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Tome troisième. G - L.
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HAY

HAY

Kalvermack, le Tursmark & le Houtmarck , c’est-à-dire les marchés aux veaux, aux tourbes & au bois , fontprésentement fur le terrein qu’occupoient les jardins desreligieuses. Le Beginnen-jlraat conserve encore dans sonnom les vestiges de ce monastère.

L’unique église paroissiale qu’il y eût à la Haye, étoitcelle de S. Jacques, de laquelle j’ai parlé. Elle fut brû-lée, en 1402, & resta dans un état fort délabré jusqu’àl’an,X434. On volt un diplomé de Philippe , comte deHollande , accordé la méme année pour la réparer.L’an 1518, Martin de Rossem, pilla & ravagea la Haye.L’églife fut brûlée en cette occasion. Onze ans après, letonnerre la brûla de nouveau ; & au mois de Mars 1702,elle auroit eu le même fort, fans quelques citoyens quieurent le courage & l’habileté d’éteindre le feu. Les clo-ches qui y font aujourd’hui ne font plus les mêmes qu’au-trefois ; on prit les anciennes , en 1575 , pour fondreducanon. Cette église n’étoit déja plus au pouvoir des Ca-tholiques Romains , ils en avoient été privés ; &Pierre-Gabriel , ministre Protestant, y avcit été installé dèsl’an 1566. Cette église est belle & assez grande, Philippele Bon, duc de Bourgogne, y tint en 144 6,,un chapitrede l’ordre de la toison d’or, & on y voit encore les ar-moiries des chevaliers. II y a des vitrages peints que l’onconserve avec foin. Entr’autres tombeaux, ceux de l’ami-Tal d’Opdan, de Gerard-van-Randerode , dit VanderAa, & du prince Philippe de Hesse-Philipsthal, méri-ritent d’être remarqués.

Si cette paroisse étoit unique, il y avoit plusieurs cha-pelles dispersées dans la Haye. Celle de la Vierge fur lePont-du-Spuy, étoit petite. II n’en reste plus que le nomde Kappdbrugge , que le pont où elle étoit, conserve en-core aujourd’hui. Les revenus en ont été assignés à laLéproserie. La chapelle de S. Jacques le Mineur , étoitentre le Wagefíraat & le S puy , au bout de larueSaint-Jacques ; I’église neuve en occupe le terrein. La cha-pelle de S. Corneille, joignant la Léproserie, est à l’en-trée de la Haye. La Leprolérie est présentement unemaison où des personnes qui aiment la vie tranquille Scretirée , achetent une place qui leur procure le loge-ment , la nourriture & les autres besoins jusqu’à leurmort. La chapelle de la petite femme à la cruche, dansle Nord-eïnde à l’orient , n’étoit pas fort loin du pontde Skevelínk. 11 n’en reste plus que le nom. 11 y avoitenfin la chapelle du saint Sacrement ; elle appartenois àune confrérie, qui portoit le même nom, & qui avoitété confirmé par l’abbé de Middelbourg , le 29 Octo-bre 1440. II y avoit attenant cette chapelle une maisonoù les pauvres confrères étoient reçus , pourvu qu’iiseusient été de la confrérie huit ou dix ans , Sc eussentpayé les charges auxquelles on s’obligeoit en y entrant.C’est présentement en partie une maison où vivent devieilles gens ; & l’églife est affectée aux Protestans An-glois, & aux Allemands de la religion réformée. Lachapelle de 5 . Antoine de la Clochette étoit dans leFleer-Jleeg , où est à présent la maison où l’on enfermeles insensés. II y avoit dans le bois une autre chapellede S. Antoine , à-peu-près au même lieu où les soldatsfont Pexercice. Elle est détruite jusqu’aux fondemens.

Charles V orna la Haye d’une charmante promenade,que l’on appelle Foorhout, (prononcez Foreaût.) Lesarbres furent plantés, vers l’an 1536; c’étoit alors lapartie antérieure du bois , & c’est ce que son nom signi-fie ; c’est présentement un cours magnifique, dans unevaste enceinte de maisons. II est fait en équerre ; toutce grand espace contient une promenade couverte d’ar-bres, parfaitement bien entretenus , & qui font un dé-licieux ombrage pendant l’été. C’est le rendez-vous desgrands & du peuple, qui viennent le soir y respirer lafraîcheur. Dans la longueur de cette place est une lon-gue allée , jonchée de gravier , St bordée d’une bar-rière, dans laquelle, de distance en distance, sont ménagésdes entrées pour les personnes à pied ; e’est autour decette barrière que se promènent les carrosses, le reste decette place est planté d’arbres en quinconce. SurleVoor-hout, du côté de la mer , est l’églife du cloître , ainsiappellée , parce que c’est un reste du monastère de S. Vin-cent Ferrier, dont j’ai parlé. Après la révolution, cetteéglise servit d’écurie, ensuite d arsenal. Enfin , en1617, on s’en servit comme d’une église Protestante ;mais on l’a fort diminuée* Elle fut cédee au magistrat,

en 162$, en toute propriété. Pour ce qui est du iu°"nastere, on y garda quelque rems les privilèges, |® schartres St autres documens publics de l’état ; en ifí"»les Etats de Hollande y firent accommoder une fs. epour leurs assemblées ; mais durant les troubles qu> “ílTvirent, ils quittèrent la Haye , St s’assemblerent est d 1 'férens lieux, selon l’occurrence ; St la plupart du te, ssìce fut à Delft. Ils revinrent à la Haye, en 1577»,tinrent leurs assemblées dans le réfectoire du cloi £rejusqu’à Tannée 1583. Dès Tannée 1576, ce monast® r ?avec tous les bâtimens St jardins , avoit été donn® 3l’hôpital de S. Nicolas , qui en fit abbatre une parst e »& en yendit les matériaux ; mais il y eut défense d el1achever la démolition.

/ Aujourd’hui les états-généraux , composés des déP u 'tés de foutes les différentes parties de la république ; * eîétats de la province de Hollande St deWest-Friíb, cotFposés des députés des villes de cette province le cons®' 1d’état ; la chambre des comptes de la généralité , ' 3chambre des finances de la généralité , la chambre d® 5monnoies de la généralité , le haut conseil de guets®»la haute cour de justice ; en un mot, les divers coll e "ges qui concernent l’administration de la guerre, d® 5finances & des 'loix, ont leurs séances ou leurs trib u 'naux dans la cour. Ce palais , comme on a déja dÙ»étoit premièrement une simple maison de chasse, ense líeun château de plaisance, entouré d’un bon fossé & d’u® 6muraille , avec des portes & des ponts-levis ; ave® etems, on a bâti tout à l’entour ; & au lieu de ces st 1 ’ rrailles, ce sont d’un côté des maisons louées à divers p a fticuliers, le côté qui fuit est un long édifice , autrese ,soccupé par le stadhouder. 11 est percé d’une porte, f° llSlaquelle est la grande garde. Le côté qui est bordé P asle vivier , a la chapelle que Ton a fort aggrandie. hbas est occupé par divers bureaux, & le haut est dist fl<bué en diverses sales, où se tiennent les assemblées d®états & des différais collèges, dont on a parlé. Pj 1 ^loin est la châtellenie ; prison civile où Ton met les d®Jbiteurs, même les personnes contre qui les présorstPfions font assez fortes pour s’en assurer ; mais quand *crime commence à se constater , on les transféré d aI j sles prisons de la cour. II y a apparence que ce lieu éto lCanciennement la demeure des chanoines de la cbapctyÇ’a été ensuite la maison du châtellenie ou conciergdfa’où lui vient son nom de châtellenie ou concierge fie 'Pour ce qui est de la chapelle, elle fut brûlée , en 164^on la rebâtit ensuite ; & comme, en 1685 , larévocati®de l’édit de Nantes attira en Hollande un grand nombre .réfugiés François, dont quantité Rétablirent à la Ha)' 15 ’cette église se trouvant trop petite pour les contenir, ®al’aggrandit du double. On Tappelle présentement IkEFrançoise. La grande salle de la cour est isolée de tfscôtés, & sert présentement à plusieurs usages. En p rÊ fmier lieu, c’est le vestibule des chambres où sont ses sbunaux de la cour. 2. Le long des murailles, font des h olI stiques de Libraires , dont on fe sert principalementles ventes publiques des bibliothèques ; & troisièmes {au milieu est un théâtre , fur lequel on tire les lot® 1 ^auxquelles Tétat a donné son consentement. L’assess^Sgénérale des états se tint dans cette salle en 1651 •' sle haut de cet édifice est garni de drapeaux, d’étend aí& de pavillons, remportés fur les ennemis. ^

Outre la jurisdiction de la cour, le magistrat de h **?- ea la sienne en particulier. La maison de ville fut h a .^-en 1564 & 15.65* Elle n’est séparée de la grande ®fW-que par un petit terrein dont même une partie est 3glife, &-enfermée par une balustrade de fer : le r®®^ 3une place où s’exécutent les sentences que le magn £rprononcées contre les criminels de son ressort.

Le corps des chirurgiens a un professeur en anaqui donne des leçons publiques dans un bâtiment 3à régisse de S. Jacques.

La Haye a diverses places , dont voici les pse S £ sl0 m'dérables. he Buy tenhofsoula cour extérieure, ® jn inte-rnée pour la distinguer de la Binnenhoff ou c ° £’estrieure , qui est dans Tenceinte même ae la c° l j r ' r cle-au Buytenhof que les gardes à cheval montent ^De cette place on va par une porte d’une an® 1 ^ c o® r ,»çonnerie, autour de laquelle font les prison 5 e ; s > e *é-dans une autre place , nommée la place ; c , el tre l çSçutçfìt les sentences que la cour a prononcées

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