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Tome troisième. G - L.
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poids, subsister pendant tant de siécles. Cette sale a k■présent quarante pieds de haut, fans compter que la pous-sière & les débris , dont le parquet est couvert, déro-bent encore une partie de son exhaussement. On trouveau bout de cette sale, vis-à-vis de la premiere porte,un second portique semblable au premier dans tous lesornemens , excepté qu’il .est plus petit; on entre par-là,dans une seconde sale moins grande que la premiere,dont le plafond n’a que huit pierres. On trouve au boutde cette chambre, fur la même ligne, un troisième por-tique plus petit encore que le second , aussi-bien que lasale qui est après, quoiqu’on ait employé treize pierresà son plafond , mais qui font beaucoup moins grandesque celles des autres. Au fond de cette troisième sale estun quatrième portique , adossé contre la muraille , &qui n’est là que pour faire symmétrie avec les autres.Cet édifice , tel qu’il est à présent, n’a de profondeurque la longueur de ces trois sales. C étoit fur les deuxcôtés, & sur-tout sous terre, qu’étoit ce nombre prodi-gieux de chambres & d'avenues. En esset les sales, queje viens de décrire , font percées en plusieurs endroitspar où l’on entre dans d’autres chambres qui font aumême niveau, d’où l’on monte dans celles qui font plusélevées, & on descend dans celles qui font fous terre.J entrai dans plus de cent cinquante de ces chambres,tantôt en'-me traînant fur le ventre, par des ouvertures àdemi-bouchées , tantôt en retirant quelques matériauxqui en ferment le passage ; mais avec toutes ces précau-tions , il ne me fut pas possible d’aller bien avant.

Pour bien entendre la construction de cet édifice, ilfaut se figurer qu’on entre d’une chambre dans une au-tre, quelquefois dans une allée percée en différens lieuxqui répondent à d’autres avenues, d’où souvent, sanss’en appercevoir, on revient au même endroit d’où l’onest parti, &c voilà l’artisice de ce labyrinthe. Toutés ceschambres & ces allées où régnois une parfisse r,]-,. cr.dté,ne font ni d’égale grandeur, ni d'udm: forme. II yena de longues, de carrées, Áe . ^angulaires. Pavois prisla même précaution qu’Aiiane fit prendre à Thesèe,lorsqu’il fut obligé d’aller combattre le Minotaure dansle labyrinthe de Crète , qui n’étoit ni si grand ni si va-rié que celui-ci. Pavois en effet pris plus de deux millebraises de ficelle, de la paille hachée pour répandre furma route, & un grand nombre de flambeaux ;

Jamia dlfflàlìs filo ejl inventa rellclo .

Un Arabe, d’environ quatre-vingt ans, qui étoit avecnous, m’assura qu’étant entré autrefois dans ce labyrin-the , il avoit marché dans les chambres fouterreines,jusqu’en un lieu où il y avoit une grande place, envi-ronnée de plusieurs niches qui ressembloient à dé pe-tites boutiques, d’où l’on entroit dans d’autres allées &dans des chambres, fans pouvoir en trouver la fin ; d’oùil conclut qu’il falloir, depuis ce tems-là que, la plûpart desavenues , qui y conduifoient, fe fussent bouchées par lesdébris qui s’y étoient amassés. C’étoit à ce labyrinthe,bien mieux qu’à celui de Crète , qu’on pouvoir appli-quer ces beaux vers de Virgile, jEneïd. 1.5, v. 589 :

Parìetìbus textum cacis iter , ancipitemque ,

Mille vus habuijfe dolum , quàjignasequendi ,

Fallerat indeprensus & irremeabilis error.

Après cette description faite, depuis le commencementde ce siécle, il fera bon de joindre celle qu’a faite , il yS plus de deux mille ans , Hérodote qui avoit vu cetédifice entier.

Pai eu, dit cet auteur, le plaisir de voir ce labyrin-the , plus grand que fa renommée. En effet, on ne con-cevra jamais rien qui réponde au travail & à la dépensede cet ouvrage. II y a douze sales voûtées qui ont leursportes à l’opposite les unes des autres ; six regardent le sep-tentrion , & six le midi, toutes contiguës & enferméesen dehors d’un même mur. II y a dans ce labyrinthedeux étages, l’un sous terre , & l’autre dessus ; & tousles deux contiennent trois mille chambres , mille cinqcents chacun. Pai vu & considéré celui d’en-haut; maisj’ai seulement ouï parler de celui qui est fous terre ; carles Egyptiens, qui le gardent, ne voulurent jamais mepermettre de le voir, parcç que c’étoit, disoiçnt-ils, la

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sépulture des rois qui avoient bâti cet édifice., &des crocodiles sacrés ; c’est pourquoi je ne parle du l ° u 7terrain, que fur le rapport d autrui ; mais j’a vu celuid’en-haut qui surpasse la croyance & tous les ouvragesdes hommes. Je ne puis me représenter les tours & dé-tours qui mènent & ramènent par les laies, fans entrerdans une profonde admiration. D’une sale on passe dansdes cabinets, des cabinets dans les chambres, des cham-bres dans d’autres sales , & encore des cabinets dansd’autres chambres. Le plancher de tous ces lieux est e| epierres, comme les murailles ; mais il est enrichi de di-vers ouvrages de sculpture de tous côtés. Chaque faseelpresqu’environnée de colomnes faites de pierres blancnesbien polies. II y a au coin où finit le labyrinthe une py-ramide de quarante toises de haut, où l’on volt de grandsanimaux gravés ; & le chemin, pour y entrer, est l"° uSterre.

A ce récit d’Hérodote, que rapporte le voyageur mo-derne , il'joint quelques réflexions qui mettent sous losyeux du lecteur l’état présent de cet édifice, i. Héro-dote dit qu’il y avoit, de son tems, dans le Iabyn n jr sdouze sales voûtées, qui avoient leur porte à l’opP 9 ‘ lteles unes des autres. Pline assuré qu’il y en avoit íèiz e »pour marquer les seize gouvernemens de l’Egypte ; ma lScomme cet auteur ne parle que fur le rapport d’autrui »se relation est fort imparfaite. Tenons-nous-en à He r °"dote, St disons qu’il y a bien de l’apparence que 1 eX “térieur de Ce bâtiment avoit quatre faces St douze fa{ e *qui répondoient aux frontispices , mais qu’elles ont e tedétruites par le tems, comme il paroît par le grand nom-bre de ruines qui sont à l’entour ; ensorte qu’il ne rest eplus à présent que la quatrième partie de cet ouvrag e *c’est-à-dire un fèul portique à moitié, trois sales & * eSchambres qui sont aux côtés. 2. Hérodote dit que ce*saies étoient voûtées. Cette expression est impropre j c ?sont des plafonds faits de grandes pièces de marbre, q uívont d’un bout à l’autre des sales, en quoi Strabon 3été exact , assurant que ces plafonds étoient faits osgrandes pierres qui les traversoient d’un bout à l’autre rce qui est très-vrai. Ce judicieux auteur se contente obdire que ces marbres étoient d’une grandeur énorme »fans la déterminer. II dit aussi que les chambres soutes"reines étoient construites de grosses & longues pièces à emarbre; ce qui est encore vrai. 11 ne paroît pas au reste*Comme l’asture Hérodote, qu’il y ait eu dans cet endrofi

aucuns bas reliefs ni des hiéroglyphes ; maïs on

doit

appliquer cette remarque aux portiques, aux colom° e -èt aux murailles qui en étoient remplies, & où 1’°^ el *distingue encore plusieurs. Je vis même, poursuit le h e ^Lucas, dans une des chambres que je visitai , une n^che dans le fond, &, aux deux côtés, des bas-reliefs , 1 l breprésentoient des Anubis grands comme nature , 9 ° 0l squ’on ne puiste pas bien distinguer si c’étoient les fiZ"td’Anubis , d’Osiris ou de quelqu’autre divinité. Je cf ,^cependant que'c’étoient celles du premier , parce íss■est très-bien représenté fur les frontispices, j. II y aV ? e pdit Hérodote, double étage, l’un sous terre, fautse,.. yfus. Je crois , pour moi , qu’il étoit triple & 1 e

avoit fur celui qui est au rez-de-chaussée un autre Ç ta 9 ^Comme il paroît par le frontispice , dont la part^ * fepérieure est presqu’entiérement renversée ; peut'9 ^étoit-elle dans cet état, dès le tems de cet hjst° T j^*4. Pour le nombre des chambres qu’il contenois?rodote n’a pu le savoir que par la relation des P rt& de ceux qui gardoient le labyrinthe , puisqu’d ne j u j,fut pas permis de les visiter , comme il ffavo^e ^même. II n’est pas possible à présent de dire au jm ^ ynombre de ces chambres, la plûpart des avenues, q ^Conduisent, étant bouchées. 5, De savoir mamtena ^quel usage avoit été construit cet édifice ; si c’étoit p ^servir de sépulture aux rois qui l’avoienr fait ^? at u^r0'pour celle des crocodiles sacrés , comme le dit n cdote, c’est ce que je n’òserois assurer. Je dirai se u e ^ airqu’il est bien constant qu’aucun peuple n’a jamais ei ^tant de foin que les anciens Egyptiens, d’avotr ^ j gSperbes tombeaux & d’embaumer les cadavres , v0 ;entpyramides , comme òn le croit communément, 3 ^ ojrCété construites pour cet usage, rien n’empêche c p e g pasla même chose du labyrinthe. 6- Hérodote *^p an t quebien exprimé au gré de notre voyageur, en d’unedans íes sales, les planchers ôi les colomn eS belle