LIL
LIL
& d’un greffier. La juridiction de ces officiers s’étendse s les bois de Fatèmpin, qui appartiennent au roi enqualité de châtelain de Lille.
La juridiction des traites , établie à Lille, & com-posée d’un président, d’un lieutenant, d’un procureurdu roi ôt d’un greffier, Cette juridiction ôt la maîtrisedes eaux ôt forêts ont été créées pendant la guerrequi précéda la paix de Riswick.
La ville de Lille a son gouverneur , qui est toujours legouverneur-général de la province. Dans l’absence dugouverneur, elle a un lieutenant de roi, un major, trois•udes-majors, ôt trois capitaines des portes. Ils ont tousdes appointemens du roi, des gratifications de la ville, ôtle logement. La citadelle a auffi un gouverneur, un lieu-tenant de roi, un major, un aide-major, ôt un capitainedes portes. Le petit fort, appellé Saint-Sauveur , n’aq u un commandant ôt un major.
La province de Lille est un pays d’états, que le101 fait aflembler ordinairement fur la fin de 1 annee, par«ne lettre de cachet. C’est'le gouverneur qui y préside ;1 mtendant y explique les intentions de Sa Majesté. Cetteassemblée, qui l'e tient toujours dans la ville de Lille, estcomposée du magistrat de Lille, qui y tient le premiersang ; de quatre seigneurs hauts-justiciers, ou de leursbadins ; des députés du magistrat de Douai, ôt de ceuxae la ville d’Orchies, qui sont chargés des intérêts desaoitans de ces villes 5c de la campagne.
Les ecclésiastiques ôt les nobles n’étant point sujetsaux subsides, n’assistent point à cette assemblée ; mais,tr °is ou quatre jours après qu’elle est finie, le gouver-neur ôt l’intendant de la province en assemblent unepour le clergé ôt la noblesse. L’intendant leur demande,au nom du roi, une somme pour le soulagement des villesoí des peuples de la campagne ; ôt ces deux ordres ac-cordent ordinairement le vingtième ôt demi du revenudes biens qu ils font valoir par leurs mains.
La somme, que le roi fait demander aux états, estordinairement de deux cents cinquante mille livres. ElleEst toujours accordée ôt fournie, en partie par les villes^ les habitans de la campagne , à raison du vingtième«u revenu des biens, ou par les impôts qu’on y lève enVertu d’octroi.
La ville de Lille donne, outre cela, tous les ans, lasomme de rrente-sept mille cinq cents livres, pour l’en-tretien des fortifications. La ville de Douai lève auffi en-viron quarante mille livres, qui sont pareillement em-ployées aux fortifications. Le roi lève encore un droitde quatre patars par bonnier de terre ; ôt la somme, quièn provient, est employée,suivant le besoin, aux fortifi-cations de Lille ou à celles de Douai.
Les magistrats de Lille ont l’administration des finan-ces de la ville ; & ce sont les quatre seigneurs hauts-jus-ticiers, ou leurs baillifs, qui ont l’administration des finan-ces de la campagne. Ces quatre seigneurs hauts-justicierssont le roi, à cause de sa châtellenie de Lille, ôt seigneu-rie de Falempin ; le prince d’Epinoi, à cause de sa terre& seigneurie de Cisoing; le seigneur ôt baron de "Wau-rin ; ôt le prince de Chimai, à cause de sa baronniede Commines. Ils sont admis à l’administration des fi-nances, par ce qu’ils prétendoient autrefois, ainsi que tousles seigneurs de Haubert, que l’on ne pouvoit faire au-cune imposition fur leurs vassaux, fans leur consentement.C’est pourquoi les comtes de Flandres ôt ducs de Bour-gogne s’adressoient à eux, pour imposer les subsidesdont ils avoient besoin.
Ces seigneurs hauts-justiciers ne sc donnent pas la peine,depuis long-tems d’assister, aux assemblées qu’ils sontobligés de tenir pour leurs impositions ; ils se contententd’y envoyer leurs baillifs. Ces assemblées sont composéesde quatre baillifs, de deux conseillers-pensionnaires, d’ungreffier , & de deux receveurs. Les quatre baillifs s’as-semblent ordinairement dans un des appartemens de l'hô-tel de ville de Lille ; ôt dans les affaires qui leur sontcommunes avec le magistrat de Lille, ils s’assemblent ôttravaillent de concert aux affaires dont il est question.
Les levées ordinaires qui, se font dans la province,montent à environ deux millions par an, fans y com-prendre la capitation, non plus que toutes les autresimpositions extraordinaires qu on leve, pendant la guerre,dans les provinces qui sont sous la domination du roi.
La gabelle, ou impôt fur le sel, n’a point lieu dans
8 ;;
la province, non plus que dans îe reste du Pays-basconquis. On y a maintenu les peuples dans le droit dufranc-salè. ...
On estime que le domaine du roi rapporte environ soi-xante mille livres par an. Cependant il ne jouit pas de 1,sixième partie de ce revenu, parce qu’il a été presquetout engagé par les rois d’Espagne , ou par le roi deFrance íui-même, depuis la, conquête du pays.
La ville ôt la châtellenie de Lille ont beaucoup d’a-vantage fur le reste des pays conquis, pour faire fleurirle commerce. La fertilité du pays, la commodité de lanavigation , la facilité du débit des marchandises, ôt sur-tout le génie. & la richesse des habitans, qui les rendentpropres à former de grandes entreprises, ôt a les faireréussir, y contribuent beaucoup. On y fabrique toutessortes d’étoffes, de draps, de serges, de ratines, dédamas, de velours, de camelots, de coutils, de den-telles, de tapisseries, de savons, ôte.
Les deux principales manufactures sont celles des S Aye-TEURS ôt des BouRGETEDRS, qui travaillent les unsôt les autres aux serges. Les sayeteurs ont ete ainsinommés, parce qu’ils font des sayes; ôt les Bourgeteursont pris leur nom de la ville de Bourges, d’ou ils vinrent,il y a plus de deux cents ans. La jalousie, qui est entre cesdeux corps, produisoit autrefois une émulation utile;mais elle a enfin dégénéré en une haine ôt une enviequi ruinent les uns ôt les autres. II y a environ soixanteans que ces ouvriers fabriquoient jusqu’à trois cents millepièces d’étoffes ; mais la misere, inséparable de la guerre,les a obligés de quitter le pays, ôt d’aller s'établir à Gand,à Bruges, ou dans les villes d’Allemagne. Le commerce,que la ville de Lille entretient avec la France, se fait patcharroi, ou par Dunkerque. La France en retire beaucoupd’argent, à cause de la grande consommation des vinsôt eaux-de-vie. 11 est vrai que les troupes l’y rappor-tent ; mais il retourne auffi-tôt d’où il est venu, ôt ainsice commerce est plus utile à la France qu’à la provincede Lille.
Le commerce avec la Hollande est nécessaire ; maisles Hollandois en emportent tout le profit, parce quel’on prend chez eux ce que l’on pouroit tirer en droituredes lieux mêmes, où ils le vont chercher. Le commerceavec les Pays-bas Autrichiens leur est plus avantageuxqu’à la province de Lille, parce qu’ils manquent de dé-bit. Enfin le commerce Je plus profitable au pays deLille, est celui d’Espagne Ôt des Indes ; auffi les négo-cians le recherchent-ils avec beaucoup d’ardeur. Ils nese contentent pat de marchandises que leur province four-nit ; ils cherchent dans tous le pays ce qu’ils croient pro-pre à être débité aux Indes; ôt lorsqu’ils ne peuventle faire eux-mêmes, ils se joignent à des marchandsétrangers, pour faire ensemble un plus grand commerce»
II y deux maniérés de commerce avec l'Espagne ôtdans les Indes ; l’une, quand un négociant envoie enEspagne des marchandises qu’il fait ensuite passer auxIndes pour son compte St à ses risques, ce qui s’appellegrojse aventure , l’autre est, quand un négociant achetepour le corps des marchands d’Espagne, ce qui s’appellecommission. La première maniéré de trafiquer est plusprofitable, ôt la seconde est plus sûre, à cause des risquesde la mer, du mauvais débit, des guerres fréquentesôt des induits qu’il faut payer au roi d’Espagne. C’estnéanmoins ce dernier commerce qui enrichit cette pro-vince; puisque c’est celui qui lui apporte de l’argentqu’on y feroit venir en nature, si l’Angleterre ôt la Hol-lande ne trouvoient le moyen de l’attirer dans leur pays,pour en envoyer la valeur en marchandises ôt en let-tres. Ce commerce monte, tous les ans, à quatre ou cinqmillions.
Z. LILLE (LA CHATELLENIE DE) est divisée encinq quartiers, qui sont :
Le Melanctois, La Wepe,
Le Ferain, Le Carembàud,
La Pevle.
Piganiol, Descr. de la France , t. 7, p* 13 .Ï, dit quela châtellenie de Lille est divisée en sept quartiers ; maisil ne les nomme point. II ajoute qu’elle renferme centtrente-sept villages. * Lçnguerue , Descr. de la France ,P art ' x, £ .% u
Tome III. Nnnnn