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Tome troisième. G - L.
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pauté de Neuchâtel 8t de Valengin, îaplus grande par-tie du canton de Fribourg, avec le pays de Vaux.

Les Ambrons avoient le reste du canton de Soleurre,presque tout celui de Lucerne ; une lisiere du canton deFribourg,, presque, celui de Berne, celui d’Underwald ,St partse de celui d’Uri.

Les Grisons , la Valteline St le Vallais ne faisoientpoint-partie des anciens Helvetiens, non plus que le can-ton de Schafhouse qui est au-delà du Rhin ; il apparte-noit à la Germanie. L’é.vêché St le canton de Balleétaient aux. Rauraci , peuple différent des Helvetiens.

Voici une autre opinion. On convient avec Cluvierdes, deux cantons nommés par César ; celui des Tigu-rini , &.celui des Urbigenes. On laistè au premier les mê-mes bornes, excepté au couchant St au midi qu’on dé-tend jusqu’au fécond ; de sorte qu ils sont contigus l’un àl’autre. A la place des Tugeni St des Ambrons , on subs-titue .les Aventicenses St les Antuates. On prétend queles Aventicenses avoient Aventicum (Avanches) pourcapitale, &j qu’ils s’étendoient jusqu’aux Alpes Pennines,c’estsà-dire y compris tout le Vallais. On place le can-ton des Antuates aux deux bords du lac Leman ; desorte qu’au midi il étoit séparé des Salasses , des Cen-trons St des Allobroges par des montagnes, que de-làil s’étendoit au couchant jusqu’au mont Jura ; que pourle reste il étoit borné par le canton d’Avanches. On al-légué pour preuve, que les Antuates sont expressémentnommés par César , St que plusieurs exemplaires ontsubstitué mal-à-propos à ce nom celui de N antuates. Onconvient que les mots d ' Aventicenfis pagus ne se trou-vent point dans les écrits des anciens ; mais on trouvedans Pline, St fur les anciennes pierres, qu’il est fait men-tion des Aventici St Avantici. On voit qu’Avanches(Aventicum,') étoit une ville très-ancienne St très-puis-sante , St qu’elle fut ensuite la capitale du pays ; Stcomme Urba St Tigurum , c’est-à-dire Orbe St Zuric ,donnerent chacune le nom à un canton, il seroit étrangequ 'Aventicum si fameuse, n’eût pas aussi donné le sienà un autre canton particulier. On trouve deux évêquesétablis dans l’ancienne Helvetie, l’un à Avanches, Stl’autre à Windisch, (Vindomissce f) St comme la juris-diction ecclésiastique fut d’abord réglée fur la jurisdic-tion civile, on peut en conclure que ces deux villes quidevinrent épiscopales , étoient alors honorées du siègede deux présidens Romains, dont l’un résidoit à Avan-ches, St l’autre à Windisch. Le président St I’évêqued’Avanches gouvernoient encore le canton des Antuates.Ceux deVindisch avoient sous leur juridiction les can-tons des Urbigenes St des Tigurini. II n’est pas incroya-ble que les quatre grands cantons fussent divisés en d’au-tres petits, du nombre desquels étoient les Ambrons Stles Tugeni.

L’auteur de l’Etat St desDelices de la Suisse , 1 . 1 ,part. i, c. 2 , a embrassé le premier sentiment : noustrouvons, dit-il, dans César les limites anciennes del’Helvetie. II la borne d’un côté phr le Rhin, qui la sé-parait de la Germanie ; de l’autre par le mont Jura, quila séparait des Sequani , St de l’autre par le lac Leman61 par le Rhône qui la séparaient de l’Italie. Comme elleétoit en-deqà du Rhin , elle appartenoit à la Gaule ; d’oùTacite appelle les Helvetii, nation Gauloise. Jules-Ce-sar,. Strabon, Pline St Ptolomée les ont placés dans laGaule Belgique ; mais Auguste, pour rendre les provin-ces à-peu-près égales , mit les Helvetiens dans la Bel-gique. Cellarius, Geogr. Ant. 1 . 2, c. 3 , avoir fait cetteremarque : ainsi Nicolas Sanson a donc tort de reprocherà Pline St à Ptolomée., dans ses Remarques fur la Cartede l’ancienne Gaule, de n’avoir pas bien entendu Cé-sar , St de soutenir que César ne les y place point, maisdans la Celtique. Toutes ses preuves deviennent inutiles,puisque l’on convient que, du tems de César, ils étoientde la Celtique ; mais sous Auguste ils en furent détachés& unis à la Belgique. Revenons à l’Etat St aux Délicesde la Suisse.

II n ’y avoit dans tout le pays , poursuit cet auteur ,que douze villes St quatre cents villages , qu’ils brûlè-rent , pour aller chercher une nouvelle demeure dansles Gaules ; mais le général Romain , les empêcha des’y établir , St les contraignit de retourner dans leur pays,St d’y rebâtir leurs villes St leurs villages.

Tou.e l’Helvetie , comprise dans Ylïdveûa ciyitas ,

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étoit divisée en qnatre Cantons qui , quoique compNfous le nom général des Helvetii , avoient cepend^ 1 ^dhacun un nom distingué, St un territoire sépare- Gsar nous apprend cette particularité ; mais il ne nomtn^que deux de ces cantons , savoir Tigurinus Sc ^nus pagus. Strabon St les historiens qui ont écritguerre des Cimbres , nous fournissent les noms des . _autres cantons. En parlant de la victoire que C. Ma»gagna fur les Cimbres, ils mettent au nombre de IÇ Ualliés les Ambrons St les Tugeni , peuples de l’Hct v ^tie : aussi nous avons les noms des quatre cantons qcomposoient l’ancienne Helvetie : savoir,

Pagus Urbigenus , Pagus Tigurinus ,

Pagus Ambronicus , Pagus Tugenus.

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Les Urbigenes étoient les plus voisins de l’Ifalie ; utiraient leur nom de la vil !q Urba, (Orbe) ville ancien 11 ,’mais dont la splendeur ne sut pas de durée ; car Jv e!l í 1 ^cum ( Avenche ) lui enleva de bonne heure la gloire dtre la capitale du-canton , même de toute PHelve 11 ^-Cette derniere. dut son élévation aux Romains qui, elt .tr’autres faveurs y établirent une colonie. On compostaussi du tems des Romains plusieurs autres villes condérables dans ce canton , savoir Colonia EquefirisNoiodunum , aujourd’hui >Nyon ; Laujanna ouLausonius , à présent Lausanne ; Minnidunum ou s .nodurn , présentement Milden , St en franqois Mouli oJ1 ’Penejlica ou Petinesca, qui est Buren , St Eburodufl uou Cajlrum Ebredunense , qui est Yverdun. '

Les Ambrons n’avoient, selon Cluvier , que de nvilles, Salodurum St Vindonijsa ; St l’on ne peutdire fur Fancienneté de la preiniere ; car les deux P* 1 ?vieux monumcns qui en fassent mention , sont la tau ^Théodosienne (ou de Peutinger) St l’Itinéraire d’An 1 ^nin, qui peut être du même tems. On ne peut dou f ^que Soleurre ne soit la même ville que Salodurum •l’égard de Vindoniffa , son ancienneté est encore P***constante; car Tacite en fait mention. Les géograpu^prétendent que l’on trouve aujourd’hui des vestig es i gcette ville dans le village de Windisch , au cantonBerne ; St si les noms ont assez de rapport, la P 0 » tl0 .ne convient pas mal, non plus à celle que lui donne -la Table de Peutinger St l’Itinéraire. .

Le Pagus Tigurinus tirait son nom de la vill e c ‘ egurum , aujourd’hui Zurich. II n’y a cependant pas un ancien écrivain , qui faste mention de la ville. II est à crojqu’elle fut du nombre de celles que les Helvetiens brurent , lorsqu’ils formèrent le dessein de s’aller eta ^dans les Gaules. Les autres villes de ce canton eto líL,Forum Tiberii , Arbor Félix , ad fines , Yitodururu, {

nodurum. On croit que les quatre premieres sub 0 e fjencore dans Keyserfhthl , Arbon, Pfin St Winttrthus »mais pour la dernière on ne fait ni fa situation, fíífort qli’elle a eu. , j e

Strabon est le seul des anciens, qui fasse mentionPagus Tugenus. II est vraisemblable qu’il tirait son »®j gde la ville Tugum ou Tugium, encore à présent cap 1 ^d’un canton. On peut dire que le nom est absoj 11 » 1 ^le même ; car dans plusieurs noms de villes , qui, c - ì(ìSles Romains, coinmenqoient par la lettre T, les Gechangeoient cette lettre en Z : àeTabcrna ìlsfiren 1 ^bern; de Tolpiacum , Zulpich ; St ainsi de Tug^ ’ont fort bien pu faire Zug. , re j t i-

Nous avons dit que les Helvetiens forent de la ^ sS g,que, du tems de Jules-Cefar, St qu’Auguste les îa! y ;1sous la Belgique ; ce ne fut pas immédiatement > C j uf ales mit d’abord fous la Lyonnoise ; mais cet étatpeu, St lisi-même ou quelqu’un de ses success eur * v g-mirent fous la Belgique. Après Constantin, ils so * 1 ° r <rrent avec les Rauraques St les Sequaniens, dans ^ ) e urvince nommée Maxima Sequanorum ; St peu-a-Pnom d ’Helvetiens se perdit, St fit place à celui de ÇqÇ&niens. Eutrope en fournit la preuve, quand il dit "pelleVainquit, en premier lieu, les Helvetiens quel’bssprésentement Sequaniens. Depuis l’empire de SL erl in'tin, les Allemands se jetteront dans l’Helvetie, °t oîf ieUcommoderent fort les habitans. II fallut, pour ^ eS « ur guileur en céder une partie, les Burgundions ou ga-gnons envahirent l’autre, de maniéré que l’Helvetie J byant partagée entre ces deux peuples, P rit le n0 i em af