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Bombon , qui a trois lieues de tour, St derriere laquelleil y a un lac avec beaucoup d’habitations. En allant versTest, on passe la pointe du Soufre , & l’on entre dansla baie de Batangas , qui est habitée par des Indiens;auprès de la pointe, il y a la petite ifle de Casa, qui estremplie de gibier. Entre cette ifle & la pointe est leport de Malcaban, où le gouverneur Gornez-Perez delas Marinas fut assafíiné avec plusieurs autres, fur la ca-pitane, par des rameurs Chinois.
Après avoir passé à la baie de Batangas, on trouveles villages de Lòvo ôt de Galban, dans le voisinagedesquels on volt des marques de mines. C’est en cet en-droit que finit la province de Balayan, qui commence àMaribelles, ôt dans laquelle demeurent environ deux millecinq cents Indiens, qui payent tribut. On entre ensuite danscelle de Calilaya, ou Tayabas ; qui s’étend jusqu’au capde Bondo , ôt dans les terres jusqu’à Maubun, fur la côteopposée de Pille. Elle est plus grande ôt a plus d’habitansque la premiere.
On passe ensuite dans la province de Camarines, oùfont compris Bondo , Paffacao, Ibalon, capitale de lajurisdiction de Catanduanes ; Bulan, où se perdit le vais-seau de PIncarnation, revenant de la nouvelle Espagne ,en 1649; Sorsocon , ou Bagatao, port où l’on bâtit lesgros vaisseaux du roi ; ôt Albay , qui est une grande baiehors du détroit, proche laquelle il y a un volcan très—haut, que les navires, qui viennent de la nouvelle Es-pagne , apperçoivent de fort loin. II y a clans cette mon-tagne quelques sources d’eau chaude. On en remarqueune, entr'aimes, qui convertit en pierre tout ce qu’on yjette , soit bois, os, feuille , étoffe, ou animaux. Auvillage de Tivi, à deux lieues du pied de la montagne ,on trouve une grande source d’eau tiède , qui a auisi lapropriété de pétrifier jusqu’aux animaux, comme écre-visses , serpens , crocodiles, ôte. Les bois de Molaye,de Binanuyo, & de Naga, se pétrifient plus vite que touteautre matière. On voit de pareilles choses dans les au-tres iíles.
Au-delà d’Albay, vers Parient, est le cap dè Buy-faygay ; & dans cet endroit, la côte remonte vers lenord, en laissant à droite les istes de Catanduanes, quien sont éloignées de deux lieues. Ensuite , en côtoyantl’ifle, on trouve la rivière de Bicor, Hui vient d’ùn lac,ôt baigne la ville de Caçeres , fondée par don FrançoisdeSande, second gouverneur ôt propriétaire de ces iíles.L’évéque du nouveau Caçeres y fait fa résidence ; & lesprovinces de Calilaya, de Camarines Ôt d’íbalon sontfous fa jurisdiction.
De la province dé Camarines on entre dans celle deParacale, où sont de riches mines d’or, d’autres minesde divers métaux ôt de la meilleure pierre d’aimant.
II y a dans cette province environ 7000 Indiens payanttribut. Le terrein est bon ôt plat. II produit des arbres decacao , ôt des palmiers dont on tire beaucoup d’huile ôtde vin! Après trois jours de chemin le long de la côte,on trouve la baie de Mauban, dans le pli du bras. Lesvaisseaux, qui viennent de la nouvelle Espagne, ont quel-quefois laissé de l’argent dans cet endroit, pour qu’on letransportât à Manille. Au dehors de la baie est le portde Lampon, qui est semblable à celui de Mauban.
Depuis Lampon , jusqu’au cap del Engano, la côten’est habitée que par des infidèles Ôt des barbares. C’esten cet endroit que commence la province ôt la juris-diction de Cagayan , qui est la plus grande qui soitdans ces iíles; elle a quatre-vingt lieues de longueur,
& quarante de largeur. Sa capitale est la nouvelleSégovie. Voyez ce mot. Le cap le plus septentrio-nal est celui del Engano, qui est fort dangereux, àcause des vents du nord Ôt des grands courans.
Après avoir fait quinze lieues , le long de la côte d’o-rient en occident, on trouve Pautre pointe qu’on ap-pelle le Boxcader, ( Bojador. ) Ce cap étant passé ,en suivant la côte qui va au midi, au bout de vingtlieues finit la province de Cagayan, St commence celled’ÍLOCCOS. Les Cagayan; , qui payent tribut, peuventêtre au nombre de neuf mille, fans compter ceux quine sont pas subjugués.
La province d’ÍLOCCOS passe pour une des plus ri-ches des istes. Elle a quarante lieues de côte , ôt est
( a ) Le Serchio court à un quart de mille loin de la
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située fur les bords de la rivière Bigan ; le gouverneurGuiclo de Laccazarris, successeur de l’adélantado, yfonda, en 1574, la ville Fernandine. Cette provincene s’étend pas plus de huit lienes dans les terres.
On entre eníùite dans la province de PANGASINAN,dont la côte a quarante lieues d’Espagne de longueur.Elle est à-peu-près de la même largeur que celle d’I-Ï.OCCOS. C’est fur la côte de la province de Pagasi-nan , qu’est le port de Bolinao, de même que la Play a-Onda, endroit fameux dans les Philippines, par la vic-toire que les Espagnols remporterent fur les Hollan-clois. .
La province de Jampanga , où finit le diocèse dsla nouvelle Ségovie, ôt où commence le diocèse del’archevêque de Manille , suit la province de Pangasinan.
La province de Bahi, qui est à l’orient deBahi, estimportante pour la construction des vaisseaux.
II y une province nommée Bulacan , située entre Pant-panga ôt Tondo. Elle est très-petite, & habitée parles Tagales : elle abonde en riz ôt en vin de palme. Estéest habitée par trois mille personnes qui payent tribus.
Après avoir fait le tour de Manille, il reste encorèà dire quelque chose d’une petite province, qui est pro-che de l’embouchure du canal, ôt que j’ai omise ex-près ; car quoique fa capitale soit fur les terres de Ma-nille , le reste est composé de plusieurs petites istes,comme Cataduane , Masbate Ôt Bourias.
Dans toute Piste on trouve de l’or , beaucoup de cire ,de la civette, du coton , du soufre, de la cannelle sau-vage, du cacao, duríz; les montagnes même fournis-sent de toutes ces choses. Outre cela, on a de bons che-vaux, des vaches, des busses, ôt, fur les montagnes, descerfs, des sangliers ôt des bustes sauvages.
LUCOPIDIA, ancienne ville de l’ifle d’AIbion (c’est-à-dire de la grande Bretagne,) selon Ptolomée, /. 2,r g. Neubridge , Talbot Ôt Humfred disent que c’estprésentement Carlile , ( Çaèrleol :) ce dernier ajoute qu’elieest nommée Luguballia par Antonín; sa mémoire Patrompé : il devoir dire que Bede nomme Luguballìàce qu'Antonio SppelleL uguvallum. Cambden a, surce mot Lucopidia , une pensée qui n’est pas à mépriser.Je ne sçais, dit-il, où je dois chercher Lucopidia. Ce-pendant ce lieu doit être le siège épiscopal que Bedeappelle CANDIDA CASA, la maison blanche ; les An-glois ôt les Ecossois le nomment, dans le même sens,Whittern. Ne se pourroit-il point que Ptoloméetrouvant ce lieu nommé en latin candida casa , l’au-roit traduit en fa langue par a íu *m ohuS'ta , c’est-à-direles demeures blanches , au lieu de quoi quelque copistemal-adroit anroit fourré Leucopidia.
LEUCOTETIA. Voyez Lutetia & Paris.LUCQUES, ville d’Italie, capitale de la républiquede ce nom, en latin Luca ôt Lucca. II y avoit unévêché qui, en 172.6, fut érigé en archevêché qui nereleve que dù saint siège ( a ). Elle est située sur la ri-vière de Serchio, à cinq lieues de Pise, au milieu d’unepetite plaine environnée de coteaux agréables. Son cir-cuit n’est que de trois milles ; mais ses maisons sontfort élevées, ôt le nombre de ses habitans est assez grand.
II y en a de fort riches par le trafic des soies dont ilssont des étoffes, avec tant d’adresse, que la ville ena été appellée Lucca rindufiriosa. Les rues sont pavéesde grandes pierres qui les rendent nettes en tout tems. El-les ne sont ni fort droites ni fort larges , mais tellesqu’on les voit dans la plupart des anciennes villes d’I-taíie. La place de S. Michel ôt celle de S. Martin sontremarquables. L’église de S. Michel, qu’on trouve dansla premiere , a plusieurs petites colomnes qui en soutien-nent les dehors, ôt marquent son antiquité. Sur 1 autreplace est la cathédrale qui porte le nom de L’, Martinou de sainte Croix , parce qu’on y conserve un cru-cifix dont la face, dit-on, fut faite par un ange. Onl'appelle il santo Volto. Ce crucifix est de bois "de cè-dre, couvert d’une robe très-riche, St a fur la tête unecouronne toute brillante de pierres précieuses. II est dansune chapelle de marbre , à gauche en entrant; cette cha-pelle est en forme de dôme, fermée de grilles de fer, ôtéclairée, nuit St jour, par plusieurs lampes d’argent. A latroisième chapelle, on voit une cène dn Tintoret, Seau-
muraille de S, Quiric.