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quatre ou cinq mois de Tannée tout aû plus; & puis ilss’en retournent à Gamron , fur le golfe Períìque, à unmois de chemin d’íspahan , où est leur négoce.
Traversant le caravanserai de Lelebec on entre dansun bazar où il y a un caravanserai auffi grand que lesprécédens. L’un & l’autre est surnommé des vendeursde grenades , parce que durant neuf mois de l’année,on y en apporte de divers endroits de la Perse une pro-digieuse quantité. On conserve ce fruit dans du coton,& on le transporte dans des caisses de quatre pieds déhaut, & de deux pieds de large ; c’est un des plus ex-celiens fruits du pays ; nous ne le connoistons presquepoint en Europe, les grenades que nous avons Rappro-chant point de celles de Perse , soit pour la grosseur,soit pour la beauté & la bonté ; au bout de ce bazar ,en tirant à gauche ,- vers la place qu’on appelle la tourde cornes , on passe le collège de Gedde , ainíi nomméd une femme du roi Séfi , laquelle le fonda ; puis onse trouve dans un long bazar, appellé le baqar de Sa~routakiy qui est ce premier ministre eunuque, dont ona parlé. II y a en ce bazar un bain d’un côté, & un ca-ravanserai de l’autre , qui portent le même nom, parceque ce ministre les fit tous deux construire. On trouveà la sortie de ce bazar la petite écurie d u roi , appeiléejavile khajjè , écurie particulière, pour la distinguer dela grande , qui est dans l’enceinte du palais royal.
C’est-Ià ce qu’il y a de remarquable du côté de la portede Hajjen-Abad , en tirant de l’occident vers l’orient ;il faut voir de fuite ce qui mérite d’être remarqué de cemême côté, en tirant de l’occident au septentrion. Ony trouve d’abord les palais de Mir^a-Echref, fameuxmédecin ; quand on les a passés, on se trouve au dé-tour de deux longues rues, dont celle qui tire à gauche,rnene au château d’Ispahan , qu’on appelle le châteaude la bénédiction ; & celle qui tire a droite , aboutit,après un long chemin ,'à la place royale. Passant outre,on trouve deux autres palais, dont l’un appartient à Di-lent-€hi-Can , grand-feigneur, qui a fait bâtir une bellemosquée tout contre ; & l’autre appartient au roi.
Sur la main gauche de ce palais, il y a un autre grandchemin en ligne collatérale, par des rues assez belles, quifont entre-coupées de bazars. On y passe le caravanse-rai , surnommé du général des Courtches , qui est le plusancien corps de milice de Perse.
Ces deux chemins se rencontrent à la place royale ;& en continuant sa route, on entre dans une belle ruequ’on appelle la rue de Gueda-Alibec , qui étoit pré-vôt de la chambre des comptes : son palais est au mi-lieu ; & tout joignant est celui d’un gouverneur de pro-vince , nommé Rujlan-Kan , avec un bain & une mos-quée qui en dépendent. De-là on passe un bazar , quiaboutit à une grande maison, bâtie par un riche mar-chand des Indes, nommé Mirça-Moain , joignant la-quelle il y a une mosquée : assez près de-là est un car-refour , cl’où, tournant à l’orient, on rencontre d’abordla fameuse maison de la. Dou^e-Tomans .d étoit une cour-tisane qui avoit beaucoup d’esprit & de beauté , & quiavoit mis ce prix à ses faveurs. Douze tomans valentenviron cinquante pistoles. A cent cinquante pas decette maison est le palais de Soliman-Can ; St tout joi-gnant est celui de la compagnie Hollandoise , qui est unbeau logis, avec un grand jardin orné de pavillons, debassins d’eau courante. Le portail en est grand St élevé,surmonté des armes St de la devise de la compagnie.
En passant derriere ces palais, on trouve un collègequ on appelle Medre^é-S ephivie , c’est-à-dire collège depureté. II est pourtant à l’entrée du plus infâme quartierd’Ispahan, consistant en trois rues St sept grands cara-vanserais nommes les caravanferais des découvertes : onappelle ainsi les femmes prostituées. Tout ce quartierest rempli des plus communes. On compte douze millefemmes publiques à Ispahan, q» sont couchées fur fê-tât , en cette qualité , fans y comprendre celles qui nefont pas profession ouverte de cet infâme commerce. Ausortir de ce canton, on passe sous une grande voûte quiporte la belle mosquée de Phatahalla , qu’on appelleaussi la mosquée du cèdre ou grand-pontife , parce quele grand-pontife , du tems de Séphi I, vint demeurerdans un palais qui est tout joignant. C’est un des plusgrands de la ville. II faut présentement retourner au carre-four de Mir{a-Moain, pour voir ce qui est à l’occident.
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On trouve d’abord le bazar de Tóktikan , fi^grand-prévôt d’Ispahan, du tems d’Abas le Grand.^bout de ce bazar on rencontre plusieurs grandes > ^sons , entr’autres, celle de Mirqa-Maajjotim , fils o" ?mier ministre du tems d’Abas II, celle d’un grand ^chand de Turquie , nommé Ghelebi-Stamboli ou # j .tilhomme de Confiantinople ; celle du Zindor-b a ^qui est intendant fur tous les équipages des chevaux » ^celle des Lours,qdi est le nom d’un peuple qui d at)Il’occident de la Parthdie. Entre ces maisons on rein art Ile caravanserai d’Emir-Bec , qui est proche duOn laisse à gauche, en avançant plus loin, un vieux CI !k uJtiere , à un coin duquel on voit un gros orme , 1lequel on asture qu’est la sépulture de Seljouge , uneien roi de Perse. Les Persans disent que dieu c ° nsecet arbre, depuis tant de siécles , pour orner ouquer la sépulture de ce bon roi. Plus loin on P,sa-vant les palais d’Ismaél-Bec, ôt devant celui de lA»Bachi , c’est-à-dire le chef des esclaves du roi , d 111 gSsont pas encore mariés. On donne ce titre aux j eUgens, ou qui sont donnés au roi, en qualité ^ es ? â f 0 ntou qui sont enfans de ces sortes de gens, lesquels Acouchés fur l’état, & tirent la paye dès leur b aSPlus avant on trouve le ba^ar du grand-maître de .tillerie , contigu à un autre qui porte le nom de A ^met-Emin; & à trente pas de-là est la maison despucins, assez spacieuse , avec un grand jardin qui d° jsur un cimetiere, qu’on nomme Ckeik-SultonM al k ea udu nom d’un seigneur qui y est enterré sous un t orn unede pierre. Cette maison des Capucins n’est P a * ^ eSmaison du roi comme celle des Augustins , ou c&} e , ^Carmes ; elle est aux Capucins en propre, ayant e te ^tie &t le fonds acheté de leurs deniers. Ils vinress.Perse au commencement du régne de Séphi I, 1surent reçus à la recommandation du roi de Francs ^cardinal de Richelieu, son premier ministre, accor° afameux pere Joseph, Capucin, son ami, cette recossA ^dation en faveur de son ordre, qui fit les frais de*blissement. ^
De la maison des Capucins , tirant au midi, oîl f „trouve que de petits bazars , beaucoup de maisons y ?lIgeoises, des tuileries qui aboutissent au fossé du d> 3 ^du côté des champs ; mais du côté du nord, on tr ° a .un collège qui porte le nom d’un grand eunuque durail, nommé Aga-Kafour , qui le fit bâtir. Cet eun Jgîétoit trésorier du serrail, & par conséquent gardonpierreries & de tout le trésor royal. 0 f
, Ce que l’on trouve de remarquable au-delà de <j e ^lége, est le palais de Yu^-Bachi, ou capitaine d e ^gardes , qu’on nomme Agellou , c’est-à-dire //z s.gnards , pour donner à entendre qu’ils sont fierstrépides ; le palais de Mìr^a-Refi , intendant d’RP 3 ^ 0 ìtcelui d’ Ága-Cherif-Efti-Fachi, qui aboutit à un ’ ga-*
est un hôpital ruiné. Puis on rencontre deux gras p so-ieries vis-à-vis desquelles est une maison que so 5 ^ u»péens appellent 1 ’évéché , parce qu’eile a appattej 111évêque de Babylone, suffragant de l’évêché d ^ a sd ,C’étoit un Carme François , nommé le P. $ er re"qui, Rayant pu trouver de quoi occuper un évêss^’ Dé-tourna en France, laissant la maison en bon é tat ’ r ie.
f lise , ^ la bibliothèque , les ornemens & l’a r g en.tant à Paris, il vendit tout cela à un orfèvre. ^ \%Ce que nous venons de décrire depuis la 1113 deDouze-Tomans, est dans le quartier, qu’on n0lîl roC he,kerron ou des sourds. Celui qui en est le pl uS s (re foisporte le nom d ’ Ahmed-Abad ; & il s’appelloi £ 3 ^gBague-Toout , c’est-à-dire jardin des meures , P a gn c®c’étoient plusieurs jardins de meuriers. Onquartier la rue de Paet-Cbenar, les bains de Lo J, c0 ' u -Eldin & de Mir^a-Rou-Halla , une petite i e t-N e 'verte en terrasse : un petit collège, nommé i ur ,.^ K lli'çour-El-Moulk , terme qui signifie le tombeau ** c | e cegence de l’empire. On appelloit ainsi le grand-vr C groi Hassen, le fondateur de la partie d’Ispab 311 ’ 4 ^ tra -son nom, lequel est enterré dans ce collés?- pTO cb eversé par un grand canal d’eau ; on voit tou P gveCl’hôtel d’un seigneur nommé Hakim'^ a f arne O»un bazar, un bain & un caravanserai de meme iy voit aussi une belle mosquée neuve. e sts I e
On entre de-là au quartier de YeSD , corn ^asile >surnomment, où ce que l’on voit de pl« S rem