Piastres.
Un armurier principal ï 5®°
Quatre armuriers , chacun 6oò
Un maître charpentier îooo
On dit, qu’en cas de besoin, le vice-roì peut mettresot pied cent mille hommes d’infanterie, Sc vingt millechevaux, dans toute Fétendue du royaume ; mais quel-^ue-s-uns soutiennent qu’d n’auroit pas de quoi en armesa cinquième partie.
Après Fautorité du vice-roi , le gouvernement duTÇyaume roule (ur celle de "audience royale, à laquelle" Préside pour les affaires de conséquence. Ce tribunal,^ Ue l’on peut, en quelque façon, comparer à un parle-ln ent, elt composé de íeige oidors, ou audienciers , deQuatre a.lcaldes de cour, de deux fiscaux, d’un alguacil?* a jorou grand huissier, Sc d’un protecteur général desindiens, loutes ces places ont chacune trois mille pias-íres & treize réaux d appointement annuel ; mais lesoidors ont de plus d’autres gages , attaches aux chambres011 ils sont employés. Ce corps a aussi des officiers entltre , comme avocats , procureurs , notaires , fer- 1gens, Scc.
. U uudience royale est subdivisée en une chambre deJustice, une chambre criminelle,une chambre des comp-te s, Sc deux chambres du trésor, dent il y en a une char-gée des rentes que les Indiens riches ont laissées, en mou-rant, p our subvenir aux nécessités des pauvres de leurnation. Enfin elle comprend la chancellerie , qui n’estcomposée que d’un oidor Sc d’un chancelier, à qui ondonne ce titre avec de très-petits appointemens, parceque le grand chancelier est toujours en Espagne.
~f cubïldo , ou le tribunal de la police, luit après celuide 1 audience royale, fl y a plus de régidors qu’aux tri—vuna^x de police des autres villes.
. Ue p.us il y a un sergent major de la ville, ou algua-cil major , pour les affaites de la guerre, Sc un grand pré-vôt, ious le nom de alcalde de La Hermandad. II peutcondamner à mort, en pleine campagne.
Le tribunal de la trésorerie royale est établi pour laCaisie des deniers royaux, comme le quint de l’argentqu on tire des minières , Je droit d ’alcavala, qui est dequatre pour cent, de toutes tortes de marchandises , degrains, Sc autres droits qui, dans cette colonie, font enpetit nombre. II a íès juges contaaors, secrétaires, Sec.
II y a aussi une chambre de la monnoie , qui a lès tré-soriers , controlleurs, directeurs, gardes, écrivains, Sçc.11 y a de plus un oidor , qui en tire des appointemensindépendamment de ceux de Faudience royale.
Le commerce a pour tribunal It consulat, où présideun prieur avec deux consuls qu’on choisit parmi lesmarchands les plus intelligesis dans le commerce ; Scafin que rien ne manque à cette ville de tout ce qui peutconserver le bon ordre & la faire fleurir, on y a éta-li plusieurs tribunaux de jurisdiction ecclésiastique.
Le premier est celui de i’archevêché. II est composédu chapitre r de la métropole, Sc de Fofficialité ; & il apour officiers un fiscal, un alguacil, Sc des notaires. Lesecond , & le plus redoutable de tous les tribunaux, estcelui de Finquisition, dont le seul nom jette la terreur'par-tout ; parce que , i° le déla'eur est compté pourtémoin ; i° on ne donne aucune connoistance aux ac-cusés de ceux qui les chargent ; f il n’y a point deconfrontation de témoins. Ainsi tous les jours on arrêtedes innocens , dont tout le crime consiste à avoir desgens intéressés à leur perte. On dit néanmoins à Lima,qu’on n’a pas lieu de íè plaindre des inquisiteurs, peut-ctre parce que le vice-roi Sc l’archeveque sont à la têterie ce corps.
L’inquilition fut établie à Lima, en 1569, avec tous lesministres, conseillers, caiificadores , familiers, secrétai-fes, & alguacil major, comme en Espagne. Il y a troisjuges supérieurs, qui ont chacun trois nulie piastres d’ap-pointement. La jurisdiction de ce tribunal s etend danstoute F Amérique méridionale Espagnole.
Le troisième tribunal ecclésiastique est celui de la croi-sade , qui fait, en quelque façon, parie de Faudienceroyale ; car ii y entre un oidor de la chambre de jus-tice. II fut établi, en 1603, sous ia direction d’un com-missaire général, qui tient fes audiences chez lui, où iljuge, assisté d’un juge conservateur, d un secrétaire, d’un
cdntador, d’un trésorier, St d’autres officiers nécessairesà la distribution des bulles, examen de jubilé & indul-gences. Les appointemens du commissaire général ne sontque de mille piastres. C’est peut-être trop poúr un em-ploi si inutile.
Enfin il y a un quatrième tribunal pouf les testament61 dernieres volontés des défunts. II fait rendre comptéaux albaceas ôu collecteurs , prend soin des chapelle-nies 8c de leurs titres, pour lesquels il y a plusieurs offi-ciers. . - '
Pour fournir de bons sujets à tant de tribunaux, Char-les-Quint fonda à Lima, en 1545, une université, sousle titre de S. Marc. II lui accorda plusieurs privilèges,qui furent confirmés par Paul III, 8c Pie V, qui l’in-corpera, en 1572., à celle de Salamauque, pour la fairejouir des mêmes exemptions & prérogatives. Elle estgouvernée par un recteur , dont sélection se fait tousles ans. On y compte environ cent quatre-vingt docteurs,ou en théologie, ou en droit civil 8c canonique, ou enmédecine. II y a ordinairement près de deux mille étu-dians. 11 en sort d’assez bons sujets pour la fcholastiqueSc la chicane de l’école , mais très-peu pour la positive.
Dans Funiversité il y a trois collèges royaux, & vingtpilaires bien reniées. Lé premier fut fondé par don Fr .
1 oltdo , vice-roi du Pérou, sous le titre de S. PhilippeSc de S. Marc; le second, par le vice-roi don MartinHenrique £ , pour Fentretien de quatre-vingt écoliersd’humanités, jurisprudence* & théologie. Les Jésuites enétoient les recteurs 6c professeurs. On Fappelle le collègede S. Martin. Le troisième fut fondé par FarchevêqueS. Toribìo , Sc en porte le nom. II fut destiné à Fentre-tien de vingt-quatre écoliers qui servent ai> chœur de lacathédrale. Ils ont Fhabit gris, avec une bande violettequi leur pend en double, par derrière. Ils étudient lessciences ecclésiastiques, sous un prêtre qui en est le rec-teur. Ce colfége entretient aussi six enfans de chœur ,sous la conduite .du maître de la chapelle Sc du vicaireou sous-diacre qui y demeure. II a plus de quatorze millepiastres de rente.
Le chapitre ou cabildo de la métropolitaine est com-posé d’un doyen, d’un archi-doyen , d’un chantre, d’unécolâtre, d’un trésorier dix chanoines, dont on ena retranché un, pour en donner la rente à Finquisition.Chaque dignité a sept mille piastres de revenu ; les cha-noines en ont cinq mille , les six rationcros prébendiersen ont trois mille chacun ; Sc les trente chapelains enont chacun six cents, fans parler des musiciens ni desenfans de chœur.
L’église cathédrale, autrement la Major, a trois nefsmagnifiques.'Mile a aux deux angles du devant deux grandestours foij élevées, Sc plus éminentes que la voûte dePéglife. Quoique fort hautes déja, elles n’éfoient pasfinies en 1710. * Feuillée, p. 499.
^ (sotte église , qui sut le premier édifice de Lima, futbâtie par François Pizarre, sous le titre de ÏAjjbmpûon „Mais Paul III, Payant érigée en cathédrale, en 1541,lui donna le titre de é. Jean V Evange'.ljle , pour la dis-tinguer de la cathédrale de Cusco , qui avoir déja lemême nom. Este fut fuftragante deSéviìle, jinqu’en 1 <546que le même pape Paul III Périgea en métropolitaine!On lui a donné pour fuffragans les évêchés de PanamaQuito, Truxillo,, Guamanga, Ariquipa, Cusco,Sant-iago & la conception du Chili. * Fréter, p.
Le premier archevêque fut dom Fray Geronymo d&Loayjìa, Dominicain. 11 assembla deux conciles provin-ciaux; le premier, le 4 Octobre 1551 ; st ne s ’ y .trouvaaucun évêque, mais seulement les procureurs des évê-ques d’e Panama, Quito Sc Cusco. Le second fut ou-vert le z Mars 1567 : les évêques de la Plata, Quito ScImpérial y assistèrent avec les procureurs des autres ca-bildos. Ce premier archevêque rétablit i'église ruinée,Sc la couvrit de mangliers.
Le troisième archevêque, don Toribìo , a été cano-nisé en 1715.
Le neuvième , don Meìckior de Linan y Cisntros , àla mort du marquis de Malagon, fut nommé vice-roi,gouverneur Sc capitaine général des provinces du Pérou,C’est le premier en qui l’on a vu ces deux dignités réu-nies , qui ne paroistent guères cornpatiffables dans unmême lujer.
li y a en outre plusieurs églises paroissiale;, bâties