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Tome sixième. T - Z.
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a une perite tour de garde & quelques magasins de pê-cheurs fur le bord de la mer : ce mouillage n’est propreque lorsqu’on va du côté de l’ouest ; on y est à couvert,par la pointe de Bégu , des vents, depuis le fud-fud-estjusqu’à ('ouest.

TOURMANSINE, bourg de France, dans f Anjou,élection de Montreuii-Bellay.

TOURMENTE , riviere de France , dans le Querci.Elle est formée de trois gros ruiíleaux , dont deux vien-nent du côté de la ville de Souiilac , & í’autre du Limou-sin. Elle va se perdre dans la Dordogne â Fioriac.* Coulon ,Rivières de France, p. 5 32.

TOURMENT 1 N. Voyez au mot Cap , l’article CapTourmentin. *

TOURNANS ou ToURNAN,gros bourg de France,«dans la Brie , fur un coteau , à trois lieues de Brie-Comte-Robert , à quatre de Rofoy & à huit de Paris , avec unetour , dite de Gane , qui étoit anciennement destinéepour donner les signaux. L’église paroissiale porte le titrede saint Denys. On fait un commerce de bled dans cebourg , & tous les lundis on y tient un gros marché. An-dré du Chêne, qui écrit Tournan ou Tournem , ditque c’est une prévôté & un châtellenie, qui a procureurdu roi & autres officiers, pour Fadministration de la jus-tice en premier resiort. Près de Tournans est un beau châ-teau appelle Harmenviluers. Ce château appartientau marquis de Beringhem, seigneur de Tournans. U estaccompagné d’un grand parc fermé de murailles, & dansl’enceinte du château , on voit un canal fort long forméd’eaude source. * Corn. Dict. Mémoires drejfes fur les lieux■en 1707.

TOURNAY, ville des Pays-Bas fur l’Escaut, qui lacoupe en deux. C’est la capitale du Tournesis ; elle estsituée à cinq lieues de Lille, & à sept de Douay & deMons. Tonrnay , en latin Turnucum , ne se trouve pointmarquée dans les plus anciens auteurs , comme César ,Pline 011 Prolomée , ni dans les historiens qui ont écritavant Constantin & ses enfans. Saint Jérôme néanmoins ,qui a vécu du rems de Constantius, fils de Constantin ,8 c des empereurs ses successeurs, jusqu’au régné d’Ho-norius, marque Tournay cotnrne une des principales villesdes Gaules, ravagée par les Barbares au commencement' du cinquième siécle. II en est fait mention aussi dans ('iti-néraire d’Antonin & dans la carte de Peutinger, dontles auteurs ont vécu du tems de saint Jérôme. Tournay futprise, sur les Romains, par Clodion , roi des François. Sonpetit-filsChildéricy demeuroit, y moulut & y fut enterré.Son tombeau ayant été trouvé au siécle passé dans le faux-boug de cette ville , lorsque l’archiduc Léopold d’Autricheétoit gouverneur des Pays-Bas , ce prince emporta , enAllemagne , le sceau de ce roi, & les autres choses qu’onavoir trouvées dans son tombeau ; mais depuis elles fuientenvoyées â Louis XIV, qui le fit mettre dans la biblio-thèque royale de Paris. Saint Ouen nous apprend, dansla vie de saine Eloi, que Tournay a été autrefois la ca-pital e des rois de France : Qnondam regalis extitit civil as.Les évêques de Tournay & de Noyon étoient seigneursde la ville, fous les premiers rois Capétiens, & ils a voientau-deíTous deux des avoués Sc des châtelains qui étoientleurs vassaux. Les habitans jouissoient de fort grands pri-vilèges, & vivotent dans une entiere liberté, ne s étantjamais soumis aux comtes de Flandre , & reconnoiílinttoujours la souveraineté des rois de France. Ils se soumi-rent entieremenr à Philippe Auguste Fan 1187 , & depuisce tems, les évêques ne purent recouvrer leur autoritétemporelle. Ils avoienc néanmoins la haute - justice deTournay & du Tournesis , qu’ils conservèrent jusqu’en3 320 , que Philippe le Long acquit, de Gui d’Auvergne,évêque de Tournay , les droits de justice, avec les fiefs■qui appartenoient à ce prélat & à son église, le roi ayantdonné en échange , à Févêqne , huit villages, dans la châ-tellenie de Lille. Lorsque Charles VII fut contraint decéder tant de places, en Picardie 8 c ailleurs, à Philippe ,duc de Bourgogne, par le traité d’Arras, ce roi se ré-serva , 8 c à ía couronne , la ville de Tournay , dont leshabitans se maintinrent en liberté sous la souverainetéde la couronne de France. Aussi Charles Vil avoir folem-nellement uni Tournay & le Tournesis à perpétuité â facouronne, par ses lettres patentes données au commen-cement de son régné en 14.22, & confirmées par d’autres

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lettres dans les années 1426 & 1436. Louis XI, aprèsla mort de Charles , duc de Bourgogne , se rendit maîtreabsolu de Tournay , & y mit garnison en 1477 ; & depuisce tems, les habitans obéirent au roi comme ses autressujets jusqu’à Fan 1313 que la ville fut prise sur Louis XIIpar Henri VIII, roi d’Angleterre. Les Anglois rendirentla ville aux François en 1517 3 mais quatre ans après,la guerre ayant été déclarée entre (empereur Charles V& François I, la ville fut assiégée & prise par ('arméeimpériale. L’empereur voulut que le Tournesis fît une pro-vince séparée de la Flandre & du Hainaut ; & ensuite ,François I ayant été fait prisonnier à ía bataille de Pavie,il sut contraint, par le traité de Madrid, de céder , en132s & 15 16 , Tournay, avec ses dépendances 8c sesannexes , à ('empereur 8c à ses héritiers successeurs enroute souveraineté ; ce qui sut confirmé par le traité dcCambrai en 1^29, par celui de Crépi en Laonois en 1544,& par celui de Cateau Cambresis en 1359. Louis XIVassiégea & prit cette ville en r 667 , 8c elle lui fut cédéeTannée suivante, r668 , au traité d’Aix-la-Chapelle ; ilaugmenta les fortifications 1 de la ville , & y fit bâtir unetrès-forte citadelle. L’une 8c l’autre furent assiégées & pri-ses , en 1709, par ('armée des Alliés. Louis XIV cédaensuite ses droits fur cette ville à la maison d’Autriche ,par les traités d’Utrecht, de Radstad 8c de Bade. Les EtatsGénéraux ont néanmoins la garde de la ville 8c de lacitadelle, par le traité de la Barrière, conclu en 1715avec ('empereur Charles VI. J’ai dit que FEscaut coupeTournay en deux parties , dont lune s'appelle la VieilleVille , 8c l’autre la Neuve. La vieille est à la gauche dela riviere, du côté de Ia Flandre , & la neuve est à ladroite. Celle-ci est dans le Hainaut, avec sept villages quien dépendent, 8c qui appartiennent, depuis plusieurs sié-cles , au Tournesis ; mais pour le spirituel, cette partiede la ville de Tournay , avec les villages d’au-delá deFEscaut , font jusqu’à présent du diocèse de Cambrai.Toute la ville est entourée d’une ancienne muraille,qui fut élevée en 1297, & fur laquelle il y a cinquante-cinq tours rondes. Louis XIV a fait construire, fur cetteenceinte, un rempart, garni d’un bon & suffisant parapet.Cette enceinte est défendue par neuf bastions détachés,8c par un ouvrage à cornes, avec un bon chertiin-cou-vert, le tout revêtu de maçonnerie. C’est ce qui composela moitié des fortifications de la ville au nord-est. Laplupart de ces ouvrages font fur un for.d de roche, cequi rend ('approche de la ville aflèz difficile. Le grandsosie de ce côté peut être inondé par les écluses qui re-tiennent l’Escaut au haut de la ville. LTutre moitié de laplace , au fud-ouest, est fortifié de six bastions détachés de('enceinte , d'un fer à cheval, de trois ouvrages à corne ,dont deux font traversés , outre deux pâtés casemates 8cgarnis de galeries , qui ont communication avec la cita-delle ; le tout revêtu de maçonnerie,‘ & défendu par unbon chemin-couverr. Le grand fossé est sec ,8c a plusieurstraverses pour le défendre. On entre par sept portes dansla ville, A Centrée de FEscaut, Louis XIV a fait bâtirquatre moulins , qui ont fait subsister une armée de centmille hommes pendant la derniere guerre. Chaque mou-lin peut moudre cinq rasieres de bled par heure , & sebâtiment en est des plus solides. On fit , en 1635, fur l’Es-caut , un très-beau quai, de treize cents, pas géométriquesde longueur , de trente de profondeur , & quatre-vingtsde largeur ;& les deux rives font appuyées de très-fortesmurailles. Il y a six ponts de pierre, qui ont été construitsdans les années 1297,1315 > 1 3 1 5 5 ° & 1685. Lesécluses, dans la balle ville , qui servent à faire descendreles bateaux , furenf construites , en 1562 , aux dépens desvilles voisines. * Longuertie , Description de la France,part. 2 , p. 77.

La citadelle est beaucoup plus forte que la ville ; c’estun pentagone régulier , dont le diamètre est de deux centscinquante toises. Elle est environnée d’une bonne fauíse-braie. Chaque courtine est défendue par une demi-lune,à contre-gardes coupés; tous les sosies font secs , & fousla fausie-braie , il y a , tout autour du corps de la place,une galerie dans Fépaisieur de la muraille , au niveau dusosie ,pour conduire les mines fous (ouvrage capital, avecune autre galerie croisée fous chaque bastion. Les deuxbastions du côté de la ville ont des fomerreins, qui ferventpour ('hôpital & la boulangerie, consistant en quatre four-