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Tome premier.
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III
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INTRODUCTION. iij

encore phjs; malheureuses , et surtout plus mal gouvernées. Nous concluons des victoiresde Coudé , qu'il étoit un guerrier plus habile ou plus heureux que les généraux qu’onlui opposa. Mais, ce qui est pour ces mêmes ennemis de la révolution le sujet d’untriomphe éternel ,. c’est la gloire die Louis XIV , autour duquel un concours de cir-constances heureuses fit naître ou appela une foule de grands hommes. On a tout ditsur ce régné brillant et désastreux , où l’on vit un peuple entier , tour-à-tour victorieuxet vaincu, mais toujours misérable , déifier un monarque qui sacrifioit sans cesse sanation à sa cour et sa cour à lui-même. La banqueroute qui suivit ce régné théâtraln’éclaira point , ne désenchanta point les Français , qui , pendant cinquante années ,ayant porté tout leur génie vers les arts d’agrément, restèrent épris de l’éclat , de lapompe extérieure , du luxe et des bagatelles , dont ils avoient été profondément occupés.Les titres , les noms , les grands continuèrent d’être leurs idoles , même sous la régence,pendant laquelle ces idoles n’avoient pourtant rien négligé pour s’avilir. Ce frivoleégarement, cette folie servile , se perpétuèrent, à travers les maux publics , jusqu’aumilieu du régné de Louis XV .

Alors on vit éclore en France le germe d’un esprit nouveau. On se tourna vers lesobjets utiles ; et les sciences , dont les semences avoient été jetées le siecle précédent ,commencèrent à produire quelques heureux fruits. Bientôt on vit s’élever ce monumentlittéraire si célèbre ( i ) , qui , ne paroissant offrir à l’Europe qu’une distribution facileet pour ainsi dire l’inventaire des richesses de l’esprit humain , leur en ajoutoitréellement de nouvelles , en inspirant de plus l’ambition de les accroître. Voltaire ,après avoir parcouru la carrière des arts , attaqpoit tous les préjugés superstitieuxdont la ruine devait , avec le temps , entraîner celle des préjugés politiques. Unenouvelle elasse de philosophes , disciples des précédents , dirigea ses travaux versl’étude de l’économie sociale, et soumît à des discussions approfondies des objets qui ,jusqu’alors , avaient paru s’y soustraire. Alors la France offrit un spectacle singulier ;c’étoit le pays des futilités , où la raison venoit chercher un établissement : tout futcontraste et opposition dans ce combat des lumières nouvelles et des anciennes erreurs ,a PP u yées de toute l’autorité d’un gouvernement d’ailleurs foible et avili. On vit dansla nation deux nations différentes s’occuper d’Fncyclopédie et de billets de confession,d’économie politique et de miracles jansénistes , d’Émile et d’un mandement d’évêque ,d’un lit de justice et du Contrat social, de jésuites proscrits , de parlements exilés ,de philosophes persécutés. C’est à travers ce cahos que la nation marchoit vers les idéesqui dévoient amener une constitution libre.

Louis XV meurt , non moins endetté que Louis XIV . Un jeune monarque luisuccédé , rempli d’intentions droites et pures , mais ignorant les piégés ou plutôt l’abymecache sous ses pas. Il appelle à son secours l’expérience d’un ancien ministredisgracié. Maurepas, vieillard enfant, doué du don de plaire, gouverne 5 comme il avoitvécu , pour s’amuser. La réforme des abus , l’économie, étoient Jes seules ressourcescapables de restaurer les finances. Il parut y recourir. Il met en place un homme quç

( i ) L’Encyclopédie.

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