DE LA RÉVOLUTION. 7
auss itot plusieurs jeunes gens s’écrient ensemble : A P Abbaye ! à P Abbaye ! et ils courent.■^ e cri se répète ; les compagnons se multiplient ; la troupe s’augmente : les ouvriersqui s’y joignent se munissent d’instrumens , et dix mille personnes arrivent devant laP ri son. Les portes sont enfoncées , les gardes-françaises sont mis en liberté, ainsi quece ux du guet de Paris et quelques officiers qui, pour diverses causes, s’y trouvaientca ptifs • les coups redoublés de hache, de pics , de maillets , donnés dans l’intérieur,Retentissaient au loin, malgré le bruit occasionné par un peuple immense qui emplissaites rues adjacentes. Une compagnie de hussards et de dragons, le sabre à la main, seprésente. Le peuple saisit les rênes des chevaux : les soldats baissent leurs armes ,Plusieurs même ôtent leur casque en signe de paix. Les prisonniers délivrés sont conduitstriomphe uu Palais-Royal par leurs libérateurs. On les fait souper dans le jardin •s couchent dans la salle des Variétés , sous la garde des citoyens ; et le lendemain0n les loge à l’hôtel de Genève . Des paniers suspendus aux fenêtres par des rubansre ÇUrent les offrandes qu’on s’empressait d’apporter à ces guerriers patriotes : nous disonsPatriotes , parce que quand même ils se seraient vendus au duc d’Orléans, ce qui n’estP as prouvé, ce prince couvrait alors ses intérêts de l’intérêt du peuple. On fit reconduireUl1 soldat prévenu de crime, le peuple déclarant qu’il 11e prenait sous sa protection queCeux qui étaient victimes de leur civisme.
■^assemblée nationale, qu’une députation de jeunes citoyens instruisit de cet événement,
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j Vit alors entre deux pièges. Placée entre le monarque et le peuple, compromise avec1111 ou avec l’autre si elle prenait un parti décisif ; elle demanda au roi d’employer,^ 0Uï * le rétablissement de l’ordre, les moyens de la clémence et de la bonté. Le roiattacha la grâce des soldats délivrés à la condition de leur retour dans les prisons deCobaye. On craignait au Palais-Royal quelque vengeance secrète de la part des ministres*j 0tl tre ces braves gens, s’ils redevenaient prisonniers. Eux-mêmes, inquiets de la forme, ans laquelle était conçue la promesse royale, résistaient aux invitations de ceux quiPaient plus confians.
^ e tte cause fut agitée dans l’assemblée des électeurs, qui dès-lors tenaient des séancesIj^bliques à l’hôtel-de-ville 5 séances dont bientôt devait dépendre le salut de la patrie.
• l’abbé Eauchet plaida éloquemment pour les soldats , et fit sentir la nécessité dereil dre à une sécurité entière les gardes-françaises dont la délivrance avait fait la joieP lJ hliqu e On proposa divers moyens : celui qui vint en pensée à M. l’abbé Bertholioeu,: la préférence et réussit. On arrêta une députation de douze membres à Versailles ,^î 111 s’engagèrent par serment à ne point rentrer dans Paris que les soldats qui retour-naient à la prison n’en fussent ressortis, avec une pleine assurance de n’être jamaisrecherchés ni inquiétés pour cette cause. Us n’hésitèrent point d’y retourner. Lese putés allèrent à la cour : mais, instruite de cette démarche , elle se hâta, pendantla députation était en route, d’envoyer la lettre de rémission. Les députés revinrentjour à Paris embrasser ces soldats citoyens, qu’on s’empressa de féliciter. CetR Ve nenient fit sentir au peuple toute sa force, acheva de troubler les ministres, précipitaj eUrs opérations contre la capitale, et hâta le moment décisif où l’on devait anéantireilr despotisme, et élever sur ses débris la souveraineté nationale.