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pour l’hémisphère méridional, soient toujours bornés ànonante degrés au plus ; au lieu que ceux de longitude ,qui sont marqués fur le bord d’en haut & d’en-bas de lacarte d’occident en orient, s’étendent depuis un degréjusqu’à trois cents soixante , parce qu’il faut, pour con-noître la longitude, savoir de combien de degrés le lieuen question est éloigné du point fixe, ou du méridiend’où l’on commence à compter la longitude.
Nous avons déja averti que rien ri est plus aisé qued’ohserver la hauteur du pôle ; 8c sastronomie en four-nit plusieurs opération 0 . Ce rie st pas ici le lieu de lesmarquer ; nous remarquerons seulement que cette facilitéest fondée fur ce qriil y a des points fixes dans le ciel,par exemple, les deux pôles, qui servent de base à l’opé-ration ; mais, en fait de longitude , il n’y a rien de pareil.L’astre que l’on voit près de l’horizon au couchant , neparoîtra bientôt plus , & s’enfoncera dans l’hémisphèreduciel, qui est inférieur par rapport à nous ; & il seraremplacé pa 1 ' d’autres qui disparoitront a leur tour. De-làvient qriil riest pas fi aisé de déterminer les longitudes.
Les géographes ont pourtant trouvé ie moyen de s’enassurer, & voici eomrneuí. Le soleil riéclaire pas tout-à-la-fois le globe de la terre. II njen illumine que la moitié,tandis que ì’aurre moitié est dans les ténèbres, ôt il ré-pand successivement fa lumière à tout le globe ; de-là vientl’alternative des jours & des nuits. II parcourt le cercleentier en vingt-quatre heures : or le cercle étant de troiscents soixante degrés , d faut qu’il parcoure quinze de-grés en une heure ; d’où il s’ensuit qu’il se leve d’une heureplutôt dans un lieu que dans un autre, qui sera de quinzedegrés plus occidental.
I/astronomie ayant trouvé l’art de calculer les éclip-ses , on s’en est servi pour connoître la longitude deslieux ; car , si l’éclipse est observée en divers lieux, avectome la précision dont est capable un astronome pourvude bonnes pendules bien vérifiées, & que les observateursmarquent le rems juste & exact , auquel a commencé &fini l’éclipse, la différence qui est entre ces terns, mar-quera celle quí est entre les méridiens de lieux où Inob-servation s’est faite ; & par-là on saura, dans la plus grandeexactitude possible, quelle est leur longitude, pourvu queI on connoiffe celle de l’un ou de l’autre de ces lieux.
Quelques-uns ont voulu déterminer les longitudes furl’estime des voyageurs & des pilotes; màis les uns & lesaun-es sont fujers à de si grandes méprises, qu’ils ont jettédans d’exrrêmes erreur* les géographes qui les ont voulusuivre; Ôc depris un siécle , la géographie est occupée àles réformer par le secours de l’astronomie. Les anciens ,à la vérité, comme se remarque De Vallemont, Elérnensde l’fíi/i. I. z , c. 3 , ne régsoient la longitude des villes,que par la mesure actuelle 5 t des distances itinéraires.Les Romains, qui avoient toujours en tête de devenirmaîtres de toute la terre . en faifoient faire des descrip-tions avec tout le foin possible. En Italie , où la chose 1efaispit avec pi s dsexactitude , on marqua les distancespar milles, le long des côtes, & fur les grands chemins.Enfin, dit Caslìnf, dans son excellent Discours fur l’o-rigine le p.ogrès de l’aftrononve , ce ne fut que fousl’empire d’Auguste , que la description du monde, à la-quelle les Romains avoient travaillé, durant deux centsans, fiit achevée fur les Mémoires cTAgrippa, & futmise au milieu de Rome, dans un grand portique bâtiexprès; & l’itinéraire que l’on attribue à l’empereur An-tonio, peut passer pour l’abrégé de ce grand ouvrage ; carcet Itinéraire riest en effet qu’un recueil de distancesqui avoient été mesurées dans toute l’étendue de l’em-pire Romain.
On fait à Ptolomée l’honneur de dire que ce fut luiqui, ayant réduit les distances de tous les lieux de la terreen degrés & en minutes, rangea ces mêmes lieux dansdes cartes géographiques, selon la différence de leur lon-gitude & latitude , telle qu'on les lui fourniffoit. D’au-tres y avoient travaillé avant lui ; & il y a bien de l’ap-parence qu’il ne fit que recueillir & perfectionner ce quiétoit déja fait de son tems. II ne s’en tint pas aux distan-ces itinéraires, qui peuvent être incertaines à cause dela rencontre des rivières 8c des montagnes, qui obligentles voyageurs de se détourner. II prit pour fondement defa nouvelle géographie les observations astronomiques,faites dans les principales villes des différentes provin-ces , depuis l’Irlande jusqu à la Chine ; ôt, ce qui fait hon-
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neur à l’astronomie , c’est que par-tout où les observa-tions astronomiques lui ont manqué, il s’est beaucoupéloigné de la vérité géographique.
L expérience a fait connoître, dit le savant Caffini,auífi-bien que la raison, que cette méthode de disposer lespays , selon leurs parallèles, & leurs méridiens par l’ob-íèrvation des astres , est la plus exacte & la plus asturéepour la construction des tables géographiques. C’est pour-quoi les meilleurs géographes s’en sont servis pour mettreleurs cartes dans Tétât où elles font à présent.
Comme le commencement ÔC la fin des éclipses delune , qui arrivent à son entrée dans sombre de la terre& à sa sortie, peuvent être vus au même instant de di-vers lieux de la terre, éloignés les uns des autres, on aremarqué en divers lieux l’heure de ces phases, qui donnela distance du soleil au méridien; &c, comparant ensuiteensemble les heures observées en divers lieux , ou lesdistances du méridien qui en résultent, on a trouvé ladifférence des longitudes, qui est mesurée par la diffé-rence des distances , entre le méridien du soleil ôc lesautres méridiens.
Cette méthode est d’une grande ressource pour les géo-graphes ; car, par exemple, si l’on fait certainement qriuneéclipse de lune ou de soleil a paru plutôt à Stockholmqu’à Paris , on est conséquemment assuré que Stockholmest plus orientale que Paris. Si cette éclipse a été vue uneheure huit minutes vingt secondes plutôt qu’à Paris, il enrésulte que Stockholm est de dix-scpr degrés cinq minu-tes plus orientale que l’obfervatoire de Paris. Si ensuiteon veut avoir la longitude totale de Stockholm, c’est-à-dire, par rapport au premier méridien fixé à fille de Fer ,la plus occidentale des Canaries ; il n’y a qu’à ajouter lalongitude de Paris à cette ifle, savoir 1 h. &t xx 1 d’heure ;ce qui fait 18 d. à ce qui a été trouvé par l’éclipse , savoir17 d. 5' ; cela produit 35 d. <j / , qui sont la longitude to-tale de Stockholm, ou la différence de son méridien àcelui de fille de Fer.
II est vrai que les anciens riavoient guères de ces ob-servations des éclipses de lune, faites en même tems endivers lieux ; Ptolomée rien rapporte qu’une feule dansfa Géographie , entre Arbele & Carthage. C’esl pourquoiil fut obligé d’établir la plûpart des longitudes des lieuxde la terre , par les distances itinéraires prises d’occidenten orient, fur les parallèles à-peu-près connus, suppo-sant les nombres des stades compris dans un degré dugrand cercle de la terre, & à proportion des degrés d’ungrand cercle à ceux de chaque parallèle ; & il nç faut pass’étonner, si ayant été obligé de se servir de cette mé-thode , faute d’avoir des observations des éclipses , il neput éviter dé très-grandes erreurs dans 1’établiffement deslongitudes.
Ce riest que depuis environ deux siécles que l’on avu un assez grand nombre d’éclipfes de lune , observéesen divers lieux , dont une grande partie a été comparéeensemble parle P. Riccioli. On trouve, à la vérité, par cettecomparaison , que la différence des méridiens entre deuxvilles, qui doit être toujours la même, par l’observationde diverses éclipses , & par celle de diverses phases d’unemême éclipse , paroît souvent différente, St que cette dif-férence monte quelquefois à plusieurs degrés. Cela vientde ce que les observations ont été faites négligemment Scfans aucune précision ; car depuis que l’on s’est accou-tumé a bien observer les éclipses par des lunettes, Scqu’on a marque non-sculemeut les phases qu’on obscr-voit auparavant, mais aussi l’immersion des taches prin-cipales dans sombre , 8c leur émersion, des observateursbien exacts, ne diffèrent ordinairement plus que d’uneou deux minutes d’heure dans la détermination des mê-mes phases , comme on peut voir par toutes les observa-tions faites à l’obfervatoire de Paris ; & comme on ob-serve un grand nombre de phases dans une même éclipse ,en prenant un milieu entre les différences , on approchede plus près de la vérité.
Avant que l’on observât avec tout ce détail, on se con-tentoit d’une attention superficielle sur la durée totale deséclipse. Cela produisoit des erreurs de calcul, qui ontrévolté contre les observations astronomiques ; & il setrouve des écrivains de réputation, qui ont témoigné pu-bliquement rien avoir pas une idée fort avantageuse.
» Les astronomes , dit Sanson, Introduction à la Glo «ì> graphie , I. % , c. 7 7 ont prétendu que les éclipses de