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Tome sixième. T - Z.
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ci-devant, sur le tapis de la chaire du prédicateur, en l’égK-se de saint Urbain , qu’il a fait bâtir , les marques de fanaiííànce. Ce tapis représentoic un cordonnier travaillantde son métier ; mais on l’a supprime.

On ne souffre à Troyes aucun hérétique •, l’un de sesévêques nommé Antoine Caraccioli , de la maison desprinces de Melphe en Italie , y ayant prêché la doctrine deLuther, les habitans le chalserent de la ville, ík aucunhérétique ne s’y elt depuis présenté pour y faire sa de-meure. Après que Louis XIV eut interdit l'exercice de lareligion protestante clans ion royaume , cette ville lui fitériger une statue qu’on voir au-dellus de la porte de l’hô-tel de ville. La victoire y paroît, avec plusieurs couronnesde laurier, quelle met fur la tête du héros : on remar-que , aux pieds de la statue , une hydre terrassée, qui est lesymbole de l'hérésie , & on lit ces quatre vers gravés furun marbre.

IIle efi queni totis amhit Victoria permis ,

Hic pelago , hic terris , hic fibi jura dédit.Ter q item Reitgio tot ab hoftibus una triumphat ,Urbs dicat antiqua Rehgionis amans.

íl y a dans cette ville une singularité remarquable , &qui paroîtra fabuleuse à ceux qui n’ont point été à Troyes,ou qui n’y ont point fait d’attention : elle est néanmoinstrès-certaine ; c est qu’il n’entre point de mouches dans laboucherie , quoìqu’elle soit fore grande , & qu’aux en-virons de ce lieu, il y en ait , dans la saison , une très-grande quantité. Quelques-uns attribuent cette merveille àun talisman , d’autres aux prières de Lévêque saint Loup.Ce fut à Troyes que se fit le mariage de Catherine deFrance avec Henri V, roi d'Angleterre. L’évêché de Troyesest borné au septentrion par les diocèses de Châlons &de Soiíïòns, au midi par ceux de Langres & de Sens , aulevant par ceux de Châlons & de Langres, & au couchantpar l’archevêché de Sens , dont il est suffragant, U a vingt-cinq lieues de long , fur vingt-deux de large , dans fa plusgrande étendue. Il est composé de trois cents soixante-douze paroisses, 6c de quatre-vingt-dix-huit annexes,divisé en huit doyenné?, fous cinq archidiacres. Outre laville de Troyes , qui est la principale , les autres lieux lesplus considérables de ce diocèse , sont :

Sezanne,

Anglure ,

Barbonne,

Brienne le- Château,Le Mont-Ponr,Rosnay,

Mery-sur-Seine,

Arcies,

Beauforc ,

Brienne-la Ville ,

Rameru,

Ville Maure & Ville Noce.

Parmi le grand nombre d’évêques qui ont gouverné cediocèse, on compte dix-huit saints. Cet évêché ne vautque huit mille livres de revenu ; l’église cathédrale estdédiée a saint Pierre; (on chapitre est composé de huitdignités : le doyen , le chantre , le fous-chantre , qui estnommé par le chantre, cinq archidiacres , Sc trente septchanoines. Il y a encore quatre autres chanoines, dits dela chapelle Notre-Dame, dont les prébendes ne valentpas plus de deux cents cinquante livres par an , & qui, ou-tre l’allîstance qu’iis doivent à 1 office de cette église, sontencore obligés de dire tous les jours une melie de la Vier-ge , dans k chapelle qui lui est consacrée. Les autres cano-nicats font à la collation du roi & de 1 eveque alterna-tivement , & font environ de six cents livres chacun. Letitulaire du prieuré de saint George > dont le revenu est dedouze cents livres , dépendant de l’ahbé de saint Quentinde Beauvais, a séance , du jour de la réception ,-avec leschanoines de cette église ; mais ii n’a point de voix au cha-pitre. Il y a encore , dans saint Pierre , deux marguilliersprêtres, qui ont la charge du trésor des reliques , qui fontconsidérables , & qui ont été apportées dè Constantinopleau retour de la croisade de i zoq. ; mais les reliquaires ontété vendus pour aider à payer la rançon des rois Jean &;François I. En l’an 878 , le pape Jean VIII y couronna leroi Louis le Bègue , & y tint un concile , où se trouvèrentpresque tous les prélats des Gaules. Les chanoines de cetteéglise ont vécu en commun avçc leur évêque, depuis saintAiderai, & le bienheureux Manassès, quarante-septièmeévêque de Troyes, environ l’an 98; ou 993 , jusqu’au

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pontificat de Philippe , cinquante-quatriéme évêque deTroyes, avec lequel ils firent mense à part, ce qui duraenviron cent ans; cet évêque ayant commencé son pon-tificat -en 1081. Néanmoins , pour conserver une idéede cette vie commune , l’évèque traitoit les chanoines qua-tre fois l’an ; à Pâques, à la Pentecôte , à la Toullaints& â Noël ; mais cet usage est fini, moyennant la tommede dix livres que l’évêque donne tous les ans au chapitre.Environ l’an 870 , fous le régné de Charles le Chauve ,cette église, étant tombée en ruine , fut rebâtie ; & euii 6 j , on supprima la dignité de prévôt, qui étoit lapremiere. * B augier , Mém. hist, de Champagne , tom. x ,p. iSó&suiv.

Troyes fut brûlée par un accident le 19 juillet 1188.L église de faine Pierre étoit couverte de plomb. L’églisede saint Etienne , que le comte Henri avoir fait bâtir , eucle même sort, avec tous les ornemens & vaisseaux d’orSc d’argent : cette perte fut inestimable. Le chœur fut ré-tabli en 1108 , & en 1117 un vent impétueux le ren-versa par terre. Le pape Grégoire IX, par sa bulle du10 septembre 12 zp , donnée à Pérouse , invita tous leschrétiens de contribuer à fa réparation. Après qu’elle eucété réparée, de grands vents Sc tourbillons jetteront eubas le clocher, qui étoit fort élevé <Sc beau , ce qui en-dommagea beaucoup cette église. Cet accident arriva lemercredi avant l’Affomption 13 í 5. Cette église n’a été enfinrebâtie , en l’étatoù elle est aujourd’hui , que sou$ le régnéde François I. C’est un vaisseau des plus grands pdes pluséclairés Sc des plus beaux qui soient en France : son portailest d’un foi t beau dessein ; mais on a iaisté imparfaite la tourdu côté gauche de ce portail. On y conserve plusieurs reli-ques considérables, dont ses principales font, un morceaude la vraie croix , de dix pouces de longueur ; un bassindont on prétend que Jésus Christ se servit pour laver lespieds à ses apôtres ; le crâne de saint Philippe apôtre,au-deflus duquel est la couronne d’or d’HeUti le Libéral ,comte de Champagne ; un reliquaire d’or, dans lequel estun des pieds de sainte Marguerite , en chair & en os , très-palpable, avec plusieurs corps de saints. L’église collégialede saint Etienne étoit autrefois desservie par dix dignités& cent chanoines, dont il n’en reste plus que cinquante-sept, qui sont à la collation du roi : ainsi que huit desdignités de cette église , 1e doyen en étant excepté , parcequ’il est électif, Sc doit être confirmé par 1 évêque deTroyes ; les autres dignités font, le prévôt, le soudoyen ,le trésorier, se chantre , le célerier, le chevecier Sc lescholastique : toutes ces dignités ont chacune le doubled’un chanoine , excepté le trésorier Sc le chevecier, quiont davantage ; les canonicats peuvent avoir environ cinqcents livres de. rente. Ce chapitre est de la juridictionde l’archevêque de Sens. E11 une vitre de cette église estécrit :

L’an de grâce mille neuf vingt ans ,

Du mois de Mars le dix sept jour,

Henri, comte , fondateur de céans ,

Lors trépassa fans plus faire séjour.

Le titre de fondation de ces chanoines est de l’an 1137,par Henri I du nom , comte de Champagne ; ils vivotentcn commun, Sc chantaient les matines la nuit. Ce comteafïìstoic souvent à l’office, Sc pottoit sa gibeciere de ve-lours rouge Sc la toque de même étoffe , couverte de pier-reries que l’on volt encore dans le trésor de cette église.Son tombeau est le plus proche de l’aigle dans le chœur.Il a six pieds de longueur, & deux Sc demi de largeur.La base, qui est posée sur un piédestal, est garnie de cui-vre , ornée de feuillages, & enrichie de plusieurs piècestrès-riches & parfaitement émaillées, dont les desseins sonttout différens. On voit , au pied de ce tombeau , celui deThibault III, comte de Champagne ; fa femme Blanchede Navarre le sic élever, il est de même hauteur , longueurSc largeur que le précédent, & fur le même piédestal »mais il est plus beau, & enrichi d’un grand nombre depierreries , d émaux rares , & de plusieurs figures d’argentqui représentent la famille des comtes de Champagne.Le jubé de cette église est estimé des connoiísetirs. On Yremarque quarte figures d’un travail exquis : & il y a peude trésors en France qui approchent de la richesse 6c de kbeauté de celui qu’on admire dans cette église.

L’église collégiale de saint Urbain, qui dépend inaws-