LUS
LUS
à Jean, duc de Berri, qui l’a donnée à la cathédrale deBourges, dont elle n’est qu’à six lieues. Cette ville est desplus petites de cette province ; fa châtellenie,cependant,est d’une grande étendue. Son terroir est fertile en toutesfortes de bleds, & rapporte beaucoup de foin : il s’ytrouve des bois taillis.
LUS , bourg de France, dans la Gascogne.
LUSACE , (la) province d’Allemagne, dans la Saxe.Elle est bornée au nord par le Brandebourg ; à l’orient, parla Silésie ; au midi, par la Bohême ; L-c au couchant, parla Mifnie. Ditmar, historien d’AUemagne, décrit le pays,qu’il appelle Litchi pagus , d’une maniéré qui convientfort à la Luface. On fait que les Sorabes, Sorabii & Serbii ,étoientun peuple d’entre leá Slaves. Ces Sorabes , voisinsdes Bohémiens , avoient auprès d’eux un peuple nomméMilceni , ou MiLCIANI , qui.peut-être faifoit partie deleur nation. Ce peuple Mìlàanl , étoit séparé des autres,en ce qu’il étoit renfermé dans le canton que Dub ravinsd’Olmutz appelle pagus Nifeni , 6 í Budejin ; d ou estvenue, dans la fuite, la Marche de BAUTZEN , en latin ,Marchia Budijsmcnfis , du nom de Bautzen Budijfa , capi-pitale de la haute Luface. Cela fait voir que ce peupleMilciani,occwpo\t la haute Luface. Henri l’Oifeleur ,premier prince Saxon, qui ait été roi de Germanie, fatigué desfréquentes incursions des Slaves , institua la Marche deMifnie, pour les réprimer, Sc arrêta, par ce moyen, toutl’effort des Polonnois Sc des Lufaçois. 11 fit plus ; il dompta& réduisit ceux-ci fous les loix Germaniques : aussi lit-ondansl’Histoire de Ditmar de Mersbourg: exea (urbe Sc mar-chiâ Mifnensi ) Mil^enosfuté J'ubacíos ditioni , censura per-solvere coégit. Ce peuple étant vaincu, son pays devint unemarche, c’est-à-dire une frontière, & est appellé dans lesactes de ce tems-là, Marchia Mïlfivia , ou Milciena ,ou Budijjbtenjìs . Ce n’étoit, à proprement parler, qu’ungouvernement , que les empereurs établirent pour assurerla tranquillité de l’empire ; & les premiers gouverneursne prirent d’abord que le titre de préfets. Christian, filsde Ditmar I, comte de Wettin , & petit-sils de kVitikingle jeune, fut créé margrave par l’empereur Otton I ; fapostérité en jouit fans interruption, jusqu’à Otton quien fut le dernier margrave, & mourut en 1301. Dedon ,son cousin , lui succéda ; mais l’empereur Henri IV lepriva de la haute Luface, qu’il donna à Uladiílas II, alorsduc, & ensuite premier roi de Bohême. II ne resta plusà Dedon que la basse Luface, à qui feule resta le nom demarche , ou margraviat de Luface. Henri, son petit-sils ,mourut fans enfàns, l’an 11x5- Wsipper Sc Henri III,comtes de Groïtfch, obtinrent la basse Luface, qu’ils gar-dèrent peu ; car l’empereur Lothaire II la rendit ensuiteà Conrad, margrave de Mifnie , dont les descendans laconservèrent jusqu’à Frédéric le Mordu, à qui W aldemar,surnommé Yllluflre , électeur de Brandebourg, le dernierde la maison d’Anhalt, l’enleva, en 1317. Waldemarétant mort deux ans après fans enfans, l’empereur Louisde Bavière donna le margraviat de Luface à Jean de Lu-xembourg , roi de Bohême , fils de Henri VII, son pré-décesseur dans la dignité impériale. Jean de Luxembourgs’obligea de conserver tous les privilèges de la Luface ; Stses successeurs la possédèrent aux mêmes conditions. Char-les son fils, qui fut roi de Bohême après lui, & empereuraprès Louis de Bavière, incorpora la Luface au royaumede Bohême, du consentement des états de l’empire,assemblés à Nuremberg, en 13 «j 5 ; Sc elle fut si bien re-gardée comme une annexe de la Bohême , qu’elle passaaux princes de la maison d’Autriche , par le mariage deFerdinand I avec Elizabeth, sœur de Louis, roi de Bo-hême Sc de Hongrie.
Tant que la Luface fut attachée au royaume de lohême ,elle eut toujours le droit Saxon, Sc des coutumes conformesà cette jurisprudence ; St elle porta long-tems les appelsà la chambre de Magdebourg , où étoit établi un tribunalsouverain qui jugeoit, selon le droit Saxon, les causesdes pays voisins St des provinces étrangères. Ferdinand Iayant défendu, fous peine de proscription , les appels àla chambre de Magdebourg, fut obligé d’instituer à Pra-gue une chambre des appels , pour juger les procès endernier ressort; St ce tribunal ne connoissoit pas feulementdes affaires de la Bohême , mais encore de celles de laLuface. Lorsque cette province revint à sélecteur de Saxe,il futTeglé que ces appels reíïortiroient à sélecteur même.
fans qu’ils pussent être portés à aucun tribunal étranger *pas même à la chambre impériale de Spire.
Sous les princes de la maison d’Autriche, la Luface fuiaussi long-tems paisible, qu’ils la gouvernèrent avec mo-dération. Mais lorsque la Bohême fut déchirée par lesguerres civiles , en 1618, fous le régne de Ferdinand IIà qui les Protestans opposaient Frédéric, électeur pala-tin , qu’ils avoient élu, Jean-George I, électeur de Saxe *sauva la Luface , Sc employa tout son crédit auprès deFerdinand, pour conserver à cette province fes privilè-ges , fes droits , St fur-tout fa liberté de religion , dontil s’agissoit dans cette guerre. II avoit mis l’empereur horsd’état de lui rien refuser à cet égard. II l’a volt trop bienservi d’hommes Sc d’argent dans cette guerre ; aussi eneut-il la Luface pour son remboursement, à la charge dela tenir, comme un fief de la couronne de Bohême ; etdepuis l’an 1636, que cette restitution fe fit.au traité dèPrague, la Luface est demeurée à sélecteur de Saxe. IIne jouit guères que de la haute. La basse est partagée entrédivers maîtres, comme on va voir dans leur division. Lareligion dominante est la Luthérienne ; il ne laisse pasd’y avoir quelques monastères Catholiques. La Luface í«divise en haute Sc basse.
La haute Luface confine à la Bohême. Ses principauxlieux font:
Bautzen *Gorlitz,Zittau,Locbau t
Lauben *Camenitz,Mofcau,HoyeriVerda*
Et deux monastères de religieuses , savoir, Marien-THAL, entre Zittau Sc Gorlitz ; Sc MARIENTERN, prèsde Bautzen. Aux environs de Bautzen Sc de Lobau, il ya une lisière de pays qui traverse la haute Sc la basse Lu-face, jusques dans la Marche de Brandebourg. Le peuple,qpi y habite, est un reste des anciens Vandales, ils conser-vent leur langue particulière entr’eux , Sc leurs habille-mens, qui pacoissent ridicules à leurs voisins. J’ai vu unpareil reste de ce peuple en Meckelbourg. C’est aussi unslisière qui s’étend jusques dans la Poméranie. Ils usent en-tr’eux d’un langage si peu articulé, qu'ils pourroient par-*ler, quand ils n auroient ni lèvres, ni dents, ni langue*Ce n’est qu’un son informe qui fort confusément de leurgosier. Leurs habillemens ne diffèrent point de ceux desautres paysans qui les environnent. Celte lisière va d’oe-cident en orient, Sc n’a qu’une assez petite étendue en lar-geur.
La basse Luface est, comme nous avons dit, partagéeentre plusieurs maîtres.
I. Le duc de Merfebourg, de la maison de Saxe, ypossédé
Luben, Lucca,
Guben j Finsterwald ,
Fortz, Dobrilock,
Spremberg.
II. Le roi de Prusse y possède
Cotbus , ou Cotwitz , Storckau *
Pefeau, Peitz,
Sommerfeldi
III*. Sorau appartient aux comtes de Promnitz.'
IV. Sonnewalde appartient à une branche de la mai-son des comtes de Solins.
V. Senfterberg, ville Sc château, avec quelqnës petitslieux, appartiennent à sélecteur de Saxe ; & même il ya des gens qui comptent Senftenberg entre les villes deMifnie.
Cet article est tire , pour ce qui regarde l'Histoire , dela dissertation de Schurtzfleifch fur la Luface , Sc deshistoriens cités en marge; 8c pour la division, de la géo-graphie Allemande de Hubner, excepté ce qui regardeles Vandales de Meckelbourg, dont je parle en témoinoculaire.
LUS ARCHE , bourg, bailliage St châtellenie de l’Isiede France, à huit lieues de Paris, au nord oriental decette ville, à l’orient d’hyver de Beaumont-fur-l’Oise