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Tome sixième. T - Z.
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colombier, Sc à main gauche une autre bafle-cout, ou sbntles greniers , les ailiers, les écuries, les étables & lesautres lieux nécesiàires pour la commodité du couvent.Tout près de cette bafie-cour est un moulin que fait tournerun ruhTeau qui vient des étangs, & qui'après avoir leparela grande cour d’avec le jardin des religieux du côté del’église, traverse sous terre une autre partie de la memecour , pour se rendre dans un réservoir ; on trouve ensuitela porte du monastère , où un religieux de la maison faitl’office de portier. Quand il a ouvert, on descend dans uneespèce de vestibule ,.qui n’a que quatre toises de long &neuf à dix pieds de large. A main droite est une chambrepour recevoir les hôtes, 8c à main gauche une salle où ilsmangent. Depuis que l’hôtellerie est construite, on nedonne plus à manger qu’à ceux qui en demandent. Pendantque le religieux , qui a ouvert, va donner avis à l’abbé ouau prieur de l’arnvée de ceux qui font entrés, on de-meure dans la chambre , où par ce qui est écrit dans depetits tableaux attachés à la muraille, on peut s’instruirede quelle maniéré il faut fe comporter dans ce saint lieu.On peut austî lire quelques passages de l’Ecriture sainte.Op lit d’abord en entrant ces paroles de Jérémie, écritesfur la porte du cloître : Seclebit solitarius & tacebit. Au-destous est ce passage de Job : In riidulo meo rnoriar , & sic ut■palma multiplicabo dies meos. A l’un des côtés de ce vestibuleest écrit : Elegi abjeclus ejfe in domo Dû mû , magìs quanthabitare in tabernaculis peccatorum. De l’âutre côté de cevestibule on lit ces autres paroles : Melior eft dies una inatriis tttis super milita. Le pere prieur, ou quelqu’autre reli-gieux , étant venu recevoir les nouveaux hôtes, qu il salueavec beaucoup d’humilité , il les conduit ou dans la salleoù mangent les hôtes, ou leur montre la maison , selonce qu’ils demandent. Ce qu’on sert à la table des hôtes estpareil à ce qu’on donne aux religieux, c’est-à-dire, qu’onn’y mange que des mêmes légumes & du même pain , 8cqu’on y boit du cidre comme au réfectoire. Les mets ordi-naires font un potage , deux ou trois plats de légumes &un plat d’œufs, qui est la portion extraordinaire des étran-gers , car on ne leur sert point de poiflon, quoique lesétangs en foyent fort remplis. Pendant tout le repas onlit des chapitres de l’imitation. L’église n’a rien de considé-rable que la sainteté du lieu ; elle est bâtie d’une maniérégothique, 8c le bout du côté du chœur semble représenterla poupe d’un vaisseau. Tout l’ouvrage en est groílier &même contre les régies de l’architecture. L’église ne laissepas d’avoir quelque chose d’auguste & de divin. Elle n’estni trop sombre ni trop éclairée. Sa grandeur est de vingt-deux toises de long fur neuf de large ou environ. Les ailesqui tournent à l’entour ont deux toises de largeur. Unehaute balustrade qui sépare l’église en deux, empêche quepersonne neutre par la nef du côté du chœur. Dans la clô-ture de cette balustrade, au-deslous du crucifix , font deuxautels où l’on dit des mestès pour les hommes de dehors ,qui demeurent au bas de l’église , où les femmes n’entrentpoint. II y a une chapelle dans l’avant-cour où elles enten-dent la meste qui s’y dit les dimanches 8c les fêtes. La clô-ture qui est devant le crucifix, sert de chœur pour les fré-tés convers ; & entre celle-là & le chœur des religieux , ily a un autre espace qui tient lieu de chœur pour les mala-des. Celui des religieux est garni de trente-six chaises hau-tes , & de trente basses. L’autel principal est fort simple :il n’y a qu’un contre-autel de pierre, où est taillée d’unetnaniere fort antique la figure de Notre-Seigneur en croix,avec celles des douze apôtres. Dans le milieu de la plate-bande qui régné en haut, & qui sert de frise, est repré-senté un autel avec du feu allumé , & deux anges fontPtosternés des deux côtés. Au-desius est l’image de la Viergedans toute ía hauteur , tenant son Fils fur le bras gauche ,êt de la main droite un petit pavillon, fous lequel estsuspendu le saint Sacrement, selon 1 ancien usage de l’égli-se- II n’y a fur l’autel qu’un petit crucifix d’ébéne ; & auxdeux extrémités du contre-autel, on voit deux plaques debois, d’où sortent deux cierges qu’on allume pendant larrjestè. Aux jours de fêtes, on met doubles branches ; &ain si , au lieu de deux cierges, il y en a quatre, avec deuxa jf res qui font contre les piliers les plus proches, & qu’ona lutpe à l’élévation. ,

Toutes les actions de ces saints anachorètes font des prié-es 5 continuelles à Dieu. En été ils fe couchent à huit heures,& en hiver à sept. Il le levent la nuit à deux heures pour al-

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ler à matines, qui durent ordinairement jusqu’à quatre heu-res & demie , parce qu’ouue le grand office , ils disent aulïtcelui de la Vierge ; & entre les deux ils font une médita-tion de derni-heure. Les jours où 1 église ne soiemnise íafête d’aucun saint, ils récitent encorel’office des morts.Au sortir de matines, si c’eíl en été, ils peuvent s’aller repo-ser dans leurs cellules jusqu'à prime , mais en hiver ils vontdans une chambre commune proche du chauffoir, oùchacun lit en particulier. Les prêtresjprennent d’ordinaire cetems pour dire la messe. A cinq heures 8c demie ils disentprime, 8c vont ensuite au chapitre , où ils sont environ unedemi-heure, excepté certains jours, où ils y demeurentplus long-tems à entendre les prédications que leur faitl’abbé ou le prieur. Sur les sept heures ils vont travailler ;c’est-à-dire, que chacun quittant son habit de dessus , qu’ilsappellent une coule , & retroussant celui de défions, ils semettent les uns à labourer la terre, les autres à la cribler,d’autres à porter des pierres, chacun recevant fa tâche ;fans choisir ce qu’ils doivent faire. L’abbé lui même estle premier au travail, & s’emploie souvent à ce qu’il y a deplus abject. Quand le tems ne permet pas de sortir, ils net-toient l'église, balaient les cloîtres, écurent la vaisselle ,font des lessives, épluchent des légumes ; & quelquefois ilsfont deux ou trois assis contre terre les uns auprès desautres à ratifier des racines, fans jamais parler ensemble.

II y a aussi des lieux destinés à travailler à couvert, oùplusieurs religieux s’occupent les uns à écrire des livresd’eglise, les autres à en relier, quelques-uns à des ouvragesde menuiserie & d’autres à tourner, 8c ainsi à dissérenstravaux utiles, n’y ayant guèresde choses nécessaires à lamaison & à leur usage qu’ils ne fassent eux mêmes. Quandils ont travaillé une heure & demie , ils vont à l’office quicommence à huit heures & demie. On dit tierce & en-suite la messe 8c sexte, après quoi ils fe retirent dansleurs chambres, où ils Rappliquent à quelque lecture.Cela fait, ils vont [chanter none, si ce n’est aux jours dejeûne de l’églife que l’office est retardé & qu’on ne ditnone qu’un peu avant midi. De-là ils fe rendent au réfec-toire qui est fort grand. Il y a un long rang de tables dechaque côté t-celle de l’abbé est en face au milieu des autres,& contient les places de six ou sept personnes. Il se met à unbout, ayant auprès de lui à fa gauche le prieur , & à fadroite les étrangers, lorsqu’il y en a qui mangent au réfec-toire ; ce qui arrive très-rarement. Ces tables font nues 8cfans nappes , mais fort propres. Chaque religieux a fa ser-viette , fa taise de fayence , [son couteau , sa cuiller 8c safourchette de buis, qui demeurent toujours dans la mêmeplace. Ils ont devant eux du pain plus qu’ils n’en peuventmanger; un pot d’eau; un autre pot d’environ chopinede Paris, un peu plus qu’à moitié plein de cidre ; parcequ’on garde pour leur collation ce qu’il en faudroit pourachever de le remplir. Leur pain est fort bis 8c gros, à causequ.on ne faste point la farine, Lc quelle est seulement pasieepar le crible ; ce qui fait que la plus grande partie du son ydemeure , on leur íerc un potage quelquefois aux herbes,d’autrefois aux pois ou aux lentilles, 8c ainsi différemmentd’herbes & de légumes; mais toujours fans beurre & fanshuile , avec deux petites portions aux jours de jeûne ; savoir ,un petit plat de lentilles 8c un autre d’épinars ou de feves,ou de boulie, ou de gruau, ou de carottes, ou quelques au-tres racines , selon la saison. Leurs fausses ordinaires fontfaites avec du sel 8c de l’eau épaissie avec un peu de gruau &quelquefois un peu de lait. Au dessert on leur donne deuxpommes ou deux poires cuites ou crues. Apres le repas ilsrendent grâces à Dieu , & vont achever leurs prières á l’é-glise , au sortir de laquelle ils so retirent dans leurs cellules,où ils peuvent Rappliquer à la lecture & a la contemplation.A une heure ou environ ils retournent au travail, reprenantcelui qu’ils ont quitté le matin, ou en commençant un autre.Ce second travail dure encore une heure & demie, ou deuxheures quelquefois- f- a retraite etant sonnée, chacun quirteses sabots., remet ses outils dans un lieu destiné à cela, re-prend fa coule , & se retire dans fa chambre, où il lit ÔCmédite jusqu’à vepres qu’on dit à quatre heures. A cinq onva au réfectoire , où chaque religieux trouve pour fa colla-tion un morceau de pain de quatre onces, le reste defa chopine de cidre avec deux poires ou deux pommes , otiquelques noix aux jeûnes de la régie;mais aux jeûnes de-glise ils n’ont que deux onces de pain & une fois à boire.Les jours ,qu’ii$ ne jeûnent pas on leur donne pour leur sou-Tome F- NNnnnn