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Tome troisième. G - L.
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selon les régies de l’art, & fur les plus excelîens modèlesd’Italie. Les autels sont propres & superbement parés.L’or & Fargent n’y sont point épargnés ; mais le tra-vail ne répond pas à la richesse de la matière.

On compte huit paroisses dans Lima. La premiere estla cathédrale, où il y a quatre curés & deux vicaires ;ce qui est contre les loix canoniques, qui ne prescriventqu’un curé à une église. * Freser, p. 395.

La seconde est celle de Sainte-Anne , qui a deux cu-rés'& un vicaire.

La troisième fe nomme S aint-S ebafiun ; elle a auffideux curés.

La quatrième , appellée Saint-Marcd, n’a qu’un curé.

La cinquième, Saint-La^arè, a un curë-vicaire de lacathédrale.

La sixième, N* S*Atocha, est annexée &£ dépendantede la cathédrale. On l’appelle los Huerfanos.

La septième est le Cercado. Elle étoit la paroisse d’unfauxbourg d’índiens. On l’a renfermée dans la ville, de-puis qu’on en a fait l’enceinte.LesJéíùitesen étoient curés.

La huitième est établie depuis peu d’anuées. On l’ap-pelle San-Salvador ou Saint-Sauveur.

II y a douze hôpitaux pour les malades & les pauvresde la ville. Le premier, connu sous le nom de Saim-Andri, est de fondation royale, St destiné pour les Es-pagnols , c’est-à-dire pour les Blancs. Celui de S an-Diego est sondé pour Ceux qui sortent en convalescencede Saint-André. Celui de {Saint-Pierre fût fondé uni-quement pour les prêtres, par l’archevêque Toribio. Ce-lui dit Saint-Esprit, fondé pour les gens de mer, est en-tretenu de leurs contributions St aumônes. II y a pourcet effet une taxe fur les vaisseaux de charge. Celui deS aint-B arthelemi fut fondé pour les Noirs, parle P .Bar-tkelemi de Vadiílo. Celui de Saint-La^dre est une fon-dation royale, destinée pour ceux qui tombent du malcaduc, St pour les fous ; on y traite auffi des maladiesvénériennes. II y a auffi une maison pour les énfans trou-vés, joignant N. D. d’Atochá . On l’appellë los Huer-fanos. L’hôpital de Saint-Côme St de Saint-Damien aété fondé par les habitans de Lima , pour les femmesEspagnoles. Celui de Sainte-Anne fut fondé par le pre-mier archevêque Jérôme de Loayjia , pour les Indiens.Le roi en fait aujourd’hui la dépense. II y a un hôpitalpour les incurables ; un autre pour les Indiens convales-cens, au dehors de la ville. On y reçoit ceux qui sortentde Sainte-Anne St des autres hôpitaux. Enfin il y en aun fondé par un prêtre, pour les prêtres convalescens.Outre les hôpitaux destinés pour les malades, il y a unemaison de Charité, dans la place de Flnquisition. On yreçoit les pauvres femmes St les pauvres filles. On ymarie ces dernieres ou on les fait religieuses. Dans lecollège de Santa-Crux de las Minas , on éleve un cer-tain nombre de filles trouvées , que les inquisiteurs do-tent quand elles sc marient. Un prêtre a auffi laissé unefondation de plus de six cents mille piastres, fous,la di-rection du doyen de la cathédrale, Stdu prieur de S. Do-minique , pour marier vingt filles. On donne cinq centspiastres à chacune. La confrérie de la Conception marieune quarantaine de filles, à chacune desquelles elle donnequatre cents cinquante piastres. II y a une fondation sousle titre de N. D. de Cocharcas, pour les pauvres fillesdes Caciques, & un collège pour les garçons. Ils y onttoutes sortes de maîtres.

Les Dominicains ont quatre couvens ; le principal estcelui du Rosaire. Les autres font la Récolleclion de laMagdelaine, S. Thomas d’Aquin , où est leur étude, &Sainte 1 -Rose de Lima. Ce dernier a pris son nom de sainteRose, vierge, religieuse du tiers-ordre de S. Domi-nique. Elle naquit à Lima, en-x;86. Elle y passa toutefa vie, & y mourut en 16x7. Les Cordeliers ont quatrecouvens ; celui de Jésus, ou le grand couvent, qu’on ap-pelle auffi’í 1 . François. II enferme plus de sept centshommes, tant moines que domestiques, & il occupe l’es-pace de quatre quartiers ; c’est le plus beau de la ville.Le second est la Récolleclion desainte Marie des Angesou Guadalupe. Le troisième est le collège de S. Bona-venture. Le couvent des Déchaussés de San-Diego faitle quatrième. Les Augustins ont auffi quatre couvens,qui contiennent plus de cinq Cents moines ; voici leursnoms: S. Augustin , Nofira santa de Copa-Avana , legollége de S, lldesonse , le Noviciat qui est hors de

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la ville ; autrement la Réforme de N. D. de Gma. L. ot-cire de la Merci a trois couvens, là Merci , la Récoltée -tion de N. D. de Bethléem , & le college de S. F terre a*Nolasque. Les Jésuites âvoient cinq maisons, S. Paul,S. Martin, le Noviciat, ou S. Antoine , le Cercaao,fous le nom de S. Jacques , où ils sont curés , & .Desemparàdos , ou N. D. de Douleur , qui est leur mai-son professe. Les Bénédictins ont le monastère àtN.Dpde Mont-Serrat. Les Minimes occupent depuis peu 1 e "glife de N. D. del Socorro , ou du Secours , qui p ortsauffi le noin de S. François de Paule , & une chapellede Nostra-Santa de la Victoria , où étoit le grand cou-vent , qu’on appelle du nom de leur patriarche. Les fib-res de S. Jean de Dieu ont la direction de l’hôpital deSan-Diego. Les Bethléémites ont deux hôpitaux ; celmdes Incurables, & celui de N. D. du Carrnel, qui eíthors de la ville. Ces moines sont sortis depuis peu dela ville de Guatimala au Mexique, où le vénérable st er0Pierre-Joseph de Betancur \ts institua ,• pour servit l espauvres. Innocent XI en approuva la régie, en 1 697 'Ils ont déja neuf couvens dans le Pérou. *Baillct,pogr. des Saints, p. 2.67.

II y a à Lima Un peu moins de religieuses que de moi-nes. On n’y compte que douze couvens de filles. i°^ e 'lui de l ’Incarnation ; ce font des chanoinesses réguliersde S. Augustin. 2 0 La Conception , ordre sous la mêm eréglé. 3 0 La Trinité, de F ordre de S. Bernard. 4 0 S. J 0 "seph de la Conception , plus austère que le précédent ; c0sont les Déckaujjécs de la régie de S. Augustin, f Sain tl ‘Claire, de la fondation de Toribio. On y conserve \ scœur du fondateur. Ce couvent contient plus de t s o iScents filles de l’ordre de S. François. 6° Sainte-Casrine de Sienne, de Fordre de S. Dominique. 7 0 Sait' tl ‘Rose de santa Maria , du même ordre. 8° Le couves^del Prado , peuplé d’Augustines Récollettes. 9° SaintesThérèse, de l’institut du Mont-Carmel. io° Sainte-RoJcde Viterbt. ix° Les Trinitaires. 12 0 Le Jesus~Maria,des Capucines établies en 1713 , par quatre religieusesVenues d’Espagne, On compte en gros plus de quatremille religieuses ; & parmi ces couvens, il y en a quatreOu cinq où l’on mène une vie trés-réguliere. On pour-roit ajouter ici une maison dè la fondation de Toribio,pour les femmes en divorce. II est incroyable à quelexcès on pousse ici cet abus. Tous les jours òn voitdes gens fe démarier, avec la même facilité que si l 0mariage h’étoit purement qu’un contrat civil. Tout serfde prétexte ; de simples plaintes de mésintelligence, dspeu de santé, ou de mécontentement, suffisent; &, cequi est encore plus étonnant , ils íè remarient à d’au-tres. Cet abus est venu d’Espagne, dans le tems mêmede rétablissement de la colonie. Le commerce qu’on Iavoit eu avec les Mores, avoir rendu le divorce si com-mun, que le cardinal Ximenès se crut obligé d’y cher-cher remede ; ôc parce que Faffinité, spirituelle servoitsouvent de prétexte, le concile de Tòlède, qu’il assem-bla en 1497, ordonna que dans les baptêmes on aurostsoind’écrire le nom des parreins & marreines, asm qu’o 11connût la vérité. Les filles Repenties ont auffi une retraite*qui n’est pas des plus peuplées. On fe fait peu scrupule fLima du libertinage, &C l’on prend auffi peu de so tstde le réprimer. On appelle ces filles las Amparadas d*la Conception. .

Il y a toujours à Lima un juste milieu entre le st 01 ®de la nuit & la chaleur du jour. Les nuages y couvrentordinairement le ciel, pour garantir cet heureux clim 3 *-des rayons que le soleil y darderoit perpendiculaire-ment ; & ces nuages ne íe changent jamais en pluie _qmpuisse troubler k promenade ni les plaisirs de la vie -ils s’abbaissent seulement quelquefois en brouillard, P° urrafraîchir la surface de la terre ; de sorte qu’on y est tou-jours assuré du tems qu’il doit faire le jour suivant, oíe plaisir de vivre, dans un air toujours également tem-péré , n’étoit pas troublé par les fréquens tremblementde terre, il n’y auroit pas de lieu plus propre que celui-ci à donner une idée du paradis terrestre ; quoique*dans certaines faisons, on soit bien incommodé à Limpar plusieurs sortes d’jnfectes.

Outre les fruits qu’on y transportés d’Europe, corn eU ^pommes, figues, raisins, olives, &c. °n y trouvesdes istes des Antilles, comme ananas , gcuyaves, f*bananes , sandiss , melons , Sc d’auaes qui f° n ”