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Tome sixième. T - Z.
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neaux. Au milieu dc la place , il y a un grand puits, oùaboutit une galerie qui coupe la citadelle en deux. Les•casernes & les pavillons des officiers font aílèz commodes.La maison du commandant est fort propre ; mais l’églifea été entierement ruinée par le dernier liège. Sous la con-trescarpe j dans l’épaiíïeur de la muraille , régné une ga-lerie au niveau du foíTé , Sc à tous les angles saillans decette contrescarpe , il y a des créneaux dans la muraille,pour flanquer le folié capital. Environ à cinquante piedsde cette galerie , il y en a une autre fous le glacis paral-lèle à la premiere , qui régné auflì tout autour , qui com-prend tous les ouvrages extérieurs, Sc qui a des galeriesde communication de distance en distance. De cette galerieparallèle , il y en a d'autres qui avancent fous le glacisbien avant, pour conduire les mines de tous côtés. Lesfoliés des demi-lunes font relevés, Sc défendus par descoffres, où l’on monte de la galerie qui régne fous lacontrescarpe. Tous les ouvrages , jusqu’à l’intérieur du pa-rapet Sc de la banquette , sont revêtus de maçonnerie.Dans plusieurs endroits , il y a des fouterreins pour logerla garnison en cas de néceslìté. Outre la porte qui conduitdans la ville , il y en a une autre de communication versla campagne. Cette citadelle est l’ouvrage du fameux ingé-nieur M. de Mégrigni, qui en étoit gouverneur lorsqu’ellefut prise par les alliés. La garnison fut obligée de fe ren-dre prisonnière de guerre ; mais on lui accorda de sortiravec ses armes, tambour battant, Sc drapeaux déployés.Lorsque cette citadelle fut achevée , Louis XIV vint lavisiter. M. de Mégrigni lui ayant demandé s’il la trouvoicà son gré , ce monarque lui répondit, qu’elle lui plaffoitsi fort, qu’il voudroit feulement qu il y eût quatre roues,pour la pouvoir transporter où bon lui fembleroit. Cetouvrage fut commencé en 1668 , & depuis ce tems-là,ïusqu’au 24 avrtl 1674, la dépense montoit à deux mil-lions cinq cents vingt-fept mille soixante dix sept livres ;& ce que ce roi y a fait ajouter depuis , a fait aug-menter cette somme jusques à quatre millions. En consi-dération de cette dépenle , la ville fit, à deux différen-tes reprises, un don gratuit dc trois cents mille florins àLouis XIV.

La cathédrale, dédiée à Notre-Dame , est d une très-belle sculpture , Sc ornée de quatre clochers. On y voltquantité de riches chapelles , & divers tombeaux magni-fiques , soit en marbre, soit en airain. Le chapitre est com-posé d’un doyen , de deux archidiacres , l’un pour Tour-nay , l’aurre pour la Flandre : d’un chantre, de deux tré-soriers , d’un grand pénitencier, d’un écolâtre, d’un chan-celier Sc de trente-deux chanoines ; ce qui fair en toutquarante-deux prébendes , dont quarante sont à la dispo-sition de l’évêque , & deux , f écolâtre & le chanoinehôtelier , à la disposition du chapitre. Le chanoine hôte-sier est ainsi appelle , parce qu’ii est chargé de la directionde 1 hôpital de Notre Dame, qui dépend du chapitre pourk temporel Sc pour le spirituel.

L’abbaye de laine Martin, de l’ordre de saint Benoît, estremarquable par la beauté de ses édifices , Sc pour la gran-deur & la magnificence de son église. Louis XIV Sc Marie-Thérefe d’Autriche, son épouse , y mirent la premierepierre en 1677. L’abbaye sut commencée vers l’an 6;6,par

Eloi, évêque de Tournay Sc de Noyon , en l’honneur desifint Martin, évêque de Tours, qu'on croit avoir prêché* évangile en ce lieu, Sc y avoir reflùsciré un mort. Cetteabbaye devint dans la fuite trè^-puiffante , Si les religieux fe^ttent sous la réglé de saint Benoît au commencement dudouzième siécle ; ils avoient auparavant suivi celle de saint•Augustin.

La ville dc Tournay est maintenant divisée en dix parois-

es > la cathédrale de Notre Dame , saint Piar, saint Jac-9 f s .> saint Quentin, saint Pierre , saint Nicaise , saintej ar ' e Magdelaine, saint Brice , saint Jean Sc saint Nicolas.

es kpr premieres, qui fe trouvent dans la partie la plusconsidérable de la ville, du côté de l’Escaut, qui regarde la

r ance , sont de levêché de Tournay , ainsi que les six cures^ 0r > nomme fuburbicaires : les trois dernieres, situées

P s la plus petite partie de la ville , du côté de l’Escaur ,& if C ^ ar d e l e bkinaut, sont de l’archevêché de Cambrai ;cxer ^ a Un doyen de U chrétienté , dic de saint Brice , qui•j- ce a jnrisdiction de cet archevêque dans la ville de^ y a cu encore deux autres paroiflès dans la par-e a qui.reconpoîc l’évêque de Tournay ; sainte

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Catherine & sainte Marguerite ; mais la premiere sot démo-lie en 1672 , lorsque Louis XIV y fit bâtir la citadelle. Cellede faihre Marguerite fut donnée alors aux chanoines régu-liers de l’abbaye de saint Médard , qu’on nomme auflì saintNicolas des Prés, Sc qui y avoient perdu leur maison. Cetteabbaye sot fondée en 1116 , par Simon de Vermandois ,dernier évêque de Tournay , résidant â Noyon. Les autresmaisons religieuses de Tournay íonc , l’abbaye des Prés-Porciens , qui appartiennent à des religieuses de saint Augu-stin , sondées par Wautier de Marvis , cinquante & unièmeévêque , les trinitaires, les croisiers , les carmes-chauffés Scdéchaufles, & les recollées, les dominicains, les Augustins,les capucins , une maison de prêtres Irlandois, les carméli-tes , les sœurs-griíes, les repenties Sc autres. Les jésuites yont deux maisons ; l’une où ils enseignent les humanités,l’autre où ils tiennent le noviciat de la Flandre Gallicane.Cette derniere a été dotée du revenu du prieuré d’Englos ,de l’ordre de saint Benoîi.Ce prieuré avoir été abandonnéscause des révolutions du pays. Il y a encore le collège desaint Paul , où des prêtres séculiers enseignent les humani-tés ; & le séminaire de l’évêque , où les peres jésuites ensei-gnent la théologie depuis 170;.

La foi chrétienne a été reçue plus tard dans le diocèse deTournay que dans la plus grande partie dc la Gaule Belgi-que. Grégoire de Tours fait mention de S. Piat qui prêchal'évangile dans ce pays , & y fut martyrisé ; mais il ne ditrien de S. Eleuthére, que la tradition du pays met du temsde Clovis entre les apôtres de cette ville. Les légendairesqui en parlent dans fa vie, Sc dans celle de saint Médard, neméritent aucune créance, ayant écrit cinq cents ans aprèsces deux saints , & donnant des marques de leur ignorancedans l’histoire. Ce qui est certain, c’est que saint Médard ,évêque de Noyon , fut aufli pasteur de legiiso de Tournay ,Sc qu’il prêcha Sc établit l’évangile dans ce pays, commefirent ses successeurs jusqu à S. Eloi. C’est pour cela que lesévêques de Noyon conservèrent toujours l’évêché de Tour-nay , dans lequel plusieurs grandes villes furent fondées,comme Gand , Bruges Sc Lille : ce qui engagea saint Ber-nard à travailler à la séparation de ces deux églises jointesdepuis le tems de saint Médard. S. Bernard obtint en 1148 ,du pape Eugène IÎI, qui avoit été son disciple, la désunionde ces sièges j de forte qu’Anselme, moine bénédictin, abbéde saint Vincent de Laon, sot créé cette année premierévêque de Tournay, & que cet évêché se r-rouva d’une sortgrande étendue jusqu’à l’érection des sièges de Gand Sc deBruges. En 1559 l’évêché de Tournay sot fait suffragant dela nouvelle métropole de Cambrai. Cette ville étoit retour-née presque entierement à l’idolatrie, après la mort defaine Piat, sor-tout lorsqu’elle fut tombée entre les mainsdes Barbares. * Bailler , Topograph. des saints , page497 -

Le diocèse de Tournay est divisé aujourd’hui en huícdoyennés, & contient deux cents vingt-trois cures, donccinq ou six font unies à d’autres fous un même curé. Lesdoyennés font :

Tournay, Saint-Amand, Courtray,

Lille, Helchin-Wallon, Werwick.

Seclin, Helchin-Flamand,

Le gouvernement civil Sc politique de la ville de Tour-nay consiste en deux corps , dont le premier est le bailliageayant â la tête un grand-bailli pour le 1 ournesis. Le secondcorps est divisé en deux tribunaux ; 1 un compose du prévôc& des jurés qui décident les aflaires criminelles ; l’autre for-mé du mayeur & des échevins qui gouvernent les affairesciviles , Sc la police de la ville. Du tems que cette ville étoicsoumise aux Espagnols, le magistrat seul y exerçoit toute lajurisdiction ; il étoit renouvelle tous les ans par des com-milfaires du roi, Sc les causes alloienc par appel au conseilprovincial de Flandre , &^de-la au parlement de Malines ;mais lorsque Louis XIV s’en fut rendu maître , il y érigeaau mois d’avril 1668 , un conseil souverain, qui étoir com-posé de deux présidens , de sept conseillers, d’un procureurgénéral, d’un greffier Sc de cinq huissiers. Le roi créa aussideux chevaliers d’honneur, avec droit d’entrée, de rang& de séance dans ce conseil, immédiatement après les pré-sidens Sc avant les conseillers.

En ióSo, leroi, pour autoriser & faire respecter da-vantage ce conseil, soi donna le titre de parlement. Eq