusqu’à la côte d’or, d’où il en rap-porta quelque peu avec quantité d’ivoire. Comme l eí .peuples de ces deux côtes ne les avoient pas si bt etJreçus que les autres , les marchands se bornèrent a* 1petit Dieppe Lc au grand Sestre où ils continuèrent dé-voyer quelques vaisseaux les années suivantes, 8c mçiu*une colonie. Le grand profit qui. se trouva dans le déh‘ fde ce poivre, donna envie aux étrangers d’aller eux-ssmes chercher ce qu’ils achetoient des Dieppois. • An 11 *en 137$ , ils commencerent d’y traiter; mais voyant stt>*les François y avoient par-tout des loges, commeCâp-Verd, à Sierra-Leona , 8tau Cap-de-Monte, au p eí ^Dieppe & au grand Sestre , 8c qu’ils étoient fortmés des Nègres , ds quittèrent ce commerce, le repè-rent ensuite, Sc ne l’ont point discontinué depuis Ç*tems-là. Le profit diminuant par la grande quantité d*marchandises que les François 8>c les Etrangers avoienapportées de ces côtes ; ceux.de Dieppe & de Rou efirent partir en 1380 un vaisseau du port de cent cin-quante tonneaux, qui, sor la fin de Décembre, arrivasla rade des lieux , d’où seize ans auparavant le prem-cnavire avoit rapporté de For. II en revint neuf mois ap rCrichement chargé ; de sorte que l’année suivante d S y- -• -- ‘ ' au P re "

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des environs. L’autre navire traita à Câpo-CorsoMouré, au-dessous de la mine; 8c- le troisième a.N l lqu a Acron , ayant traite à Pantin, à Sajiou, & 3 °^rmentin. Dix mois après ils retournèrent en France >sorent si bien persuader les marchands, en leur . V3n v 0 jle pays , la douceur des habitans, 8c la quantitéque l’on en pourroit tirer, qu’sts résolurent de s y e