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valetie des Scubuli. La derniere ligne de chacune de ces ins-criptions n’est pas aisée à expiiquer.Spon a cru pourtant quevie. vii. vie. vin. 3c vie. ix. signifioient Vicus sep-timus, Vicus octavus & Vicus nonus, ■ c’est-à-dire,la septième , la huitième 3c la neuvième rue où ces sta-tues avoierjt été placées, à Limitation des rues de Rome.Troye, colonie des Romains, fondée par Auguste , 3c quicn avoit pris le nom de Colonia Augusii Troas , avoir ap-paremment ses quartiers & ses tribus, comme la ville deRome.
Scion les apparences, le quartier le plus habité de la villeetoit íur le plus haut d’une colline que l’on morue insensi-blement depuis le rivage , environ à deux milles de la mer.On voit en cet endroit quantité de masures, de temples ,de voûtes & un théâtre , mais particulièrement trois arca-des 3c des pans de murailles qui restent d’un bâtiment super-be , dont la situation avantageuse 3c l’étendue font connoî-tre que c’étoit le palais le plus considérable de la ville. Je necrois pas, dit Spon , comme le disent ceux des environs deTroye, que c’étoit le château de Priam ; car je ne le tienspas plus ancien que le tems des premiers empereurs ro-mains. Ce bâtiment étoit presque tout de marbre, & les mu-railles ont douze pieds d’épaiíseur. Au-devant de ces arca-des , qui paraissent avoir soutenu une voûte , il y a une siprodigieuse quantité de quartiers de marbre entassés les unsfur les autres, qu’on peut aisément juger par-là de la hau-teur 3c de la beauté de ce palais.
Le terroir des environs de Troye est inculte, à la réservede quelques endroits où il croît du coton. Le reste n’est quebroííàilles, ronces, épines & chênes verds, & on peut direaujourd’hui ce que Lucain disoit de son tems :
Jam fylva fteriles & putres robore trunciAffaraci preffere domos , & templa DeorumJam lajfa radife tenent , ac tota tegunturPergama dumetis.
On y trouve des lievres, des cailles & des perdrix enabondance. On y voit aussi un oiseau de la grosseur de lagrive , ayant la tête & la gorge d’un jaune éclatant, le dos& les ailes d’un verd gai, comme un verdrier, le bec 3c latête comme la grive, & aussi gras que les ortolans en Fran-ce. On y trouve encore un autre oiseau à peu ptès de nsemegrosseur ; mais il est fait comme un héron, & tachetécomme un épervier, avec un long bec, de longuesjambes, des griffes te une crête de longues plumes furla tête.
TROYEN ou t’Huvs van Troyen, c’està-dire, lamaison de Troyat. Stokius , ad ann. 1500 , donne ce nomà un château de la province de Zéelande, fans dire dansquelle iste de cette province il étoit. Stokius ajoute que lesennemis abandonnèrent ce château à l’arrivée du fils deJean de Hanau, comte de Hollande. * Alting. Not. Germ.inf. pan. II. p. 185.
TRGYES, Tricajsum , ville de France, dans la Cham-pagne, la capitale 3c le plus ancien titre des comtes deChampagne , & <^ui est estimée encore aujourd’hui la pre-mière ville de la province, quoiqu’eíle n’ait â présent au-cune prérogative au dessus de plusieurs autres villes. Elle apris ion nom des peuples Celtes Tricasses ou Tracasses,que César n’a point connus, mais qu’Auguste a dû établircn corps de peuple ou de cité, puisque c’est lui qui est lefondateur de leur principale place qu’il appella Au~& lt flomana ou Auguftolona , nom qui a été en usage jus-qu’au cinquième siécle. Pline fait mention des TricaísesParmi les Celtes , fans nommer leur ville Auguflobona , que■Çolomée a marquée ; en quoi il a été suivi des autres an-ciens]usqu’à l’an 450 , après quoi le nom du peuple a pré-Va 'u comme ailleurs, & a été corrompu dans le sixième sié-cle de Tricajses en Treca ; ce qui se voit, parce que Gré-goire de Tours emploie l’un & l’autre ; & les écrivains quisent venus après lui appellent toujours Troyes Treca. Du-ra nt la dissipation de l’empire romain , cette ville passa auPouvoir des François, 3c après la division de la France en
nstrasie & Neustrie , Troyes fut de la Neustrie; ensorte5 Ue , * es rois de la Neustrie en ont toujours eu la propriété
11 * a souveraineté.
f °. rsc \ u on institua une quatrième Lyonnoise , fur le dé-c ln de l’empire romain , la ville de Troyes fut mise fouscetre province ; de forte que les évêques de Troyes ont
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toujours, jusqu’à présent, reconnu celui de Sens pour leurmétropolitain. * Longuerue , Description de la France,I part. p. 3 2.. ...
La ville de Troyes est située fur la riviere de Seine, &environnée de belle 3c grandes prairies, entrecoupées decanaux, que le comte Henri I fit tirer de la riviere : cescanaux, outre Futilité qu’en reçoivent les ouvriers de diffe-rens métiers & manufactures qui font en cette ville , necontribuent pas peu à en rendre la situation agréable.C’étoit autrefois une des principales 3c des plus richesvilles du royaume , à cause du grand commerce quelleavoit avec les étrangers , particulièrement les Allemands.Le roi y est seul seigneur , comme étoient autrefois lescomtes de Champagne. Le nom de Troye est en latinTricajsium ou Treces , comme qui diroit Tr es Arces , troisChâteaux ; en effet, on y voie encore les restes de ces troischâteaux, dont. le plus considérable subsiste en partie, 3cil ne reste presque que les ruines des deux autres. Le pre-mier étoit le lieu le plus ordinaire de la résidence descomtes , 3c sert aujourd’hui de palais 011 l’on rend la jus-tice. L’église de saint Etienne , qui joint ce palais, en éioicla sainte chapelle » ainsi qu’il est énoncé dans la bulle dupape Alexandre III > qui révoque les privilèges de cetteéglise. U y a, derriere , un hôpital appelle l’Hôtel Dieu-le-Comre , qui faifoit partie de ce château , on l’on voit en-core une moue de terre assez élevée, d’où ses comtes pou-voient voir au-destus de tous les bâtimens de la ville. Ilsne permettoienr à personne d’cn élever de plus hauts quecette motte , que pour des sommes considérables : ce quia fait dire que ces .princes vendoienr Fair. Le second deces châteaux est presqu’entierement abattu , 6c on n’y voitplus que les restes d’une tour, 3c quelques murailles, quifont un cercle derriere le couvent des cordeliers, & laprison qui faifoit autrefois partie de ce château ; fur quoion peut faire cette remarque , que s’ií y avoit de bellesprisons, celle-ci tiendroit fans doute un rang considéra-ble parmi elles. On voyeit encore , dans l’une de ces'chambres, une très-ancienne cheminée, qui a été détruitedepuis peu, fur laquelle il y avoit pour armes , dans unécufíon à lanuque , trois crapauds ? íur quoi les curieux6c les critiques feront telles observations qu’il leur plaira.L’église de saint Biaise , que l’on nommoit autrefois faineJean-le-Châiel, servoit à ce château de chapelle : elle étoitdesservie par des bénédictins. Le troisième château étoitentre l’église de saint Nicolas au Marché & la porte deBelfroy , aujourd’hui la place de la Vicomté. Ce fut dansce château que , vers l’an 878 , Louis le Bègue , roi deFrance, régala le pape Jean VIII , après avoir reçu dafa main la couronne impériale , dans un synode tenu dansl’église de Troyes , où fe trouverent la plus grande partiedes évêques de France. L’église de saint Nicolas s'appel-loit, en ce tems , santtus Nicolaus in Cafiro , parce qu’elleservoir de chapelle à ce troisième château. Il fut ruinépar un incendie en 1^14. Les jardins des comtes deChampagne étoient grands & bien ornés *Baugìer , Mém.hist. de Champagne,-1. 1 ,p. ijp& suiv.
Les murailles de Troyes font allez bonnes, 3c de gran-de étendue , mais mal entretenues. Certe ville n’est envi-ronnée d’aucune montagne , l’air y est bon. Son terroicproduit toutes sortes de grains , des vins , des fruits enabondance , & toutes les choses nécessaires a la vie ; maiselle manque de bonne eau, & celle dont usent les habi-tans cause les écrouelles. Ceux qui sont un peu aises enfont apporter de la Seine. L’utilùé du public demande-roit qu’on y fit des fontaines. La source d eau vive, quiforme le ruisseau nommé la Vienne, íeroit d un grandsecours pour cette entreprise. . ....
Les sept pairs de Champagne avoient leurs hôtels ITroyes , où ils logeoient , lorsque les comtes tenoientleurs états, ou qu’ils venoient lui taire leur cour. Cetteville a donné la naissance au pape Urbain IV , qui futbaptise dans l’église de Notre-Dame-aux-Nonains. Il étoitfils d’un cordonnier nommé Jacques Pantaléon , qui socinhumé dans la même église, & fa mere dans celle deNotte-Dame-des-Prés, ordre de cîteaux. Lui-même a re-connu la bassesse de son extraction dans une lettre qu’ilécrivit, à son avènement au souverain pontificat, a Fab-beíse de Notre-Dame de Troyes, où il dit que la provi-dence Fa tiré de la poussière , pour l’élever au plus hautdegré d’honneur où un homme puisse monter. On VoyoitTonte F- S S f f fí
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