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^ des maisons, par quartiers de 150 varres, 011 de*4 toises en carré. Douze Espagnols qui en surent lespremiers citoyens, fous les ordres de Pizarre, commen-^tent à s’y loger ; ensuite trente hommes de San-Gallan ,j* quelques autres de Xauxa , vinrent se joindre à eux ,
^ sormerent en tout le nombre de soixante & dix habi-ta ns, qui f e f ont ^ considérablement accrus, que Limaaujourd’hui la plus grande ville de l’Ainérique méri-
.La distribution du plan en est fort belle ; fa figure estctianeulaire. Elle a de longueur 1920 toises, & la plusScande largeur est de îo8o; les rues font bien alignées,
.d une largeur commode. Les unes font percées du*yudi au septentrion, & les autres de l’orient à l’occi-j ent - Toutes fônt pavées, S l on y a creusé des canaux ,
» a Plupart voûtés, qui contribuent beaucoup à la propreté.
,. a Principale rue va de Test à l’ouest : elle a près d’une■ e ue de longueur; & huit carrosses pourroient y passere "Ont, fans embarras. Lettres édifiantes , Recueil VII ,f?' feuillée i îourn. p. 496.
L)ans le milieu de la ville est la place royale, où fer °Uve tout ce qui est nécessaire pour les besoins pubhcs:
?" y voit plusieurs tentes que les Indiens dressent touse ; matins pour vendre leurs fruits & les autre-, chosesnCC n- j res a v ' e - Le côté oriental est occupé par lacathédrale & l’archevê Jié ; celui du nord, par le palaisu v.ce-roi; l’occidental, par la maison duGabildo, para justice, par l a prison , & la sale d’armes avec une fuitee porches uniformes : enfin le côté du midi est, commeCe germer, orné de porches & de boutiques de marchands.
, u^milieu de la place est une fontaine de bronze, or-? eè d une belle statue de la Renommée , & de huit lionse meme matière , qui doivent jetter de í’egu tout autour.
• ette 'P nra ' ne est encore cantonnée de quatre autre pe-îtts ballins fort riches auffi de métal. * Fréter , p. 363.
A un quartier de la place royale, du cô:é du nord ,paile.la riviere de Lima , qui est presque toujours guéa--e, excepte en é;é, dans ie teins des pluies & de la°nte des neiges. On la fa-gne en plusieurs endroits, pourarroser les rues & les jardins de la ville , &on la conduitP 3 -r des canaux couverts ; car chaque maison a son jardin.
La partie que cette rivière retranche, du côté du nord ,s communication a-ec le gros de la ville , par un pontde pierre , composé de cinq arches , cl’assez bonne cons-truction , & qui f r bâti fous la vice royauté de Montes-claros. La rue qu’il enfile , conduit directement à l’églifede S. Lazare, paroisse d’un fauxbourg, qu’on appelleMalambe , & fe termine auprès de la Lameda , qui estsine promenade de cinq allées d’orangers, longue d’en-viron 200 toises , dont la plus large est ornée dè troisbassins de pierre pour les fontaines. La beauté de ces ar-bres toujours verds, les odeurs agréables que les fleursrépandent presque toute l’année , & le concours des ca-lèches , qui s’y assemblent tous les jours à l’heure de lapro nenade. font de ce cours un lieu de délices, fur lest -lnq heures du soir.
Vers le milieu de ce cours. est une chapelle nommée•Santa-Libérât a. Elle fut bâtie en 1711 , dans un endroitou surent trouvées les hosties du saint ciboire de la cathé-drale, qu on avoir volé & enterré au pied d’un arbre. Cepetit cours aboutit au pied de la montagne, où est uNcouvent d’Obfervantins. reformés par S. François So-lano natif du Paraguai. Plus à l’est, est une autre mon-tagne, contigifé avec celle-ci, où est l'betmirage de saintChristophe , dont este porte le nom. Au pied de cetteMontagne, coule un bras de la riviere, dont le réservoirIbrt à faire moudre plusieurs moulins à bled, & un mou-bn à poudre , Sí qui tient lieu de bain public. *Fré%ier,í- 364.
Les tremblemens de terre, fréquens nans le Pérou, ontDrt endommagé cette ville, & inquiètent tous les joursDshabitans.il y en eut un,'en 1678, le i^deJuin : il ruinaUne grande partie de la ville, & particulièrement les égli-Ds dediees à la Vierge. Mais- celui de 1682 fu f si vio-Dnt, qu’il démolit prefqu’entiérement les édifices pu-
.cs & ,\ es maisons des particuliers; de forte que l’on']1 • ‘k<b at ' on , si on ne devoit point transplanterj ha ^ riS clans " n lieu plus avantageux. La mémoirerva u UX tremblement s’y renouvelle, tous les ans, le19 Octobre par des prières publiques. Si l’on en croît lavoix commune, il fut prédit par un religieux de la Merci,
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qui; plusieurs jours auparavant, crioit par les rues, commeun nouveau Jonas : Faites pénitence. Le jour prédit ar-riva ; la terre trembla extraordinairement ; de demi-quartd’heure en demi-quart d’heure, elle donnoit d’horriblessecousses ; de lotte, qu’en vingt-quatre heures on en comptaplus de deux cents. . , .
Ces tremblemens de terre font qu’on voit a Lima peude maisons à deux étages. Inexpérience a appris aux ha-bitans que les superbes édifices élevés avec une grandemagnificence par les premiers fondateurs de cette ville,ónt servi de íëpulture à la plûpart de ceux qui les occu-poient. Aujourd’hui les maisons ne font belles qu’en de-dans. Elles ne lònt couvertes que de roseaux, sur les-quels on répand de !a cendre , pour empecher que laroíée ne passe au travers. Ces couverts ii iegers tontfaits à deílein. Si malheureusement,on étoic surpris, du-rant la nuit par quelque tremblement de terre , qui ren-versât les massons, on ne feroit pas du moins en dangerd’être éciaiè fous leurs toits. Les murailles des plus bel-les maisons ne font bâties que de briques crues, c est-à dire de terre pétrie avée un peu d’herbe fechee simple-ment au soleil; ce qui dure pourtant des siécles, parceque la pluie ne la délaie jamais. *Fré%ier, p. 378. Feuil-lée , Iourn. p. 499.
Les murs de la ville ne font pas bâtis d’autre matière.On y a employé des carrés longs de terre, dont la lon-gueur est d environ un pied & demi, & Fépaiffeur d’undemi-pied. Ces murs ont dix-huità vingt pieds de haut,
& neuf pieds d’épaisseur au cordon ; de forte que danstout le contour de la place, il n’y a pas un seul endroitallez large pour y mettre un pièce de canon. Auffi les mursde cette ville n’ont-ils proprement été construits que pourmarquer fa magnificence, & nullement pour la mettre à cou-vert des insultes d* ennemis, à moins que ce ne soit de cel-les que pourroient faire les Indiens. L’enceinte est flanquéepartrente-quatre bastions de quinze toises de flanc, perpen-diculaires à la courtine, & d’environ trente toises de face ,qui font sangle de l’épaule de cent trente degrés, d’ouvient une défense si fichante, que les deux tiers de lacourtine font en second flanc, & que les angles flanquéssont souvent trop aigus. Comme les courtines sont 'dequatre-vingt toiles, la grande ligne de défense est d’en-viron cent dix toises. Au reste, il n’y a ni fossé ni dehors.Ces fortifications ont été construites, vers Fan 1685, sousla vice-royauté duduc de la Palata, par un prêtre Flamand ,appeliée dom Jean Ramond. *Feuilléc , p. 498. Fre7Ìer ,
p. 378.
On compte dans Lima, entre seize & dix-huit milleblancs ; ce sont les Espagnols , dont le tiers ou le quartest composé de la principale nobleste du Pérou. Plusieurssont décorés de titres de Cafidlt , anciens ou modernes.On y voit jusqu’à quarante-cinq comtes & marquis, &,à proportion, des chevaliers de divers ordres militaires.Les familles nobles, qui ne jouissent pas des mêmes hon-neurs, tont néanmoins très-brillantes. Les Nègres & lesMulâtres tiennent le second rang. 11s y exercent les artsméchaniques, & y sont en plus grand nombre que lesblancs. Les Indiens ìkles Mestisfont la troisième classe;mais elle est peu nombreuse en comparaison de celle deSNègres & des Mulâtres,
On voit rouler dans Lima, cinq à six mille chaises 'tirées chacune par un mule seulement. Elles sont telle-ment dorées, & si bien travaillées, qu’il n’y en a aucunequi n ait coûté environ mille piastres. II y a auffi unemultitude de carrosles. Toutes ces voitures sont nécessairesdans une ville, toujours embarrassée par un prodigieuxnombre de mules, qui entrent ík sortent continuellement,& causent une poussière insupportable dans les rues.
Pour donner une idée de fopulence de cette ville , ilsuffit de rapporter' ce que les marchands y étalèrent dede nchefles, vers l’an 1682, à l’entrée du duc de la Palata,lorfqu’il alla prendre possession de la ville. Dans l’éten-due de deux quartiers, les rues de la Merced & de losMercaderes , par où le duc devoit entrer à la place royale,où est le palais, furent pavées de lingots d’argentquintés,qui pefent ordinairement environ deux cents marcs, longsde douce à quinze pouces, larges de quatre à cinq , &cépais de deux à trois. II est vrai que Lima est, en quelquefaçon, le depôt des trétorsdu Pérou. On a supputé autre-fois , qu’il s’y faisoit pour six millions d’écus de clépenfe.
, II en íaut beaucoup rabattre auiourd’hui, depuis que so
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