Band 
Tome premier.
Seite
28
JPEG-Download
 

28 SEPTIEME DISCOURS PRÉLIM. AUX TABLEAUX HIST., etc.

profondes de l’état. Richelieu vint ensuite , et abattit la puissance des grands. Enfinle siecle de Louis XIV commence.

Nous venons de franchir des temps d’oppression, de discordes civiles, des temps de ;carnage et de mort, pendant lesquels la voix de la nation n’a pas été entendue : sousLouis XIV le Français n’est pas plus libre, mais du moins c’est une toute autre ;administration. La paix est plus sûre au dedans, la guerre plus vigoureuse au dehors, |

les arts et le commerce sont portés au plus haut point de splendeur. Le despotisme iministériel n’a pesé d’une maniéré plus directe sur la nation que vers les dernieres années idu régné de ce prince, et sous ses successeurs. '

U résulte de ce que nous avons exposé précédemment, que la nation a été méconnue, ïdédaignée, et malheureuse pendant près de quatorze siècles ; qu’elle n’a été un peu moinsopprimée que pendant quelques foibles intervalles ; et que, si le peuple a abandonnéses rois, il a auparavant été abandonné par eux ou par leurs ministres. Le régné deILenri IV ne fut assurément pas heureux : malgré ses bonnes intentions, et l’adminis-tration sage et économique du grand Sully , ce monarque ne vécut pas assez pourjouir de la satisfaction de voir accomplir ses vœux paternels ; ils ne tendoient à rienmoins qu’à ce que chacun de ses sujets pût mettre le dimanche une poule au pot . Ce sontses propres expressions, et c’étoit son unique désir , son véritable projet ; projet ^sublime, et bien au-dessus des vastes et désastreux desseins des Alexandre et des César, jjEh bien! pour un vœu simplement conçu, et qui malheureusement ne put être réalisé, fvoyez, par l’évènement qui fait le sujet de ce tableau, combien sa mémoire est adorée, jet à quel point le peuple français est confiant, doux, sensible, reconnoissant. N’est-ce |pas primitivement aux ministres ineptes ou pervers, qui, par l’abus de leur autorité, \trompant en même temps le peuple et les rois, ont provoqué la révolution française,qu’il faut imputer, comme à leur première cause, tous les malheurs, tous les déplo-rables excès qui ont suivi ce grand bouleversement politique?

J

$

i

l

\

l

l

»■

I

i