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Pline, /. 36, c. 13 , dit que ce labyrinthe de Cre'te futbâti par Dédale , fur le modele de celui d’Egypte ;qu’il n’en imita pas la centième partie, & que cepen-dant il contenoit des tours & des détours, dont il n’é-toit pas possible de fe démêler. II n’en restoit plus au-cun vestige de son terns, non plus que de celui d’ítalie,duquel nous parlerons ensuite. Ce labyrinthe étoit au-près de Gnofíe , selon Pauíanias, in Atticis , & quel-ques autres. Il paroît qu’il étoit découvert, par l’étrangemaniéré dont la fable a supposé que Dédale & son íilsIcare s’en tirèrent ; au lieu que celui d’Egypte étoitcouvert & obscur.
3. L’autke labyrinthe de Crête fe trouve dé-crit dans les Mémoires de l’académie royale des scien-ces, annce 1702, p. 290, par de Tournefort, qui l’aexaminé à loisir. Voici comment il en parle. Le laby-rinthe de Candie est un conduit fouterrein, en maniéréde rue, qui, par mille tours & détours pris en tout íènsôt fans aucune régularité, parcourt tout 1 intérieur d’unecolline située au pied du mont Ida, du côté du midi, àtrois milles de l’ancienne ville de Gortine.On entre dans celabyrinthe par uneouverture de sept ou huit pas de large,où à peine un homme de médiocre taille pourroit palierfans fe courber. Le bas de l’entrée est fort inégal ; maisle haut est assez plat &. terminé naturellement par plu-sieurs lits ou couches de pierres poípes horizontalementles unes fur les autres. On trouve d’abord une especede caverne fort rustique, dont la pente est douce ; maisà mesure qu'on avance, ce lieu paroît tout-à-fait sur-prenant. Parmi tous ces détours il y a une allée bienmoins embarrassante que les autres, laquelle, par un che-min d’environ douze cents pas , qui fe fourche à son ex-trémité , conduit à une grande & belle sale au fond dulabyrinthe. Pour trouver cette allée, il faut fe détournerà gauche, environ à trente pas de l’entrée. Si l’on en-sile quelqu’autre rue , on s’engage, après avoir fait biendu chemin, dans une infinité de recoins & de culs-de-facs , d’où on ne fauroit fe tirer fans danger. Nousfîmes, dit l’auteur cité, en demi-heure de tems, onzecents soixante pas dans cette principale allée , fans nousécarter à droite ni à gauche. Elle est haute de sept ouhuit pieds, lambrissée d’une couche de rocher horizon-tale & toute plate, comme le font la plupart des lits depierre de ce quartier-là. II y a pourtant quelques endroitsoù il faut un peu baister la tête, & un , entre les autres,que l’on rencontre vers le milieu du chemin, où l’onest obligé de marcher , comme l’on dit, à quatre pâtes.Cette allée est ordinairement assez large pour laister pas-ser deux ou trois personnes de front. Le pavé en estuni ; il ne faut ni monter ni descendre considérable-ment. Les murailles font taillées à plomb, ou faites depierres que l’on a pris la peine de ranger, comme l’onfait celles des murailles où l’on n'emploie point de mor-tier ; mais il fe présente tant de chemins de tous côtés,que l’on s’y perdroit indubitablement, fans les précau-tions nécessaires. Après avoir bien examiné ce lieu,nous convînmes tous qu’il n’y avoir aucune apparenceque ce fût une ancienne carrière dont on eût tiré lespierres pour bâtir les villes de Gortine & de Gnosse,ainsi que Bellon & quelques auteurs modernes l’ontpensé.
II y a beaucoup plus d’apparenceque ce labyrinthe n’estqu’un conduit naturel, que d’habiles gens ont pris plai-sir , il y a plusieurs siécles, de rendre praticable , en fai-sant aggrandir la plupart des endroits qui étoient tropresserrés. Pour en exhausser le plancher, on ne fit quedétacher quelques lits de pierre, qui naturellement fontpar couches horizontales dans toute l’épaisieur de la mon-tagne. On tailla les murailles à plomb dans certains en-droits , & on prit foin de ranger la plûpart des pierresqui embarrassoient les chemins. Peut-être que Ion netoucha pas à l’endroit ou il faut marcher à quatre pâtes,pour faire connoître à la postérité comment le r este étoitfait naturellement; car au-delà de cet endroit,l’allée estaussi belle qu’en-deçà. Comme tout ce qui avoir appa-rence dé grandeur frappoit les anciens Grecs , & sur-tout en inatiere de bâtimens, il y a apparence qu’ils per-fectionnèrent ce que la nature n’avoit fait qu’ébaucher.Quelqués bergers, peut-être, ayant découvert ces con-duit? íòuterreins, donnerent lieu aux grands hommes dece tems-là de les aggrandir St d’en faire ce merveilleux
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labyrinthe', qui ne donne aujourd’hui retraite qu’à de»chauves-souris, & qui peut avoir servi d’afyle-à plu-sieurs stimules, pendant les guerres civiles, ou fous lesrégnes des tyrans ; car ce lieu est extrêmement sec, &l’on n’y voit ni égouts ni congélations , comme dansles caves-gouttieres. On peutajoûter à cette conjecture,qu’il y a deux ou trois autres conduits naturels fort pro-fonds, dans les collines voisines du labyrinthe, dont oRpourroit taire de semblables merveilles. Les cavernesfont fort fréquentes par toute Piste de Candie. La plu-part des rochers, & íiir-tout ceux du mont Ida,,font per-ces à jour par des trous à y fourer les deux poings ou latete. On y voit plusieurs abîmes profonds & perpendi-culaires ; pourquoi n’y auroit-il pas des conduits íouter-reins horizontaux dans les lieux où les bancs de pierre
font assis horizontalement les uns fur les autres ?
Ce n’est pas le fameux labyrinthe dont les anciensont parlé. Celui-ci avoit été fait par Dédale, fur le mo-delé du labyrinthe', d’Egypte , cent fois plus grand quecelui de Candie, ainsi que le rapporte Pline , 36,
c. 13, qui assure que de ton tems il ne restoit plus au-cun vestige de ce dernier. Je ne connois personne quie stait fait mention, que fauteur du grand Dictionnaire éty-mologique grec ; AccCúetvTcç h rf KpttTji t « via® ìçi
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M. de 1 ournefort emploie le reste du Mémoire à tiretde ce labyrinthe des preuves en faveur de son opiniontouchant la végétation des pierres ; & ce qu’il en dit, n eregarde que la physique.
4. Le LABYRINTHE DE L’iSLE DE LEMNOS , &Ion Pline, /. 36, c. 13 , étoit semblable à ceux, dont onvient de parler; ce qui doit s’entendrede Pembarras d eSroutes. Ce qui le distinguoit, c’étoient cent cinquantecolomnes, qui, pendant qu’on les tournoit, étoient ii éga-lement ajustées dans leurs pivots , qu’un enfant fussilo^pour les mouvoir, pendant que l’ouvrier les travailloit*Ce labyrinthe étoit l’ouvrage des architectes Zmilus»Rholus, & de Théodore de Lemnos. On en voyoit en-core des vestiges du tems de Pline.
5. Le LABYRINTHE d’Italie fut bâti parPorsenna,roi d’Etriirie, qui voulut fe faire un magnifique tombeau,& procurer à l’Italie la gloire d’avoir íùrpasié la vanitédes rois étrangers. Ce que l’on difoit étoit si peu croya-ble, que Pline n’a osé prendre fur foi ce récit ; il aimemieux employer les propres termes de Varron. Ce roi,dit ce dernier, fut enseveli au-dessous de la ville de Çlu“sium , où il laissa un monument de pierres de taille*Chaque côté avoit trois cents pieds de largeur, & cin-quante de hauteur. Dans la base qui étoit carrée, d /avoit un labyrinthe d’où l’on ne fe pouvoir tirer ; q ul "conque avoit l’imprudence de s’y engager, fans un pelé"ton de fil, n’en retrouvent plus la sortie. Au-dessus, d ?avoit cinq pyramides, quatre aux quatre coins, &
au milieu ; elles a voient soixante & quinze pieds de l 3f "geur à leur base, & cent cinquante de haut, &c ; il n ^restoit plus rien du tems de Pline.
A l’imitation de ces labyrinthes, on en a fait pour ( er ,vir d’ornement dans les jardins, où l’on n’étoit pas obljê 0de ménager le terrein ; & par le moyen des allées d’ ar 'bres, on a trouve le moyen de faire faire beaucoupchemin inutile à ceux qui y entrent fans avoir de gum e *
Le LABYRINTHE DE VERSAILLES est un des P‘j£beaux ouvrages modernes en ce genre. Voyez VT* 1SAILLES.
' Le lac du labyrinthe. Voyez Lac.
LAC, substantif masculin, grand amas d’eaux douçjjjou salées, qui ne tarissent jamais, &t qui sont entoure'-d’un rivage , de tous côtés, excepté à l’entrée ou 3sortie de quelque ruisseau, ou riviere. Ulpien dit quedifférence entre le lac & l’étang consiste en ce qu e .lac a toujours 1 de l’eau, & ne tarit en aucune faist> n . £l’année ; au lieu que Pétang est sujet à n’avoir P 0 'd’eau dans les grandes sécheresses. 11 y a quatre í° rde lacs. uríe
1. Quelques-uns ne reçoivent ni ne rendent auc.^riviere. S’ils font petits, dn les nomme étangs ; s “ sgrands, ils gardent, pour la plûpart , le nom de
2. II y en a d’où il fort des rivières, stt où i n
entre aucune. . ^
3. II y en a d’autres où il entre des rivière»,il n’en fort point,'
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