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Tome premier.
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INTRODUCTION.

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public des instructions que jusqu’alors on avoit pris soin de lui cacher. Il avoit formé enquelque sorte une école d’administrateurs théoriciens qui devenoient les juges *de^

^administrateurs actifs ; et parmi ces juges , alors si redoutables pour son rival, il s’en

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est trouvé plusieurs qui, quelque temps après , le sont devenus pour lui-même.

M. de Calonne fut renvoyé : une intrigue de cour , habillement tramée , mit à sa placùson ennemi, l’archevêque de Sens , qui , avant d’être ministre , passoit pour propre auministère. C’étoit surtout celui des finances qu’il desiroit, et c’étoit celui dont il étoitle plus incapable. Il porta dans s*a placé les idées avec lesquelles trente ans plutôt onpouvoit gouverner la France , et avec lesquelles il ne pouvoit alots que se rendreridicule. Il s’étoit servi des parlements pour perdre M. de Calonne ; et ensuite , sur leurrefus d’enregistrer des édits modelés sur ceux de son prédécesseur , dont il s’approprioitles plans comme une partie de sa dépouille, il exila les parlements. La nation, qui,sans les aimer , les regardoit comme la seule barrière qui lui restât contre le despotisme,leur montra un intérêt qu’ils s’exagérerent, ou du moins dont ils n’apperçurent pas lesmotifs. Us s’étoient rendus recommandables à ses yeux en demandant la convocation desétats-généraux , dans lesquels ils croyoient dominer et dont ils espéroient influencerla composition. L’archevêque de Sens , entraîné par la force irrésistible du vœu national ,avoit promis cette convocation , qu’il se flattoit d’éluder : de plus il avoit reconnu etmarqué du sceau de l’autorité royale le droit de la nation à consentir l’impôt ; aveu *qui , dans l’état des lumières publiques , conduisoit , par des conséquences presqueimmédiates , à la destruction du despotisme.

Cette décimation de leurs droits , donnée aux Français comme un mot, fut acceptéepar eux comme une chose ; et le ministre put s’en appercevoir au soulèvement généralqu’excita son projet de cour pléniere. Il fallut soutenir par la force armée cette absurdeinvention : mais la force armée se trouva insuffisante , dans plusieurs provinces ,^contrele peuple , excité secrètement par les nobles , les prêtres et les parlementaires. La nationessayoit ainsi contre le despotisme d’un seul la force qu’elle alloit bientôt déployercontre le despotisme des ordres privilégiés : cette lutte ébranloit partout les fondementsdes autorités alors reconnues. Les impôts , aliment de toute autorité, étoient mal perçus ; /et lorsqu’après une banqueroute partielle , prémices d’une, banqueroute générale, l’arche-vêque de Sens eut cédé sa place à M. Necker , appelé une seconde fois au ministèrepar la voix publique, le gouvernement parut décidé en effet à convoquer ces états-généraux si universellement désirés. Chaque jour , chaque instant lui montroit safoiblesse et la force du peuple.

M. Necker signala sa rentrée au ministère par le rappel des parlements , qu’avo'it exilésl’archevêque de Sens. Bientôt après il fit décider une secdnde assemblée , composée.,des mêmes personnes que la précédente. Ces notables détruisirent , en 1788 , cequ’ils avoient statué en 1787 ; déclarant ainsi qu’ils avoient plus haï M. de Calonnequ’ils n’avoient aimé la nation. Mais en vain les notables , en vain les parlementss’efforçoient de la faire rétrograder , en cherchant à soumettre la composition des états-généraux au mode adopté en 1614 : l’opinion publique , secondée depuis quelque tempsde la liberté de la presse , triompha de tous ces obtacles. Le jour où M. Necker litaccorder au peuple une représentation égale à celle des deux ordres réunis, le couvrit