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maison, durant trois générations ; & depuis elle sut à unbourgeois de Lucerne. Elle est plus dure que le marbre,Lc aucun fer n’y peut faire la rrioindre brèche. Elle estronde, à-peu-près comme un globe partagé en trois zo-nes , dont les deux extérieurs iont bruns , ou d’une cou-leur noirâtre, tirant íur le rouge ; & celui du milieu estblanc , tirant fur le jaune, & marqueté de diverses cou-leurs. Elle est du poids de neuf onces. Elle a des pro-priétés admirables pour guérir diveríès maladies , commela peste , les pertes de sang, & toutes sortes flux. On ade tout cela des preuves authentiques , qui ne laissent au-cun lieu de douter de la vérité de ce que je viens dedire.
L’an 1701, il arriva un accident bien funeste à Lucerne.Le 30 de Juillet, à deux heures après midi, le tems étantserein, on vit à l’orient une nuée noire, d’où partit uncoup de foudre , qui sans faire un grand bruit, tombafur une tour de la ville, où il y avoir deux cents cinquantequintaux de poudre , Sc y mit le feu. Le haut de la tourfauta en l’air avec un fracas horrible , & tomba par-des-sus la ville dans le lac. Le reste de la poudre, qui n’étoitpas encore allumé , étant tombé au fond de la tour, yprit feu , & alors la tour fut enlevée jusqu’aux fonde-mens, ôt fauta en l’air avec un nouveau fracas, qui ébranlatoute la ville ; il n’y eut heureusement que íix personnestuées, & quelques autres blessées.
L'église collégiale , de laquelle il est parlé dans cet ar-ticle , étoit anciennement un monastère. On voit par unepatente de l’empereur Lothaire, rapportée par Guiliman,& donnée à Strasbourg, dans la onzième année du ré-gne de ce prince, le 26 Juillet , indiction 13 , que ceprince avoir vu des lettres de l’empereur Louis son pere,qui assuraient, que le roi Pépin avoir donné le monas-tère nommé Luciaria , qui est Lucerne , à l’abbaye deMurbach, fondée en Alsace, à l’honneur de S. Leger,de S. Pierre , ík de la Vierge : ce monastère de Lucernefut depuis changé en une église collégiale, sur laquelle lesabbés de Murbach se réservèrent leur juridiction ; lors-qu’ils aliénèrent Lucerne en faveur de l’empereur Al-bert , duc d’Autriche , fils de l’empereur Rodolphe , l’an1295. Albert donna à l’abbé quatre villages en Alsace ,avec deux mille marcs d’argent, qui servirent à payerles dettes de cette abbaye. Les Lucernois furent fort mé-contens de ce changement ; car ils avoient joui d’uneentiere liberté, & franchise sous la seigneurie des abbésde Murbach, qui leur avoient donné de grands privi-lèges , & principalement celui de ne pouvoir être alié-nés du domaine de cette abbaye. Après s’être opposésen vain à cette aliénation , ils furent forcés de se sou-mettre à la domination d’Albert & de ses successeurs,& on leur promit de leur conserver leurs loix & coutu-mes. Albert prit possession de Lucerne, en 1307. Les Lu-cernois furent vingt-six ans fous la maison d’Autriche ,&, durant ce tems-íà, contraints d’être presque continuel-lement en armes contre les alliés de Sclrwitz, Uri, & Un-derv/ald, ennemis de la maison d’Autriche, qui d’ailleursleur donnoit des officiers qui les maltraitoient. Ils se las-sèrent de tant souffrir pour des maîtres qui les ména-gement si peu, & prirent le parti de secouer le joug dontils étoient opprimés. Ils se réconcilièrent avec les troiscantons, ík entrerent dans leur ligue, l’an 1333. * Lon-guerue , Descr. de la France, p. 270.
Le CANTON DE Lucerne tient le troisième rangentre les treize cantons du corps Helvétique ; & véri-tablement ce rang lui est dû, si l’on en juge par fa gran-deur ; car, comme il n’apas l’étendue de celui de Zuric,ík beaucoup moins encore celle du canton de Berne, aussiest-il plus grand qu’aucun des autres. C’est pourquoi,comme la Suisse est divisée par la différence de religionen deux grands partis, Lucerne est le chef de celui descantons Catholiques.
Ce canton est borné, à l’orient, par ceux d’Underwald,de Schwitz, & de Zug ; 3 c aux trois autres côtés, par lecanton de Berne , excepté qu’à un coin du nord , il aaussi les provinces libres. Ce qui est au midi de Lucerne,est un pays de montagnes, & c’est le commencementdes Alpes. Ce qui est au nord, est un pays de champs,de près & de bois ; mais il n’y a point de vignes. Dureste, le pays y est assez fertile en bled , & les Lucernoisen ont de quoi fournir aux petits cantons de leur voi-sinage , qui vont ordinairement faire leurs provisions dans
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les marchés de Lucerne : le lac, qui mouille la ville &les cantons, leur fournit du poisson en abondance. LesLucernois tirent aussi beaucoup de profit de leurs bes-tiaux , particulièrement dans le mont de Pilate , & dansla contrée nommée Entlìbouch. On dit qu’ils ont unemine de fer , dans une de leurs montagnes, qui s ap-pelle Bleixen , de la paroisse de Schurpffen.
Les bailliages du canton de Lucerne font:
Willifaw,Rothebourg ,Entlìbouch,
Ruísvyl,
Krientz.
Habsbourg ,Malters,
Et Littau,Wœggis,
S. Michel-Ampt, avec le bourg Sc l’abbaye de Muns-ter ;
Russeck ou Russegg, Sc Horb ou Horw ;
Méaischwanden, Knut-V/ eil,
Buren, Ebicken,
Tnngen, Wicken,
Et Heidegg.
De tous ces lieux, il n’y a que deux villes , ‘Willifaxtrôc Rothebourg ; tout le reste font des villages. Outrecela, il y a dans le canton deux villes, Sempach Sc Hur-lée , Sc la riche abbaye de S. Urbain , qui font fous laprotection de Lucerne ; Sc le bourg de Gerfau , aux fron-tières de Lucerne Sc de Schwitz, est fous la protectiondes quatre cantons voisins du lac.
Lucerne, (lac de) ou lac des quatre cantons , enallemand, Vier-Waldjtetten-Sée , parce que quatre can-tons font fur ses bords ; Lucerne au nord , Uri au midi ,Schwitz à l’orient, Sc Underwald à J occident. Ce lacest formé par la lluss, qui vient du canton d’Uri, &reparaît à Lucerne. Ce lac a à-peu-près la figure d’unecroix, Sc est fort étroit vers son milieu. Sa longueur estde huit lieues, Sc fa largeur de deux Sc plus. Il fournitbeaucoup de poisson , Sc est bordé , dans quelques en-droits , de rochers qui font le repaire des chamois , che-vreuils , Sc autres bêtes fauves.
II y a deux ou trois petits lacs dans le canton de Lu-cerne , entr’autres, celui de Sempach ou de Sursée , Sccelui de Heidegg. II se trouve dans ces lacs des écrevissesde couleur bleuâtre, plus grosses ordinairement que lescommunes; quand on les cuit, elles ne deviennent pointrouges, mais prennent une couleur livide. De même, ontrouve dans le ruisseau nommé Wínon , proche de Neu-dorff ., de grosses écrevisses , qui ne prennent jamais lacouleur rouge, quand on les fait cuire ; mais elles de-meurent noires.
Les terres de Lucerne n’ont pas beaucoup d’étendueautour du lac. Entre Lucerne èc Sclrwitz, il y ades lieuxnommés Habsbourg , Meggen , Lut^elau , &t Wmggis.Entre Lucerne &t le canton d’Undenvald, il y a Krientz,& le mont de Pilate.
LUCHÉ , bourg de France, dans l’Anjou, électionde la Flèche.
LUCHEU , ville de la Chine, dans la province deKiangnan, ou Nanking, dont elle est la neuvième mé-tropole. Elle est de o d. 8 ' plus occidentale que Pékin ,fous les 33 d. q/ de latitude. La situation de cette villeest des plus agréables, & le pays d’alentour est très-fertile. Elle a fous elle huit villes, qui font presque tou-tes célébrés & situées fur un lac nommé Çao. Ces villesfont:
Lucheu, Çao,
Xuching, Logan 0,
Lukiangj , Jugxan,
Vuquei©, Hoxan.
Anciennement Lucheu faisoit partie de la province Yang-cheu, sous la famille Cheva; tout le pays fut un état li-bre, que l’on appelloit le royaume de Lucu ; mais peu detems après, les rois de Çu s’en emparèrent. Sous la familleimpériale H ana, il porta le nom de Lukiang. Enfinl’empereur Suy lui donna le nom qu’il porte aujourd’hui.Cette ville est fameuse dans toute la Chine, parce quece fut à son côté oriental, que le roitelet Jangus battit