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Tome troisième. G - L.
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LUS

LUS

•&t au midi de la forât d’Hérivaux , à deux lieues de Sen»lis, fur la route de Paris à Creil ôc à Amiens. La paroisseest fous l’invocaîion de S. Damien. On y fabrique beau-coup de dentelles.

LUSERNE, bourg ou village de Erancè, dans la baflèNormandie , à trois lieues de Granville, 6c à quatre d’A-vranches, vers la côte de la mer. Ce lieu est remarqua-ble par une abbaye de Prémontrés réformés. Cette abbaye,consacrée à la sainte Trinité, est en régie, & fut fondéepar Astulphe de Subligny, l’an 1143. La paroisse de làLuferne est un titre de-baronnie.

LU SI, ou Lussi. Voyez Luticii.

LUSIGNAN ; on difoit anciennement Lezignen ,câfirum. Piganiol de la Force

Celitci 6c les Vergones. II donne aux Lujìtani propres lesvilles suivantes.

Villes maritimes :

'Barbarîum promontor. ' Lunce montis promontor.Oliofipon , Mandez jluv. OJlia ,

Tagifiuv. OJlia , Vacijluv. OJlia ,

Fontes Jluv. Doriez Jluv. OJlia ,

Fontes Jluv.

Villes dans les terres’:

Lejacum

la France , t. 5 , p. 1IO , dit LlClNIACUM

'en latinDescr. de

castrum, château de France, en Potion, fur la Vonne,au-dessus de Saint-Maixant. Ce lieu est connu dès le com-mencement de l’onziéme siécle ; il avoit alors fes fei-gneurs.particuliers, qui, dans la fuite, devinrent comtes déla Marche & d’Angoulême. Le château de Lusignan pas-lbit pour imprenable. Les auteurs Romanesques asiurentqu’il fut bâti par une fée, moitié femme, moitié serpent ,appellée Mélujìne ; mais il est sûr qu’il le fut par Hugues II,seigneur de Lusignan, surnommé le Bien-aimé. On a Tail-leurs remarqué qu’il n’y a point eu de femme du nom déMélusine dans les branches de la maison de Lusignan éta-blies en France ; & quant à ce qu’on dit que le nomde Mélusine est composé dé celui des terres de Meìle ôcde Lusignan , dont elle étoit dame, il n’y a rien de si aiséà‘réfuter , puisque la terre de Melle n’a jamais appartenuà la maison de Lusignan. On doit donc conclure que Jeand’Arras, auteur du Roman de Mélusine, Jean Boucher,en fes Annales, & frere Etienne de Lusignan , dans l’His-toire de la maison de Lusignan, n’ont pas été plus sorciersque Mélusine , dout ils rapportent tant de Fables. Brantôinémême , tout enthousiasme qu’il etoit de chevalerie , n’apu s’empêchér de reconnoître pour des fables la plûpartdes .choies qu’on difoit de Mélusine. Et bien que ce soient'fables , dit-il ,/z ne peut-on dire autrement que tout beau& bon ddelle. Le chateau de Lusignan étoit situé íiir unemontagne entourée d’autres montagnes qui fervoient à ledéfendre. Téligni le surprit pour les Protestans, l’an 1569;mais Louis Bourbon II e du nom, duc de Montpenfier,ï’aífiégea, l’an 1575 ,8c, s’en étant rendu maître, aprèsquatre mois de siège , le sit raser de fond en comble. Ecou-lons un moment Brantôme , fur le siège & lâ prise de cechâteau. Le siège de Lusignan , dit-il sut long & de grandscombats , sen parlerai possible ailleurs. II Jutpris ; & deMontpenfier , pour éternijer fa mémoire , preJJ'a & impor-tuna tant le roi Henri III , nouveau venu de Pologne ,qui le voulut gratifier en cela , qu il fit rajer de fond encomble ce château ; ce château , dis-je , fi admirable & Jiancien , qu on pouvoit dire que c étoit la plus belle marquede forteresse antique , & la plus noble décoration vieille detoute la France. Ce château ayant été rasé fous Henri III,comme Brantôme le rapporte, Corneille n’a pu dire queLouis XIII le sit démolir.

La ville de Lusignan est petite , & située fur la routede Bordeaux, à la Rochelle. II y a uu siège royal, unemaréchaussée 6c un maire perpétuel. La ville n’est pasriche, & le bourg est ce qu’d y a de meilleur. Les caba-retiers y font bien leurs affaires. La ville est au bas dunecolline , fur laquelle le bourg est situé. Dans la ville estune fontaine, où le peuple croitque Mélusine fe baignoit.La maison de Lusignan produisit non-feulement des comtesde la Marche & d’Angoulême , mais encore des rois deJérusalem & de Cypre. Philippe le Bel réunit à la cou-ronne les biens de ces comtes. Lusignan ayant été uni aucomté de Poitou, a suivi le fort de cette province.

LUSITANIA , ancien pays dont nous traitons au motLusitanie ; 8c comme une partie de la Lusitanie an-cienne répond aujourd’hui au Portugal, on nomme au-jourd’hui le Portugal en latin Lùjìtania , quoiqu’irqpro-prement les bornes n’étoient pas les mêmes, comme onle peut voir par la comparaison des articles Lusitanie6c Portugal.

LÙSITANI, (les) anciens peuples de l’Espagne, dansla Lusitanie. Presque tous les écrivains conviennent qu’ilstiraient leur nom de Lufius ou Lysa , préfet de Bacchus.Ptolomée comprend parmi ces peuples les Turditani , les

Lavara ,

Mendeculia ,

Arìûum ,

Caurium,

Selium ,

Turmogum ,

Elbocoris ,

Burdua ,

Araducía ,

Colarnum ,

Verurium ,

Isallczcus ,

Villadis ,

Ammcea,

ALminium j

i Ebura ,

Chretina ,

Norba C césar ta ,

Arabrìga ,

Licinniana ,

Scalabiscus ,

Augufia emeritay

Tocubis ,

1 Evandria,

Concordià ,

Gercza ,

Taiabriga ,

Cecilia Gemillina

Rufiicana ,

Capajâ.

Les Lujìtani aimoient mieux faire des courses fur leursvoisins , 6c vivre de brigandage , que labourer la terre.,quoiqu elle fût très-fertile dans leur pays Leur maniéré devivre étoit Tailleurs allez simple ; ils fe chauffoient avecdes cailloux qu’ils faifoient rougir ; ils fe baignoient dansde l’eau froide ; ils Tutoient que d’uu feui mets à leur repas,.6c ils mangeoient tort sobrement. Leur habillement étoitnoir. Au lieu d’argent monnoyé, ils tàifoient des échanges ;quelques-uns fe fervoient, pour leurs achats, de lamesd’argent, dont ils coupoient dès morceaux. Comme lesEgyptiens, ils exposaient leurs malades dans les cheminspublics , asin que les passans qui sauraient des remèdes àleur maladie , pussent les leur indiquer. Ensin ces peuplesétoient pleins de valeur ; 6c les-Romains les soumirentmoins par la force, que pár la ruse 6c í’artisice. * Strab. 1 . 3.

LUSITANIE : (la) c’étoit anciennement une des troisprovinces qni compostéent l’Espagne. Les limites ne fu-rent pas toujours les mêmes. Suivant Strabon, /. 3 , elles’étendoit depuis le Tage, en tirant vers le septentrion ;à Tago in feptentrionem Lùjìtania patebat. E11 effet lesanciens géographes ont donné le Tage pour la borne mé-ridionale de la Lusitanie ; 6c, du côté du septentrion, ils. poussaient les limites de cette province jusqu a f océanCantabrique, ou du moins jusqu’au promontoire Celtique,Nérius ou Artabre ; cependant le pays, qui étoit entre lefleuve Anas 6c le Tage, fe nommoit la Celtique , commel’a observé If. Voffius, Observ. in Pomp. Mel. Mais lors-que les Romains fe furent rendus maîtres de toute l’Espagne,Auguste sit une nouvelle division des provinces ; ÔC la Lu-sitanie fut bornée alors au nord par le fleuve Dtirius , aumidi par le fleuve Anas ; 6c toute l’étendue des terres, quiest entre le Durius 6c l’océan Cantabrique, fut ajoutée àla province de Tarragone. *Pomp. Mêla , 1 . 3 , c. 6. Cellar .Geogr. an t. I. 1, c. i.

Pline, /. 4, c. n , fait commencer la Lusitanie au Du-rius , limites que lui donne pareillement Ptolomée ; maisles bornes que les géographes marquent du côté des peu-ples Vetomes 6c Carpetani , ne font pas toujours les mê-mes. Cette différence vient de ce que l’on a confondu laprovince de Lusitanie avec le pays qu’habitoient les Lujì-tani , proprement dits, quoique la province fût beaucoupplus étendue. Outre le pays des Lujìtani , elle comprenoitplusieurs'autres peuples. Pline nomme les Celliques, lesTurduli 6c les Vettones , 6c Ptolomée y ajoute les Tur-detani. Enfin cette différence est encore venue des chan-geinens que les divers empereurs firent aux 1 limites des pro-vinces , selon qu’ils le jugèrent à propos ; de forte que, duteins de Pline, les bornes de la Lusitanie pouvoient n’êtrepas les mêmes que du tems de Ptolomée.

On a vu, dans l’article précédent, de quelle maniéréPtolomée a divisé les villes des Lujìtani. Voici la diyisiostde la Lusitanie proprement dite, selon le P. Briet.

Augufia