verne quelque tems par des princes particuliers , dontl’autorité étoit absolue ; mais il est entré depuis fous ladomination du Mogol. Une partie considérable , duroyaume de De'can , reconnoissoit encore Fempereurde Bisnagar, lorsque les Portugais arrivèrent aux Indes.Le gouverneur qui commandoit dans la ville de Goa,lorsqu’elle fut prise par Albuquerque , étoit un officierqui avoit secoué le joug des anciens rois de Bisnagar.C’est ce qui paraît par des lames de cuivre , trouvées àGoa , qui font foi qu’un de ces empereurs avoit accordécertains privilèges à quelques temples des environs de laville. Pour ce qui est des rois de Malabar, il y avoitencore plus long-tems qu’ils s’étoient affranchis de la do-mination des empereurs Indiens. Ainsi les états de l’em-pereur de Bisnagar s’étendoiení encore , U n’y. a pasdeux cents ans , depuis Orixa jusqu au cap de Como-rin. II possédoit toutes les terres qui font fur la côte deCoromandel , & plusieurs places maritimes fur la côteoccidentale des Indes. Les Paf ânes, venus du nord, ledépouillèrent d’une partie de fes états : une autre par-tie lui fut enlevée par les Mogols , qui avanqoient tou-jours vers les parties méridionales. Mais voici ce quicontribua plus que tout le reste à la destruction de cetempire. Le dernier empereur de Bisnagar avoit confiéle commandement de fes armées à quatre généraux, quifaifoient profeflìon du Mahométisme : chacun d’euxcommandoit un corps de troupes considérable , dontils fe servirent pour envahir les états de ce malheureuxprince. Le plus puissant de ces généraux demeura àGolconde , & y fonda le royaume de ce nom. Le se-cond fixa fa demeure à Viíapour , & fe fit nommer roide Décan. Les deux autres leverent pareillement l’éten-dard de la révolte, Sc fe rendirent maîtres de deux pla-ces importantes. Depuis ce tems , le Mogol a tout en-glouti. A la vérité, les princes de la partie méridionalen’ont pas encore été tout-à-fait subjugués ; mais le Na-babe les inquiète de tems en tems, &£ exige d’eux degrosses sommes qu’ils font forcés de lui payer ; de fortequ’à proprement parler, il n’y a que les princes de Ma-labar , qui ne soient pas encore tombés fous la domina-tion Mogole.
Parmi plusieurs choses importantes qui fe trouventdans ce détail, il est remarquable que les Indiens don-nent encore au mont Imaiis de Ptolomée le nom dëmont Imà. Ce qu’il dit des Mogols fera plus clair, sion y ajoute ce que nous disons d’eux aux articles ÍN-doustan & Mogol. La longue chaîne des monta-gnes de Gâte, a du moins quatre cents lieues en droiteligne , s’il est vrai, comme le dit le P. du latrie, Hisl.des Indes orientales , 1. 1 , c. i , p. 30 , qu’il y ait cettedistance entre le cap de Comorin &de mont Imaiis. Cesmontagnes de Gâte font admirables en ce qu’on y voitdans le même tems une diversité de faisons. II est dif-ficile de dire pourquoi & comment il fe peut faire quefous un même climat, & au même degré de latitude sep-tentrionale , lorsqu’au couchant de ces montagnes, il faitun rude hyver & plein d’orages , dans le même tems,on jouisse à l’orient du printems & de I’été , & que lamer y soit calme. C’est ce que nous expliquons plus aulong au mot GATE.
C’est dans cette partie des Indes , que l’on prétendque 1 apôtre S. Thomas a porté la lumière de l’évangile.On y trouve à présent une église Chrétienne , soumiseau patriarche Nestorien de Babylone , St dont les mem-bres se disent Chrétiens de S. Thomas. Voyez Càla-MiNA oc Meliapour.
La presqu isle au-delà du Gange comprendles royaumes dAvA, de Laos, de Cochinchine, deSlAM , oi * a presqu iste de MALACA. .Voyez ces articlesen particulier.
Les ISLES de la mer, sont en trop grand nombrepour en donner ici une liste complette. II y en a d’asefez grandes, comme celles de Ceilan, de Sumatra,de Java, de Bornéo, des Gelebes : plusieurs autresfont remarquables par le grand nombre, comme les
Maladives , ses Moluques , les Philippines , lesnouvelles Philippines, oc les mes Marianes. Lors-qu’il n’est question que de commerce ou des intérêts descompagnies établies en Europe , pour le trafic des In-des , on comprend fous 1e nom d Indes orientales ,quoiqu’improprement, 1e Tonquin, la Chine ôc se
IND
JAPON. Mais, à parler juste , ces pays, nì ses PhisipP 1 ^nés, ni encore moins ses istes Mariannes, ne font go-des Indes , mais au-delà. ,
Dans s ne si grande étendue de pays , où les V x 0 fZ-cfions de la nature & les mœurs des habitans sont n dlséreuses, il lèroit ridicule d’entasser ici des remarque,lu r les inclinations, la religion, les animaux, ses Ptes , les minéraux de ce pays. Ce qui seroit vrai, rieseroit que pour des contrées particulières ; & ilmieux,pour plus de lûreté. distribuer ces remarques uases articles particuliers auxquels elles conviennent.
Le commerce des Indes orientales n’est pas nouveau »& M. Huet a très-bien réfuté Strabon , qui a avance q 1 ’les Indes étoient inconnues à Homère. Ses raison sce qu’il ajoute de ce commerce, tant pour les tems anciens, que pour le moyen âge, est traité si méthoÇ 1 'quement, & dans un si grand détail dans son Hist° irdu commerce & de la navigation, c. 51 &suiv■j’aime mieux renvoyer le lecteur à cet ouvrage, ss nfacile à trouver , que d’en copier ici ce qui convientmon sujet. Je ne répéterai pas non plus le détail Ç evoyages que les Portugais ont faits dans ces dern> ersiécles, par le,-quels ils ont trouvé une nouvelle rí ? gpour aller aux Indes. Je traite amplement cette mat< erdans 1 Histoire de la géographie. Barthelemi Dias, >? 11 ^le régne de D. Jiiuan II, roi de Portugal, étant atr^enfin jusqu’au fameux cap , dont on ignorait la n íU gtion & le nom, y fut accueilli d’une furieuse bourasff^'Par cette raison il l’appella Cabo Tormentoso , ou U ^7de, tempêtes. Le roi de Portugal, charmé d’une si b -r.découverte, ne fe rebuta point du mauvais état desseaux que Dias en ramena avec bien de la peine.prince, par un augure heureux, nomma ce cap, Ctf j aBonne-Espérance, persuadé que l’on avoit trouveroute pour aller aux Indes. II ne fe trompa point ;ce ne sot qu’après fa mort, & fous le régne d’Emanuel, f0fuccesieur, que la nation Portugaise s’établit aux see^où elle pénétra & fit des conquêtes très-rapides. O"parioit alors que des Indes , qui attiraient toute i’^Ltion de l’Europe, par la nouveauté des marchand 1 *que l’on en apportoit. Ce fut fous le même régne, f-.les Portugais découvrirent le Brésil : on ne connoi^' cpas alors assez distinctement le rapport qu’il avoit a Y eles Indes, dont on lui donna le nom. On employés 1lement , pour le distinguer , le surnom à’occident Zparce qu’on prenoit la route de l’orient, en allant avéritables Indes , & la route d’occident pour aH er cCBrésil. De-là vint l’usage d’appeller Indes orientalj eSqpi est à l’orient du cap de Bonne-Espérance , a
occidentales , ce qui est à l’occident de ce cap.ensuite étendu ce dernier nom à toute l’Amériq ue ’i; reon fe sert, dans les Relations, du aom à’Indiens,p 0 * 1 *les Américains. jj e
Le pere du Jarric , déja cité , fournit une n . oir /f ladivision de l’Inde , savoir FInde BASSE , q u ‘ e a semême que l’Indoustan&í FInde haute, d u î ereste depuis le Gange jusqu’à Malaca ou à la
Le peuple a encore une division , qui n’est t' en j qU eque géographique , & qui ne laisse pas d’avoù ^f l s ,usage dans le discours ; on appelle les grandes f 1 ol .les Indes orientales ; Sc ses petites Indes , les I ndeScidentales. *
U y a dans ses isies des Indes un grand °^ eall ] 0 ngpelle mendron ou koknos. Cet oiseau porte ust u(re sbec percé de cinquante trous. II en a cinquat> te a (r0lì sfur le dos jusqu’à la queue. Lorsqu’il chante, ceS ap prisforment différens sons : on dit que cet oise ad , ala musique aux anciens ; il vit mille ans & elt "Quand il íe sent près de fa fin, il fait un bûcher a g àbrossasses & autres choses combustibles ^ 1 *L ce p-force de battre des aîles au soleil, & se brûle. ^ sedres produisent bientôt un autre koknos , hui n nI ver sperpétue de même. Voici la traduction de quel<I uPerfiens, qui ont rapport à cette fable: «émis*'
Ainji que le koknos , je me consume avec smens sur le feu. n tinueUc*
O cruelle ! tes* rigueurs me font soupirer co foknos*ment ; & je brûle dans le feu , comme <ses
Cet oiseau est fabuleux & tient beaucoup du P ' 1anciens. * Manuscrits de la Bibl. duroi. o. gct
Les Indiens font bruns, d’une taille médiocre,