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Tome troisième. G - L.
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luc :

près lin beau tombeau de marbre de la famille de Gui-nigi. Sous le portique à gauche,est unbas-relief de mar-bre, que l’on estime beaucoup. II est de Nicolas Pifan.Dans le même portique, à main gauche en entrant,l’on voit un médaillon rond, avec un autre bas-relief,que l’on croit le portrait de Nicolo Picenino , capitainetrès-renommé des dues de Vií'conti, fk qui fut autrefois lelibérateur de Lucques. Les chanoines vont au choeur enrocher & én camail. On dit qu’il leur a été accordé deporter des chapes, des mofettes violettes & des mitresde soie blanche, à la maniéré des cardinaux. II y a desbalustres de marbre devant le grand autel. Dans l’égliíéde Notre-Dame delli Mïracoh , on voit un tableau dela vierge qui est en grande vénération parmi les bour-geois-de Lucques. La basilique & la chapelle de S. bri-dait sont fort estimées. C’est en ce lieu qu’est le tombeaude Richard , roi d’Angleterre, qui mourut à Lucques,en allant à Rome, pour visiter les lieux des saints apô-tres. On trouve beaucoup des choies dignes de 1 atten-tion des voyageurs, dans plusieurs autres églises de lamême ville. Il y a, entr’autres, dans l’église de S. Ro-main deux très-beaux tableaux; l’un représentant uneassomption de la Vierge , du chevalier. Guidotti; l’autreest un tableau du chevalier Vanni., A S. Pierre-Civoli,il y a un tableau de Lanfranc ; à sainte Marie, une assomp-tion &c une sainte Luce du Guerchin. L’arsenal pour-Toit fournir de quoi armer plus de vingt mille hommes.Il n’est point permis de porter l’épée à Lucques ; & enentrant, on demande aux étrangers leurs pistolets & leursarmes, qu’ils retrouvent à la porte par laquelle ils doi-vent sortit. * C or mille , Dictionnaire.

Cette ville est sort ancienne. Elle fut déclarée colo-nie Romaine , vers l’an de Rome 576. Ce fut-là que sefit le premier triumvirat entre Jules-César , Pompée& Crassus. A la décadence de cet empire, elle tombaau pouvoir des Goths, & fut ensuite soumise aux Lom-bards , qui la gardèrent jusqu’au régne de Charlemagne.Des seigneurs particuliers , comme Boniface , pere dela comtesse Mathilde, & Castracani , la gouvernèrentpendant qnelque tems ; après quoi, elle fut vendue à Gé-rard Spinola de Genes, par les gens de l’empereurLouis de Bavière. Elle fut austi vendue aux Florentins,sous l’obéissance desquels elle demeura jusqu’à ce qu’uncardinal François , que l’empereur Charles IV y avoirlaissé pour gouverneur, donna la liberté aux Lucquois.Ils la perdirent de nouveau par les entreprises d’un deleurs citoyens, appelle Paul de Guinigi ; & Bayant re-couvrée , vers l’an 1450, il l’ont conservée depuis, avecgrand soin , sous la protection de l’empereur. La villede Lucques est assez bien fortifiée. Didier, dernier roides Lombards, l’avoit fait environner de murailles, par-tie de briques &c partie de pierres ; mais les habitansZ es firent abbatre , en 1626, & la firent revêtir d’onzebastions de briques, qui la rendroìent très-sorte, s’ilscroient couverts par des dehors. Ses remparts, qui sontlantés, servent de promenades aux bourgeois. Les ar-res en sont si touffus, que ceux qui ne voient cetteville que de loin, auroient de la peine à croire quece fût autre chose qu’un petit bois. On ne découvreque la pointe du clocher de la grande église. On dit àl’avantage des Lucques, que lorsqu’il s’agit de juger unprocès de conséquence, on fait venir des jurisconsultesétrangers., qui n’en sont pas moins éloignés que de cin-quante milles ,'asin que ces juges n’étant portés ni paramour ni par haine , pour nuire aux parties , ou pourles favoriser , rendent leur sentence avec équité.

Dans la ville de Lucques on voit les restes d’un am-phithéâtre ; & hors de la ville , à une distance peu con-sidérable , fur le penchant d’un mont qui borde le lacMaJJìcucoli , sont les restes d’un temple qu’on croit avoirété consacré à Hercule. On croit que ce temple étoitautrefois fur bord de la mer, dont il est aujourd’hui éloi-gné de plusieurs milles. Entre les choses curieuses qu’onremarque autour de Lucques, on compte le pont deSestri, qu’on dit avoir été bâti par le diable, & ce-lui de Borgo-Nuovo. Ils sont tous deux fur le cheminde Modène. II y en a deux autres, fur la rivière deSerchio, qui sont admirables par leur hauteur ; l’un fe

( a ) Lucques est située à 43 d. jo' de latitude, ScM, Caffini a faites de Pise Sc de Livourne, l’an 1694.

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homme le pont de Mariano , Sc i’auíre íe pont délia.Madalena. On y trouve aussi des bains chauds Sc salu-taires. (/')• .

LUCQUOIS , (le) en italien ilLuchtse, de Bérat dela république de Lucques, petit pays d'Italie. ílessbor lé,

, au nord, de la partie de Gariagnána , qui reconnoic le, duc de Modène , avec le lieu de Largua, qui appar-tient au grand duc ; il a, au couchant ,,1’état du princede Massa, Sc la mer de Toscane ; au midi, le Pifan quiappartient au grand duc; Sc au levant, 1e lac de Bion-tina , la Pefchia, Sc le territoire de Pistoye. Cet étata de diamètre , d’un côté, trente Sc un milles, Sc. de i’au-tre vingt-cinq , Sc même beaucoup plus, en compre-nant les lieux écartés. Lucques est fa ville capitale. Sesautres lieux les. plus remarquables font du coté de laprincipauté de Massa; Camajora, ville belle & forte ,.avec Montagnoso , Sc proche de-là fur la mer de Toscane,le pont ou plutôt la plage de Fiaregio. Cette ré-publique a encore deux places séparées du reste de sonétat, Cajliglione , & Vícarìa di Minucciano. Castiglioneest situé dans la Carfagnana , près de Castel - Nuovo ,place appartenante au duc de Modène : il fait, avec lesvillages qui en dépendent, un district connu sous lenoin de viguerie de Cajliglione j c’est une place desplus fortes. Vicaria di Minucciano est un petit état situédans la Lugiane, assez près du Vivizzano, Sc peu éloi-gné de l’Apennin, austi-bien que de Castiglione, quiest au fud-est de Minuccianoi Le pays de. la républi-que de Lucques, étant montueux, fournit assez de vinpour la provision de ceux qui l’habitent ; mais commeordinairement ils ne recueillent pas assez de bled pourla moitié de l’année , ils en font venir par mer ; Scc’est à quoi leur sert le port de Viategio. Ils ont quan-tité d’olives, ce qui leur donne de l’bnile en abondance.Ils ont austi force lupins, S l faféoles, un grand nom-bre de châtaignes, dont vivent les paysans, aussi bienque de milet, &. quelque peu de citrons. Ils recueillentausti quantité de lin. On a toujours reconnu dans lesLucquois une inclination portée au bien Sc à l’équité.Ils font honnêtes aux étrangers , Sc très-attachés à laconservation de leur liberté , qu’ils ont maintenue avecprudence , contre mille attaques. Ils sont d’ordinaire vê-tus de noir ; les, plus riches ont des habits de soie,mais fans fuperfluité. Leurs femmes sont austi fort mo-destement vêtues. Lorsqu’ils sont dans leurs maisonsde campagne , où ils demeurent depuis le commence*ment de Mai jusqu’à la sin de Juin, les hommes por-tent des habits de couleur ; les dames ont de fort jo-lies juppes, & s’y divertissent les unes avec les autres *soit à danser , soit à fe régaler chacune à son tour. Ilsont Yojìce de C abondance , qui prend de l’argênt à cinqpour cent des particuliers, & le négocie en grains &entoutes fortes de marchandises, en Flandres, en Hol-lande, en Angleterre; ce qui rapporte un grand revenuà la république. L’état prête du bled à ceux qui en orlfbesoin, & s’en indemnise peu-à-peu. Tous les fourssont à la république, qui oblige d’y cuire tout le painqui se mange à Lucques. Les Lucquois vendent, tous lesans, pour plus de quatre cents mille écus de soie. Usreconnoissent l’empereur pour leur protecteur. Us viventnéanmoins en forme de république gouvernée par lesseuls nobles, suivant la loi Martinìenne , suivant làquell»le peuple perdit toute son autorité ; de sorte que cetétat auparavant Démocratique, ou populaire, devint Aris-tocratique. Le chef de leur république est nommé gon~falonnier. II est assisté de neuf seigneurs que Bon ap-pelle ancien s , qui se font traiter à' excellentïjsimes. On

les change de deux en deux mois , de même que legonfalonnier ; & pendant ce tems, ils sc tiennent au pa-lais de la seigneurie. La ville de Lucques est divisée entrois terciers., de S. Paulin, S. Sauveur <k S. Martin.Le gonfalonier est élu du tercier de S. Paulin • pourJanvier ot février. Enlùite il est pris des terciers de S. Sau-veur, & de S. Martin ; après quoi, on recommence.Ce gonfalonnier porte un bonnet ducal, de couleur decramoisi, bordé d’une frange d’or « une robe de veloursou de damas cramoisi, avec la cornette de velours demême couleur. Quand il marche en cérémonie, il 3

à 31 d. 4/ de longitude, selon les observations q U §