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Tome troisième. G - L.
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ÒQO

LEUSINIUM; ancienne ville de la Dalmatie, selonAntonin, Itiner. II la met fur la route de Saionesà Dyr-rachium, entre Dalluntum & Andarba, à XL. M. P. dela premiere , Sc à XXIX. M. P. de la seconde.

LEUTARNIA , côte d’Italie, dans la Japygie. Stra-bon, l. 6 , p. 281 , dit : on dit que les géans nommésLeuternìens , qui s’étoient sauvés de Phlegre de Campa-nie, furent poursuivis jusqu’ici par Hercule, Sc furent en-gloutis par la terre, &t que de leur sang íë forma la sourceinfecte qui coule en ce canton-là, (auprès de Leuca,) Scque par cette raison, la côte s’appelle Leuternia. Ly-cophron semble y mettre une ville de ce nom, r. 978.

LEUTEMBERG, selon Robert de Vaugondy, Atlas,ville de Silésie. C’est la même que Leiviberg. 1. Voyezce mot.

LEUTKRICK , petite ville d’Allemagne, au cerclede Suabe, selon Baudrand , dans l’Algow, à trois millesde Meinmingue, Sc à six de Lindau, fur le torrent d’Es-chach , qui fe jette peu après dans Viser. C’est une villea fiez nouvelle; cependant elle est ville libre & impériale.

Baudrand, qu on cite dans cet article, appelle cette villeLeutkirck, Sc non pas Leutkrick ; il dit encore avec rai-son, que cette ville est située stir l’Elchach, qui fe renddans l’iller, Sc non pas dans Viser, qui est une rivierebien différente.

LEUTMERITZ, ville de Bohême, dans la Bohêmepropre, au cercle de laquelle elle donne son nom, furl’Elbe , à huit milles au-dessous de Prague, & à dix deDresde. On la nomme aussi LiTOMtERSK. C’est lesiège d’un évêché érigé, en 1655, par le pape Alexan-dre VII, fous l’archevéché de Prague.

LEUTOMISSEL , ville royale de Bohême , dans lecercle de Chrudim , fur la riviere de Lavesna. II y avoitanciennement une abbaye de l’ordre de Prémontré, quifut érigée en évêché par le pape Clément VI, en 1344;mais la ville ayant été ruinée par les Huísites, l’évêchéa été supprimé. II y a un beau château qui appartient aucomte de Trautsmandorf.

LEUTSH , Leuconum , ville de la haute Hongrie, aucomté de Scepuz, au pied du mont Krapack, aux fron-tières de Pologne, auprès de la source de la riviere deHernat, à sept milles d’Aliemagne de Caffovie. Elle est

fortifiée.

LEUWIN, (la TERRE de) oju de la Lionne, pays dela nouvelle Hollande , dans les terres Australes, entre laterre d’Endracht, ou de la Concorde Sc la terre de Nuyts,entre le ia^d. Sc le 136 e de longitude, Scentre les 30 e35 e d. de latitude sud. La côte en est découverte àl’orient jusqu’à la terre de Nuyts, mais non pas au nord,où Von ne fait si elle est contiguë à la terre d’Endracht.* Robert de Vaugondy, Atlas.

LEWARDE, Leowardia , ville des Pays-bas, dans larépublique des Provinces-Unies. Elle est située dansl’Oostergo , l’un des cantons de la province de Frise, àquatre lieues de Dockum , Sc à égale distance de la merdu nord. C’est une belle St grande ville, capitale descomtés d’Ooslergo, deWestergoc, Sc de Sevenwol-den ; la résidence du stadhouder de la province, Sc lelieu ou fe tiennent-la cour supérieure St la chancelleriede toute la Frise. *Janj iUrb. Belg. Tab. p. 1.

Bien des écrivains fe font imaginé que le nom latinLeowardia venoit de celui d’un petit ruisseau nomméLeu, qui, disent quelques-uns, fe déchargeoit autrefoisen cet endroit, dans un bras de mer, dont nous parle-rons ci-après. Mais il paraît plus vraisemblable que lenom de Lewarde, tire son origine de celui d’un seigneurnommé Lewio, qui demeurait anciennement dans ce lieu,Sc que de Lewio on a fait Leowardia ; comme personnene peut douter que REcone on n’ait formé Ecowerdia,de Jucone Jticwerdia, de Feldone Feldwerdia, Scc.

Alting, Not. Gerrn. mf, part. n , p. 116, donne uneautre origine à ce nom. II le dérive de Liew ou Leew,nom d’hommefort commun en Frise, Sc de weerth, quisignifie une ijle, ou une élévation au milieu d’un marécage.

Dans divers titres de l’églife d’Utrecht, au lieu deLeowardia on lit Lywart; & le premier de ces titres estde Vannée 12.27. Mengo, abbé de Werum, fait mention,sous Vannée 1247, des bourgeois d eLiwerth; Sc dans lesTables de Scotanus, fous Vannée 1300, on lit Lieuwerth.

Quoi qu’il en soit, dans le tems que cette ville com-

mença de fe former, elle avoit dans son voisinage deuxvillages, l’un à l’orient Sc l’auíre à l’occident. Chacunde ces villages avoit son église. L’un s’appelioit Olde-hova, du nom de son église : Vautre fe nommoit Hocd,qui, dans la langue du pays, signifie un angle Sc un hame-çon. Depuis quelques siécles, ces deux villages Sc leurséglises ont été renfermés dans la ville. Ils y ont con-servé leur ancien nom, Sc jouissent du droit déparante»Lewarde s’est auffi accrue du côté du midi ; de forteque son enceinte, prise en dedans des fossés, est tout aumoins de seize cents pas.

Cette ville est riche, peuplée, fortifiée de bons rem-parts, magnifique par fes bâtimens, tant publics que parti-culiers, Sc partagée par divers canaux , où coule une eauvive. Sa figure est carrée; mais les côtés cìu carré'fontinégaux. L’un de ces côtés regarde le nord, Vautre temidi, le troisième le levant, Sc le quatrième le couchant'

Dans cette enceinte il n’y a que trois portes cou-vertes chacune d’une espece de demi-lune. La premierest au midi ; la seconde au couchant, Sc la troisièmetout auprès de sangle du coté qui regarde l’orient d'étc-Mais il y a quatre canaux, dont l’issue est pratiquée fou sle rempart ; ce qui donne la liberté aux bateaux d’entrer& sortir. La ville 11’a qu’un fauxbourg; & il lui est coît'tigu, du côté de l’orient. II a beaucoup de maisons &de jardins. On lui a donné le nom de Vliet.

La place publique est beaucoup plus longue que large.Elle contient un grand espace de terrain le long dù'stcanal. On y a placé le poids de la ville ; Sc c’est le lte 3où les marchands s’assemblent pour leurs affaires. II y 3eu autrefois un château bâti en 1499, par Albert, ducde Saxe, & seigneur de Frise. La maison de ville est belle»Sc d’une architecture moderne. On l’a bâtie au mênteendroit où étoit Vancienne. Jean-Guillaume-Henri-Ft" 1 'son , prince d’Orange Sc stadhouder de Frise Sc deGroningue , y mit la premiere pierre, le 2 Avril 171? >comme on le voit par Vinfcription Flamande écrite en let-tres d’or. *Délices des Pays-bas, t. 4 , p. 313.

II y avoit autrefois à Lewarde trois églises paroissia-les ; celle SAldenhove dédiée à S. Vit ; celle de Nyen-hove, dédiée à la sainte Vierge, Sc celle de sainte Ca-therine. La premiere, qui étoit la principale, devint la ca-thédrale, en 15 59. Elle fut ruinée, vers Van 1580. II n’e streste que la tour qui avoit été bâtie long-tems après l'c-glife , Sc qui en étoit détachée ; car on avoit intentiopd’y ajoûter une église nouvelle, ce qui n’a jamais été exé-cuté. L’églife de Notre-Dame subsiste encore, Sc celtede sainte Catherine sert d’arfenal. La principale églited’aujourd’hui a servi autrefois aux Dominicains. Elle f utbâtie en 1487. Elle est assez belle. II y avoit, du teM^de la Catholicité, quatre couvens à Lewarde, des Don 11 'nicains, des Récollets , des dames Blanches , de l’ofd r ®de S. Dominique, Sc des Sœurs grises, outre plusiev^

hôpitaux bien fondés, qui subsistent encore aujourd’hui*

La Frise a été long-tems soumise, pour le spirituel, aU *évêques d’Utrecht. En 1 ^9, le pape Paul IV érig e3 >dans la ville de Lewarde, un évêché suffragant du non'vel archevêché d’Utrecht. Outre six prébendes qu’il Yavoit cléja dans l’églife de S. Vit, on supprima l’abbay edeMariengarde , ordre de Prémontré, à une lieue 0®Lewarde ; Sc le revenu fut partagé en neuf prébendes*Pour la manie épiscopale , on prit les revenus du rich®prieuré de Bergum , proche de Lewarde. Ce prieuré ap“partenoit à des chanoines réguliers de S. Augustin. Osty joignit une prévôté de l’ordre de Prémontré à Bojs-vaërt. Ce nouveau diocèse comprenoit fous fa juridic-tion dix villes, plusieurs bourgs Sc villages divisés estonze doyennés ruraux. On y comptoir dix abbayes, qua-torze prévôtés ou prieurés , Sc vingt-fix autres monas-tères. Rémi Druitius, conseiller du grand-confeil à M 3 'lines, jSc prévôt de Notre-Dame à Bruges, fut nom 01 ®premier évêque de Lewarde, en 1^60. 11 devint secondévêque de Bruges, en 1 ^69, avant que d’être sacré. Ou-nerus-Petri, docteur de l’université de Louvain, & P*®'ban de S. Pierre, fut sacré évêque de Lewarde, en I 5 °í'II tint, l'année suivante, un synode. 11 fut chassé en 1 s7",dans ie tems de la révolution, Sc mourut à Cologne»en 1^80. _

Le souverain conseil de la province de Frise refi e ^cette ville, où il fut transféré, en 1504, par George,