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PREMIER DISCOURS PRÉLIM. AUX TABLEAUX HIST., etc.trop pourquoi , d’une réputation d’habileté en économie politique , quoiqu’il n’eûtjamais rien écrit sur cette science, s’appropria tous les plans de Calonne, et les présentaau parlement.
Cette cour souveraine les rejeta ; ils consistoient , ainsi que nous avons déjà euoccasion de l’observer, dans l’édit du timbre et celui de l’imposition territoriale. Cefut alors que le parlement, pour se tirer d’embarras , déclara , pour la première fois,que le droit d’établir de nouvelles impositions n’appartenoit qu’aux états-généraux. Leroi fit enregistrer ces édits dans un lit de justice qu’il tint à cet effet •, et le parlementde Paris fut exilé à Troyes .
Le second frere du roi fut chargé de faire enregistrer les mêmes édits à la cour desaides : il s’y transporta le 17 août 1787. Le peuple, qui vit dans cet acte de l’autoritéroyale une injure faite aux magistrats , qui alors étoient encore dans sa faveur, manifestason ressentiment dans la cour du palais , et, sans la garde nombreuse et imposante quil’environnoit, le comte d’Artois eût vraisemblablement été victime de ce mouvementinsurrectionnel.
Nous ne rappelerons point ici toutes les suites qu’eurent ces actes imprudents d’ungouvernement qui n’étoit pas en mesure pour les soutenir. Nous ne ferons qu’indiqueren ce moment les autres évènements immédiats auxquels cette conduite de la cour etdes parlements donna lieu , parce qu’on trouvera tous ces objets amplement développésdans les tableaux dont ils forment spécialement le sujet. Tous les efforts du gouvernementpour retarder sa chûte non seulement furent impuissants , mais même concoururent àla précipiter. Tel fut le projet d’une cour pléniere et de ,six grands bailliages pourborner le pouvoir du parlement de Paris. Brienne travailloit à ce grand ouvrage , deconcert avec Lamoignon . Un conseiller du parlement de Paris, d’Eprémesnil, paya aupoids de l’or une épreuve des édits dans l’imprimerie royale, et dévoila le secret des deuxministres. Les parlements renouvelèrent l’union qui subsistoit entre eux. Les projets decour pléniere et des grands bailliages s’évanouirent : le premier éprouva une granderésistance dans la contrariété de l’opinion publique , fortement prononcée contre cettenouvelle tentative du despotisme \ le second eut encore de plus grands obstacles àcombattre dans la coalition et la résistance invincible de toute la robe. Brienne abandonnale ministère , et engagea le roi à remettre à M. Necker celui des finances. C’est ce dernierministre, ou plutôt la force des choses et le concours impérieux des circonstances quidécidèrent alors la cour à convoquer les états-généraux. Dès ce moment de nouvellesrésistances amenèrent de nouvelles luttes et de nouveaux orages, dont l’explosion a étéenfin si générale et si terrible. C’est ainsi que les nuages , après s’être peu-à-peu amoncélésdans les airs , se heurtent violemment, et de leur choc font jaillir la foudre qui embrasebientôt toute l’atmosphere.